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Les Cahiers de l'Égaré
Articles récents

Il fallait être fou

21 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

Il fallait être fou
André Neyton
ISBN 978-2-35502-124-4
206 pages
format 13,5 X 20,5
PVP 15 €
parution, le 14 mai
peut-être commandée sur les plateformes en ligne ou en librairie via Soleils Diffusion-Distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
 

 

« Enfin le panneau annonciateur du terme du voyage perce le rideau dʼeau. Une place déserte avec, au fond, un bâtiment qui ne peut être quʼune salle des fêtes. Je mʼy engouffre. Cʼest là. Sur la scène un homme parle ... ». André Neyton vient de découvrir un univers inconnu de lui, absent des livres dʼhistoire ... Dès lors, il fera de son théâtre – sans que jamais celui-ci ne soit un prétexte – un long combat pour la renaissance de la langue et de la culture dʼoc. Il raconte ici ses espoirs encouragés par un public fidèle, ses abattements à chaque mauvais coup porté, lʼindifférence ou les résistances à son indéfectible ténacité. Un parcours singulier, dans un milieu culturel souvent méprisant voire hostile. Un témoignage sans concession, à rebondissements, qui se lit comme un roman.

André Neyton est comédien, metteur en scène, auteur, directeur de théâtre et de compagnie théâtrale. Il a développé depuis les années soixante- dix un théâtre populaire inspiré par la culture et la langue occitanes. En 1966 il crée, avec Robert Lafont, le premier spectacle mettant en scène la langue dʼoc dans sa réalité contemporaine : Per jòia recomençar. En 1971 il fonde le Centre Dramatique Occitan, compagnie professionnelle, et monte plusieurs auteurs occitans et catalans avant dʼécrire lui-même ses pièces. Il crée en 1984 le Théâtre de la Méditerranée, Centre des Cultures Régionales de lʼEspace Méditerranéen, installé depuis 1991 à lʼEspace Comedia à Toulon.

 

 

TABLE DES MATIERES

Le déclic ....................................................... p5 

Naissance d’une compagnie ............................... p25 

Vers le professionnalisme ................................... p41 

Le double effet de la Providence ........................... p73 

Le temps des emmerdes .................................... p101 

Le rebond .................................................... p123 

Tonnerre sur la Ville ........................ ......... ....... p141 

Retour à la normale ? ........................ ........ ....... p161 

Il fallait être fou ............................................. p193 

 

 

Nous aurons néanmoins contribué, par la présence de l’occitan dans un théâtre d’aujourd’hui, à légitimer une langue vivante porteuse d’une culture contemporaine et à faire admettre que la création artistique ne s’évalue pas à l’aune d’une langue, qu’elle fût « régionale » ou nationale. Nous avons, ce faisant, contribué à lever les préjugés les plus ancrés, au risque de contrarier l’ami François Villon à qui nous lançons sans complexes :

— Non, il n’est pas bon bec que de Paris !

Tout ce qui a pu être fait l’a été par le théâtre parce que le désir de la création m’y conduisait toujours comme la main du peintre se saisit irrésistiblement du pinceau pour que la toile cesse d’être muette. L’aventure qui nous mène de Per jòia recomençar au Théâtre de la Méditerranée-Espace Comedia est celle d’une vie qui ne pouvait se dérouler autrement. Elle sera celle de cinquante ans d’un théâtre qui avait une parole à faire entendre. 

 

 

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La nature et l'homme

7 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #JCG

La nature et l'homme

PHILOSOPHIE. « La Nature et l’Homme », de Marchel Conche

Né en 1922, le philosophe Marcel Conche a eu 99 ans le 27 mars. Cela ne l’empêche nullement de réfléchir, ni d’écrire. Pour preuve cette série de 109 fragments où se répondent, comme autant de courts chapitres, interrogations métaphysiques et souvenirs d’une vie. Il est ici question de la nature qui doit remplacer Dieu, d’Héraclite et du changement universel, des femmes aimées, des amis présents ou perdus, des souvenirs toujours vifs d’une enfance rurale – entre autres et tour à tour. Par-dessus tout, avec humour ou gravité, se trouve célébrée la philosophie, considérée comme vocation et choix de vie originaire. Un petit paysan fit à 13 ans des Pensées de Pascal son livre de chevet, ne put aller au lycée, apprit tard le latin et le grec, édita finalement Héraclite aussi bien qu’Epicure et devint professeur à la Sorbonne. La recherche de la vérité organise cette existence, ce qui constitue une rareté. R.-P. D.

compte-rendu du Monde des Livres, rédigé par Roger-Pol-Droit, publié jeudi 6 mai 

Est paru, le 27 mars 2021, pour ses 99 ans, le dernier livre de Marcel Conche : La nature et l'homme.

ISBN : 978-2-35502-123-7

192 pages / 19 €

référencé et distribué par Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

Avant-propos

La nature est le lieu sans limites où naissent et persistent des mondes innombrables. On peut parcourir indéfiniment la nature : elle est donc in- définie. Mais elle est aussi infinie, car on ne peut rien lui ajouter qui ne serait pas naturel. Un monde est une totalité structurée. Une grenouille perçoit d’innombrables excitations. Ces excitations ne forment pas un ensemble disparate : elles ont une unité car la grenouille est une, l’ensemble des excitations est donc une totalité structurée, un monde. C’est le monde de la grenouille. La grenouille ne peut sortir de son monde, pas plus que le serpent du sien. Autant d’êtres vivants, autant de mondes qui mutuellement s’ignorent. Aucun être vivant ne peut se mettre à la place d’un autre pour percevoir la nature comme il la perçoit. Autant d’êtres vivants, autant de perceptions différentes de la nature. Autre est la cour de la ferme pour le canard, autre pour le crapaud, autre pour le hérisson. Le canard ne peut se mettre à la place du hérisson pour voir la cour de la ferme en hérisson. Mais l’homme non plus ne le peut. La nature se diversifie selon la diversité des êtres qui vivent et la perçoivent. Encore en est-il de même pour la diversité des humains. La forêt n’est pas la même pour le charbonnier, pour le chasseur qui dans les bêtes innocentes voit des proies, pour le peintre ou le poète, et pour le philosophe amateur des chemins qui ne mènent nulle part. Que faire d’autre que d’avancer comme on peut dans l’obscurité des choses ? Depuis quand cette obscurité s’est-elle éclaircie ? Nous sommes, humains, sur la planète Terre. Par quelle cause ? Selon la théorie de la panspermie, les germes de vie sont venus de l’espace, apportés par des météorites ou des comètes. Cela explique le comment. Reste le pourquoi. Après la cause qui explique vient la raison qui justifie. Justifier et montrer que ce qui a lieu est bon, existe en vue du bien. L’homme est sur cette Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. « L’homme » ce sont les hommes, les nations, les États. Chaque chef d’État doit avoir en vue, non pas seulement l’intérêt de son État, mais l’intérêt de l’ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l’amour universel.

 

LXVI
Le non engagement

Si l’on considère l’ensemble de ma vie, on peut dire que j’ai choisi le non engagement.

Mon cousin germain Fernand s’est engagé dans l’armée. Il est venu à Altillac se montrer chez mes parents, avec son bel uniforme de sergent-chef. Je n’ai pas vu en lui un exemple à suivre et je ne l’ai pas admiré. Mais j’ai souffert lorsqu’il a été tué à la guerre.

Je n’ai combattu pour aucune cause : ni la cause politique, car je n’ai adhéré à aucun parti, ni la cause nationale, car je ne me suis pas engagé dans la Résistance, contrairement à Marie-Thérèse et à mon père, ni la cause internationale.

Nous vivons tous une brève vie. Il ne faut pas par imprudence, la raccourcir encore – en fumant la cigarette, en buvant des apéritifs alcoolisés, en pré- férant trop souvent le vin à l’orangina, en fatiguant son corps par des efforts excessifs. Il faut surtout ne pas risquer de la raccourcir en s’engageant dans des actions où l’on risque sa vie.

Je pense aux guerres de 14-18 et de 39-45. Je n’ai pas participé à la guerre de 39-45. Il est certain que je n’aurais pas participé à celle de 14-18. Cette certitude tient à la conscience que j’ai de moi-même.

« Connais-toi toi-même » : telle est la leçon des Grecs. Je me connais en ce sens que je sais ce que je veux et aussi ce que je peux vouloir et ne vouloir pas.

