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Les Cahiers de l'Égaré

auteurs de theatre

1° salon des écrivains et des artistes / 18 septembre / Le Revest

26 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #auteurs de théâtre, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #lecture, #musique, #philosophie, #poésie, #roman, #théâtre, #écriture

affiche

affiche

un texte écrit en 1997 par Cyril Grosse alors qu'il s'apprêtait à créer Ulysse in nighttown de James Joyce 
(il avait 26 ans, il est mort dans sa 31° année, à Cuba, le 19 septembre 2001)
PATRIES IMAGINAIRES
AUTOUR DE JAMES JOYCE ET SALMAN RUSHDIE 
ESQUISSE D’UN ART DE VIVRE COSMOPOLITE
Dans une réalité et une époque absurdes, où des hommes de paille nationalistes hennissent à la frontière, à la négation et aux verrous, dans un monde absurde d’hommes plantés la tête en bas fixant – à l’envers – leurs pays, leurs traditions, en un mot, leur patrie, peut-on effectuer ce double saut périlleux – acrobate et nonchalant – pour se remettre à l’endroit ? Existe-t-il d’autres patries, d’autres réalités, d’autres terres que celles – internationales – de la haine et du philistinisme ?
Patries imaginaires : patries d’écrivains, de peintres, d’artistes.
Depuis longtemps, peut-être plus encore dans ce siècle, les artistes voyagent, s’exilent, sont exilés, changent de langues, jonglent avec les nationalités, sans domiciles fixes, libres, dégagés. C’est Giordano Bruno bondissant de son Italie natale à Toulouse, de Toulouse à Londres et Zurich, c’est Mozart, Picasso, Diderot et Joyce, de Dublin à Trieste et de Trieste à Zurich encore ; Salman Rushdie de Bombay à Londres, de Londres jusqu’en des chambres fermées, points minuscules disparais sant sous la garde d’étranges vigiles.
Patries imaginaires : recréation – ailleurs – de villes et d’histoires, suivant le fil ténu et dangereux de l’imagination, de la mémoire et des rêves. Patries imaginaires, nostalgie de l’exilé, rêve de retour glorieux, vision de la révolution (...) paradoxe sans fin. Regarder devant soi, en regardant toujours derrière soi.
Patries imaginaires : cosmopolitisme joyeux, exil violent, jongleurs d’un pays à l’autre, d’une image mentale à une autre, sans jamais se perdre.
Là où la réalité impose son œil unique, l’art fait jouer ses prismes, sa magie, il dénoue les tensions, crée le doute, mélange les contraires.
Jean-Paul Sartre dans un article de 1939 contre La Méprise -Désespoir – en russe –, accusait Vladimir Nabokov d’être un déraciné total. « Il ne se soucie d’aucune société, fusse pour se révolter contre elle parce qu’il n’est d’aucune société. » Ce qui pour Sartre représente le plus haut degré dans l’insulte. « Les sujets de Vladimir Nabokov sont gratuits, écrit-il encore, et les crimes de ses héros parfaits. »
N’appartenant et ne voulant appartenir à aucun groupe, à aucune faction, persévérant dans son être, léger, insolent, inapte, un homme gratuit, patriote d’un pays qui n’existe pas, sans message, sans utopie ni grande pensée – est dans la bouche d’un petit homme à moustache et de ses sbires, décadent, dégénéré. Dans tout grand artiste, il y a un homme à abattre. Parce que comme Giordano Bruno, il propose une infinité de mondes possibles, parce que comme Joyce il est un traître, riant de loin de ses compatriotes qu’il réinvente, parce que comme Rushdie, il mélange les cultures dans les métamorphoses de la langue et l’Ange Gabriel lui-même et le Prophète ont le visage d’acteurs schizophrènes.
Écrivains, peintres, artistes, hommes à abattre, libres et inégaux, instables, fous à lier, dangereux, dans un camp puis dans l’autre, seuls, joyeux et solitaires. Si l’art est inutile – un roman a-t-il jamais provoqué une révolution ? – il n’en reste pas moins dangereux et ses patries imaginaires défient les données politiques du monde réel, frontières, ventes, miradors et internationalnetwork.
La persévérance de certains écrivains et artistes à fuir et à inventer leur propre langue a toujours irrité les régimes totalitaires de tous pays dont les premières mesures sont d’interdire les livres d’art et les toiles d’avant-garde : subversives, obscènes, antisociales, antirévolutionnaires, antifascites, entités spirituelles indivisibles.
Giordano Bruno, revenant après des années de voyages, en Italie, y est arrêté et brûlé vif. L’acrobate ne réussit son double saut périlleux que quatre siècles plus tard. La réalité absurde et bruyante gagne du temps.
C. G., 1997. (Le gras théâtre est mort, maman, pages 197-198, Les Cahiers de l'Égaré, 2005)
 
 
Malgré son intérêt pour l’adaptation de Cyril Grosse, confirmé par lettre, Stephen James Joyce, petit-fils de James Joyce, a refusé par lettre du 24 décembre 1996 les droits de représentation du spectacle que devait créer Cyril Grosse, avec quinze artistes dont François Marthouret, les 25 et 26 avril 1997 au Théâtre des Salins, Scène nationale de Martigues (Laurent Ghilini) et les 2 et 3 mai 1997 à Châteauvallon (Gérard Paquet) : Ulysse in Nighttown. Son argu- mentation : Mon grand-père est le plus grand écrivain du XXe siècle. Seul un metteur en scène célèbre peut mettre en scène Circé. Cyril Grosse est trop jeune et inconnu.
Que Châteauvallon et Martigues co-produisent ne lui fit ni chaud ni froid. Nous déplaçant à Paris pour le faire changer d'opinion, il reçut Annie sur le palier. 
Depuis, Ulysse est tombé dans le domaine public, en 2012. 
Mes tentatives pour relancer le projet n'ont pas abouti, du temps de Christian Tamet à Châteauvallon.
C'est pour que ne se perde pas le travail de traduction et d'adaptation de Cyril que j'ai édité Le gras théâtre est mort, maman en 2005.
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

le 1° salon des écrivains et des artistes du Revest proposera pendant son déroulement, un LIVRES SERVICE

le LIVRES SERVICE consiste à mettre à disposition du public, un certain nombre de livres selon la formule à vot' bon coeur messieurs-dames

chacun pourra voir au dos le PVP du livre, prix de vente public

chacun décidera en son âme et conscience, ce qu'il consent à donner pour le livre choisi

je prends pour rien, ça m'est offert, je me sers

je prends au PVP annoncé

je prends pour moins que le PVP, déduction faite de la marge libraire

je prends pour plus que le PVP afin de soutenir l'éditeur bénévole

les livres mis en LIVRES SERVICE seront

Le siècle de Marcel Conche

La nature et l'homme de Marcel Conche

Actualité d'une sagesse tragique (la pensée de Marcel Conche)

Avec Marcel Conche

Le peintre de Cyril Grosse

Disparition de Michel Bories

Bonheur 2 d'Emmanuelle Arsan

Le livre des cendres d'Emmanuelle

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla
Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture du Revest, Point de mire, animé par Michelle Lissillour, avec la participation  de Muriel Gebelin, slameuse existe depuis 17 ans 

il se réunit une fois par mois à l'oustaou per tutti, la bibliothèque du Revest

Les Cahiers de l'Égaré ont édité en 2020, le livre pluriel de l'atelier, un livre tête-bêche, à retourner quand on arrive à la moitié du livre

première moitié : Lucarnes et points de mire

deuxième moitié : Thés buvards et p'tits papiers

l'esprit de l'atelier : Des jeux d écriture pour se brancher à son imaginaire,  à toute la poésie qui nous habite,  sans peur de la page blanche,  ni des règles scolaires.. Juste le plaisir de découvrir nos paysages intérieurs. 

