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Les Cahiers de l'Égaré

lettre

Initials BB Essentials Sanctuary

15 Décembre 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FIN DE PARTIES, #agora, #lettre, #philosophie, #pour toujours, #écriture

Le 29 novembre à 9 H, jour anniversaire de la disparition de l'épousée, il y a 15 ans, à 21 H, j'ai lancé le projet de livre pluriel élaboré pour les 92 ans de Brigitte Bardot.

Initials BB

(Serge Gainsbourg - 1968)

Une nuit que j'étais 
À me morfondre 
Dans quelque pub anglais 
Du coeur de Londres 
Parcourant L'Amour mon- 
stre de Pauwels 
Me vint une vision 
Dans l'eau de Seltz 

B initials 
B initials 
B initials 
BB 

B initials 
B initials 

B initials 
BB 

Tandis que des médailles 
D'impérator 
Font briller à sa taille 
Le bronze et l'or 
Le platine lui grave 
D'un cercle froid 
La marque des esclaves 
À chaque doigt 

B initials 
B initials 
B initials 
BB 

B initials 

B initials 
B initials 
BB 

Jusques en haut des cuisses 
Elle est bottée 
Et c'est comme un calice 
À sa beauté 
Elle ne porte rien 
D'autre qu'un peu 
D'essence de Guerlain 
Dans les cheveux 

B initials 
B initials 
B initials 
BB 


B initials 
B initials 
B initials 
BB 

À chaque mouvement 
On entendait 
Les clochettes d'argent 
De ses poignets 
Agitant ces grelots 
Elle avança 
Et prononça ce mot : 
« Alméria » 

B initials 
B initials 
B initials 
BB 


B initials 
B initials 
B initials 
BB

 

Essentials Sanctuary

(Vita Nova - 2025)

Un jour que j’étais
À Carsac-Aillac
Au cœur du Périgord noir
Jouant avec ennui Arabelle
La châtelaine
J’ai sauvé Colinette la biquette
Du sort funeste d’un méchoui
L’achetant à la vieille figurante
L’installant avec Princesse
Dans ma chambre de star
À Sarlat, le bled de La Boétie
Le désobéissant à tout tyran
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary

Renonçant aux projecteurs d’Initials BB
Bardot entendit les plaintes
Des bêtes en détresse
Et fit cette promesse :
Donner le lait de la tendresse
Moquée insultée agressée
La Bardot fit front 
Vendit ses biens anciens
Créa la Fondation 
Ses missions 
Ses actions 
Ses implantations
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary

Tandis que les bouchers
Continuent à faire grincer
Les chaînes rouillées
Autour des pattes 
Des bêtes suspendues

La Bardot leur grave
La marque des rescapées
un coeur d’amour
Jour après jour
Dans les pâturages
Où de vieillesse elles meurent
Sous l’oeil du gardeur de troupeaux
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary

Au fond des cages
Chiens et chats errants enfermés
Pour les relâcher
Bardot leur laisse une cicatrice
Stérilisés
Chiens et chats vivent 
vies de chiens et de chats
Dans les rues des villes 
Les fossés des campagnes

Ou choisissent qui veut les adopter
Pas les acheter

E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary

Mais on entend encore
Les cris étouffés de souris et de singes 
Dans les laboratoires des Ça Vend
Refusant ces plaintes muettes
Bardot ouvrant ses bras proclame :
« Mettons fin à la vivisection 
À la chasse à courre
Au grindadráp des dauphins 
À la madrague aux thons 
À la chasse aux phoques 
Ma sagesse et mon expérience
Vont aux animaux »
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary
E essentials
E essentials
E essentials
Sanctuary

 

Brigitte Bardot à Bazoches le gardeur de troupeau avec Marguerite en Normandie
Brigitte Bardot à Bazoches le gardeur de troupeau avec Marguerite en Normandie
Brigitte Bardot à Bazoches le gardeur de troupeau avec Marguerite en Normandie

Brigitte Bardot à Bazoches le gardeur de troupeau avec Marguerite en Normandie

vivisection dissection chasse à courre  grindadráp des dauphins  pêche au thon chasse au poque au hakapik BB et le blanchon
vivisection dissection chasse à courre  grindadráp des dauphins  pêche au thon chasse au poque au hakapik BB et le blanchon
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Il fallait être fou André Neyton

4 Mars 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture, #FIN DE PARTIES, #lettre, #pour toujours, #épitaphier

Il fallait être fou André Neyton

Je viens d'apprendre à l'instant, 14 février 2025 à 11 H, par deux messages WhatsApp et par un mail, le décès d'André Neyton (90 ans) survenu le 11 février 2025. Un hommage public lui sera rendu le mardi 18 février 2025, à 14 h 15, à l'Espace Comédia, suivi à 16 heures, de l'inhumation au cimetière de Lagoubran.

Je suis très fier d'avoir édité en 2021, son récit : Il fallait être fou.

La dernière fois que j'ai vu et échangé avec André, c'est après le spectacle Orekhov, le 15 novembre 2024

Décès d'André neyton, le 11 févvrier 2025; cérémonie laïque au Comédia le 18 février 2025
Décès d'André neyton, le 11 févvrier 2025; cérémonie laïque au Comédia le 18 février 2025
Décès d'André neyton, le 11 févvrier 2025; cérémonie laïque au Comédia le 18 février 2025
Décès d'André neyton, le 11 févvrier 2025; cérémonie laïque au Comédia le 18 février 2025

Décès d'André neyton, le 11 févvrier 2025; cérémonie laïque au Comédia le 18 février 2025

Hommage laïque et républicain à André Neyton, sur la scène de l'Espace Comedia, mardi 18 février 2025 de 14 H 15 à 16 H
cercueil à jardin, avec une gerbe dessus
XAL, maître de cérémonie, commence en lisant la 4° de couverture de Il fallait être fou, le récit fait par André de son aventure théâtrale, édité par Les Cahiers de l'Égaré en avril 2021
intro-vidéo avec Miquèu Montanaro, racontant leur très ancienne amitié et leurs collaborations multiples
un premier hommage lu, billet d'un José ? qui fait s'exclamer son lecteur, gros con (terme affectueux et non injurieux), grand coeur, j'entends le mot libertaire
les élus : Josée Massi, maire de Toulon, Virginie Pin, vice-présidente du Conseil Régional
la présidente du C.A. de l'espace Comédia, Eliane Obrecht, qui représente aussi le président du C.A. du C.D.O. (lecture bilingue en occitan et français)
une marseillaise, ancienne comédienne avec André dans de très anciens spectacles, âgée, écharpe rouge, quelle énergie !
passent sur le plateau, Alain Aparis (qui raconte l'anniversaire du 26 janvier et la lucidité de l'intervention d'André à cette occasion), Jacques Maury (sans papier), Gérard Estragon...
XAL et un autre comédien lisent des messages, j'entends celui de Frédéric Andrau évoquant un épisode de tournage dans le film Bye Bye
outro-vidéo de Miqueu, moment d'exception, émouvant, avec le récit de la chanson écrite par Miqueu à la demande d'André, dans sa voiture, une chanson sur la mort, que nous entendons interprétée par ?, chanson qui m'a paru légère, presque joyeuse
longue ovation, salle debout
XAL décrit la façon dont nous allons circuler pour quitter la salle
en descendant, je fais un geste amical au cercueil d'André, je donne à Sophie la lettre posthume écrite pour André, dis un mot à Michel, embrasse Josiane
dehors, plein de monde, beaucoup de connaissances et de retrouvailles
j'ai passé la nuit sur les impressions fortes de cet hommage laïque et républicain qui est aussi le choix que nous avons fait pour le pas-sage d'Annie en décembre 2010 et pour le pas-sage de Vitya, le 14 février 2024
les photos illustrant les deux moments de la vidéo sont très représentatives de ce que fut André, à tous les âges, une "gueule" inoubliable

merci à ceux qui ont pensé cet hommage, à la famille, à l'équipe, à tous ceux qui se sont déplacés, à tous les absents pris par des obligations mais en pensée avec nous tous