Je sais que je ne peux rien vouloir de ce qui porterait préjudice à ceux que j’aime, à mes amis, à mon pays, et qu’au contraire, je veux travailler de façon à réaliser une œuvre qui ait de la durée.

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Certes, je vais mourir. Mais mon âme ne meurt pas, car mon âme est dans les livres. Et comme auteur de mes livres, mon nom est dans le dictionnaire Larousse, lequel ne disparaîtra qu’avec la civilisation.

Ne pas s’engager c’est ne pas risquer de faire naufrage, c’est ne pas susciter des rivaux et des jalousies, c’est préserver ses forces comme Napoléon le faisait de sa garde. Ne pas s’engager, c’est aussi laisser les événements suivre leur cours, sans intervenir plus que sur des phénomènes météorologiques.

 

 

LXXIV
Le moi et Héraclite

Puisque « tout s’écoule », selon Héraclite, le moi, comme toutes choses doit s’écouler. Pas plus que le fleuve dans lequel on entre à midi n’est le même que celui dans lequel on est entré ce matin, le moi qui s’éveille le jeudi matin ne saurait être le même que celui qui s’est endormi le mercredi soir. Cependant la carte d’identité me dit que c’est la même personne. Si la société devait tenir compte du fait que chaque personne varie sans cesse, l’ordre social serait impossible, et même l’ordre familial. Le père reste le « père », le fils reste le « fils », l’oncle reste « l’oncle », même si chacun a beaucoup changé. Certes rejoignant Alfred après plusieurs années où il était au Maroc, je puis dire : « Comme il a changé ! ». Je le reconnais néanmoins. Nous faisons continuellement abstraction des changements que nous constatons chez les personnes, nous rangeant au point de vue de la société qui veut qu’elles soient les mêmes. Le « tout s’écoule » d’Héraclite est une vérité philosophique qui contredit l’expérience et la vie quotidiennes. Pour Héraclite, le fixe n’est qu’une apparence. Il n’y a rien de fixe. Même la tour Eiffel bouge quelque peu. Or, l’homme agit, et il ne pourrait agir si son action ne pouvait s’appuyer sur des choses fixes, telles que la charrue, la bicyclette, le tracteur, les outils (du menuisier, du charpentier, etc.). La philosophie fait voir les choses en profondeur et dans ce qu’elles ont d’éternel. Mais l’on vit dans le présent et l’écoulement, entre le passé, écoulé et voué au non-être, et l’avenir, non encore écoulé. Sous la fixité des apparences, la mouvance maintient son règne. Car tout se meut, s’écoule et, écoulé, va au néant. De toutes les actions de l’homme, de toute l’histoire humaine, que peut-il rester au bout de 10milliards d’années ? Mais l’âme n’est pas à oublier. La religion et certains philosophes disent qu’elle est immortelle. Mon âme est dans mes livres. Ai-je une âme autre que celle qui est dans mes livres ? Je n’incline pas à le croire – tout en suspendant mon jugement.

note de lecture de Gérard Lépinois

Matois / Nu / Vieil enfant (neuf).
Matois, coquin, Marcel, vif, philosophe du (toujours plus) nu, simple d'apparence : plus rien à perdre ni à gagner que la notation du jour, crépusculaire ou pas (long nocturne dans le jour où revenir en boucle, en variations musicales de visages bues, de situations...). Mais non moins au plein jour, à l'instant présent, à la petite bête s'il en est. La Nature donc, une philosophie décidément nue, pudique, "présocratique", philosophie concentrée d'un paysan ayant été professeur de Sorbonne (stucs...). La Nature est la nécessité du nu, simple d'apparence, du nu de chaque monde, l'enveloppe totale inenvisageable, contrairement à Émilie, déesse corse fort concrète, concrètement disparue. Donc finalement philosopher une vie, son jardin, la position de celui-ci dans une totalité ressentie, pas seulement postulée, son ordonnancement par un infini, clef de voûte hors de portée de descriptions ou analyses de détail, grâce à lui harmonieuses, y compris de devoir s'éteindre et de sourire aussi de soi, narquois Marcel, pas ironique, jamais méchant, mais amusé, un vieux gosse, un jeune vieux, toujours et à nouveau le petit avec sa route qui tourne, foin de la Sorbonne et de son labyrinthe, son père qui le prive innocemment de lycée et les Pensées de Pascal à treize ans dans les bois, araignée page onze.

note de lecture de Jacques Larrue

30.- CONCHE, LA BELLE NATURE - Je me demande bien aujourd'hui qui vais-je intéresser avec macronique ? C'est pas que je sois bien sûr de posséder le moindre pouvoir d'attractivité habituellement. Mais là si je vous dis Marcel Conche ! Vous allez rester coi et vous exclamer : Marcel quoi ? Si, peut-être vais-je emmener Francis le Corrézien, natif tout proche d'Altillac qui me confessait ne le connaître que de nom et quand même aussi de réputation. Jean-Claude, que tout m'aurait porté à connaître bien avant que je ne m'échappe du Var, si seulement j'avais sacrifié au rite culturel élémentaire en me rendant à la Maison des Comoni au Revest ou au moins en feuilletant les jolis Cahiers de l'Égaré. Zaza, qui vient de se joindre à ce petite cercle de Résistants fleurant bon le maquis provençal et la farigoulette. Et mon épouse... qui n'a pas le choix !
Chapeau Marcel !
Remarquez, c'est pas moi qui vais jeter la pierre à ceux qui ont déjà décroché ou qui ont la main près de la poignée du parachute. Les philosophes m'emmerdent aussi. Pire, les contemporains me dérangent à toujours s'écouter penser et à oublier parfois de baisser le son. Je ne commettrais pas l'indélicatesse d'en jeter quelques-uns dans la fosse au lions incultes. Et aux insultes. Mais je me sens un peu de leur côté. Celui des béotiens. Respectant en cela la consigne d'Héraclite : " Connais-toi toi même ". Les plus érudits objecteront que ce principe sensé conduire à la raison appartient à Socrate. Certes, mais c'est tout de même son aîné d'Éphèse qui proposa : « il faut s'étudier soi-même et tout apprendre par soi-même ». Sans vouloir balancer, cela ressemble fort à du plagiat ! Mais foin de procès, y a prescription !
N'empêche qu'en m'abonnant aux Cahiers de l'Égaré (au fait j'espère que ça y est, vous les avez envoyé vos soixante balles au collègue Grosse du Revest !) je ne pensais pas en prendre à ce point plein la tronche. Lorsque je suis allé mesurer le pedigree du fameux Conche, je n'ai pas été rassuré. Héraclite donc, mais aussi Montaigne et Heidegger. Bon Heidegger, il fait ce qu'il veut Marcel, mais enfin Heidegger n'a jamais trop cherché querelle à Hitler et si vous voulez, avec mes a priori à la con, ça me perturbe. Tout comme d'ailleurs Conche lui même qui, à 23 piges, s'est planqué pour ne pas monter au font de1939 - bon d'accord ce fut un bide, d'où vient d'ailleurs peut-être l'expression "avoir le rouge au front " - et "oublia" ensuite de rejoindre la Résistance. Il était trop occupé nous dit-il (!) et puis, toujours pareil, qu'aurions nous fait à sa place ? En 40, des Jean Moulin il n'en tournait pas tant que ça au vent de la colère ! L'important c'est qu'il ne soit pas rallié au FFI en 1944 comme tant d'autres...
Je connaissais aussi "Montaigne Pyrénées" que chantent magnifiquement quelques chœurs basques, mais pour ce qui est de son œuvre... Aucun rapport non plus avec le rugby même s'il doit sa réputation à une farandole d'Essais. Et pour m'être risqué à jeter un œil dans l'un de ses textes originaux, je vous assure que je m'en suis promptement écarté. D'ailleurs Marcel Conche, qui a justement perdu la vue d'un côté, pense que cela remonte à sa jeunesse mal éclairée par une lampe à pétrole, mais qui sait si ce n'est pas pus tôt ce Montaigne qui serait la cause de la cécité partielle de son disciple ?
J'y suis pourtant allé sans crainte. Plein de curiosité et de considération. Si je ne vous l'ai pas encore révélé, ce docteur en philosophie, double lauréat de l'Académie française boucle depuis le 22 mars sa dernière année afin de rejoindre le cercle encore restreint des centenaires. En sorte que j'eus parfois le sentiment de posséder entre les mains un testament philosophique et littéraire. Pour le coup un vrai privilège ( ah ! qu'est ce que j'ai bien fait de m'abonner ).
Souvent les philosophes me semblent boursouflés de leur propre connaissance et, ce qui m'étonne toujours, de ce qui ressemble fort à des certitudes. N'était cette obsession à rappeler dix fois au moins, au fil des pages, que le nom de Marcel Conche figure dans le Larousse et que cela lui ouvre les portes de l'infini - grand bien lui fasse ! - je me suis laissé entraîner sans lassitude dans ces pérégrinations intellectuelles pleines de bonté et tenez-vous bien, de bons sens.
C'est l’œuvre d'un philosophe-paysan des bords langoureux de Dordogne, d'un enfant orphelin par sa maman qui la perdit en lui donnant la vie, d'un éternel amoureux confiant ses secrets sans jamais les trahir, d'un contemplateur imprégné de nature : " Dieu était un principe de bonté. Ce principe de bonté est maintenant la nature. La nature est vie et toute vie est bonne." Et l'homme qui "est sur Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. "L'homme", ceux sont les hommes, les nations, les États. Chaque Chef d'État doit avoir en vue, non seulement l'intérêt de son État, mais l'intérêt de l'ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l'amour universel."
De la cueillette des noix aux Présocratiques, des bastes vigneronnes de la Patraquerie à la métaphysique, l'agrégé de la Sorbonne se livre généreusement à travers CIX (109) petits fragments d'une pensée apaisée et intacte.
Vienne la nuit, sonne l'heure,
les jours s'en vont, je demeure *
Et en bout de lecture, les bouquins de l'Égaré ont aussi ça de magique qu'ils nous effleurent les mains avec délicatesse, presque une sensualité qui vous frustre un brin lorsqu'il faut les refermer. Mais qu'à cela ne tienne. Je vais sûrement relire ce dernier Conche. A moins qu'il ne me fasse mentir et qu'il remette à cent ans le métier sur l'ouvrage.
Et comme l'espérance est violente. *
Et puis si ce n'est de lui, il y en aura d'autres. L'éditeur est toujours jeune. A peine quatre-vingts !