Les mois de confinement ont provoqué une profonde interrogation, remise en question : du plaisir de travailler ensemble pendant 3 heures dans un espace favorisant la créativité avec ses dictionnaires, livres illustrés, titres semblables à des at tracteurs étranges, à la solitude du confinement contraint.
L'atelier Point de mire a donc favorisé l'écriture de textes sur comment a été vécu le confinement, textes écrits, textes enregistrés.
Une édition est envisagée.
Le 18 septembre, l'atelier Point de mire fera entendre certains de ces textes de confinés.

en lien avec la découverte ou l'approfondissement par les membres de l'atelier de la richesse de la solitude, contrainte ou choisie, un projet mûrit : l'écriture d'un Dictionnaire amoureux de la Vie

​​​​​​​ça résonne bien avec les carnets de la culture de la vie dont le carnet N° 3, L'amour de la Vie

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

qu'engendrera ce vendredi 27 mai ? je suis chez l'auteur de La métamorphose des esclaves pour tenter avec lui et son essai un dialogue, un questionnement et peut-être une réécriture; 
nous avons prévu la journée et plus s'il le faut
c'est l'amitié qui a motivé ma proposition et pas ma position d'éditeur que je ne veux surtout pas définir; 
la relation aux auteurs est personnelle; 
entendre parler de ligne éditoriale me fait trop penser à l'art dit conceptuel où le discours est prévalent sur l'oeuvre (le concept précède l'oeuvre, contrainte par les mots; je fuis dare ce type d'art)
entretien de 10 H à 12 H 45 (1h45 enregistrée)
repas, sieste, piscine
reprise de l'entretien de 14 H 45 à 16 H
(pendant la sieste et la nage me viennent des propositions sur la forme, 28' enregistrées)
une journée créative impossible à raconter mais à écouter ou réécouter casque à l'oreille (du bâton rompu et du jaillissement)
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

Le débat politique

 

Le contexte : ayant édité sans consultation des deux autres membres du comité éditorial des Cahiers de l'Égaré, l'essai politique de Jean-Pierre Giran, La politique n'est pas toujours celle que vous croyez, ce choix a provoqué le retrait de ces deux membres (que je remercie pour le travail accompli de janvier au 17 juillet 2022)

 

Jean-Pierre Giran a dit dans un entretien à Var-Matin que son livre était le fruit d'une irritation. Le champ politique est à la fois lieu d'émotions collectives (la peur étant plus forte que l'espoir en général) et lieu de rapports de force justifiés par des argumentations, allant des plus irrationnelles, idéologiques, dogmatiques à celles relevant du bon sens, du sens commun, du pragmatisme, de la raison.

 

J'ai été amené à dire à Jean-Pierre Giran au moment du retirage de son essai que le Var (et au-delà, le pays) méritait un « grand » livre politique.

Je pense que le débat proposé peut être l'occasion de jeter les bases d'un tel projet.

 

Aujourd'hui, trois conceptions me semblent être à l'oeuvre.
Nous sommes en démocratie.

Dans une dictature, ce serait autre chose.

Y échappera-t-on ?
En démocratie, la forme dominante, pratiquée depuis des décennies, est celle de la démocratie représentative à travers le système des élections et des partis.

 

Une forme minoritaire s'essaie : la démocratie directe, participative, mettant en avant le RICCAR, le référendum d'initiative citoyenne, constituant, abrogatoire, révocatoire, à travers des délégués élus, des référents ne tenant leur « pouvoir » que d'assemblées générales.

Une forme invisible se pratique sans qu'on puisse en mesurer l'ampleur que j'appelle l'anarchisme individuel ou de petits groupes d'affinités électives, l'anarchisme des créatifs culturels, qui ne se réfère à aucune décision prise ailleurs que dans le cœur et la raison de chaque individu. Nul besoin de mot d'ordre genre boycott pour refuser de regarder la coupe du monde de football au Qatar.

 

Il sera intéressant de voir débattre Jean-Pierre Giran (30 ans de carrière politique), Jean Delorme (octogénaire rebelle, entrepreneur du sens, président d'une ONG intervenant au Burundi) et Jean-Claude Grosse (octogénaire rebelle à toute action sur le monde avant tout travail sur soi-même).

 

Durée : 45'

Le dispositif adopté sera circulaire.

Sera pratiquée une forme de délibération-décision par consentement. Expérimentée pendant plusieurs mois aux assemblées citoyennes hebdomadaires de l'association Gilets Jaunes du Sud-Sanary qui se réunissaient dans une salle de la maison des associations de Bandol.

La modératrice sera une vigie lente.

Décision par consentement

1. Définition

La gestion par consentement est la pratique de décision collective associée à la sociocratie. Il vise à favoriser l’expression et la responsabilité des membres de l’organisation à travers notamment la co- décision dans une relation d’équivalence au pouvoir. Ce dernier point introduit une forme d’organisation construite en cercles qui délimitent les différents périmètres d’autorité d’une organisation. La prise de décision par consentement se différencie de la prise de décision par consensus : en consensus tout le monde dit « oui », en consentement, personne ne dit « non ». Cela sous-entend que lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne va pas chercher la « meilleure solution » mais l’on va partir du principe qu’une bonne décision est celle qui respecte les limites de celles et ceux qui devront l’assumer, et qui ne compromet en rien la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission. Le consentement implique qu’une décision ne peut être prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Tant qu’il y a des objections, l’ensemble du groupe est mobilisé pour bonifier la proposition. Ainsi, les objections permettent de révéler les limites avec lesquelles le groupe devra composer et indiquent donc l’espace de liberté dont le cercle dispose.

CIRCULATION DE LA PAROLE

S’il est socialement extrêmement simple de se répartir la nourriture contenue dans un plat, il est beaucoup moins naturel de se répartir la parole. À défaut d’une plus grande sagesse collective, les processus régissent la circulation de celle-ci et le facilitateur peut, selon les étapes du processus ou les circonstances, proposer différentes façons de la distribuer :

Parole tournante : le facilitateur lance la parole à sa droite ou sa gauche. Chacun s’exprime à son tour. Si quelqu’un n’est pas prêt, il peut passer. Le facilitateur reviendra vers lui une fois le tour terminé.

Parole au centre : pour inviter chacun à s’exprimer sur le sujet lorsque bon lui semble. À noter que cette pratique demande de la discipline pour rester centré sur le sujet de départ et ne pas réagir à ce que la personne précédente a exprimé.

Parole libre : permet de libérer la circulation de la parole. Celles et ceux qui souhaitent s’exprimer le font. On utilise ce terme en cercle dans l’intention de ne pas rentrer en débat. Chacun s’exprime pour nourrir le centre, c’est à dire pour faire avancer le groupe dans le processus de décision.

L’ÉCOUTE DU CENTRE

EÉcouter le centre, c’est écouter attentivement ce qui émerge du groupe au-delà de l’expression de chacun de ses membres. Si l’on considère que chaque personne a sa vérité et que personne ne détient LA vérité, alors le cercle sera d’autant plus riche que chacun dispose d’une facette de la résolution de la problématique qui est au centre.

L’écoute du centre invite ainsi chacun à écouter ce que l’autre a à offrir dans une posture de coopération, en lâchant son point de vue (potentiellement divergeant) sur la question et en essayant d’entrevoir en quoi ce qui est dit peut servir le sujet commun.

L’écoute du centre repose sur l’implication de chacun à nourrir le centre, c’est-à-dire d’aller lors de son tour de parole, écouter « ce qui est juste » en soi, participer de façon active, précise, argumentée de sorte à éclairer, apporter de la matière à la construction commune.

2. Mise en œuvre de la gestion par consentement

       0. Préparation de la proposition

  • éÉcoute du centre : chacun est invité à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut prendre la tournure d’une discussion ouverte, cela peut être un temps à part entière.

  • Élaboration de la proposition : déterminer le sujet, la problématique, les arguments. Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de gestion par consentement.
    Deux possibilités sont offertes :

    • le facilitateur peut demander à une personne de formuler une proposition, • quelques personnes peuvent constituer un groupe d’amélioration qui va

    plancher sur l’élaboration écrite et argumentée de la proposition.

  • Présentation de la proposition : une personne est « porteuse » de la proposition,

    une seule proposition est traitée à la fois.

    1. Clarifications : est-ce clair ? Est-ce que je comprends ?

    Chaque participant pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. C’est le porteur qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition, cependant le porteur ne répond pas aux « pourquoi ? ». Il ne s’agit pas à ce stade d’exprimer ce que l’on ressent vis-à-vis de la proposition (phase 2).

    2. Ressentis : en quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ceux du projet par rapport à l’organisation ?

    Chacun exprime ce que la proposition lui évoque. C’est à ce stade qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d’amender la proposition en phase 3.

    Le proposeur tente d’avoir une écoute large, de saisir la température globale de ce qui se dégage au centre.

    3. Amendements

    Le proposeur est invité, sur la base de ce qu’il a entendu, à, éventuellement :

  • Reclarifier la proposition.

  • Amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits).

  • Retirer la proposition s’il s’avère qu’elle n’est pas pertinente. En cas de retrait, le

    processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.

    4. Formuler les objections

    Les objections ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions, c’est ce que l’on considère comme des limites pour soi et pour la mise en œuvre du projet.

• Le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du groupe ont des objections. Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si « oui » ou « non » ils ont une objection. S’il n’y a que des « non », la proposition est adoptée, aller directement en célébration. S’il y a des objections, elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d’une objection n’est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l’obtention de la formulation de l’objection. Il note les

objections au tableau avec le prénom de la personne qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.

• Le facilitateur teste les objections D’abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0. Le facilitateur n’a pas le pouvoir de dire si l’objection est raisonnable ou non. Il peut seulement poser des questions afin d’aider celui qui porte l’objection à le déterminer.

Une objection est raisonnable si :

  • Elle invite à une bonification de la proposition par l’intelligence collective du groupe.

  • Elle élimine la proposition, en la rendant impossible à réaliser (on gagne du temps

    en passant à une autre proposition).

  • Elle est argumentée de manière claire.

  • Elle n’est pas une manière détournée, consciemment ou non, d’exprimer une

    préférence ou une autre proposition.

    5. Bonifications

    Le facilitateur traite les objections une par une. Les objections posées au centre sont celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s’assure régulièrement de vérifier que l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe.