Miquèu Montanaro

Merci pour ce récit de l’après midi d’hier. En concert à Athènes je ne pouvais être présent que par la vidéo.
La chanson je l’ai écrite il y a longtemps quand le Théâtre était installé sous chapiteau à Brignoles.
Elle a été enregistrée récemment par Bori Orbán, chanteuse hongroise dans son dernier album en français.
Un grand monsieur nous quitte mais il laisse une œuvre et une maison en place pour continuer.
Amicalement
Orekhov, vu le 15 novembre 2024 au Comédia

Orekhov, vu le 15 novembre 2024 au Comédia

Lettre posthume à l’ami André Neyton pour son pas-sage le 11 février 2025

Cher André,

Un ex-adjoint à la culture de Toulon, sous un ex-maire dénommé Hubert Falco dégommé, un dénommé Claude-Henri Bonnet dégommé, ancien directeur de l’Opéra, t’avait traité de « dinosaure du théâtre, faisant un théâtre ringard »

Un ex-maire mafieux de Toulon, un dénommé Maurice Arreckx dégommé, avait dit de toi : « Neyton, il est bien. Dommage qu’il soit de gauche! »

Toi, André, malgré toutes les embrouilles dont certaines pilotées par des gens du milieu théâtral et culturel comme celle, récente, visant à racheter le bâtiment privé abritant le Comédia pour t’obliger à quitter le lieu, tu es resté solide jusqu’au bout face aux critiques, aux mesures de rétorsion via les baisses ou suppressions de subventions de certaines instances territoriales.

Tu savais polémiquer, tu savais résister, réduisant la voilure, le temps nécessaire, créant tes spectacles, issus de tes textes, les faisant tourner, les reprenant. Comment ne pas évoquer tes spectacles itinérants, ton Maurin des Maures dans les collines,l’été.

Tu n’as jamais refusé la coopération avec d’autres lieux s’ils avaient la foi, la passion, l’enthousiasme, la persévérance. L’épopée de Scène(S) avec son journal en fut l’illustration.

Tu as su aussi accueillir nombre de compagnies varoises, ne serait-ce qu’en mettant le lieu à disposition pour courte résidence et création. Je pense en particulier à L’Ensemble À Nouveau de Katia Ponomareva.

Un événement eut lieu au Comédia que j’avais initié, que tu avais accueilli, une agora avec deux psychanalystes toulonnaises sur le thème : Héritons-nous de valises ? Nous eûmes droit à une intervention saisissante, celle d’une jeune femme racontant son accouchement chez elle, par elle-même et son compagnon parce qu’elle refusait les conditions d’accueil de la maternité.

J’ai eu l’honneur d’être sollicité par toi qui n’avais pas besoin de moi puisque tu as été l’éditeur de tes pièces, pour éditer Il fallait être fou. Je suis très fier d’être l’éditeur de ce récit haletant de ton parcours.

Cher André, la dernière fois que je t’ai vu, c’est après le spectacle Orekhov, le 15 novembre 2024. En attendant Dasha Baskakova, la chanteuse russe du spectacle, et Jacques Maury (Orekhov), un de tes comédiens de longue date sur de nombreux projets, nous avons échangé comme à l’accoutumée, toi, toujours discret, réservé sur tes problèmes ou projets, appréciant qu’on te parle du spectacle vu, en l’occurrence un magnifique spectacle sur Soljénitsyne et L’archipel du goulag que j’avais vu 10 ans avant, en décembre 2014. J’ai mis l’accent sur ces 10 ans de vie d’un spectacle. C’est particulièrement rare.

La compagnie Ainsi de suite, créée en 1992, accueillie depuis 2012 dans la chapelle Saint Éloi du Lycée polyvalent privé Saint Éloi, à Aix-en-Provence, dirigée par Claude Pélopidas, tu n’en as pas été étonné, n’est subventionnée que par la ville d’Aix etl’agglomération Aix-Marseille. Elle vit de ses 11 spectacles, de ses tournées, de ses ateliers.

Ainsi va, de plus en plus mal, le monde de l’art et de la culture.Mais les gens de pouvoir, la goudronneuse de l’Histoire de la prédation écrasant, effaçant tout sur son passage comme dit Wajdi Mouawad dans sa non-leçon inaugurale au Collège de France, n’auront pas raison de la fine poussière des gratteurs de mémoires et inventeurs d’utopies.

J’ignore si tu croyais à l’histoire de la libération de l’âme, 40 jours après le pas-sage. Dans 40 jours, j’aurais une pensée pour que ton âme libérée rejoigne l’âme éternelle du Théâtre sous ses deux masques, Tragédie et Comédie.

Un dénommé J.-C. Grosse dégommé,

ex-directeur artistique des 4 Saisons du Revest 

directeur des Cahiers de l’Égaré

JC Grosse

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

Il fallait être fou
André Neyton
ISBN 978-2-35502-124-4
206 pages
format 13,5 X 20,5
PVP 15 €
parution, le 14 mai
peut-être commandée sur les plateformes en ligne ou en librairie via Soleils Diffusion-Distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
 

 

« Enfin le panneau annonciateur du terme du voyage perce le rideau dʼeau. Une place déserte avec, au fond, un bâtiment qui ne peut être quʼune salle des fêtes. Je mʼy engouffre. Cʼest là. Sur la scène un homme parle ... ». André Neyton vient de découvrir un univers inconnu de lui, absent des livres dʼhistoire ... Dès lors, il fera de son théâtre – sans que jamais celui-ci ne soit un prétexte – un long combat pour la renaissance de la langue et de la culture dʼoc. Il raconte ici ses espoirs encouragés par un public fidèle, ses abattements à chaque mauvais coup porté, lʼindifférence ou les résistances à son indéfectible ténacité. Un parcours singulier, dans un milieu culturel souvent méprisant voire hostile. Un témoignage sans concession, à rebondissements, qui se lit comme un roman.

André Neyton est comédien, metteur en scène, auteur, directeur de théâtre et de compagnie théâtrale. Il a développé depuis les années soixante- dix un théâtre populaire inspiré par la culture et la langue occitanes. En 1966 il crée, avec Robert Lafont, le premier spectacle mettant en scène la langue dʼoc dans sa réalité contemporaine : Per jòia recomençar. En 1971 il fonde le Centre Dramatique Occitan, compagnie professionnelle, et monte plusieurs auteurs occitans et catalans avant dʼécrire lui-même ses pièces. Il crée en 1984 le Théâtre de la Méditerranée, Centre des Cultures Régionales de lʼEspace Méditerranéen, installé depuis 1991 à lʼEspace Comedia à Toulon.

 

 

TABLE DES MATIERES

Le déclic .......................................................      5 

Naissance d’une compagnie ...............................  25 

Vers le professionnalisme ................................... 41 

Le double effet de la Providence .......................... 73 

Le temps des emmerdes ....................................101 

Le rebond ....................................................    123 

Tonnerre sur la Ville ........................ ......... .......141 

Retour à la normale ? ........................ ........ ......161 

Il fallait être fou .............................................  193 

 

 

Nous aurons néanmoins contribué, par la présence de l’occitan dans un théâtre d’aujourd’hui, à légitimer une langue vivante porteuse d’une culture contemporaine et à faire admettre que la création artistique ne s’évalue pas à l’aune d’une langue, qu’elle fût « régionale » ou nationale. Nous avons, ce faisant, contribué à lever les préjugés les plus ancrés, au risque de contrarier l’ami François Villon à qui nous lançons sans complexes :

— Non, il n’est pas bon bec que de Paris !

Tout ce qui a pu être fait l’a été par le théâtre parce que le désir de la création m’y conduisait toujours comme la main du peintre se saisit irrésistiblement du pinceau pour que la toile cesse d’être muette. L’aventure qui nous mène de Per jòia recomençar au Théâtre de la Méditerranée-Espace Comedia est celle d’une vie qui ne pouvait se dérouler autrement. Elle sera celle de cinquante ans d’un théâtre qui avait une parole à faire entendre. 