 

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Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie/José Lenzini

20 Avril 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #poésie, #pour toujours, #écriture

Voilà une biographie d'excellence qui a été pénalisée par la crise de la covid 19 suite à l'annulation de toutes les manifestations. Ne reste que la commande en librairie ou sur les plateformes de ventes en ligne

 

article du 21 avril 2021 dans Var-Matin magazine, rendant compte du livre (très belle plume) et annonçant le colloque en ligne du 23 avril

article du 21 avril 2021 dans Var-Matin magazine, rendant compte du livre (très belle plume) et annonçant le colloque en ligne du 23 avril

couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA

couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA

Les Cahiers de l’Égaré, maison d'édition installée au Revest-les-Eaux, depuis juillet 1988 viennent de faire paraître ce 14 octobre 2020  (pour le centenaire de sa disparition) la première biographie de Germain Nouveautrimardeur céleste de la poésie, réalisée par José Lenzini, un spécialiste de Camus, ancien journaliste au Monde qui a travaillé durant près de dix ans sur cet ouvrage. La préface est signée Patrick Lorenzini, ancien journaliste et poète. 

livre au format 14 X 22, 248 pages, ISBN 2-908-35502-113-8. PVP : 15 €

Germain Nouveau (1851-1920), est né et mort à Pourrières, Var.

À Pourrières, il sera le mendiant mystique, Humilis

Une anecdote à son propos : Un Pléiade est paru en 1970, réédité en 1993, consacré à Lautréamont et à Germain Nouveau avec photo de Germain Nouveau sur le coffret. Ce volume de la Pléiade est depuis 2009 remplacé par un volume seulement consacré à Lautréamont. Germain Nouveau dont le souhait était de disparaître, de ne pas laisser de traces, a été exaucé par Gallimard.

Germain Nouveau (1851-1920), ami de Rimbaud et de Verlaine, est à la fois l'auteur de lestes Dixains réalistes, de vers mystiques Ave Maris Stellason dernier recueil qu'il édite à 8 exemplaires, et de poèmes où un sentiment amoureux parfois panique s'exprime avec bonheur, ValentinesLa Doctrine de l'Amour. Il condamnera toute son œuvre et se fera mendiant, avant de se laisser mourir d'inanition. 

Ses liens avec les Illuminations de Rimbaud sont encore mystérieux. Il a recopié certains textes, a été chargé par Verlaine de les éditer. Il y a du Nouveau chez Rimbaud (essai d'Eddie Breuil) mais évidemment les rimbaldiens ne sont pas prêts à concéder ne serait-ce que la possibilité d'une participation de Nouveau à cette composition très difficile à reconstituer de ce qui n'a pas été une oeuvre conçue comme telle. 

L'édition de cette biographie de José Lenzini est le juste prolongement du 1° colloque varois, consacré à Germain Nouveau et qui s’est déroulé en juin 2001, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest, pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, avec des invités et spécialistes comme Guillaume Zeller, Georges Lauris, Jacques Lovichi, Pierre Borel…

Depuis 2001 il y a eu quatre Cahiers Germain Nouveau en 2008, 2009, 2011 et 2018. Ces publications ont apporté plusieurs textes, correspondances et documents inédits. Les artisans principaux de ces publications sont Jean-Philippe Dewind et Pascale Vandegeerde, par ailleurs collectionneurs de tout ce qui concerne Germain Nouveau. Les études sur Germain Nouveau doivent tout à ce couple de chercheurs passionnés et totalement désintéressés; sans eux rien de tout ce qui arrive actuellement n'aurait eu lieu ; ils sont les gardiens du phare dans la tempête de l'oubli.

Ajoutons en 2015 et 2005 un ouvrage du regretté Jacques Lovichi et une édition de Germain Nouveau provoquée par ses soins. 
Références à tout cela dans la bibliographie de José Lenzini.
 
Au passage, je signale une traduction en espagnol de poèmes de Germain Nouveau, réalisée par Pedro J. Vizoso, de Hastings College aux USA dont j’ai reçu un exemplaire (2015): Saber Amar
 
Manifestations prévues autour de cette parution
Conférence si elle est confirmée (covid19) de José Lenzini à la médiathèque Chalucet, le 20 novembre avec projection du film de Christian Philibert : Le poète illuminé, Germain Nouveau (1851-1920).
Si la fête du livre du Var a lieu, les 20-21-22 novembre, le livre sera présenté par la librairie Charlemagne, en présence de l'auteur.

Un colloque sera organisé les 5 et 6 février 2021 par le département Lettres de l’Université du Var sous la responsabilité de Michèle Monte. Il se déroulera en plusieurs lieux, La Garde, Toulon, Méjanes à Aix (le 6 février 2021 au matin). 

Toutes ces manifestations ont été annulées.

Une grande manifestation avec exposition sera organisée par la médiathèque Méjanes à Aix-en-Provence en février 2021.

Également annulée. Prévue le 23 avril 2021 en visio-conférence.

Un film a été réalisé par Christian Philibert (Les Films d'Espigoule) :

Le poète illuminé, Germain Nouveau (1851-1920) de Christian Philibert
Un documentaire historique - 84 minutes - réalisé en 2020 pour le centenaire de la disparition de Germain Nouveau.
 
Né et mort à Pourrières, dans le Var, Germain Nouveau (1851-1920) forme avec ses amis Rimbaud et Verlaine le plus célèbre trio de la poésie française. Révélé par les surréalistes (Breton, Aragon), il demeure méconnu du grand public, sa mémoire ayant longtemps été occultée par celle de Rimbaud. Plusieurs chercheurs affirment aujourd'hui qu'il est le véritable auteur des Illuminations.
A travers les interviews des principaux biographes et spécialistes de Germain Nouveau, ce long métrage documentaire, tourné sur une période de 25 ans et illustré par une abondante iconographie, dévoile l'histoire et l'oeuvre de ce poète hors du commun. 
 
Réalisation : Christian Philibert, Image et son : Patrick Barra.

Production : Les Films d'Espigoule en partenariat avec Les Amis d'Espigoule (2020)

Ce film sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté à Toulon et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, Toulon.