    Après un tour de levée d’objections, le facilitateur s’assure que de nouvelles ne sont pas apparues. Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel, la proposition est adoptée.

  • Association Gilets Jaunes du Sud - Sanary source Colibris

étapes d'une décision par consentement
étapes d'une décision par consentement

étapes d'une décision par consentement

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

23 – aimer la vie c'est prendre ses distances avec les champs économique- politique-médiatique-idéologique, avec la techno-science ; on est dans des systèmes paranoïaques gouvernés par ce qu'on appelle des biais cognitifs

Qu’est-ce qu’un système paranoïaque ? un système d’une logique parfaite établi à partir d’un postulat faux.
Qu’est-ce que faire plus ce qui marche le moins ? Prenons l’exemple d’un

médicament, ou une action qui ne fonctionne pas, vous augmentez plein de fois la dose au lieu de changer d’approche.

Ce sujet montre les limites de l’intelligence qui préfère toujours une réponse fausse à un manque de réponse.
L’erreur crée moins d’angoisse que l’incertitude.

Texte de Samuel Fitoussi sur les biais cognitifs appliqués à la gestion de la covid.

https://www.contrepoints.org/2021/12/05/403080-covid-comment- lirrationalite-sest-emparee-de-nos-societes

« Face au covid, il existe un dilemme fondamental entre liberté et santé, entre la sévérité des restrictions et le nombre de vies sauvées. Le rôle des pouvoirs publics est de trouver le bon compromis, à la faveur d’analyses coûts- bénéfices.

Or, depuis dix-huit mois, un certain nombre de biais et d’erreurs systématiques de raisonnement faussent la rationalité des décisions et favorisent la mise en place de restrictions excessives.
Le texte (à lire sur Contrepoints) est une application des travaux de psychologie cognitive au cas de la gestion de l’épidémie.

JCG : un tel article est-il utile ?

Si on veut comprendre comment ils fonctionnent en haut, pourquoi pas.
Au quotidien, un tel article ne m'apporte rien.
Ma gestion de la covid dépend en partie d'en haut
(ils décident de mesures que je respecte ou pas, je n'ai utilisé aucune autorisation de sortie à plus de 1 km de tout le temps du confinement, j'étais chez le boulanger à 8 H du matin, chez l'épicier à 8 H 30)

mais surtout de moi
(comme un couillon, j'ai accepté les 3 vaccinations, le pass
mais j'ai refusé de fréquenter les lieux qui ostracisaient les anti-vax et anti- pass donc les lieux culturels, largement subventionnés pendant la covid)

24 – les champs économique-politique-médiatique-idéologique, la techno- science sont des champs d'hypnose collective, tant pour ceux qui croient diriger, contrôler que pour ceux qui en subissent avec leur consentement tacite et leur passivité, les effets.

Le champ écononomique est le champ
de l'exploitation des ressources, sans limite autres que l'épuisement,
de l'exploitation du travail par le capital, sans limite autres que la résistance.

Le champ économique est un champ de compétition, de pouvoir, de rapports de force et de ruse, un champ de corruption, un champ d'alliances et de trahisons, un champ de mise à mort (entre autres les animaux), peut-être le champ du suicide collectif de l'humanité.
Qui vivra, verra.
Le champ économique a besoin de nous comme consommateurs. On est selon la définition du sociologue Henri Lefebvre, dans une société bureaucratique de consommation dirigée.

Le marketing et la publicité, les études et sondages, les algorithmes nous connaissent bien mieux que nous le croyons, créent nos besoins et désirs.
Ce qu'on appelle le consumérisme est une dictature molle, soft, du quotidien et au quotidien.

Le champ politique est sauf exception, à la botte du champ économique, largement financiarisé où l'actionnariat l'emporte sur le salariat.
C'est lui aussi un champ de compétition, de pouvoir, de trahison, de corruption.

Les promesses sont faites pour ne pas être tenues.
Les programmes pour ne pas être appliqués.
C'est le champ des lois.
L'état, tout état, est producteur de lois, innombrables, inconnues, inapplicables.

Tout état est hors sol et on croit qu'il gère, gouverne.
Et on accepte comme l'a montré la gestion de la covid, les mesures extrêmes prises allant quasiment jusqu'au contrôle social total.

Ce système paranoïaque entraîne une extrême rigidité des comportements, tant des décideurs, entrepreneurs que des gens
on a des comportements de troupeau, quitte à aller dans le précipice comme les moutons de Panurge.

Deleuze et Spinoza sont éclairants sur le pouvoir :

« Le pouvoir exige des corps tristes.
Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il peut la dominer.

La joie, par conséquent, est résistance, parce qu'elle n'abandonne pas.

La joie en tant que puissance de vie, nous emmène dans des endroits où la tristesse ne nous mènerait jamais. »

Gilles Deleuze

« C’est son commentaire sur la pensée de Spinoza, prolongée par Nietzsche. L’esclave, le prêtre et le tyran.

C’est presque comme une devinette : qu’est-ce qu’il y a de commun pour Spinoza entre un tyran qui a le pouvoir politique, un esclave, et un prêtre qui exerce un pouvoir spirituel ? Ce quelque chose de commun c’est ce qui va faire dire à Spinoza : mais ce sont des impuissants ! C’est que d’une certaine manière ils ont besoin d’attrister la vie ! Curieuse cette idée. Nietzsche aussi dira des choses comme ça : ils ont besoin de faire régner la tristesse ! Il le sent, il le sent très profondément : ils ont besoin de faire régner la tristesse parce que le pouvoir qu’ils ont ne peut être fondé que sur la tristesse. Et Spinoza fait un portrait très étrange du tyran, en expliquant que le tyran c’est quelqu’un qui a besoin, avant tout, de la tristesse de ses sujets, parce qu’il n’y a pas de terreur qui n’ait une espèce de tristesse collective comme base. Le prêtre, peut-être pour de toutes autres raisons, il a besoin de la tristesse de l’homme sur sa propre condition. Et quand il rit, ce n’est pas plus rassurant. Le tyran peut rire, et les favoris, les conseillers du tyran peuvent rire, eux aussi. C’est un mauvais rire. Et pourquoi c’est un mauvais rire ? Pas à cause de sa qualité, Spinoza ne dirait pas ça, c’est un rire qui précisément n’a pour objet que la tristesse et la communication de la tristesse. »

Marck Lahore sur une page de Thierry Zalic.

Croire à un changement de paradigme au plan économique, au plan politique, avec des médias qui sont des outils de propagande et de manipulation, avec des idéologies se présentant sous le visage de l'expertise, de l'efficacité, avec une techno-science ressemblant de plus en plus à du lissenkisme (science officielle de l'époque stalinienne) est une croyance mortifère, une croyance tirant vers le bas

la crétinisation de masse est en marche

https://www.francesoir.fr/societe-sante/imbecilisation-de-l-espece-le-passage- l-idiocene

La culture de mort dans ce système paranoïaque est dominante, tant dans le réel que dans les fictions, les productions « artistiques », surtout venues des States.
Ce système ira au bout, nous avec.

Si l'on veut cultiver, aimer la vie, sur ce fond, cet horizon proche d'effondrement, de ravage, d'extinction, de catastrophe, il faut au moins une radicalité individuelle, un anarchisme individuel : plus de télé, le moins possible d'informations, aucune viande, des produits de proximité, peu de déplacements, des jardins d'Épicure, des oasis de vie avec des amis, des figues, des olives, de l'eau, le goût des belles choses, des belles personnes...

Surtout ne pas réagir à l'actualité. On peut passer sa vie à attraper coup de sang sur coup de sang ou toute autre réaction émotionnelle.

Comme le faisait remarquer Schopenhauer, dans l'actualité, les voleurs volent, les assassins assassinent... il n'y a que les noms qui changent.

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

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Terre abusive / Michel Gendarme

11 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #voyages, #écriture, #spectacles

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Vient de paraître, ce 9 août, Terre abusive, trilogie de Michel Gendarme

ISBN 978-2-35502-134-3

format 13,5 X 20,5

174 pages

PVP : 18 €

distribué sur commande à votre libraire ou plateforme par Soleils Diffusion

3 rue Jean Dollfus

75018 Paris

téléphone 0145488462

 

Photographie couverture : Irène Cerquetti

TERRE ABUSIVE

D’URINE ET DE FER (les fuyants) p.5
LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants) p.79 

SOUS LE VERT GAZON
IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants) p.119

POSTFACE de Hassane Kassi Kouyaté p.169

D’URINE ET DE FER (les fuyants)

premier volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

PERSONNAGES

Cargo
Cadet
Aîné
Issa
Maître forgeron

Mère-jeune de l’aîné

Prostituée

PRESENTATION

Deux frères, Aîné, Cadet. Seuls, enfermés dans la cale d’un cargo. Le navire est immobilisé au large d’un port.
Une seule ouverture, petite, difficilement accessible, donne la lumière. Elle laisse parfois entendre la voix lointaine, mélodieuse, d’une Sirène. Elle chante depuis la scène d’un théâtre de plein air, dont le fond donne sur la mer.