 

 

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Bahie et Papou Correspondance / Germaine et Patricia Raccah

20 Mai 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #lettre, #poésie, #écriture

Germaine et Patricia Raccah Bahie et Papou Correspondance, paru le 8 mai 2024

Germaine et Patricia Raccah Bahie et Papou Correspondance, paru le 8 mai 2024


Germaine et Patricia Raccah
 
Bahie et Papou
Correspondance
Mai 2022, Juillet 2023
 
13,5 X 20,5, 138 pages, 7 illustrations par les deux soeurs
ISBN 978-2-35502-147-3
PVP 15 €
 
disponible sur commande en librairie et sur les plateformes
distribution par Soleils,
3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
0145488462

 

 

 

La 4° de couverture présente clairement l’enjeu

Le dialogue entre deux sœurs est-il possible lorsque la schizophrénie vient brouiller les pistes en opposant deux réalités profondément divergentes ? L’échange de lettres entre Bahie et Papou, au-delà du lien sororal mis en évidence, relève d’un défi, celui d’une possible communication malgré le prisme déformant de la maladie.

Cette correspondance, en cela, est une sorte de battle entre deux langages faisant alterner l’ombre et la lumière, la beauté et la douleur. Les deux sœurs Bahie et Papou ont-elles réussi dans l’échange à accéder à une meilleure perception de l’autre ?

Laissons le lecteur en juger.

 

«Le bienfait dans le désarroi est presque équivalent léger ou lourd pour amoindrir une souffrance physique jusqu’au climat où transpire cette bouée de sauvetage que tu m’offres pour ne pas couler. Je suis, petite sœur, dans un profond mal-être en dépit des soins prodigués. Merci Papou de me permettre de bâtir notre lien salvateur et authentique. » Germaine Raccah

 

Retour de lecture de l’écrivain Alain Cadéo
 
"Vingt mille lieues au centre des cœurs, de la mémoire et du parfum des fleurs. Entre dragons et plantes carnivores, le noir et blanc des souvenirs, ponctuations de la douceur, nous avons aperçu le flou d’une Terre promise: votre inconnu se dévoilant."
Alain Cadéo.
 
encre de chine de Patricia
encre de chine de Patricia

encre de chine de Patricia

Bonjour Rachel,
Je viens tout juste de terminer ton ouvrage Correspondance, la préface d'Alain Cadeo m'a également émue.
Que dis-je votre ouvrage celui de Bahie et Papou.
Équilibre et alchimie, comme un pas de deux où la sororité ouvre la voie de l'écoute de nos voix intérieures. Entre lien sensible et respect des perceptions, un pan d'histoire familiale se revisite, fragilement et délicatement.
Mais surtout, surtout se tisse le chemin de l'écoute et de la compréhension poétique de l'autre et du monde qui l'entoure.
Merci pour ce partage intime au plus près des émotions.
J'ai pleinement aimé ce lien épistolaire et les images où couleurs et nature viennent tour à tour éclairer les états d'âme.
Merci pour l' immersion dans cet espace fragile qui ouvre un passage entre rêverie, réalité et perceptions multiples.
Un ouvrage que je recommande vivement.
Romy Dirsey, 16 septembre
les deux soeurs vues par Germaine
les deux soeurs vues par Germaine

les deux soeurs vues par Germaine

Je viens de terminer la lecture de « Correspondance », ouvrage de Bahie et Papou. Les auteurs m'ont adressé leur livre en service de presse non rémunéré, ce dont je les en remercie, sur la recommandation de mon ami auteur Alain CADEO qui nous a malheureusement quittés depuis... Alain avait d'ailleurs rédigé l'avant-propos de cet ouvrage, ce qui m'a beaucoup émue.
Ce livre nous dévoile une correspondance entretenue entre deux sœurs Patricia (Papou) et Germaine (Bahie), deux personnes différentes certes mais liées indéfectiblement malgré la maladie qui touche l'une d'entre elles et l'éloignement géographique qui les sépare..
Au fil des mots des auteures, nous percevons leurs émotions, leurs souffrances, leurs joies, leurs peurs, leurs espoirs, leurs angoisses.
Merci Patricia pour ce très beau livre, très bien écrit, original et fort émouvant qui aborde outre le thème ô combien douloureux qu'est la schizophrénie, l'amour, l'amitié, les liens entre soeurs.
Cet ouvrage m'a énormément touchée et je le recommande vivement aux amateurs du genre.
Joelle Marchal, 13 août
peinture de germaine
peinture de germaine

peinture de germaine

« Ma chère Bahie,
Cette correspondance est sans aucun doute la meilleure façon que nous ayons trouvée pour avancer l’une vers l’autre, et, ce faisant, pour avancer en nous-mêmes.
Et avancer, c’est tenter de comprendre l’autre, au-delà de ces mots plaqués qui, à force d’utilisation arbitraire, finissent par se vider de leur sens.
Correspondre, c’est apprendre à aimer la personne qu’on a choisie comme complice : celui ou celle qui partagera nos confidences, celui ou celle qu’on tentera de comprendre au-delà de toute communication stéréotypée.
Mais l’écriture est sournoise. Contrairement au message oral, la forme peut détourner du fond. Et le danger réside aussi dans la capacité de fixation des mots qui, une fois écrits, peuvent enfermer de façon radicale , implacable : on dit folie, on dit raison, on dit santé, on dit maladie…
Peut-on être raisonnable dans la poésie ? Le doit-on ?
La poésie est-elle folle lorsqu’elle propose une autre vision du monde ? »
Extrait de la lettre du 13 octobre 2022 adressée par Papou à sa sœur Bahie.
Une correspondance tout à fait singulière où les mots et les phrases, libérés de leur gangue conventionnelle, virevoltent comme des papillons ivres entre ombre et lumière.
Un pari où deux sœurs tentent de se rencontrer sur un pont qui sépare deux mondes, à la fois extérieurs et intérieurs.
Il faut apprendre à se laisser apprivoiser par cet échange épistolaire quelque peu décalé, à fleur de peau et de sentiments.
BAHIE ET PAPOU
CORRESPONDANCE
Aux Editions Les Cahiers de l’Égaré
Francis Denis, 30 mai
peinture de Patricia
peinture de Patricia

peinture de Patricia

AVANT-PROPOS
Faut-il être fou pour, en une seule page, prétendre résoudre un tel sujet...
L'imagination est-elle un non vécu qui sommeille, une vision du Monde propre à chacun, un à côté nécessaire à la survie d'êtres accablés par la pesanteur et la matière, ou une très ancienne mémoire que certains ont le pouvoir de réveiller ? Autrement dit un ersatz de liberté, une illusion ou l'absolue finalité d'une existence...
Vivre «sa» vie, comme on dit, n'a d'autre intérêt que de pouvoir se situer, s'identifier dans un entassement de faits soumis à une chronologie plus ou moins positive. Vivre «ses» vies me parait infiniment plus complexe car parcourir l'étendue, l'épaisseur, l'appel de ses désirs pluriels réclame une dévorante attention de chaque instant. Le simple vécu, quel qu'il soit, aussi riche soit- il, linéaire, n'aura jamais que le goût d'un vieil herbier dont on feuillette les planches remplies de plantes desséchées. Ce sera nostalgie.
Opter pour la pluralité ou une extrême acuité de perceptions accueillant tous les reflets, ondulations, prismes, ce que l'on nomme avec un peu de mépris "états d'âme", réclame une endurance particulière.
L'imaginaire qui, comme son nom l'indique, n'est que toute révélation d'images rapides et successives, stroboscopiques, implique une stabilité, un équilibre à épreuve. Ce n'est plus goutte d'eau dans un océan, mais océan dans une goutte d'eau. Et qui veut noyer sa vie dans une multitude d'impressions ? C'est pourtant bien dans les premiers et les derniers instants d'une existence que ce mélange tourbillonnant, cette avalanche de sensations, nous apparaissent. Ce sera joie terrifiante, sublime excitation, coup d'œil décisif sur l'infini des univers envahissant nos cœurs sur le point d'imploser.
Je préfère et de loin, malgré tout l'inconfort que cela génère, être dans cette impalpable, affolante et parfois douloureuse multiplicité, plutôt que de croupir dans le beurre rance, figé et satisfait, d'un quotidien tenu en laisse, millimétré.
Alain Cadéo.
*
LE DIALOGUE entre deux sœurs est-il possible lorsque la schizophrénie vient brouiller les pistes en opposant deux réalités profondément divergentes ? L'échange de lettres entre Bahie et Papou, au-delà du lien sororal mis en évidence, relève d'un défi, celui d'une possible communication malgré le prisme déformant de la maladie. Cette correspondance, en cela, est une sorte de battle entre deux langages faisant alterner l'ombre et la lumière, la beauté et la douleur. Les deux sœurs Bahie et Papou ont-elles réussi dans l'échange à accéder à une meilleure perception de l'autre ? Laissons le lecteur en juger.
<<Le bienfait dans le désarroi est presque équivalent léger ou lourd pour amoindrir une souffrance physique jusqu'au climat où transpire cette bouée de sauvetage que tu m'offres pour ne pas couler. Je suis, petite sœur, dans un profond mal-être en dépit des soins prodigués. Merci Papou de me permettre de bâtir notre lien salvateur et authentique. >>
BAHIE et PAPOU
Germaine et Patricia Raccah
Éditions Les Cahiers de l'Égaré
Willy Lefèvre, 25 mai
les deux soeurs peignent
les deux soeurs peignent
les deux soeurs peignent
les deux soeurs peignent