La ville de Pourrières sera organisatrice de diverses manifestations.

Pour illustrer ce livre, j'ai sollicité la participation de Ernest Pignon-Ernest qui nous a offert la vignette de couverture et une vignette pour l’intérieur. 

Jean-Claude Grosse, 15 octobre 2020, éditeur des Cahiers de l'Égaré

 

TABLE DES MATIÈRES

 

Page 4         Tu es notre frère                    Préface de Patrick Lorenzini

Page 9         À cheval sur un rossignol

Page 17       Vierges, morts et macaronis glutinés

Page 41       Dans le silence de Marseille assourdie

Page 67       Le temps des voyants

Page 105      Cythère sur Tamise

Page 133      Des Illuminations manquant de clarté

Page 153      La naissance d’Humilis

Page 175      La lettre muette

Page 201      L’aube du trimardeur céleste

Page 225      Mémoire de la fosse commune 

Page 241      Bibliographie

 

Colloque virtuel du 23 avril 2021 

23 avril matin :

9h : Michèle Monte (Babel, Toulon) : scène énonciative et argumentation dans La Doctrine de l’Amour : cohérence et originalité

9h30 : Stéphanie Thonnerieux (Passages XX-XXI, Lyon 2) : Énonciation, dialogisme et genre poétique dans les Valentines : le lyrisme parlé de Germain Nouveau

10h : Discussion et pause

 

11h : Richard Renault  (CRISCO, Caen) : le traitement automatique de la métrique de Germain Nouveau

11h30 : Alain Chevrier (Rouen) : les fantaisies métriques de Germain Nouveau

12h : Discussion

 

12h30-14h : pause-repas

23 avril après-midi :

14h : Daniel Bilous (Babel, Toulon) : « Au fond du reconnu pour trouver du Nouveau ». Parodies et détournements chez Nouveau 

14h30 : Amandine Cyprès (Babel, Toulon) : Des Valentines aux Fantaisistes : petit itinéraire vers un lyrisme ironique

15h : discussion

 

15h30 : Antoine Piantoni (docteur de Sorbonne Université) : « Le plafond s’effondre en fleurs idéales » : Germain Nouveau prosateur

16 h : Anthony Piana (Nice) : « Une place à trouver » 

16h30 : discussion

 

17h30 : clôture du colloque

 

 

 

vignette d'Ernest Pignon-Ernest

vignette d'Ernest Pignon-Ernest

l'affiche du film de Christian Philibert sur Germain Nouveau,; il sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, si les conditions sanitaires le permettent

l'affiche du film de Christian Philibert sur Germain Nouveau,; il sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, si les conditions sanitaires le permettent

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Père Ubu et Mère Blabla

12 Avril 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #théâtre, #JCG

Père Ubu et Mère Blabla

Vient de paraître, le 27 mars 2021

Père Ubu et Mère Blabla de Philip Segura

ISBN 978-2-35502-122-0

72 pages / 14 €

référencé, distribué par Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

PERE UBU MERE BLABLA Cinq actes

PERSONNAGES

PÈRE UBU SOCRATES MÈRE BLABLA MELANOS WOLFGANG MÈRE UBU

LE PEUPLE LE DOCKER

La scène se passe sur le port d’Athènes.

ACTE 1 / SCÈNE V Père Ubu, Le Docker, Mère Blabla.

(On entend au loin des musiques.)

PÈRE UBU
Qu’est-ce donc ce vacarme ? Merdre, quel pays de merde!

MELANOS
C’est la Mère Blabla qui arrive avec toute sa clique.

PÈRE UBU

Ah ! oui, je les vois arriver au loin, on croirait un carnaval de Roumanie ou de Hongrie. Toutes ces tuniques couvertes de poils, quel spectacle merveilleux ! Et Mère Blabla, c’est la grosse qu’on voit assise au centre sur une chaise à porteurs ?

MELANOS
Oui, n’est-elle pas merveilleuse ?

PÈRE UBU

On croirait une dinde énorme posée sur une table avant d’être consommée.

MELANOS

Si vous continuez à parler ainsi, vous finirez comme tous ses nobles, sur le pal, le trou du cul en feu.

PÈRE UBU

Quelle femme fantastique ! Elle défonce ses nobles à coup d’enculerie. J’en ai fait de même dans mon passéprestigieux où sans modestie aucune, j’ai pu rassembler les polonais en massacrant les nobles.

MÈRE BLABLA

Qu’entends-je ! Un tueur de nobles parmi nous. Un ancien roi m’a-t-on dit ?

PÈRE UBU

Je suis votre serviteur madame. Qu’ai-je appris de vos faits? Une reine qui broie, qui fait mijoter, qui encule sesnobles pour réunir les sujets de son royaume, n’est-ce pas merveilleux ?

MÈRE BLABLA (en riant)

Enfin un connaisseur, un politologue. Je me pré- sente Mère Blabla, reine de Grèce, ancienne reine de Macédoine, docteur en Démologie et Blablaphysique.

PÈRE UBU

Vous êtes délicieuse, que de titres ! Je me présente. Père Ubu, roi d’Aragon puis de Pologne, enfin docteur enPataphysique.

MÈRE BLABLA

Laissez-nous, travailleur de mon royaume ! Cet homme est un incroyable vendeur. L’année dernière, il est arrivé à refourguer des centaines de kilos d’olives moisies à mon peuple... affamé, j’en conviens ! (Melanos sort.)

Père Ubu et Mère Blabla

de Philip Ségura Editions des Cahiers de l’Égaré 2021

Commentaire suite à lecture

Voilà une courte pièce qui ne mâche pas ses mots, une satire incisive et relevée, une attaque rondement menée contre les manigances des pouvoirs politiques.

L’action se situe dans une Athènes sans âge et le propos l’est (malheureusement) tout autant.

Philip Ségura va droit au but et Jarry devrait s’y retrouver : quelques personnages sans complexe ni complexité psychologisante sont plongés dans un verbe cru et truculent, ce qui est aussi efficace que les méthodes dont usent ceux qui rêvent de dominer.

Rien ne manque ici à l’attirail du parfait aspirant au pouvoir absolu : le mensonge, le mépris, la trahison, les beaux discours, l’autosuffisance de l’entre-soi, les débauches de la caste dominante, tout est bon quand il s’agit d’accéder au règne et de ne plus le lâcher. Et tout cela dans la bonne humeur, c’est ce qui en fait tout le piquant !

“Les promesses n’engagent que ceux qui y croient”, c’est bien connu et les politiques ne s’en cachent pas à l’occasion (il y a un certain nombre d’années j’ai entendu Pasqua l’énoncer à la télévision, et il paraît qu’il n’est pas le seul).
Ici, un personnage le dit autrement : Le peuple aura de l’espoir et nous aurons le pouvoir absolu.

Ailleurs, Père Ubu explique, après son discours électoral adressé au Peuple : Rien ne ressemble à un discours qu’un autre discours, alors vous savez...
Philip Ségura aurait tort de ne pas faire comme ses personnages, il emprunte donc à nos politiques. De la sorte, combien de traits bien sentis, revus à la sauce Ségura-Ubu, sortent de la bouche des protagonistes pour notre délectation !

Il ne s’agit pas tant pour l’auteur de dénoncer (ça va tellement de soi) que de mettre à nu la mécanique de ceux qui n’ont pas d’état d’âme quand leur seule ambition est de satisfaire leur ego-absolu.

Bien que le propos de cette pièce soit passablement féroce et quelque peu désespérant il est emporté par le ton enjoué de la farce (la triste farce humaine) et par une langue bien trempée. Ce qui en fait une pièce jubilatoire, que oui ! Merdre alors, ça fait du bien !

Christian Girier

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Abonnement 2021 aux Cahiers de l'Égaré

12 Avril 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021

les 4 livres de l'abonnement 2021

3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements

3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements

Jean-Claude Grosse

Directeur et créateur des Cahiers de l’Égaré

Le Revest-les-Eaux

Création d'un abonnement annuel aux Cahiers de l'Égaré

Le 12 avril 2021,

Chers amis, lecteurs, auteurs, curieux, solidaires, solitaires, partageurs,

La situation sanitaire depuis un an met Les Cahiers de l'Égaré en présence de difficultés nouvelles.

Deux livres récents ont souffert de manifestations annoncées, puis annulées ou reportées sine die :

Dans la tête de Gabriel Matzneff

de Chantal Montellier (BDiste), 52 pages, 5 illustrations, 12 €.

Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie

de José Lenzini, 248 pages, 2 illustrations d’Ernest-Pignon Ernest, 15 €. (à l’occasion des 100 ans de la mort du poète)

Vous pouvez heureusement décider de les commander, encore, et en nombre, en librairie et sur les sites en ligne !

Fidèle aux Éditions Mesures dont la formule d’abonnement m’a inspiré, j’ai eu l’idée de vous proposer cette formule mixte nous permettant de perdurer grâce à la solidarité active des abonnés, des personnes que nous connaîtrions, qui nous choisiraient, qui participeraient à l’élargissement de notre cercle :
une saine définition de l'amour des Lettres et des Livres.

Le principe est le suivant :
Un abonnement annuel de 4 titres combiné avec leur présence en librairie (via notre diffuseur-distributeur Soleils, 3 rue Jean Dollfus, 75018, Paris, qui assure également le référencement des Cahiers de l’Égaré sur Electre et toutes les plateformes) pour permettre leur achat unitaire, en dehors de toute obligation d’abonnement, au fur et à mesure de leur parution.

Pour les mois à venir (mars 2021/décembre 2021) je vous propose donc de vous abonner à 4 livres pour un coût total de 60 € au lieu de 71 €.

Les 4 auteurs et titres retenus sont :

Marcel Conche, La nature et l'homme. Essais et souvenirs, 190 pages, format 14 X 22, 19 €

Après la publication de très nombreux livres dont plusieurs aux Cahiers de l’Egaré, le philosophe âgé de 99 ans révèle ici une face nouvelle qui plonge son lecteur dans une expérience immersive de pensée en lien avec le Connais-toi toi- même socratique.page1image3700592 page1image3700384 page1image3700176

Marcel Conche, en s’appuyant sur les philosophes d’avant Socrate, Anaximandre, Héraclite, Parménide, se trouve au plus près des préoccupations écologistes.
Il affirme haut et fort le respect (qu’il pratique) du tout vivant, de l’insecte à l’homme, des plantes aux poussières d’étoiles, la célébration de la Vie créatrice et éternelle.

L’influence de Marcel Conche a été réelle sur nombre d’étudiants et toujours vive auprès de philosophes comme André Comte-Sponville ou Michel Onfray et dans le milieu de la décroissance dont une figure est Paul Ariès.

Son amour pour Émilie (2001-2008, lui 80 ans, elle 30) a été fortement médiatisé en particulier par Jérôme Garcin. Les Cahiers de l’Égaré ont publié hors commerce Le silence d’Émilie après l’opposition d’Émilie à la parution du Journal étrange Émilienne, devenu le populaire Corsica.

Sortie le 27 mars 2021 pour les 99 ans du philosophe.

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Philip Segura, Père Ubu et Mère Blabla. Théâtre. 70 pages, 13,5 X 20,5, 14 €

« Une histoire de plus chez les Ubu. »
L’histoire se déroule après Ubu enchaîné, Père Ubu, roi des esclaves, touche les terres de Grèce, il y rencontre Mère Blabla, reine des Grecs.
La saga Blabla continue après Magnus-Blabla, Frankenstein-Blabla et Les histoires de Saint-Blabla. Mère Blabla devient la porte-parole de la Konerie du monde. Vive la Konerie ! Vive la Démologie ! Vive la Reine ! Si on parlait de politique un peu...

Philip Ségura a créé le Théâtre Blabla en 1998 avec Philippe Pasquini. Il est comédien, marionnettiste et clown.

Il a édité « La Marionnette-Matériau » chez L'Harmattan, « Théâtre Blabla » chez les Promeneurs Solitaires.

Sortie le 27 mars 2021.

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Isabelle Forno, Concertina. Bloc de notes sans partition, 180 pages, 18 €

Après un premier livre « Travail, peurs et résistances » (Syllepse 2012), incisif et critique sur la question des risques psycho-sociaux, Isabelle Forno nous livre dans ce recueil de textes intimes, une polyphonie de sons, d’inspirations, puisée dans ce qu’elle nomme les « chemins de faîte » de ses féminités, et qui « de fait » nous propulsent, sans filet, dans son univers émotionnel et sensoriel.

Vous comprendrez vite qu’elle aime jongler avec les mots, en déjouer les ruses, en stimuler les sens.
Sa musique vive et enjouée semble s’échapper du concertina, ce petit accordéon complice des danseurs et des clowns, aux sons mordants et doux, et que l’on ne tient pas avec des sangles.

Ses mots parfois deviennent des cris, piqués au fil du barbelé, tel le concertina d’acier que l’on déroule sur les clôtures des sites sensibles, et composé de petites lames affûtées et tranchantes.

Sous des formes courtes et variées, entre récits, nouvelles et poésies, avec ses textes tout à la fois pudiques et corrosifs, tendres et amers, drôles et tragiques, cueillis au plus près du réel ou portés par l’imaginaire, Concertina vous touche en plein cœur.

Sortie en octobre 2021

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Jean-Claude Grosse, Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ? Roman polyphonique, 500 pages, 20 €

L’auteur Celui qu'on appelait communément J.-C., hiérosolymitain du L'Avers sous les eaux et de Corps Ça Vitcelui qui a décidé de s’appeler depuis le 25 décembre 2020 Je Suis Vita Nova a été réveillé par une évidence : toute vie est un roman, une polyphonie de romans.

L’auteur en a profité pour fabuler sur ses conceptions et ses pratiques des 10 échelons à la sauce Platon de l’Amour : porneia, pothos, mania, eros, philia, storgè, harmonia, eunoia, charis, agapè au moment du démon de midi.
Il a romancé les aventures politiques, artistiques, littéraires, spirituelles d’un homme ayant dépassé les 80 ans et découvrant par eczamen de conscience, engendrant un eczéma virulent, sa « commerie », sa capacité à faire comme.

Son humour ravageur le fera-t-il enfin sortir de la connerie imitative pour aller vers Je Suis Vita Nova.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l'auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :
ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable. Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, intemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas. En le rendant, on en a fini avec les romans de sa vie.

Sortie en décembre 2021

**
En espérant que cet appel suscitera votre envie de mieux connaître et d'accompagner Les Cahiers de 
l'Égaré, de soutenir nos choix éditoriaux et de maintenir notre vitalité.

Vos livres vous seront expédiés au fur et à mesure des parutions par la poste par nos soins et sans frais (pour l’étranger frais de port en sus).

Croyez, chers amis, à l'expression de mon attachement aux livres qui peuvent laisser traces, et à leurs lecteurs inspirés que je remercie.

Jean-Claude Grosse

Bulletin d’abonnement papier

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Chèque de 60 € à établir à l’ordre de : Cahiers de l’Égaré
Et à envoyer avec le bulletin à : Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux.

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Le Germain Nouveau est arrivé / Jaco

19 Février 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #notes de lecture

Posted: 18 Feb 2021 03:20 PM PST

 

 

Ce pourrait être un Germain Nouveau. 
Il sort tout droit du blog de Robert Lebon. 

 