Dans la cale, à de rares moments on pourra entendre des bruits de pas, lourds, résonner dans l’infrastructure métallique du navire.

LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants)

d’après le récit d’Amadou Keïta (deuxième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »)

PERSONNAGE
Amadou, 21 ans, porte un Sweat à capuche

RESUME

Amadou, jeune malien issu de la pauvreté, de la brousse puis de la rue, vit de petits boulots, de nourritures et d’hébergements précaires. Baladé d’un tuteur exploiteur à un coach sincère, il se raccroche à ce qui l’aide à vivre, le football, qu’il pratique depuis l’enfance pour meubler ses longs moments d’oisiveté sans école. Repéré par quelques professionnels, aguerri par quelques matchs victorieux, il se fixe pour seul objectif de devenir joueur professionnel et pour cela de rejoindre l’Europe par tous les moyens. Pour lui, ce sera par la Libye via le désert afin de s’embarquer pour l’Italie. Longue épopée de deux années, risquée et dangereuse, mortelle pour beaucoup. Ce rêve sombre à quelques encablures de Tripoli lorsque le bateau sur lequel se sont entassés des centaines de malheureux coule et qu’Amadou est repêché in extrémis par les gardes côtes libyens. Une autre aventure commence alors pour lui, celle d’une renaissance, celle du retour au pays avec un combat acharné pour la reconnaissance de ses droits et de sa dignité d’homme.

SOUS LE VERT GAZON IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants)

troisième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

INTENTION

Après les fuyants, puis les survivants, voici à présent les vivants, comme si le monde était fini, que les vaincus étaient enfin définitivement reconnus et utilisés comme objets. Objets d’extinction, d’occupation, d’utilisation temporaire. Les puissants se reconnaissent eux-mêmes pantins du monde-argent, à la merci des mirages pétro-dollars, sachant encore naviguer sur les flotsd’algorithmes monétaires. J’aimerais qu’ils soient représentés en marionnettes géantes, traînant en permanence leur froc chu à leurs pieds. Ridicules, puérils, pathétiques. Mais à abattre. Dans la pièce je retrouve Amadou, Cadet, Aîné, les personnages des deux précédents volets de ma trilogie, dont on va découvrir les destins fatals, et Diva, pape féminin, la Sirène entendue dans D’urine et de fer. Elle est réincarnée en femme blanche, ancienne déesse noire, comme une métaphore de l’Afrique qui à force d’être consommée par les colonisateurs a perdu sa couleur. Belle, elle est dressée sur son piédestal mobile (je pense à la “papamobile”), presque nue, excessivement poupée, objet éternel du désir, ce pouvoir seul lui est délégué, celui de la jouissance unilatérale. Parfois elle saignerait, rappel du sacrifice, de l’esclavage, de la soumission.

Le monde est devenu un immense terrain de golf, propre, aseptisé, synthétique, sans risque, sous lequel le monde civilisateur occidental a enfoui ses merdes terroristes et les parcelles de géographie menaçante : on peut y retrouver toute l’Afrique du nord et sub-saharienne, le moyen-orient, etc... J’aimerais qu’Amadou, Cadet et Aîné, rescapés-prisonniers des migrations, apparaissent minuscules, tellement impuissants, comme des ombres, des hologrammes, à peine réels. Ils sont les premiers stagiaires à subir une rééducation planifiée mondialement pour les quelques vivants acceptés comme tels. Ils devront entretenir ce terrain de golf infini.

Bien sûr ce qui n’est pas mort va renaître. Tant que l’extermination n’est pas achevée, des rhizomes enchantés tentent de pousser et de faire vie de la moindre eau, du moindre ciel, de la moindre lumière et, comme on le lira, de la moindre merde conservée secrètement précieusement.

Alors ce qui se casse est bien l’échafaudage capitaliste, il se raccommode et s’amoncelle.
J’aimerais des mots muets écrits en défilement de fond de scène, sur les corps, le green. J’aimerais des marionnettes, des poupéesgonflées, des hologrammes, rien de vrai, du factice, de la poudre aux yeux, du plastique, du néon élastique, des voix off mélangées suaves et agressives, inquiétantes, électroniques, blanches, des corps animaux de zoo. J’aimerais un présentateur télé blond qui explose. Un temps qui ne se connaît plus. Pas nous. Jamais.

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Théâtre de la Jeunesse #7

17 Juillet 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #collection théâtre de la jeunesse, #théâtre, #spectacles, #écriture

1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse
1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse

1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse

Il regroupe 5 textes écrits dans le cadre du projet « Un auteur dans ma classe », avec des établissements scolaires de La Seyne-sur-Mer :
- « Cheese » de Yoann Thommerel avec les élèves de CM2 de Mme Lancelotta de l’école Toussaint Merle - mise en scène Sophia Johnson
- « T.H.E W.A.T.E.R » de Damien Dutrait avec les élèves de CM2 de Mme Crayssac, école Jean Zay – Mise en scène Marie-Laure Fourmestraux
- « Faut que ça buzz ! » de Carole Prieur avec les élèves de CM2 de Mme Soler, école Lucie Aubrac – mise en scène Alexandre Dufour
- « Les légendes du monde » de Sandrine Roche avec les élèves de CM2 de Mme Moyenin, école Malsert 1 - mise en scène Fanny Prospero
- « Faire tache » de Tristan Choisel avec les élèves de cycle 1 du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée de Peggy Mahieu – mise en scène Peggy Mahieu
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Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

30 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #écriture

Alain Cadéo sera présent sur le stand de la librairie Olbia, forum du Casino, les 21 et 22 mai

Alain Cadéo sera présent sur le stand de la librairie Olbia, forum du Casino, les 21 et 22 mai

Alain Cadéo sera présent à la fête du livre de Hyères, Forum du Casino, les 21 et 22 mai sur le stand de la librairie Olbia. 
Seront présentés entre autres 
  • Arsenic et Eczéma, théâtre, édité par Les Cahiers de l'Égaré
  • L'Homme qui Veille dans la Pierre, roman, édité par les éditions La Trace
Aller à la rencontre d'Alain Cadéo, c'est aller à la rencontre fluide d'un magicien des mots qui écrit par nécessité, sous dictée depuis 40 ans, à n'importe quelle heure de la nuit, sur n'importe quel support, en n'importe quel endroit, pourvu que ce soit loin des humains bruyants, tout près du babil profond des tout-petits enfants, du murmure des personnes en soins palliatifs ou du surgissement inattendu et inouï des dieux.
 
Les Cahiers de l'Égaré organiseront au Revest (place de la mairie et salle des minots) le samedi 17 septembre ou le dimanche 18 septembre 2022, la 1° fête ou le 1° salon des écrivains. 
Il s'agira de faire entendre la voix d'écrivains dont la plume crisse, glisse au gré des vents alternes.
Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo
ALAIN CADEO
Arsenic et Eczéma
Les Cahiers de l'Egaré
Dès le prologue, le Minotaure, mi-bête, mi-homme justifie sa réapparition dans les soubassements du monde : « Je suis repu et fatigué de dévorer des chairs ayant la saveur douceâtre de la raison ». Et plus loin, il ajoute : « Alors moi, Minotaure, je rôde dans un labyrinthe mort comme un ventre stérile. »
Le mythe d'emblée présenté, la rencontre entre les deux égoutiers venus résoudre un problème de canalisation (fuite et bouchon) au niveau de la porte 109, au plus profond des égouts de Paris, peut avoir lieu. Ainsi, les premières politesses sont échangées, prémices d'une amitié naissante, et le dévoilement progressif du profil de chacun des deux se précise : Azema, dit « Eczéma » « un rêveur, un optimiste, une boule de malice » « Arsène », dit Arsenic « très grand, voûté, l'oeil clair, râleur. ».
Deux prénoms à eux seuls largement évocateurs de ce que cette rencontre dans les boyaux obscurs du monde permettra d'entrevoir en terme de danger (poison) et de conséquence sanitaire (eczéma).
L'apparition de la créature va cependant brutalement modifier la relation entre les deux hommes, et on assiste à une soudaine modification, voire inversion, des caractères, puisqu'Arsène le cynique perçoit le Minotaure avec acuité alors qu'Eczéma le rêveur se fait de plus en plus raisonable et tente de s'accrocher à ce qui pourrait le maintenir dans une réalité même imparfaite. 
Transposer à notre époque le mythe du Minotaure, était, sans doute, pour Alain Cadéo, une possibilité d'appréhender de façon allégorique la situation actuelle de l'homme sur terre. Allégorie d'un monde qui, au nom du superflu, a oublié l'essentiel, a laissé échapper l'intelligence de la bête pour n'entretenir à outrance que sa posture d'homme prédateur.
Car si Eczéma ressent tout particilièrement ses démangeaisons en période d'activité, ne peut-on pas transposer et supposer que le mal est consécutif à l'activité destructrice des hommes ? 
Les dernières lignes de la pièce décrivent avec force d'une part le retour à la puissance pulsionnelle originelle, et d'autre part l'enfermement dans le labyrinthe avec impossibilité d'en réchapper.
L'homme, en la personne d'Eczéma, ne pourra être sauvé. Et les boyaux de la terre finiront par tout avaler. Car, même entrevue, la porte de sortie se dérobe. Et même lorsque l'issue se profile, la vie d'alors a disparu. 
Avoir recours à la mythologie, et au mythe du Labyrinthe en particulier, était sans doute pour Alain Cadéo la façon la plus efficace de nous sensibiliser de façon poignante à l'impasse actuelle dans laquelle se trouve l'homme face à son environnement. 
Et la photographie présente dans la couverture réalisée par Isabelle Forno (œil-spirale du Minotaure) ne peut qu'inviter plus encore le lecteur à aiguiser son regard et à s'interroger sur le monde tel qu'il se présente à lui aujourd'hui.
A lire absolument.
Rachel Kaposi
chronique partisane de Francis Denis

chronique partisane de Francis Denis

Chroniques Partisanes

Arsenic et Eczéma...