les deux soeurs peignent

Bahie et Papou Correspondance / Germaine et Patricia Raccah
Bahie et Papou Correspondance / Germaine et Patricia Raccah
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Le cerf-volant de l'égaré N°2

21 Octobre 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #le cerf-volant de l'égaré, #poésie, #écriture, #voyages, #pour toujours, #lettre

 

Le cerf-volant de l'égaré

magazine littéraire et artistique,

numérique et gratuit,

paraissant aléatoirement

sur le blog des Cahiers de l'Égaré

Envoyé par mail ou par la newsletter du blog

bandeau en cours de création / Saint-John Perse et son masque
bandeau en cours de création / Saint-John Perse et son masque

bandeau en cours de création / Saint-John Perse et son masque

Après Marie des Brumes, d'Odysseus Elytis, créée le 7 novembre 1985 à Châteauvallon, mise en scène Gil Royer, décor Michel Bories

la revue Aporie N° 5 est consacrée à Odysseus Elytis

il y eut Les tragédiennes sont venues, de Saint-John Perse, créées au Château de la Ripelle au Revest en  août 1986, mise en scène Dominique Lardenois, décor Jean-Miche Bruyère

la revue Aporie N° 8 est consacrée à Saint-John Perse et à la tragédie

quand les tragédiennes se sont dévêtues de leurs habits de scène et réclament de grandes oeuvres séditieuses, licencieuses; ah! les audacieuses, les délicieuses, les malicieuses / leur demande a été adressée en 1986 à 33 tragédiens et tragédiennes / aucun n'a répondu ni passer commande d'oeuvre séditieuse à un auteur / exception Dominique Lardenois a passé commande de la Lettre au directeur du théâtre à Denis Guénoun, éditée par Les Cahiers de l'Égaré, 2500 exemplaires ont circulé
quand les tragédiennes se sont dévêtues de leurs habits de scène et réclament de grandes oeuvres séditieuses, licencieuses; ah! les audacieuses, les délicieuses, les malicieuses / leur demande a été adressée en 1986 à 33 tragédiens et tragédiennes / aucun n'a répondu ni passer commande d'oeuvre séditieuse à un auteur / exception Dominique Lardenois a passé commande de la Lettre au directeur du théâtre à Denis Guénoun, éditée par Les Cahiers de l'Égaré, 2500 exemplaires ont circulé
quand les tragédiennes se sont dévêtues de leurs habits de scène et réclament de grandes oeuvres séditieuses, licencieuses; ah! les audacieuses, les délicieuses, les malicieuses / leur demande a été adressée en 1986 à 33 tragédiens et tragédiennes / aucun n'a répondu ni passer commande d'oeuvre séditieuse à un auteur / exception Dominique Lardenois a passé commande de la Lettre au directeur du théâtre à Denis Guénoun, éditée par Les Cahiers de l'Égaré, 2500 exemplaires ont circulé

quand les tragédiennes se sont dévêtues de leurs habits de scène et réclament de grandes oeuvres séditieuses, licencieuses; ah! les audacieuses, les délicieuses, les malicieuses / leur demande a été adressée en 1986 à 33 tragédiens et tragédiennes / aucun n'a répondu ni passer commande d'oeuvre séditieuse à un auteur / exception Dominique Lardenois a passé commande de la Lettre au directeur du théâtre à Denis Guénoun, éditée par Les Cahiers de l'Égaré, 2500 exemplaires ont circulé

le décor avec les émigrés ou migrants et les tragédiennes descendues par les ruelles vers le port et la Mer / deux titres importants de Denis Guénoun sur le théâtre
le décor avec les émigrés ou migrants et les tragédiennes descendues par les ruelles vers le port et la Mer / deux titres importants de Denis Guénoun sur le théâtre
le décor avec les émigrés ou migrants et les tragédiennes descendues par les ruelles vers le port et la Mer / deux titres importants de Denis Guénoun sur le théâtre
le décor avec les émigrés ou migrants et les tragédiennes descendues par les ruelles vers le port et la Mer / deux titres importants de Denis Guénoun sur le théâtre

le décor avec les émigrés ou migrants et les tragédiennes descendues par les ruelles vers le port et la Mer / deux titres importants de Denis Guénoun sur le théâtre

la tragédie n'est pas le drame dit l'édito / Car le drame est vulgaire, comme les actualités et leur urgence journalière, pâture des foules curieuses. Quand la tragédie est rare, où s'unissent l'existence et le théâtre, la vie et l'art, accordés par le malheur quintessencié et irrémédiable d'être. Oeuvre où se reconnait le destin, dépouillée des petitesses et pure de l'accessoire, la marque de la culture et du style. / dans les marges d'Aporie, les stars d'aujourd'hui / à leurs façons, ce sont des indisciplinaires, pas dans le moule, rétifs aux diktats, au conformisme / ils plaisent ou pas, sont dénigrés ou adulés mais ils tracent leur chemin de vie et d'artiste
la tragédie n'est pas le drame dit l'édito / Car le drame est vulgaire, comme les actualités et leur urgence journalière, pâture des foules curieuses. Quand la tragédie est rare, où s'unissent l'existence et le théâtre, la vie et l'art, accordés par le malheur quintessencié et irrémédiable d'être. Oeuvre où se reconnait le destin, dépouillée des petitesses et pure de l'accessoire, la marque de la culture et du style. / dans les marges d'Aporie, les stars d'aujourd'hui / à leurs façons, ce sont des indisciplinaires, pas dans le moule, rétifs aux diktats, au conformisme / ils plaisent ou pas, sont dénigrés ou adulés mais ils tracent leur chemin de vie et d'artiste

la tragédie n'est pas le drame dit l'édito / Car le drame est vulgaire, comme les actualités et leur urgence journalière, pâture des foules curieuses. Quand la tragédie est rare, où s'unissent l'existence et le théâtre, la vie et l'art, accordés par le malheur quintessencié et irrémédiable d'être. Oeuvre où se reconnait le destin, dépouillée des petitesses et pure de l'accessoire, la marque de la culture et du style. / dans les marges d'Aporie, les stars d'aujourd'hui / à leurs façons, ce sont des indisciplinaires, pas dans le moule, rétifs aux diktats, au conformisme / ils plaisent ou pas, sont dénigrés ou adulés mais ils tracent leur chemin de vie et d'artiste

l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne
l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne
l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne
l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne
l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne
l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne

l'adresse aux tragédiennes (14) et tragédiens (19) d'aujourd'hui (leurs noms sont dans les marges) pour qu'elles réclament des textes licencieux, séditieux / aucun ne nous a répondu / illustrations Valérie Anton, Nicole Budonaro, Michel Dufresne

risographie d'Ernest Pignon-Ernest pour radio zinzine, servant de couverture à l'essai de José Lenzini : Albert Camus et la prémonition des terrorismes, parution aux Cahiers de l'Égaré, le 1° novembre 2023, coïncidant avec le début de la guerre d'Algérie, 1° novembre 1954
risographie d'Ernest Pignon-Ernest pour radio zinzine, servant de couverture à l'essai de José Lenzini : Albert Camus et la prémonition des terrorismes, parution aux Cahiers de l'Égaré, le 1° novembre 2023, coïncidant avec le début de la guerre d'Algérie, 1° novembre 1954

risographie d'Ernest Pignon-Ernest pour radio zinzine, servant de couverture à l'essai de José Lenzini : Albert Camus et la prémonition des terrorismes, parution aux Cahiers de l'Égaré, le 1° novembre 2023, coïncidant avec le début de la guerre d'Algérie, 1° novembre 1954