 
18.-LE GERMAIN NOUVEAU EST ARRIVÉ - S'il l'on pouvait suggérer le bonheur à l'homme, l'emporter vers des rives inconnues et néanmoins sublimes, c'est vers la poésie qu'il faudrait l'entraîner. Par la force sans doute, car ce serait impossible besogne que de l'y convoyer par son consentement. Nous pourrions tel que je le fais là, évoquer ces frissons doux comme un automne en Provence, comme caresses subtiles, comme promesses d'idylle et d'idéal.…
Vous le voyez je m'envole aujourd'hui porté par l'onde légère de rimes riches mais passagères. C'est Germain Nouveau qui vient de m'arriver. Grâce soit rendue à José Lenzini, ce journaliste écrivant dans Var Matin devenu écrivain au gré du vent. Du sirocco pardi, lui le natif d'Algérie qui croisa le destin défunt d'un compatriote qui eut été assurément un copain sans cette collision automobile qui fut d'une médiocre collusion avec l'histoire. José se pencha notoirement sur Camus, prix Nobel, philosophe humaniste, penseur tellement en avance qu'il en mourut si jeune.
Sans l'avoir jamais réellement fréquenté - autrement que par ces initiales que nous partagions dans le journal République des belles années de la presse quotidienne - j'ai retrouvé cet homme qui d'un souvenir déformé comme au tain d'une glace cabossée, vert de gris, vieillie, me semblait un rien hâbleur, fort en gueule et qui vient de m'apparaître humble, profond, tendre comme ses modèles.
Et puis quoi de mieux en complément de Lenzini que... Lorenzini. Comme unsurenchère en or. Patrick, le poète discret, presque caché, spécialiste de Léon Vérane mais grand explorateur de rimes désertes ou mystérieusecomme des îles soulevant tendresse et tempêtes, me fut plus familier en notre temps. Pas forcément moins secret.
Il ne signe là qu'une courte préface à ses frères - Germain, Jo et les poètes - comme on ouvre une voie infinie dont on se délecte.
Il ne manque plus que Jean-Claude Grosse. Dont je ne sais rien. Si ce n'est que s'il est tombé sur mon blog, j'espère qu'il ne s'est pas fait plus mal que moi en tombant sur le sien. C'est un auteur dont j'ignore l’œuvre tout en la présentant. Pas un trimardeur quand même mais un aventurier des lettres, un esthète sans effusion, un éditeur sans prétention. L'un de ces types admirables - non mais là je pèse bien mes mots ! - admirables puisqu'ils ne retireront jamais rien de leur quête que l'obole de quelques gratitudes. Faire vivre l'art, celui d'écrire en vers, en prose et parfois contre tous - en tout cas sans personne - et révéler au monde qui s'en fiche, en pleine lumière et sur papier bouffant, l'existence de Germain Nouveau. Sombre et affamé.
Je ne sais combien vous êtes encore, avec moi à part Marie, Danielle et Zaza. Peut-être Jean-Claude, Patrick et José ? Cela me comblerait. Pour qu'ils puissent lire que depuis que je chronique par passion et pour me marrer, je n'ai que rarement autant aimé me perdre dans mes pensées. La poésie je la pratique depuis que j'ai douze ans. Vous le croyez pas n'est-ce pas ? Tant pis pour vous. Mon prof s'appelait René Azémar. Il prenait son recueil dans le creux de ses mains, nous lisait Hugo, Verlaine, Apollinaire, la voix tremblante étouffant des sanglots. Dans la classe il y avait un petitfrissonnant avec lui. Il l'avait vite repéré…
Germain Nouveau naquit à Pourrières sans prétention :
Un vieux clocher coiffé de fer sur la colline,
Des fenêtre sans cri, sous des toits sans oiseaux
Il y mourut, 71 ans après dans le plus total dénuement.
De déboires en malheurs familiaux, le poète s'affranchit de tout. Même de Dieu auquel il tourne le dos. Le voici même blasphémateur :
Elle était à genoux et montrait son derrière
Dans le recueillement profond de la prière
Pour le mieux contempler j’approchais de son banc
Sous la jupe levée il me sembla si blanc
Que dans le temple vide où nulle ombre importune
N’apparaissait au loin par le bleu clair de lune
Sans troubler sa ferveur je me fis son amant
Elle priait toujours je perçus vaguement
Qu’elle bénissait Dieu dans le doux crépuscule
Et je n’ai pas trouvé cela si ridicule.

J'ai choisi ce dizain figurant dans le livre de Lenzini, parce qu'il était le seul que je connaissais de Nouveau, ignorant même qu'il était de lui. C'est Perret, notre Pierrot le tendre, qui le mit en musique en 1995 sous le titre A l'église dans son disque de chansons éroticoquines (voir plus loin).

Avec Germain, petit de taille, mais immense personnage on n'ira pas naviguer sous Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs, ni dans le vieux Parc solitaire et glacé, mais c'est bel et bien en compagnie de Rimbaud et Verlaine que nous allons parcourir cette vie d'errance, inouïde fulgurances en outrances, de perversions econversions, pour se rompre en éclats ou en lente déchéance.

Parcours éreintant d'Aix à Paris- bien sûr et souvent-, de Charleville à Londres, de Strasbourg à Rome, d'Alger à Marseille. Retour simple à Pourrières. Fin dessinateur, poète maudit-contrarié autant que contrariant-piètre enseignant, trimardeuraux pieds obstinés, mendiant proclamé, pêcheur repentant. Un long poème déchirant, un grand roman.
Je suis admiratif des biographes. Leur implication et leur minutie me subjugue. Et j'en deviens redevable lorsqu'ils m'offrent l'un de cevoyagesurréalistes vers des choses et des êtres dont je n'avais pas idée. Et m'auraient infiniment manqué.
 
Deux portraits réalisés par Ernest-Pignon Ernest illustrent cette biographie.
 
GERMAIN NOUVEAU
José Lenzini

Trimardeur céleste de la poésie - 

Par José Lenzini - Éditions Les cahiers de l'Égaré 
247 pages - 15 euros.
 

 

 

Et " A l'Eglise "  la chanson de Pierre Perret d'après le dizain de Germain Nouveau

https://youtu.be/INLaaDPQpVg 

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Cahier des futurs désirés

15 Octobre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #écriture, #JCG

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

19 août 2020, lettre d’appel à la réunion du 27 août 2020

- 19 septembre 2020, réunion conclusive

217 habitants recensés, 105 votants aux municipales de mars 2020 

40 participants aux réunions conflictuelles sur l’emplacement de l’antenne 4G, mercredi 29 juillet et lundi 3 août 2020

25 à la réunion d’harmonie et d’harmonisation du 27 août 

8 à la réunion conclusive du 19 septembre =>

une radiographie de Corsavy aujourd’hui

pendant ce mois de pratique d’intelligence collective, un seul geste d’hostilité (l’enlèvement d’une affiche plastifiée sur un portail « privé » ai-je appris plus tard où étaient déjà affichés des documents) ; beaucoup de silence (quelques personnes sont venues à ma rencontre pour me parler ou me communiquer leurs propositions : Thierry, François, Elisabeth, Charlène, Jean, Rolande, Mireille, Roland, Antoine, Denise) ; des gens se sont excusés de ne pouvoir venir ; sur une liste de plus de 60 adresses mails, 3 à 4 retours à mes messages d’appels ou de compte-rendus => une radiographie de Corsavy aujourd’hui

8 personnes à la réunion conclusive = 8% des 105 votants = le % de créatifs culturels, de cellules imaginatives nécessaire pour que des changements s’opèrent, même minimes. Des graines ont été semées qui se développeront pendant que d’autres s’épuiseront avant terme.

C’est la Vie à Corps Ça Vit

Ce 2° Cahier après celui sur Qui est Antigone aujourd'hui ? est à l'impression. Disponible dès le 22 octobre.

ISBN 978-2-35502-121-3, format 21 X 29,7, 48 pages, PVP : 5 €

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé à Cuba avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé à Cuba avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001

Ce 19 septembre 2020, de 19 à 21 H, deuxième réunion sur quels futurs désirables pour Corsavy, le jour du 19° anniversaire de la disparition de Cyril Grosse et Michel Bories, le neveu et l'oncle, tous deux artistes à se consumer. 19-19-19, insistance du 19, y compris dans la Covid 19. Leur âme participera de la créativité de la rencontre.

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

Ce 15 octobre vers 11 H, discussion avec le maire du Revest, informé de la démarche effectuée à Corsavy.

- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage

- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives

- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...

- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone

- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle

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Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

15 Octobre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #écriture, #auteurs de théâtre, #lettre, #philosophie

Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?
Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

Qui est Antigone aujourd’hui ?

Parcours d’écritures et de lectures autour du mythe d’Antigone, proposé par Marilyne Payen-Brunet, formatrice, Marie-Agnès Decoopman, animatrice pédagogique, et Moni Grégo, écrivain, femme de théâtre, avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale de l’unité de formation par apprentissage du Lycée agricole et horticole Agricampus de Hyères (Var).

 

C’est dans un espace merveilleux aux arbres hors d’âge, que j’arrive un jour de février 2020, accompagnée par Jean-Claude Grosse. Ce lycée de Hyères est comme un quartier fleuri où chaque rue mène à des bâtiments largement aérés. Tout est calme et accueillant. Après un café partagé avec Marie-Agnès Decoopman, l’animatrice pédagogique de l’établissement, nous allons rencontrer des élèves de seconde, de première et de terminale qui ont déjà approché le mythe d’Antigone avec leur formatrice Marilyne Payen-Brunet, par des textes, en particulier le texte dramatique original de Sophocle, mais d’autres aussi comme ceux de Jean Cocteau, Jean Anouilh... et le mien, « Les Enfants du Sphinx » paru aux Éditions Domens. Je présente Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré venu du Revest, qui me présente, moi qui viens de Sète.