Entre ombre et lumière, entre les odeurs profondes et des souvenirs de parfums, entre le bas et le haut, entre avant et après, il y a Arsenic et Eczéma, deux colmateurs , des boucheurs de trous, des réparateurs inconscients des malheurs du monde, des qui savent pas vraiment mais qui sentent, pas seulement les relents mais aussi la fin d’un tout.

Retour à la case départ ?
Aurions-nous raté quelque-chose ?

Arsenic et Eczéma d’Alain Cadéo
Éditions Les Cahiers de l’Égaré

à la question avons-nous raté quelque chose ?
la réponse sera aveuglante puisque hypnotisés, nous ne nous rendrons même pas compte que la fin a eu lieu et qu'il n'y aura pas de retour à la case départ
JCG
 
exemple, l'inflation en cours, en lien dit-on avec la guerre en Ukraine et alors que la planète souffre et que les effondrements sont en cours
 
(en 2008, 14 milliardaires en France, en 2022, 109 comme le 109 de la pièce d'Alain Cadéo)
en clair, une guerre très locale semble toucher les prix sur toute la planète et toutes les productions! C'est une supercherie. L'Ukraine ne produit pas tout le tournesol nécessaire à toute l'huile en Europe. Et le prix des canards, poulets, porcs français etc. qui font une envolée cette semaine dans vos étals n'ont rien à voir avec cette guerre. Il y a bien entendu autre chose à l'oeuvre. Nos plus nantis ont financiarisé l'économie, leur boulimie, leur cupidité, il n'y a pas d'autre terme ; leur cupidité donc les a fait s'emparer des industries (deux générations auparavant) mais le réel de l'industrie ne produisant pas assez à leurs yeux, ils se sont précipités vers les bourses (le début de la financiarisation fut le fait du très "socialiste" Mitterrand et de son conseiller Milton Friedman -qui conseillait aussi Reagan et Thatcher) où en quelques clics on peut faire de fortunes! Mais ces spéculations boursières sont elles aussi limitées par la quantité de monnaie en circulation. Bilan en plaçant des pions dans des gouvernements, nos grands nantis ont privatisé l'usage des banques centrales à leur profit. La monnaie émise a explosé : 5500 milliards émis par la BCE depuis la crise de 2008! Mais ces milliards ont été fléchés vers les banques ; banques qui pour générer plus de valeur pour leurs actionnaires n'ont pas octroyé plus de crédits pour développer le réel mais ont au contraire utilisé ces sommes pour spéculer et parier en bourse. A ce jeu, on se retrouve avec d'énormes quantités de monnaie en circulation mais dans quelques mains seulement (quand on y songe en 2008 nous avions 14 milliardaires en France, à l'heure actuelle nous en sommes à 109!!!). Comme cette monnaie virtuelle risque de s'effondrer à tout moment, les plus nantis se ruent sur des actifs bien réels... Ils achètent hyper cher des entreprises qui ne valent pas le prix payé mais exigent d'elles les retours sur investissement qui sont ceux des paris. Autant dire que peu d'entreprises sont capables de ça, alors ces entreprises (les plus grosses) pratiquent l'inflation à outrance ou cherchent des moyens pour imposer des tarifs plus élevés par tous les moyens, tous les prétextes. En gros les riches ont créé des billets de monopoly échangeables par de vrais billets... et comme petit à petit ils n'ont plus confiance dans leur(s) monnaie(s) virtuelles, tous se ruent sur le réel et le réel flambe. Qui paye la note? Les simples citoyens qui vont voir les prix de l'énergie tripler en 3 ans, les prix des denrées de même. Bref pour les classes moyennes finies les vacances et la retraite, votre existence fut un mal nécessaire consenti par le grand capital pour lutter contre les idéologies communistes de l'Est ; ces idéologies détruites et leurs gouvernements disparus, retour au servage et à la saignée
Julien Levato
en fait la financiarisation remonte au 15 août 1971 quand Nixon rompt avec Bretton Woods
27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré / Photographie couverture : Isabelle Forno

27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré / Photographie couverture : Isabelle Forno

Les Cahiers de l'Égaré sont heureux d'accueillir dans leur collection théâtre, l'écrivain Alain Cadéo, un magicien des mots qui écrit par nécessité et sous dictée depuis 40 ans, à n'importe quelle heure de la nuit, sur n'importe quel support, en n'importe quel endroit, pourvu que ce soit loin des humains bruyants, tout près du babil profond des tout-petits enfants, du murmure des personnes en soins palliatifs  ou du surgissement inattendu et inouï des dieux.

VERBE PUR

" Qui pourra un jour me dire à quoi servent les mots, les gloussements gratuits et purs s’échappant comme bulles des bouches rondes et mouillées des tout-petits enfants ? C’est le babil des innocents, les sources claires d’un monde neuf, les derniers sons ou l’ultime mémoire d’une puissante Joie sacrée et sans ambiguïté ? Bien avant le simiesque héritage d’un langage tout fait, il y a le gazouillis ou le protolangage, chaque son signifiant un morceau de Parfait. Et qui pourra me dire ce que nous en avons fait ? Des mots pour bien parler, pour avoir l’air intelligent, des mots pour insulter, des mots pour en découdre, des mots pour ne rien dire, des mots comme sonnailles sur les cous d’un troupeau mâchant et remâchant l’herbe triste d’un terrain vague usé jusqu’à la trame pour avoir englouti des tonnes de déchets. Mais où est-il passé le Verbe rédempteur, le Om, l’imprononçable, le son vibrant de toute création ? Il est, c’est terrifiant, dans le regard sans fond des tout-petits enfants."  

Alain Cadéo 22 avril 2022 à 22 H 22, mot adressé à son ami JCG

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo
Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré

théâtre, format 13,5 X 20,5, 64 pages, PVP : 10 €

ISBN 978-2-35502-133-6

référencé, distribué sur commande en librairies et plateformes par

Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris,

0145488462,

dès le 15 mai 2022

fait partie des 5 livres prévus à l'abonnement 2022

par hello asso :

 

les abonnés recevront fin mai 2022 deux livres de théâtre

Alain Cadéo et Michel Gendarme (une trilogie)

des lectures de cette pièce peuvent être et seront organisées chez des particuliers ou dans des lieux publics, culturels ou autres pour favoriser sa création et sa diffusion

Alain Cadéo sera présent au 1° salon des écrivains organisée par Les Cahiers de l'Égaré, lors des journées du patrimoine, le dimanche 18 septembre, au Revest-les-Eaux, en partenariat avec la municipalité et d'autres associations

pour toute proposition de lecture par Alain Cadéo, s'adresser par mail à 

les4saisonsdailleurs@orange.fr

 

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

Lieu : les égouts de Paris, très en profondeur

Personnages : Deux types avec casques et lampes, tenues d’égoutiers, bardas, sacoches, l’un arrive de la gauche, l’autre de la droite

Azema, dit Eczéma.

Un rêveur, un optimiste, une boule de malice et de bonne humeur. Peut-être un intello contrarié capable de s’adapter à tout. Il a une grosse tache sur le visage et une autre sur le bras. Passe son temps à se gratter et les démangeaisons s’accentuent en fonc- tion de l’action. Bavard, sympathique, aime à susciter l’inquiétude. Père mineur en Alaska ayant abandonné sa famille. Mère prostituée. Pas d’attache.

Arsène, surnommé Arsenic par ses collègues de boulot.

Très grand, voûté, l’œil clair, râleur. Le genre revenu de tout. Sens de la répartie aigre-douce. Bosseur, « pro », toujours syndicaliste mais grand déçu de la politique et des humains en général. Au fond pour lui il n’y a pas d’issue. On naît, on vit, on meurt dans un boyau. Pas de choix. « La vie est un long fleuve de merde ». Il est comme la plupart d’entre nous, incrédule, pragmatique, réaliste et pourtant il rêve d’autre chose, d’un ailleurs, différent. Marié, père de deux enfants qu’il ne voit plus, divorcé. Travaille depuis 30 ans dans les égouts. Passionné contrarié, Il se veut lucide, froid, cynique.