à partir de ce N°2

sont partagées des contributions d'écrivains et artistes vivants

pour commencer :

- une lettre à Juliette Binoche (à télécharger)
voici ce que m'écrit l'épistolier :
"ma motivation n'est aucunement celle d'un fan ou d'un quelconque olibrius. Non.
La principale raison qui m'a poussé dans cette démarche est une révélation que je qualifie de spirituelle suite à la projection du film, Les amants du Pont-Neuf. J'avais déjà vu auparavant d'autres films avec Juliette Binoche. De très bons films. Mais je ne peux expliquer pourquoi et comment l'impact de celui-ci fut pour moi comme une élévation de mon âme. Je suis resté des mois et des mois sans pouvoir écrire une ligne dans le silence de ma maison. Je veux parler du silence de nos maisons intérieures . De celles que nous avons tous en nous. Nos maisons du silence ignorées, oubliées par tant de vacarme et d'agitation de ce monde dit moderne. Puis le confinement est arrivé avec enfin le passage à l'écrit. Le temps avait fait son travail. J'étais prêt. Le recueillement dans l'écriture pouvait enfin commencer."
 
- un mois de poèmes au jour le jour (à télécharger)
 
- des billets d'écrivain
 
- le début d'une BD, Nina la petite africaine
parrainée par Marcel Conche, créatrice au Burundi d'une coopérative agricole dans l'esprit de Pierre Rahbi, BD illustrée par Victor Kirista
 
- Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie
de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens
 
- les robes de prière
d'Aïdée Bernard, réalisées au Japon
 
- la petite ouvrière métisse
de Sandrine-Malika Charlemagne
 
- quatre audios
mettant en jeu le corps dont Infinity par la tragédienne Irène Papas, sur une musique de Vangelis

Ma lettre à Juliette Binoche par Marcel Moratal, écrivain, animateur du Canard en bois, théâtre de 45 places dans la grange de sa ferme à Montréal-les sources, 1500 m

Ma lettre à Juliette Binoche

Madame,

Je ne sais pas si ces mots arriveront jusqu'à vous mais il me fallait absolument vous les écrire. J'ai mis beaucoup de temps avant de m'engager dans cette lettre. Je craignais de faire intrusion dans votre vie et de vous apparaître comme un olibrius qui veut se rendre intéressant. Écrire n'a jamais été une affaire facile pour moi. C'est un peu comme aller puiser de l'eau, descendre dans son propre puits et remonter vers la lumière pour séparer l'eau claire de la boue. Cela m'est venu d'un ordre intérieur dont je ne sais pas toujours très bien le pourquoi ni le vers quoi il m'emmène mais ce qui est certain c'est qu'il vient d'un besoin absolu.

Beaucoup de questions ont rapidement titillé mon esprit : quelle forme donner à cette lettre pour exprimer clairement son urgence et sa nécessité ? Pourquoi le choix sur votre personne ? Pourquoi vous ? Est-ce la vie qui nous engage dans nos actes, dans nos choix, ou nous-mêmes qui nous engageons dans la vie ? Y a t-il des passages obligés sur le chemin de notre existence ? Des croisements qui nous paralysent devant le choix à faire et sur la direction à prendre ? Qui est le guide ? Ou alors sommes-nous peut- être notre propre guide. À vrai dire je n'ai pas vraiment de réponse à ces questions. Chaque pas dans ma vie m'apporte son énigme.

L'écriture avec d'autres disciplines artistiques comme la peinture, la sculpture, la musique nous révèlent parfois peu à peu à nous-mêmes à notre grand étonnement. Mais nous ne finissons jamais de descendre dans notre puits. Chaque jour nous découvrons au fur et à mesure une nouvelle poupée russe au fond de notre être.

J'ai toujours été tracassé par la question de l'âme. Est-ce que l'âme est une envoyée de Dieu ? Quand on rend notre âme à qui la rend-on ? À Dieu ? Pourtant on m'a toujours dit que donner c'est donner et que reprendre c'est voler. La morale des hommes en fin de compte.

Je n'ai jamais eu l'âme d'un groupi. Enfant et adolescent je n'accrochais jamais les photos de mes artistes préférés dans ma chambre. Mes passions, mes coups de coeur et mes peines, je les gardais toujours secrètement au fond de moi. Peut-être par pudeur. Il paraît que les animaux se cachent pour mourir, moi je me cachais pour pleurer. En silence. Parce qu'un garçon ça ne devait pas pleurer. Çà c'était bon pour les filles. À cause d'une éducation très patriarcale on ne montrait pas trop ses sentiments. Le mot amour était un mot silencieux qu'on ne prononçait jamais. Nous ne parlions jamais des filles à la maison. Alors écrire est devenu pour moi un moyen de réveiller les mots silencieux pour leur faire prendre l'air sur les pages de ma vie et pour qu'ils défassent les noeuds que la vie m' avait parfois bien serrés. Fort. Très très fort. Dans le secret des mots, une petite voix intérieure me disait depuis longtemps d'y aller, me disait que je pouvais le faire et même, si je savais l'écouter au plus profond de moi- même, que je devais le faire.

.
Tout est parti d'une émission de radio. Vous parliez de la mélancolie et à un moment donné vous avez récité une prière orthodoxe, Le roi céleste :

« Roi céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des Grâces et Donateur de Vie, Viens, et Demeure en nous, Purifie-nous de toute souillure, et Sauve nos âmes, Toi qui es Bonté. »

L'humilité de ce texte, l'appel au divin, m'ont fortement interpellé...

Marcel Moratal

Poèmes au jour le jour d'Alain Le Cozannet, ici du 15 septembre fin d'été au 16 octobre, début d'automne / La nature exige de moi des choses impossibles bravo je lui obéis de toutes mes forces : Histoire d’amour aux dimensions divines immersion ou baptême en mer tous les matins quel que soit le temps / c'est le genre de tragédien dont on aurait besoin si on était plus divin mais les temps sont terribles, monstrueux.

Poèmes de La Mitre

Alain Le Cozannet


Attentat.
la mer se montre à grand bruit
entre les doigts
une guêpe butine et pince
un cri invisible
s’élève dans le ciel
déchire l’air derrière les nuages.
La Mitre 15/09/2023.


Blasphème.
2 hangars béants
inertes vides noirs
à pied de mer
violette et blanche
arrachée vivante
aux vents invisibles.
La Mitre 16/09/2023.


Tempête.
silence force du bruit
tutus blancs
ballet d’écume
fumée noire
ferraille jaune.
La Mitre 17/09/2023.


Chant d’amour.
allongé sur le ventre
le bidon de gasoil
de son œil rouge
regarde l’atelier.
Auffan 17/09/2023.


Demain.
horizon noir
ciel et mer mangent le gris
les sombres bateaux de guerre
retiennent le temps
derrière une voile blanche
suspendue minuscule colombe.
La Mitre 20/09/2023.


Sous l’eau.
goélands cris étouffés
odeur lait de figue
monde inexplicable
magie de l’apesanteur.
La Mitre 20/09/2023.


Le bal des puissants.
le long du lazaret transfiguré
les monstres de guerre
se glissent lentement
dans la bataille sans vainqueur
des algues du sable et de la mer.
La Mitre 21/09/2023.