PREMIÈRE DEMANDE DE MONI :
Des élèves par deux, chacun interviewe puis présente l’autre au groupe
et parle de sa relation au texte, au mythe, aux personnages de cette tragédie. Puis un essai par chacun de retracer les grandes lignes de l’histoire des Labdacides

TEXTE 2 - ÉCRIRE : UN MONOLOGUE

Un personnage de la famille des Labdacides parle à la première personne.

TEXTE 3 - ÉCRIRE : UNE ÉNIGME

TEXTE 4 - ÉCRIRE : UNE CÉLÉBRATION DE L’HUMANITÉ

TEXTE 5 – ÉCRIRE : UNE LETTRE

La dernière lettre d’Antigone murée dans sa prison.

TEXTE 6 - ÉCRIRE : UN RAP.

TEXTE 7 – ÉCRIRE : UN DIALOGUE.

Entre un père : Créon et son fils : Hémon

LIBRE DISCUSSION :

Petit point final où je leur demande si tout va bien,
s’il y a des questions, des propositions de choses à aborder auxquelles ils ont pensé ?...

En réponse, il semble que tout va bienque ces premiers temps ont été très heureux. Nous nous quittons avec le plaisir de prochains temps de rencontres où nous mettrons l’accent sur la lecture en public et la construction d’une présentation d’une heure de ces travaux à partager avec le public, cela en même temps que l’édition des textes aux Cahiers de l’Égaré et la réalisation d’un film par Christian Darvey. Ce projet a été accueilli au Lycée Agricampus de Hyères avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale entre février et octobre 2020.

La restitution publique a été réalisée le vendredi 16 octobre 2020, à 15 H dans le grand amphithéâtre d'Agricampus.  

Ce 16 octobre, vers 17 H, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique, au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte Honorine est décapité par un islamiste radical d'origine tchétchène.

Je ne découvrirai l'événement que le lendemain en lisant le journal du bar. Coïncidence ? Synchronicité ?

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Ma Pov Lucette / Caroline Leurquin

5 Octobre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #auteurs de théâtre, #théâtre, #écriture

Ma Pov Lucette / Caroline Leurquin
Ma Pov Lucette / Caroline Leurquin

Ma Pov Lucette

Caroline Leurquin

achevé d'imprimer 11 septembre 2020

 

Ce texte a été accompagné par le collectif À mots découverts (chantier au plateau en partenariat avec Artcena et le Théâtre des Quartiers d’Ivry). Il a été sélectionné en 2020 par Troisième Bureau dans le cadre du festival Regards Croisés (Grenoble).

format 12 X 17,5 ; 94 pages ; PVP : 9€

ISBN 978-2-35502-114-5

distribution-diffusion par Soleils diffusion

23 rue de Fleurus 75006 Paris

0145488462 ; soleilsdiffusion@hotmail.fr

Depuis la mort de sa mère à sa naissance, il y a quinze ans, Marie est élevée par ses grands-parents dans un sentiment de culpabilité et de honte. En recherche du père qu’elle ne connaît pas, elle n’a pour tout confident que le curé du village, jusqu’au jour où elle rencontre Charlie, jeune homme inquiétant et poétique...

Comédie douce et drôle sur la bienséance sociale et religieuse, Ma Pov Lucette est avant tout l’apprentissage de la liberté d’une adolescente.

 

PERSONNAGES

MARIE, 15 ans
PAPI
MAMIE
SŒUR JULIETTE
LE CURÉ
CHARLIE, pas très beau, une vingtaine d’années

MAMAN

 

1.
MARIE – PAPI – MAMIE

MARIE. – Pas regarder, pas lever la tête, pas croiser les yeux.

PAPI. – Comme ça, t’y verras pas les pensées. Les pensées des gens, tu sais...

MAMIE. – Tu prends une religieuse au chocolat, un mille-feuille et un baba au rhum. Tu lui demandes de rajouter du rhum. Ils mettent jamais assez de rhum, c’est trop sec. Faut mettre du rhum dans le baba, au pire j’en rajouterai, si tout n’a pas été bu par quelqu’un. Tu demandes, t’es polie, tu dis s’il vous plaît mais tu regardes pas dans les yeux. Surtout si c’est l’patron.

PAPI. – C’est pour ton bien. Nous c’qu’on veut c’est juste pour ton bien.

MAMIE. – Pour la religieuse, si y’a plus au chocolat, tu prends au café.

PAPI. – J’aime bien le café, ça m’dérange pas.

19.
MARIE – CHARLIE

 

..............................................................

Ils s’éloignent du village.

MARIE. – Au revoir ma maison Au revoir la boulangerie
Au revoir « L’Eau de vie »,
Au revoir la cordonnerie de papi Au revoir l’église de mon père Au revoir la mairie

Au revoir le cimetière Au revoir les voisins Au revoir les champs Au revoir les chevaux...

J’ai lâché les rebords de la selle de la mobylette. Je l’ai lâchée en me disant, soit je me jette en arrière et je meurs, soit je me jette en avant, contre Charlie, et je vis.
Je me suis penchée, doucement. J’ai appuyé ma poitrine contre son dos, il a freiné légèrement et mon corps s’est calé comme un puzzle entre ses omoplates. J’ai passé mes bras autour de son corps. J’ai senti sa chaleur et j’ai cru à son amour, là tout de suite, j’ai su qu’il m’aimait et que je l’aimais. Sans passer par les yeux. J’ai senti que si je devais mourir là tout de suite éjectée, percutée, écrasée, je serais heureuse. Que si je devais partir maintenant et bien ce serait le bon moment, le moment juste. Alors que je pensais à l’accident, à la chute, à la fin, Charlie m’a pris la main, il tenait le guidon de l’autre et il m’envoyait la promesse d’un futur, la promesse d’un nous-deux. Il allait m’apprendre l’amour qui dévore et je n’avais pas peur. Il serrait ma main et en retour je le caressais. C’était la première fois que je caressais quelqu’un et pourtant tout était si simple. Je me penchais sur sa nuque et respirais, inspirais. Je l’ai embrassé. J’ai senti un petit frisson dans l’espace de sa peau, il m’a serrée plus fort et ma bouche a continué à explorer sa saveur, son odeur. Sa nuque était si douce, si chaude.
Je ne regarde pas, mamie ; je ne regarde pas, papi. Je vous jure, je baisse les yeux.
Mes yeux sont fermés et je sens, c’est la seule chose que je fais, je sens.

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Les collections des Cahiers de l'Égaré

5 Septembre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #collection privée du capitaine, #philosophie, #poésie, #théâtre, #écriture, #jean-claude grosse, #pour toujours

article paru le 17 août 2020 annonçant la parution du Germain Nouveau par José Lenzini; titres récents
article paru le 17 août 2020 annonçant la parution du Germain Nouveau par José Lenzini; titres récents
article paru le 17 août 2020 annonçant la parution du Germain Nouveau par José Lenzini; titres récents
article paru le 17 août 2020 annonçant la parution du Germain Nouveau par José Lenzini; titres récents

article paru le 17 août 2020 annonçant la parution du Germain Nouveau par José Lenzini; titres récents

Pour mes 80 ans prochains, sachant que l'éternité est le lot des âmes et des esprits, pour le corps, je ne sais rien, il semble judicieux de se soucier de la pérennisation des Cahiers de l'Égaré, aventure initiée en juillet 1988, en lien avec le festival de théâtre du Revest et qui à ce jour a publié 214 titres. La meilleure façon de pérenniser semble être dans la création  de collections, indépendantes, sous la responsabilité de personnes beaucoup plus jeunes que moi. Existe déjà la collection privée du capitaine, ISSN 2430-4204, sous la responsabilité de Baptiste Moussette et de Lucie Doublet, collection basée à Saint-Denis dans le 93. 

La Collection privée du Capitaine est née en juin 2015.

Elle s’inscrit au sein des Cahiers de l’Égaré comme une collection autonome, qui s’appuie sur la structure de la maison d’édition, pour déployer son propre chemin, sa propre sensualité, s’inspirant de l’esprit poétique d’égarement déjà existant, et inventant son propre esprit.