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

ARSENE:- Ne bouge plus ou j’te crève ! Fous-moi la paix ! J’veux pas remonter ! Barre-toi tout seul avec ton eczéma, ta mère, ton pariétal, tes extases de poule glousseuse... Toutes façons y’a plus rien « là-haut »... Y’a plus rien...

ECZEMA:- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Allez viens couillon... « Là-haut » y’a la lumière, les filles, le bruit, l’odeur d’essence, les gens, l’amour, la vanité, la haine, la vie quoi !... Et puis tu dois avoir tes gosses ce week-end ! Faut qu’tu sois en forme... La famille c’est sacré ! Et puis y’a moi ! J’suis ton nouveau vrai pote !...

Eczéma court dans les égouts... On entend comme un galop à sa poursuite... Il passe devant le 109, s’arrête un instant, le téléphone pend avec le même grésillement qu’au début de la pièce. Il finit par trouver l’échelle de sortie, grimpe, trébuche, tombe, se raccroche, continue de monter, soulève enfin la plaque d’égout donnant sur la rue, sort... Clarté aveuglante... Plus rien... La ville a disparu, désintégrée. On entend alors la voix d’Arsène qui hurle en ricanant : Pourquoi tu cours ma poule ! Je te l’ai dit, y’a plus rien là-haut... Y’a plus rien... Les dieux sont revenus...

Eczéma court dans les égouts... On entend comme un galop à sa poursuite... Il passe devant le 109, s’arrête un instant, le téléphone pend avec le même grésillement qu’au début de la pièce. Il finit par trouver l’échelle de sortie, grimpe, trébuche, tombe, se raccroche, continue de monter, soulève enfin la plaque d’égout donnant sur la rue, sort... Clarté aveuglante... Plus rien... La ville a disparu, désintégrée. On entend alors la voix d’Arsène qui hurle en ricanant : Pourquoi tu cours ma poule ! Je te l’ai dit, y’a plus rien là-haut... Y’a plus rien... Les dieux sont revenus...

Du même auteur

LES VOIX DE BRUME (nouvelles) - J.M. Laffont - 1982

STANISLAS (roman) - Éditions du quai - 1983 (Premier prix Marcel Pagnol)

LE MANGEUR DE PEUR (roman) - Quelqu’un Éditeur - 1984

LA CORNE DE DIEU (roman) - Quelqu’un Éditeur - 1984

L’OCÉAN VERTICAL (texte) - Quelqu’un Éditeur - 1984

MACADAM ÉPITAPHE (texte) - Editions la Correntille - 1986 (Plume d’Or d’Antibes et Prix Gilbert Dupé

LE CIEL AU VENTRE (texte) - Éditions de la Correntille - 1993

LES ANGES DISPARAISSENT (roman) -Éditions Autres Temps - 1986

FIN -Éditions Blanc - 1999page60image5786928 page60image5786720 page60image5786512 page60image5786304

L’OMBRE D’UN DOUTE (théâtre) - Éditions La Correntille - 2008 (Festival off d’Avignon - 2011)

LES RÉVEILLÉS DE L’OMBRE (théâtre) - Éditions La Correntille - 2013

ZOÉ - Éditions Mercure de France - 2015

CHAQUE SECONDE EST UN MURMURE (roman) - Éditions Mercure de France - 2016

DES MOTS DE CONTREBANDE (texte) -Éditions La Trace - 2018

COMME UN ENFANT QUI JOUE TOUT SEUL (roman) - Éditions La Trace - 2019

MAYACUMBRA (roman) - Éditions La Trace -2020

CONFESSIONS OU LES SPAMS D’UNE ÂME EN PEINE - Éditions La Trace - 2021 -

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Le Sens / Guillaume Cantillon et Franck Magis

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture

Le Sens, format 12 X 17, 84 pages, Visuel de couverture Tink Supid Studio/vjdrone

Le Sens, format 12 X 17, 84 pages, Visuel de couverture Tink Supid Studio/vjdrone

Le Sens de Guillaume Cantillon et Franck Magis

ISBN 978-2-35502-132-9

format 12 X 17, 84 pages, PVP 12 €

diffusion par Soleils distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

« Le monde a-t-il jamais été transformé autrement que par la pensée et son support magique : le mot ? »

Tomas Mann

« Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation défnitive ?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »

Nicolas Berdiaef

Le Sens / Guillaume Cantillon et Franck Magis

Questionner les utopies, tracer des hypothèses, se pencher sur l’acte de création, trouver sa juste place face à son art ou plus généralement dans le monde.

Le Sens est une clownerie, une farce chaotique,à trous, à gouffres, à réveils soudains, aux envolées habitées, traversée de certitudes et d’espérances, mais aussi saisie par les doutes et les constats d’échec vertigineux.

Guillaume Cantillon & Franck Magis

Le sens a été créé le 2 octobre 2018 au Téâtre du Rocher – La Garde
Mise en scène de Guillaume Cantillon
Collaboration artistique Frédéric Garbe

Scénographie Jean-François Garraud Lumières Nils Doucet
Création sonore Zidane Boussouf Costumes Sabrina Noiraux

Vidéo et Photos Geofrey Fages
Avec l'aide technique de Christian Richet et Cyril Cesarini

Avec Guillaume Cantillon et Franck Magis

Production le Cabinet de Curiosités (compagnie en résidence au Téâtre du Rocher).
Avec le soutien du Conseil régional PACA (aide à l'écriture), du Conseil Départemental du Var et de la Ville de La Garde.

 

Les Cahiers de l’garé

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Je suis Carmen / Gilles Cailleau

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture, #philosophie, #pour toujours

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen de Gilles Cailleau

ISBN 978-2-35502-131-2

format 12 X 17, 72 pages, PVP 10 €

diffusion Soleils distribution, 3 rue de Fleurus, 75018 Paris

© dessins : Gilles Cailleau. Couverture, Carmunch | p.4, Les cousines | dos, Je suis le bœuf et le boucher.

© photographies : Charlotte Parmentier.

© LES CAHIERS DE L’ÉGARÉ
669 route du Colombier – 83200 Le Revest-les-Eaux

les4saisonsdailleurs@icloud.com

http://cahiersegare.over-blog.com

Je suis Carmen / Gilles Cailleau

PRÉFACE

Ce qu’il faut dire d’abord, c’est le flou qui entoure toute écriture scénique. Je signe un texte, certes, mais d’où et surtout, de qui est-il venu ? Autant d’Amanda Righetti et de Sophie Chabert qui me l’ont inspiré au cours des deux mois de recherche, de répétitions, de vie créatrice commune. Le texte est donc de moi, mais le spectacle est de nous trois. Il est aussi de Christophe Bruyas, créateur des lumières, de Guillaume Cros qui en a fait la musique et de quelques autres. Reste à savoir si un texte initie une création ou s’il en procède et autant vous le dire, pour Je suis Carmen!, la question est indécidable.

D’autant plus que c’est une création de longue haleine.

Je suis toujours très lent, je mets beaucoup de temps à penser mes spectacles. La plupart du temps avant de me lancer, je fais un essai pour mettre à l’épreuve mon appétit, l’intérêt de la création, la première vibration publique.

Je suis Carmen!, c’est en 2016 que ça a commencé (je pourrais dire en 1982, quand j’ai fabriqué avec passion une marionnette Carmen ou en 83, quand ma mère a ramené les vinyles de l’Opéra de Pékin à la maison, ou dans les mêmes années quand Jean-Luc Godard, Carlos Saura et Francesco Rosi ont sorti leur film à peu près en même temps, et Peter Brook par-dessus le marché qui montait l’opéra aux Bouffes-du-Nord en trois versions distinctes... une frénésie de Carmens... mais j’arrête. 2016, pour un début, c’est très bien). Cinq ans donc avant le jour de la première, je savais déjà que je voulais monter Carmen, l’opéra, mais j’avais besoin de temps et de réponses. J’ai alors proposé à Amanda, une Espagnole sauvage que je venais de mettre en scène dans une autre aventure, de venir avec moi faire en dix jours une première exploration du continent Carmen.

L’idée était de s’installer avec une tente marocaine et une vieille roulotte (les mêmes qui ont été ma maison pendant treize ans et qui abritent depuis vingt ans Le tour complet du cœur, mon premier solo), de remplacer le mât unique de la tente par un mât chinois et d’en faire l’univers d’une jeune femme de cirque qui s’interroge sur tout ce qui fait le sel de sa vie : l’appel et le risque de la liberté.

J’ai dit “s’installer”, mais je n’ai pas dit où. C’était à Cornebarrieu – banlieue toulousaine, dans un centre éducatif ouvert pour jeunes délinquants, sous les auspices de la pénitentiaire.

Amanda, seule femme au milieu de vingt garçons prisonniers de leurs propres peurs et de leurs démons. Il en fallait du cran pour monter sur ce mât, les jambes à 80 centimètres des regards et leur parler d’amour, de liberté... Du cran pour faire valser toutes les règles.