Moyen Âge.
dans la gueule noire du rocher
le porte-avions gris fer
l’index accusateur
pointé vers le ciel

La Mitre 21/09/2023.

 

 8 Photos

Monique Frémont (Perpignan)

photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)
photos Monique Frémont (Perpignan)

photos Monique Frémont (Perpignan)

Billets

Alain Cadéo

Labyrinthe héréditaire

Si un de mes ancêtres, un certain Ramiro Rampinelli, fut disciple de Newton, un de mes oncles petit-fils de l’empereur Iturbide fusillé à cheval après deux ans de règne, un arrière grand-père Garibaldien, un autre grand-oncle Louis Barthou, ministre assassiné en 1934, moi je ne suis qu’un arrière petit-fils, peut-être, du très sérieux Buster Keaton. Même attirance pour les  locomotives et les bateaux à roue, des amours impossibles, des décors écroulés autour de nos minces silhouettes, et le même air surpris, sous de larges paupières, lèvres fines, bouche fermée, d’appartenir au Monde sans savoir d’où je viens ni même où je m'en vais. 

Nous sommes si souvent d’étranges parenthèses, porteurs d’inachevé, baluchons contenant un puzzle en vrac et sans doute incomplet. Et j’ai de plus en plus de mal à suivre et à traîner, ce convoi de légendes. 
Pantins des chromosomes, vérités et mensonges, nous nous éparpillons dans ce grotesque effort que nous faisons tous pour nous tirer du tapioca ou des sables mouvants d’une bien lourde hérédité. Être soi, rien que soi est terrible fadaise, surtout lorsqu’on trimballe un drôle de passé. Tenez-vous bien, il y avait qui plus est concernant notre nom de famille, un adage, une vieille sentence à vous paralyser, à vous flinguer plusieurs générations. Depuis des lustres dans nos plaines lombardes on disait: « Si les Cadéo se mettaient à faire des chapeaux, les gens, les pauvres, n’auraient plus qu’à marcher têtes nues ! » Et comment voulez-vous avec ça imaginer échapper un seul instant à la vindicte ou à la rigolade populaire! 
Il ne te reste plus qu’à faire ton tour de piste dérisoire et finir comme ce bon vieux Buster avec un mégot et un train électrique, dernier salut d'un canotier fabriqué par un autre, en attendant avec le même air triste sur un quai vide et à peine éclairé, le tortillard venu d’ailleurs, partant pour l’inconnu dans un panache de fumée.
 

Loups et chimères

Chaque matin ma meute attend fiévreusement que je libère sa puissante énergie. Ça geint, ça chougne, grogne, ça aboie, ça gémit. 
Un, les nourrir, les caresser, les flatter, les appeler chacun par leurs noms. Deux, les calmer, les rassurer, éviter qu’ils se mordent entre eux, leur promettre battue dans les fourrés et toute l’étendue de nos chasses aux idées. Trois, enfin les lâcher et tenter de les suivre alors qu’ils filent droit sur la piste électrique, pleine d’odeurs, du renard hérissé de secrets récoltés dans la nuit. 
Et ce sont courses folles, parfois désordonnées et il faut rappeler les hésitants, les égarés, les petits mots trop jeunes, inexpérimentés, perdus dans les genêts, poursuivant la bécasse ou bien le rat musqué. C’est l’alpha qu’il faut suivre, il ne se trompe pas et va droit sur la proie. Adroit, rusé, intelligent, il a un flair de tous les diables et ne se fourvoie pas. Mes loups, mes mots, sont faits de cet alphabet là. Qu’ils soient dans les bois de la torpeur, sur les collines de l'ivresse, les gorges de la mélancolie ou les sommets de la lucidité, ils fouinent, cherchent, lèvent le lièvre de la joie, débusquent le putois et ne se lassent pas de suivre le renard qui leur montre le mystérieux sillage d'argent que laissent les chimères dont personne ne voit ni ombre ni lumière, ni même le plus petit éclat. 
Sans ces chiens-là, ma meute, je suis déboussolé, perdu, ratatiné, ne sachant si j’écris ou sommeille dans la sombre forêt de tous mes mauvais rêves et d’un réel aussi cruel et vide que mon pire ennemi: l’insidieuse fadeur du désenchantement.

 
La déferlante et le bousier.
 
Sais-tu l’étrange calme qui habite ton cœur lorsqu’au petit matin tu disposes ta page sans rien savoir encore de tout ce qui viendra se jeter sous ta main? Tu vois venir quelques images. C’est aussi flou qu’une illusion ou un mirage sur une immense plaine, une savane, où tous les mots dans le lointain s’éveillent et s'ébrouent. Et toi, couché dans l’herbe sèche, tu guettes l’antilope craintive avançant pas à pas, museau mouillé, tournant la tête de tous côtés. Elle est la sentinelle, gracieuse annonciatrice d’un peuple, d’un troupeau, où toutes les espèces, un bataillon de mots, ruant, hennissant, rugissant, beuglant, déferlent, griffes, pattes, sabots, dans un nuage pulvérulent traversé de rais de lumières. C’est l’ostensoir des inspirés.
Fais gaffe à pas te faire piétiner! Cale toi bien contre un rocher! Laisse passer la horde et méfie toi du fauve au redoutable flair qui lui viendra lentement tourner autour de ta cachette. Une fois que tous seront passés, va cueillir les empreintes, les mille signes que ces bêtes ont laissé. Garde bien les odeurs, les sueurs, les vapeurs, toutes les sécrétions de ce grand peuple de passage. Car après leur ruée ta pleine page sera plaine bien sage où viendront picorer quelques grands échassiers et une troupe vernissée de scarabées sacrés.
 
Car enfin il s’agit d’habiter chaque mot, de le vivre, pour que l’écho qui nous revient soit le plus proche de sa source.
 
Je suis souvent frappé par le langage et le vocabulaire guerrier qu’adoptent les malades atteints d’un cancer. «Se battre, lutter pied à pied, gagner, tenir, résister, l’emporter, lui faire la peau, massacrer, écrabouiller, expulser… »  et tant d’autres… 
Je souhaiterais qu’avec la même ardeur et "en pleine santé" nous utilisions les mêmes mots contre l’ennemi larvé qui sommeille en nous-mêmes et dont nous tolérons tous les assauts contre ceux qui nous entourent sous l’infâme prétexte qu’il est le gardien enragé de notre pauvre et ridicule territoire. 
La vraie bonté (ou la béatitude), n’est-elle pas l’absolu renoncement à toute idée préconçue, comme un oubli de ce que nous croyons être, afin d’atteindre le délicieux vertige d’un permanent partage et d’un amour illimité? Mais quel chemin! Il n’est pas simple d’effacer sa lourdeur, ses réactions, le nœud coulant de nos hérédités. Disparaître en étant là, est un exercice quotidien de sublime acrobate glissant sur ce fil invisible entre la Terre et les Cieux.
 
 
Nina, la Joyeuse, l'auteur du récit / Victor Kirista, l'illustrateur de la BD à paraître pour avril 2024
Nina, la Joyeuse, l'auteur du récit / Victor Kirista, l'illustrateur de la BD à paraître pour avril 2024

Nina, la Joyeuse, l'auteur du récit / Victor Kirista, l'illustrateur de la BD à paraître pour avril 2024

NINA LA PETITE AFRICAINE


Bitaho : Le dernier rempart

Nina Nezerwe-Delorme

illustrateur Victor Kiritsa

Victor – laissez-moi vous expliquer,  

L’action se passe à Nyarusange village natal de Nina ; il est situé au cœur du Burundi qui est lui-même au cœur de l’Afrique. C’est ici qu’elle rencontra une trentaine de paysans qui se réunissaient après le travail des champs pour chercher à s’entraider. Nina à sa sortie de l’université Lumière de Bujumbura, décida de leur apporter son soutien. Sa première action fut de trouver des fonds pour construire une coopérative. C’est Fabien un simple paysan qui sait tout juste lire et écrire qui  lui proposa le nom de Bitaho, en kirundi cela veut dire « l’endroit où l’on se retrouve pour échanger, apporter et recevoir des connaissances. Un endroit où l’homme se ressource ».
Immergée dans cet univers paysan, elle se sent en résonnance avec la vie. C’est dans ce monde authentique que Nina ‘la petite africaine’ souhaite vous emmener. C’est avec toutes ces femmes merveilleuses, en contact avec une vie foisonnante , qu’ensemble, elles vont construire ce premier rempart face à cette mort galopante, la 6e extinction massive de la vie, qui chaque jour nous menace un peu plus.
Cet album est son histoire que j’ai eu le plaisir de partager avec elle. C’est aussi une mise en garde à tous ceux qui se prennent pour les maîtres du monde, aveuglés par cet anthropocentrisme.  
 