La ligne éditoriale de La Collection privée du Capitaine désire défendre, et mettre en avant, des écrits contemporains d’une certaine qualité et tenue littéraires. Les écrits peuvent être de l’ordre du récit, du roman, du théâtre, ou encore, de la poésie. Il y a un déploiement, espérons-le, d’écritures singulières, exigeantes, mais accessibles à tous.

De par son format, la collection privilégie des écrits courts, ou mi-longs.

La Collection privée du Capitaine désire offrir un espace aux écritures profondes, mais qui savent aussi caresser les surfaces. Aux écritures habitées, et maniant le retrait. Aux belles écritures, touchantes, vives, évocatrices, prospectives. Des écritures qui donnent à entendre, humaines, et qui puissent être objet de lectures vivantes. Des écritures à traverser, à méditer, et dont les images émergent aisément.

Chaque écrit déploie une beauté, une justesse, qui lui est propre, et qui lui échappe aussi. Des écritures engagées par les auteurs, comme désengagées, laissant ainsi la place à l’écriture, aux lecteurs et aux lectrices.

La Collection privée du Capitaine vous souhaite de bonnes lectures, et elle remercie chaleureusement ses auteurs, sans qui, elle n’existerait pas. Elle remercie aussi, pour ses illustrations de couvertures exceptionnelles, Vincent Muir et Céline Piriac. Elle remercie enfin Jean-Claude Grosse, pour son bonheur égarant.

Baptiste Moussette & Lucie Doublet
La Collection privée du Capitaine

Une deuxième collection existe de facto mais n'a jamais été finalisée, la collection Théâtre de la Jeunesse. Elle est le fruit d'un partenariat suivi entre la Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti (basée un temps à L'Abattoir à Cuers, puis installée à La Seyne sur Mer, place Martel Esprit, devenue aussi lieu de résidences d'écritures) et Les Cahiers de l'Égaré.

Depuis le 28 septembre 2019, la Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti est passée sous la responsabilité du Pôle, scène conventionnée d'intérêt national art en territoire, basée au Revest. Les activités portent dorénavant le nom de Saison Gatti. Dans les semaines à venir, un N° de collection sera demandé, officialisant l'existence de cette collection.

La Bibliothèque Armand Gatti a coédité avec Les Cahiers de l’Égaré :
Le Corps qui parle (recueil de huit pièces courtes commandées à huit auteurs varois, 2001) Rêver le monde (recueil de quatre pièces pour la jeunesse couvrant le champ scolaire du primaire au lycée, 2002), Des Lendemains qui dansent (cinq pièces pour la jeunesse, 2004).

Dans la collection Théâtre jeunesse en partenariat avec la bibliothèque de théâtre Armand Gatti

Des lendemains qui dansent : Mina Chouya de Frédéric Senent - Mise au point, virgule de Françoise Pillet - Le Garçon aux sabots de Marie-Line Laplante - On fume une cigarette et en avant pour la nouvelle de vie! de Fabienne Rouby - « Au pays de mon Père on voit des bois sans nombre » de Françoise du Chaxel.

Rêver le monde : Les trois vies de Zéfurine de Sylvie Durbec, Catherine Krémer, Jean-Claude Leportier - Zindziwa et la légende du vieux monde de Lucette Salibur - Si on rêvait ? Si on parlait ? de Françoise du Chaxel - Les badauds de Catherine Zambon.

Théâtre de la jeunesse #1 : Récréations - Sans défense - La SEGPA, c’est pas du gâteau ! - Deux meurtres pour le prix d’un, quatre pièces écrites par des élèves de CM2/6avec Fabien Arca, Sabine Tamisier, Catherine Verlaguet.

Théâtre de la jeunesse # 2 : Aux peurs etc. - Les Enfants de Jules-Verne - La Guerre des Planètes - À la recherche du grêlon, quatre pièces écrites par des élèves de CM2/6avec Julie Aminthe, Fabien Arca, Catherine Verlaguet.

Théâtre de la jeunesse #3 : Le secret de Grésigrove - Le jour où j’ai bouché les toilettes - Un monde nouveau - Sauver X, quatre pièces écrites par des élèves de CM2/6avec Catherine Verlaguet, Catherine Benhamou, Fabien Arca, Julie Aminthe.

Théâtre de la jeunesse # 4 : ZUP &Villa de Barbara Métais-Chastanier - Balance ton H ! de Mustapha Benfodil - La vilaine petite cane suivi de Double-je(ux) de Julie Aminthe.

 

Théâtre de la jeunesse #5, nouveau format 15 X 21, papier ivoire, 148 pages, 500 exemplaires, ISBN 2-978-35502-111-4, PVP 12 €, distribution Soleils, 23 rue de Fleurus, 75006 Paris / 0145488462

À la fois cinquième édition d’un projet fondé par Orphéon et première réalisée dans la cadre de la Saison Gatti qui a rejoint le Pôle – scène conventionnée d’intérêt national Art en territoire – ce recueil regroupe quatre pièces de théâtre, écrites durant l’année scolaire 2019-2020. Elles sont nées de la rencontre des élèves de trois classes de CM2 de La Seyne-sur-Mer et d’une classe du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée, avec quatre dramaturges : Lucie Depauw, Hans Limon, Julie Aminthe, Anouch Paré.

une 3° collection est en gestation, la collection APORIE

coïncidence : l'initiateur de cette collection, José Lenzini, sait-il que la revue APORIE a existé de 1982 à 1990, a édité 13 N°, le 14°, le Vent, n'ayant été que du vent comme il se doit. La revue APORIE a été dirigée par Jean-Claude Grosse et François Carrassan.

APORIE

proposition de collection

Que serait-il advenu de tel auteur, philosophe, savant, stratège ou sportif si, à un moment donné de sa vie, le contexte, l’histoire, un événement anodin en avait modifié le parcours… Ce postulat posé, il convient alors d’envisager ce qui aurait pu se passer et parfois bouleverser notre quotidien, tout en collant au contexte historique, à l’environnement sociologique de tel ou tel autre personnage. Ce, de manière originale, inattendue, décalée, tout en gardant une forme de complicité avec la réalité antérieure et en mettant en exergue des passerelles clins d’œil entre ce qui est advenu réellement et ce que l’auteur en fera.

Pour ce faire, il me paraît nécessaire de proposer des livres courts n’excédant pas 100.000 signes, afin qu’ils puissent être dynamiques, rapides sans se perdre dans les arcanes du savoir ou/et de l’histoire. 

D’où la nécessité de faire appel à des spécialistes qui seront à même de se livrer à cet exercice de l’improbable… 

Quelques auteurs pressentis s’intéressent à ce projet auquel ils seraient prêts à collaborer parmi lesquels Boris Cyrulnik, Daniel Herrero, Razika Adnani, Wassyla Tamzali, José Lenzini et Boualem Sansal

José Lenzini qui propose cette collection a longtemps été journaliste (Var Matin, Le Monde, La Tribune, BFM). Il a écrit et publié une vingtaine d’ouvrages (notamment chez Actes Sud et Belfond) dont cinq consacrés à Albert Camus (l'un réédité chez Barzakh en Algérie), un à Barberousse, un à Jules Roy et deux autres à Aurélie Picard, princesse Tidjani. Il est l'auteur de la première biographie de l'écrivain Mouloud Feraoun parue chez Actes-Sud et récemment rééditée aux Éditions Casbah (Alger). 

Il est également co-auteur, pour le théâtre, de deux pièces : "Mai 68 : de Gaulle, la révérence" et « Les mots lestés »

 

 

 

Je conserverai la responsabilité de quelques titres et aventures, essais, poésie, théâtre, livres pluriels. Un essai de François Carrassan, titre provisoire Réalité en sursis, illustré par Bernard Plossu, Père Ubu et mère Blabla de Philip Segura, Your last video (porn theater) d'un auteur sud-africain, Futurs désirés pour Corsavy, Le Revest, le recueil des écritures des apprentis du CFA de l'Agricampus de Hyères, Les Antigones sous la responsabilité de Moni Grego, projet initié par Marilyne Brunet...

un essai important sur vivre en poésie, illustré par le recueil Les tourterelles sacrées
un essai important sur vivre en poésie, illustré par le recueil Les tourterelles sacrées

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