Pour en rajouter une couche, le sort a fait de Cornebarrieu – où se côtoient des quartiers historiques et les cités peuplées des salarié·e·s de la filière aéronautique – la commune abritant ce lieu d’éducation répressive mais aussi le cimetière où est enterré Mohamed Merah et comme si cela ne suffisait pas, un centre de rétention administrative.

On imagine de quelles vibrations contradictoires on s’y sent traversé.

L’expérience a été si intense qu’elle nous aurait suffi pour avoir envie de continuer, mais au cas où on aurait hésité, la représentation finale devant les gosses, des voisins entrant pour la première fois dans ce lieu qui leur faisait une peur immense, une directrice de prison, un digne et sombre représentant du ministère de la Justice, deux du ministère de la Culture, le directeur de la Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance, qui avait initié le projet, l’équipe de la compagnie au grand complet et leurs retours à toutes et tous qui au-delà de l’intérêt d’un tel projet à cet endroit du monde n’admettaient pas que le spectacle puisse en rester là... Bref ! Suffisamment pour nous persuader qu’il fallait le finir.

Il y avait à cela trois obstacles : 1) Amanda venait d’être engagée par le Cirque Plume dans La dernière saison mais surtout, 2) j’étais persuadé que la vérité de cette création requérait de mettre à côté d’Amanda, une autre femme, cantatrice celle-là. À l’affirmation – “Je suis Carmen”, de la première, l’autre répondrait – “Mais non, Carmen, c’est moi !” Je rêvais de cette surprise qu’elles auraient toutes les deux, l’une venant de la fureur anarchique de la piste, l’autre du monde feutré et mesuré de la musique classique, à découvrir cette identification commune, à leur gémellité inattendue. Pour finir et tout bêtement, 3) ce n’était pas ce spectacle que j’étais venu créer.

J’ai donc 3) commencé par monter avec Raoul Lay, le directeur artistique de l’Ensemble Télémaque, Carmen, opéra déplacé, l’œuvre originelle de Bizet réécrite pour 4 artistes lyriques, 6 musiciens et 40 personnes habitant tout près de l’endroit où elle se joue. 2) J’y ai par la même occasion trouvé Sophie, la pièce manquante de mon premier essai et 1) j’ai attendu Amanda.

Voilà l’origine de ce projet singulier, dont le sujet l’est tout autant. Carmen, mythe trompeur...

Car voilà, Carmen n’est pas une histoire d’amour. Si c’en était une, ce serait ce fait divers dont la banalité est déjà en soi tragique : un homme aime une femme qui ne l’aime plus, alors il la tue. Une histoire ordinaire en quelque sorte, juste un samedi soir sur la terre, comme dirait l’autre, et qui ne fait jamais la une. La mort de Carmen, on la découvre par hasard au café en lisant son journal, à la page des chiens écrasés.

C’est en cela que même si Carmen peut parler d’amour autant qu’elle veut, c’est une autre histoire qu’elle raconte. Nous n’avons plus le droit de nous tromper aujourd’hui, dire je t’aime avec un couteau à la main est un subterfuge rhétorique pour passer sous silence le vrai sujet : la domination.

D’ailleurs, si sans minimiser cette question de la domination de genre, on prend le temps de désexualiser Carmen, le vrai mystère (et pas le pseudo mystère de la femme fatale, construction mentale toute masculine) le vrai mystère, donc, saute aux yeux : pourquoi, au dernier acte, fait-elle face? Il lui suffirait de dénoncer José, ou seulement de rentrer dans l’arène avec les autres et se mettre à l’abri... Elle ne le fait pas.

Elle ne veut pas être moins forte que José. Elle refuse de lâcher le moindre pouce de terrain.

Elle ne se retire pas.

C’est la dialectique du maître et de l’esclave selon Hegel. (J’ai conscience en écrivant ces lignes depuis l’île de la Réunion où je vis désormais que cette distinction hégélienne prend ici, terre mutilée par l’esclavage, un sens insupportable. Précisons donc qu’il ne s’agit pas d’une terminologie historique, mais d’une distinction conceptuelle.) Pour Hegel donc, “le maître” n’est pas maître parce qu’il est plus fort que l’esclave, mais parce qu’il n’accepte pas de vivre à n’importe quel prix. “L’esclave” de son côté veut vivre quoi qu’il en coûte... Pour Hegel le seul vrai maître n’est pas celui qui domine l’autre, mais celui qui est capable de dire non.

Carmen a le même problème. La liberté est le signe de son pouvoir, elle refuse d’être moins. Fuir devant José pour rester en vie, ce serait être moins que lui. En restant, elle l’oblige à la tuer et ce faisant, elle le condamne autant qu’il la condamne.

Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’autre inépuisable histoire, celle du pouvoir et de la liberté. Inépuisable plus que profonde, d’ailleurs, mais c’est peut-être la qualité des mythes, qui ne nous donnent pas à penser, mais à réfléchir. À nous y réfléchir.

Les mythes sont des mythes parce que ce sont des miroirs.

Carmen nous fait nous poser chacun pour soi la question terrible : jusqu’où suis-je prêt·e à aller pour défendre ma liberté ? C’est une question simple, mais inépuisable parce que sans réponse. Tout le monde peut la comprendre et tout le monde se la pose à plusieurs moments de sa vie, des fois sans même l’avoir formulée.

À quel endroit de nous s’étire la ligne de partage entre l’aversion pour les chaînes et l’aspiration à la tranquillité ?

Carmen est ce mythe parce que c’est un puits sans fond : est-ce si formidable que ça d’être libre ? Est-ce que ce n’est pas aussi une petite malédiction ? Tous ces choix à faire, tous ces bonheurs qui cessent aussitôt d’en être parce qu’ils nous sont imposés... Quel frein, quelle nourriture donner à mon intransigeance ?

Non vraiment, Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire du courage, des courages... Pas l’histoire de nos moments de gloire, non, le contraire, l’histoire d’une défaite, de nos défaites, quand on a la force, l’élégance, le panache de perdre en beauté.

Carmen, c’est la chèvre de Monsieur Seguin.
Gilles Cailleau, 27 novembre 2021

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Il faudrait plus qu'un édito / Gilles Cailleau

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #spectacles, #théâtre, #voyages, #écriture

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

 
Il faudrait plus qu'un édito de Gilles Cailleau
250 pages format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-125-1 
18 € 
 
Du même auteur, aux Cahiers de l’Égaré :
Le tour complet du cœur, 2005 (rééd. 2011 & 2014)
Fournaise, 2008
Gilles et Bérénice suivi de Tout l’univers en plus petit, 2011
Vous qui lisez ne me regardez pas (œuvres quasi complètes), 2011 (rééd. 2015) 
Tania’s Paradise, 2013
Le nouveau monde, 2017 


 

 

 

 

Je ne suis pas un très bon acteur, je joue comme un chien, je veux dire que j’ai les défauts d’un chien, celui qui rentre les pattes pleines de boue et qui débordant d’amour les pose sur la chemise encore blanche de son maître ou de sa maîtresse. L’épure n’est pas mon affaire, je la laisse à d’autres qui en font un meilleur usage. Ma générosité de gamin m’empêchera d’entrer au panthéon des acteurs solitaires et splendides.

Parfois un spectateur me demande : – « Jouer si près de nous ne vous perturbe pas ? – Bien sûr que si, ça me dérange, ça m’importune, ça me bouscule, ça me déconcentre. Je l’espère bien, je ne demande que ça. Si j’étais funambule, ça m’ennuierait qu’il n’y ait jamais de vent. »

Gilles Cailleau, auteur, metteur en scène et interprète de la compagnie Attention Fragile, a écrit une centaine de billets d’humeur publiés sur le site de la compagnie entre 2004 et 2021. Les voilà rassemblés dans cet ouvrage. 

2004-2021. J’écris depuis 18 ans les éditos de la page d’accueil du site d’Attention Fragile, une dizaine les années fastes, 3 ou 4 les années maigres, et les voilà tous ensemble.

Enfin, presque tous, j’en ai fait disparaître quelques-uns. À les relire j’ai constaté que je manquais parfois d’inspiration.

Mais je me suis aperçu aussi qu’au-delà de ce que j’y dis, ils retraçaient à leur manière une histoire – incomplète et subjective certes, mais quand même une histoire des splendeurs et des misères de la vie artistique pendant ces 18 dernières années.

Il s’en est passé des choses! M’entendre parler aujourd’hui de masques, de distanciation sociale ou de culture essentielle dans des éditos qui ont plus de 10 ans, c’est une étrange ironie...

Merci à toutes et tous mes camarades, merci à ma propre compagnie, Attention Fragile, que je ne quitte pas.

Et merci à Jean-Claude, merveilleux éditeur et ami.
Gilles Cailleau 

 

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Théâtre de la Jeunesse#6

25 Juin 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #écriture, #collection théâtre de la jeunesse

Théâtre de la Jeunesse#6

Préface

Cette sixième édition de THÉÂTRE de la JEUNESSE regroupe cinq pièces nées durant l’année scolaire 2020-2021 d’ateliers d’écritures menés avec des élèves de quatre classes de CM2 de La Seyne-sur-Mer et d’une classe de premier cycle du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée, avec cinq dramaturges : Jóan Tauveron, Eugène Durif, Catherine Verlaguet, Samuel Gallet, Pamela Ghislain.