Victor

1. Victor –Alors au Burundi vous n’héritez pas du nom du père, vous êtes libres
de donner le nom que vous voulez ?
2. Nina – Exact , mon père, d’après ce que m’a dit ma mère ; me voyant
souriante et fort aimable,
3. Victor –Ce qui n’a pas changé !
4. Nina – C’est ça, il décida de me donner le nom de Nezerwe (ce qui veut dire en
Kirundi «
La joyeuse »
5. Victor –un jour tu m’expliqueras comment la joyeuse a vécu cette terrible
guerre civile entre les Tutsis et les Hutus qui allait se produire durant ton
enfance.
6. Nina –Toutes ses années sont gravées en moi, elles sont toujours là, c’est
pendant cette guerre civile, à l’âge de 8 ans, que j’ai perdu mon père.
7. Victor –d’après ce que ta mère m’a dit, la joyeuse ne voulait pas quitter les bras
de ses parents par peur de salir ses chaussures, c’est bien ça ?
8. Nina –exact, c’était peut-être une sorte de pressentiment, je me sentais encore
trop fragile pour poser les pieds sur ce monde en turbulence.
9. Victor –Ce n’est pas faux, mais tu as évolué, maintenant tu y mets et les pieds
et les mains !
10. Nina –Effectivement en agroécologie, il ne faut pas avoir peur d’y mettre les
mains, mais quand on sent que c’est la bonne voie, le travail semble léger.
11. Victor – c’est ce que disait Confucius « Choisis un travail que tu aimes, et tu
n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».
12. Nina pourtant, chez vous en France, face au travail les réactions sont très
diverses, comment l’expliques-tu ?
13. Victor –La passion, l’amour ou le ressentiment changent le regard que nous
portons sur les choses de la vie, y compris le travail.
14. Nina –Sans aucun doute mais une occupation reste néanmoins un travail, qui
est parfois pénible !
15. Victor –Au-delà de la fatigue, il y a une multitude de facteurs qui entrent en
jeu, et personne n’y verra les mêmes choses.
16. Ils arrivent à la maison de la mère de Nina qui n’est pas là, son frère Billy les accueille
17. Nina –Bonjour Billy nous refaisions le monde à travers l’agroécologie avec
Victor ; si tu veux bien nous offrir à boire nous allons continuer sur la terrasse.
18. Billy –Tu parlais de ton projet de Niaruzangue ça avance ?
19. Nina –Toujours en attente.
20. Billy C’est un bon projet j’espère qu’il sera retenu.
21. Nina –Je l’espère aussi, car je découvre un peu plus, chaque jour, le lien étroit
entre l’agroécologie et la vie.
22. Victor –C’est vrai que la vie des plantes à des similitudes avec la vie des
hommes, comme le souligne le philosophe Émanuele Coccia. L’ignorer cela
fausse notre jugement.
23. Billy –et comment ça ?
24. Victor –Parce que les plantes sont les premières et les seules qui rendent la vie possible sur terre. Pénétrer le secret des plantes signifie comprendre le
monde, car tout est dans tout et surtout pas dans cet anthropocentrisme qui
nous caractérise trop.

 

 Une Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens, à paraître en 2023
 Une Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens, à paraître en 2023
 Une Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens, à paraître en 2023
 Une Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens, à paraître en 2023

Une Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie de Nouria Rabeh, illustré par Katheline Goossens, à paraître en 2023

Poème au Dr Dauriac

(à Katheline Goossens)

Nouria Rabeh

Une dent s'en va, comme d'autres
marquées par l'usure du temps
d'une saison automnale
où les feuilles tombent
elles s'amoncellent
au pied des arbres nus
laissant derrière elles
l'empreinte d'une vie
une trajectoire qui suit
le cycle des naissances
comme un cri
où l'élan vital
s"amenuise peu à peu
pris par la lumière
du soleil couchant
vers l'inconnu
quand soudain
au matin du printemps
des bourdonnements
annoncent la rumeur du jour
et c'est la vie qui recommence
avec la douleur de naître
avant de la croquer
à pleines dents!

Nouria Rabeh
Ecrit le 22 juillet 2023

 

TERRITOIRES DE LA JOIE

Nouria Rabeh


Je laisse parfois
Mon esprit vagabonder
Au gré du vent
L’enfance douce
Rejaillit avec allégresse
De mon âme immémoriale
Comme un matin frais
Un chant bienveillant
De sa musique
S’étire sur le flanc
Des montagnes enneigées
Au regard du ciel
Qui, parfois
S’enrobe de nuages
Et laisse pourtant présager
Entre les mailles grises
Le scintillement
D’un soleil brillant.


Happée par le souffle géant
Des vagues océanes
Mugissement de voix
Dont la puissance
Et le flux s’activent
Dans le corps ouvert
D’une méduse éberluée
Captation soudaine
D’une dynamique vertueuse
Comme une machine ancestrale
Dotée d’un sentiment nouveau
Tourbillon de joie
Surgi des remous
De ce mécanisme bruyant
Une émotion des vagues
Comme l’envie d’étreindre
Une réalité essentielle
L’iode, les sels marins
Les sensations du grand large
Les cris des mouettes
Un monde où se côtoient
Algues et poissons
Multitude du vivant
Comme une envolée
Au-dessus des rochers
Le rythme d’une chanson
Qui m’emplit de gratitude.


Tu rayonnes, heureuse
L’espoir d’une hirondelle
Aux ailes subtiles
Le départ du lendemain
Vers d’autres contrées
Un horizon étranger
Loin de la mélancolie
L’enthousiasme à portée du cœur
Souris-en toi, une naissance
Le frôlement du soir venu
Comme dans un territoire
L’attente dans les airs
Bulle de son bec ouvert
Un jeu de lumières
Entre les branches
D’un arbre assoupi.


Terres de joie


Bercées par les feuilles
Allègement au cœur de l’été
Bien qu’assoiffées
La fraîcheur de tes plumes
Comme chaque matin
Petit moineau de douceur
Te fixe de bonne heure
Sueurs apparentes
Et malgré tout
Je ressens comme un refrain
Une dynamique
Un air joyeux
Amitiés réelles
Des compagnons invisibles
Me donnent le tempo
Pour construire ensemble
La cité des oiseaux.


Trêve passagère


D’un silence nocturne
Aux secrets mystérieux
Révélé par un orage
Longtemps pris
Dans la tourmente
Des incertitudes
Autrefois bannies
Des régions blanches
Ecrites en noir basané
En l’esclavage enchaîné
M’a appris à naviguer
En deçà des souffrances
Dans l’ancrage de l’histoire
Guidée par la lueur du phare
Dans la nuit profonde
Que le temps a fini par dénouer
Des vagues d’une possible joie.

les robes de prière de l'artiste Aïdée Bernard
les robes de prière de l'artiste Aïdée Bernard
les robes de prière de l'artiste Aïdée Bernard
les robes de prière de l'artiste Aïdée Bernard

les robes de prière de l'artiste Aïdée Bernard

La robe de prière

Aïdée Bernard, crée à partir des plantes locales, qu’elle

transforme en fibres de celluloses, les papiers qui vont

composer ses œuvres.

A l’invitation d’Imadate Art Field, elle a voulu rendre un

hommage au papier traditionnel, le washi. Il va servir de

base aux œuvres qu’elle a créées pendant la résidence.

On retrouve dans ses créations, l’empreinte et la forme du

tamis de bambou, la pureté de la fibre finement lissée par

son bercement dans la cuve d’eau et de néri.