Cette expérience, soutenue pour la sixième année par la DRAC PACA, fait partie du projet Un.e auteur.e dans ma classe proposé par la Saison Gatti. Il a pour ambition de faire lire, écrire et jouer du théâtre.

Ces ateliers d’écriture et la rencontre avec chaque dramaturge ont été précédés par une phase de sensibilisation à la lecture s’appuyant sur un répertoire de seize pièces lauréates du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public (sélection CM2-6e). Il a été complété par l’intervention de comédiens qui ont accompagné les élèves dans la mise en scène de leurs propres pièces. C’est donc un projet qui embrasse tous les temps de la création.

Les élèves des quatre classes de CM2 ont pu jouer leurs pièces devant leurs camarades sur le plateau du Conservatoire TPM à La Seyne- sur-Mer, dans le cadre du 1er juin des écritures théâtrales jeunesse. Les élèves de cycle 1 du Conservatoire, quant à eux, ont lu leur pièce le samedi 5 juin 2021 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle.

En dépit de tout, cette année scolaire s’est donc conclue par une belle fête célébrant le théâtre jeunesse.

À l’heure où paraît ce livre, les théâtres commencent à rouvrir leurs portes, après une longue fermeture au public. Si la crise sanitaire nous a empêchés d’aller à la rencontre des pièces dans les théâtres, les classes sont restées ouvertes aux artistes permettant de poursuivre ce magnifique travail d’éducation artistique et culturelle. Derrière leurs masques, ces enfants et adolescents n’oublient pas d’interroger le monde qu’ils habitent. Toutes les pièces présentent dans ce recueil témoignent de leurs inquiétudes et de leurs peurs certes, mais égale- ment de leurs imaginaires, de leurs engagements et de leurs rêves. C’est l’endroit de ce théâtre à vif, en prise avec la jeunesse, qui nous anime dans ce projet.

Avec ce volume 6 de THÉÂTRE de la JEUNESSE, nous travaillons à créer, au sein des Cahiers de l’Égaré, une collection théâtrale de textes d’auteurs dont l’écriture est ouverte à une dimension participative.

Cyrille Elslander Directeur de La Saison Gatti Bibliothèque Armand Gatti

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Il fallait être fou

21 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

Il fallait être fou
André Neyton
ISBN 978-2-35502-124-4
206 pages
format 13,5 X 20,5
PVP 15 €
parution, le 14 mai
peut-être commandée sur les plateformes en ligne ou en librairie via Soleils Diffusion-Distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
 

 

« Enfin le panneau annonciateur du terme du voyage perce le rideau dʼeau. Une place déserte avec, au fond, un bâtiment qui ne peut être quʼune salle des fêtes. Je mʼy engouffre. Cʼest là. Sur la scène un homme parle ... ». André Neyton vient de découvrir un univers inconnu de lui, absent des livres dʼhistoire ... Dès lors, il fera de son théâtre – sans que jamais celui-ci ne soit un prétexte – un long combat pour la renaissance de la langue et de la culture dʼoc. Il raconte ici ses espoirs encouragés par un public fidèle, ses abattements à chaque mauvais coup porté, lʼindifférence ou les résistances à son indéfectible ténacité. Un parcours singulier, dans un milieu culturel souvent méprisant voire hostile. Un témoignage sans concession, à rebondissements, qui se lit comme un roman.

André Neyton est comédien, metteur en scène, auteur, directeur de théâtre et de compagnie théâtrale. Il a développé depuis les années soixante- dix un théâtre populaire inspiré par la culture et la langue occitanes. En 1966 il crée, avec Robert Lafont, le premier spectacle mettant en scène la langue dʼoc dans sa réalité contemporaine : Per jòia recomençar. En 1971 il fonde le Centre Dramatique Occitan, compagnie professionnelle, et monte plusieurs auteurs occitans et catalans avant dʼécrire lui-même ses pièces. Il crée en 1984 le Théâtre de la Méditerranée, Centre des Cultures Régionales de lʼEspace Méditerranéen, installé depuis 1991 à lʼEspace Comedia à Toulon.

 

 

TABLE DES MATIERES

Le déclic ....................................................... p5 

Naissance d’une compagnie ............................... p25 

Vers le professionnalisme ................................... p41 

Le double effet de la Providence ........................... p73 

Le temps des emmerdes .................................... p101 

Le rebond .................................................... p123 

Tonnerre sur la Ville ........................ ......... ....... p141 

Retour à la normale ? ........................ ........ ....... p161 

Il fallait être fou ............................................. p193 

 

 

Nous aurons néanmoins contribué, par la présence de l’occitan dans un théâtre d’aujourd’hui, à légitimer une langue vivante porteuse d’une culture contemporaine et à faire admettre que la création artistique ne s’évalue pas à l’aune d’une langue, qu’elle fût « régionale » ou nationale. Nous avons, ce faisant, contribué à lever les préjugés les plus ancrés, au risque de contrarier l’ami François Villon à qui nous lançons sans complexes :

— Non, il n’est pas bon bec que de Paris !

Tout ce qui a pu être fait l’a été par le théâtre parce que le désir de la création m’y conduisait toujours comme la main du peintre se saisit irrésistiblement du pinceau pour que la toile cesse d’être muette. L’aventure qui nous mène de Per jòia recomençar au Théâtre de la Méditerranée-Espace Comedia est celle d’une vie qui ne pouvait se dérouler autrement. Elle sera celle de cinquante ans d’un théâtre qui avait une parole à faire entendre. 

 

 

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Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

15 Octobre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #écriture, #auteurs de théâtre, #lettre, #philosophie

Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?
Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

Qui est Antigone aujourd’hui ?

Parcours d’écritures et de lectures autour du mythe d’Antigone, proposé par Marilyne Payen-Brunet, formatrice, Marie-Agnès Decoopman, animatrice pédagogique, et Moni Grégo, écrivain, femme de théâtre, avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale de l’unité de formation par apprentissage du Lycée agricole et horticole Agricampus de Hyères (Var).

 

C’est dans un espace merveilleux aux arbres hors d’âge, que j’arrive un jour de février 2020, accompagnée par Jean-Claude Grosse. Ce lycée de Hyères est comme un quartier fleuri où chaque rue mène à des bâtiments largement aérés. Tout est calme et accueillant. Après un café partagé avec Marie-Agnès Decoopman, l’animatrice pédagogique de l’établissement, nous allons rencontrer des élèves de seconde, de première et de terminale qui ont déjà approché le mythe d’Antigone avec leur formatrice Marilyne Payen-Brunet, par des textes, en particulier le texte dramatique original de Sophocle, mais d’autres aussi comme ceux de Jean Cocteau, Jean Anouilh... et le mien, « Les Enfants du Sphinx » paru aux Éditions Domens. Je présente Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré venu du Revest, qui me présente, moi qui viens de Sète.

PREMIÈRE DEMANDE DE MONI :
Des élèves par deux, chacun interviewe puis présente l’autre au groupe
et parle de sa relation au texte, au mythe, aux personnages de cette tragédie. Puis un essai par chacun de retracer les grandes lignes de l’histoire des Labdacides

TEXTE 2 - ÉCRIRE : UN MONOLOGUE

Un personnage de la famille des Labdacides parle à la première personne.

TEXTE 3 - ÉCRIRE : UNE ÉNIGME

TEXTE 4 - ÉCRIRE : UNE CÉLÉBRATION DE L’HUMANITÉ

TEXTE 5 – ÉCRIRE : UNE LETTRE

La dernière lettre d’Antigone murée dans sa prison.

TEXTE 6 - ÉCRIRE : UN RAP.

TEXTE 7 – ÉCRIRE : UN DIALOGUE.

Entre un père : Créon et son fils : Hémon

LIBRE DISCUSSION :

Petit point final où je leur demande si tout va bien,
s’il y a des questions, des propositions de choses à aborder auxquelles ils ont pensé ?...

En réponse, il semble que tout va bienque ces premiers temps ont été très heureux. Nous nous quittons avec le plaisir de prochains temps de rencontres où nous mettrons l’accent sur la lecture en public et la construction d’une présentation d’une heure de ces travaux à partager avec le public, cela en même temps que l’édition des textes aux Cahiers de l’Égaré et la réalisation d’un film par Christian Darvey. Ce projet a été accueilli au Lycée Agricampus de Hyères avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale entre février et octobre 2020.

La restitution publique a été réalisée le vendredi 16 octobre 2020, à 15 H dans le grand amphithéâtre d'Agricampus.  

Ce 16 octobre, vers 17 H, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique, au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte Honorine est décapité par un islamiste radical d'origine tchétchène.

Je ne découvrirai l'événement que le lendemain en lisant le journal du bar. Coïncidence ? Synchronicité ?

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