Aïdée Bernard va ensuite ajouter d’autres fibres, qu’elle

glane dans le village ou sur le chemin du sanctuaire shinto

de kawakami gozen, la déesse du papier, dans la montagne

toute proche, tel l’aubier du cèdre du japon, des

graminées, le susuki, le kudzu, le chataîgner, le charme

houblon, etc.
Toutes en textures et en teintes naturelles, issues des

végétaux.

Créer un vêtement c’est créer son chez soi, sa protection

et son apparat en même temps.

Consciente de la dérive des productions humaines

actuelles, qui cherchant toujours à exploiter pour dégager

un profit à court terme, ne parviennent pas à trouver un

équilibre écologique, Aïdée Bernard nous invite à

reconsidérer notre rapport à la Nature à travers des

vêtements de fibres de plantes, digne d’une déesse du

papier !

Et si nous revêtions la puissance d’un vêtement de

Nature ? Et si nous reprenions conscience que nous

sommes une part de cette nature et qu’abîmer notre

monde c’est aussi nous abîmer ?

Ainsi est ma prière, pour que de l’anthropocentrisme actuel

puisse naître les mondes de demain, où chaque être

végétal, animal ou même minéral puisse coexister.

Pourra t-on voir la puissance d’une telle prière ?
 

 

 

Nue je suis née

Sandrine-Malika Charlemagne

Pour avoir chanté seins nus

A sa fenêtre

Elle se fera conspuer

Vouer aux gémonies

 

Pour avoir chanté la liberté

Je fais comme je veux

Quand je veux

Si je veux

 

Sous le soleil

Sur les vagues

Sur le sable chaud

Electrisée par les embruns

Entre les bottes de foin

Ou de paille

Au creux des dunes

A m’en brûler la peau

De désir

A en crier dans la cabine du train

De nuit, Vienne-Oslo

 

Et l’on dira d’elle

Pauvre déséquilibrée

Elle va trop loin

Quelle indécence

 

Mais dans ses yeux à elle

Persiste l’incandescence

 

Je vous salue

Les pince-fesses

Trous béants de la pensée

Où ne perce de lumière

Que la noirceur de vos tabous

Qui êtes-vous

Pour lancer vos anathèmes ?

Je me fous de vos interdits

 

Nue je suis née

Nue je partirai

Nue je vous enlace

Je vous embrasse

Et baise vos mains

Nue comme le ver de la pomme

 

Si vous cherchez à m’emprisonner

Au nom de ce dieu tout puissant

Je vous rappelle le jour de ma naissance

Le jour de notre naissance

A nous toutes femmes de toutes les civilisations

La nudité est un pur joyau

Plus pur que l’air vicié

De vos prisons

Plus pur que vos paroles

D’où rien de sacré ne jaillit

En vérité

 

Notre nudité

A la grâce de Dieu

Est un diadème

Une toile sublime

Où il fait bon voyager

Où l’imagination

N’a de cesse de battre

Tel un cœur affolé

Où chacun y puise

Le repos dont il a besoin

 

Notre nudité

Notre voile d’éternité

 

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Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

29 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #poésie, #écriture, #théâtre, #lettre, #voyages, #philosophie

Dans ce  roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la « commerie » nous livre à 81 ans, une œuvre bien plus vivifiante que testamentaire.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l’auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :

Ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable.

Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas.

En le rendant, on en a fini avec les romans et romances de sa vie.

Le sommaire non paginé aux pages  623-626 donne un aperçu des thèmes abordés par l'auteur. Il n’évite aucune des préoccupations politiques, sociales, sociétales, écologiques de la période, ni aucune des interrogations philosophiques et spirituelles interpellant les hommes depuis des temps très anciens.

Toujours en mouvement, le scripteur en état de flow ou d'autohypnose nous déroute et parfois même nous envoûte par la variété de ses écritures.

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin
couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

note de l'écrivain Alain Cadéo
"Que tu connaisses ou non quelqu’un, s'il a quelque chose à raconter, écoute-le, lis-le, laisse-toi porter sans juger, suis-le page après page dans le labyrinthe de sa vie qu’il consent à partager. Il fait l’effort de se livrer.
Il est immense et minuscule avec ses notes et ses scolies. Suis-le sur ce sentier étroit rempli de sanctuaires et parsemé de noms que tu ne connais pas. C’est sa vie… C’est sa vie...
C’est long mais tu y vas, armé du bon bâton des chemineaux et d’une gourde en peau pour avaler les mots du « hiérosolymitain d’Avers sur les eaux » qu’on appelle communément J.C. Lui-je-moi, J.C pour les intimes. Ayant avis sur mille choses, doté d’un rire grasseyant, il accomplit ses mignardises en bousculant le Temps. C’est « Grosse » cavalcade sur tous terrains minés.
Sérieux comme un Trotskyste, jaune comme un gilet, rigolard et paillard comme un moine ventru, illuminé de la dernière extase, il ne t’épargne aucune cause et t’en ressers le lendemain.
Tu peux le lire à reculons, en boucle, en sautillant, ou pas à pas l’accompagner sur son chemin de croix et vers ses paradis. C’est ramassis d’affaires, d’histoires et de dates, tu comprends rien parfois ou tu veux pas y aller.
Pourtant en canoë kayak tu dégringoles sa rivière…et les berges défilent…tu te laisses emporter.
-Mais où tu vas J.C?
-Eh ben vers tout là haut, au-bout de mes 666 pages, là où un soleil sans fin versera sa Lumière, dans un potlatch d’éternité, sous la branche argentée d’un olivier sacré."
 
 
retour de lecteur :
Comme la 1ère épreuve, le livre est déroutant et on ne saurait le classer … ce qui est probablement un compliment. Je l’ai lu jusqu’au bout.
Sachant que c’était une 2nde lecture, ça signifie qu’il a réussi à susciter ma curiosité et mon intérêt jusqu’à la fin!
Bien entendu, on y retrouve de tout : pièces de théâtre, poèmes, questionnements profonds sur la société et autres sujets, notes de lecture, éléments de biographie et, enrobant le tout, une ode magnifique à l’amour (d’Annie).
Je l’ai trouvé beaucoup plus structuré que le 1er jet, même si effectivement on peut le lire n’importe comment.
Une chose m’a dérangé : on sent bien qu’on a affaire à une grosse tête extrêmement cultivée et même s’il est clair que l’intention n’est pas d’étaler son savoir, ça agace parfois (moi du moins … je ne supporte pas les téléphones qui prétendent être plus intelligents que moi !).
En conclusion : une belle œuvre … même si elle donne des démangeaisons (à l’auteur !)
 
 
 
retours quantiques sur Et ton livre d'éternité ? Gérard Lépinois
1 - Une écriture vitale multidimensionnelle. Une logique de ces multiples dimensions est assise sur un bonhomme, en tant qu'axiome vivant, qui se traite plus d'une fois comme un postulat. Tout se passe alors comme s'il demandait, et se demandait, qu'un tel bonhomme puisse exister, en de multiples existences tout de même coordonnées par une logique assise sur l'irrationalité continue d'un coeur qui bat et de neurones qui déchargent leur électricité. Ce bonhomme est unique et à la fois comme tous. Il (se) demande aussi comment il peut exister, pourquoi, en quoi et même par quel miracle, voire damnation.
Aucune vie d'écriture ne rend compte d'une vie, moins encore de la Vie. Pour ce bonhomme, problématisant le bon, il s'agit donc plutôt, en toute franchise parfois biscornue, de se fictionner le dos et le reste. Il a multiplié les efforts et versions herméneutiques, en ayant tendance à y croire à chaque fois mordicus. La dernière version à ce jour commande à la narration des autres, mais je crois que le lecteur gagnera à les faire jouer toutes ensemble. Je ne crois pas que, chez un tel bonhomme, il y ait trop sérieusement une version définitive de l'interprétation de sa vie, la Vie, la Matière, le Vide, le divin, etc. C'est que ce bonhomme se traite aussi comme tel : un sacré pote, un rigolo fort sérieux et même un Popol partisan d'un fieffé recul de l'âge de la retraite. C'en est donc un qui se frotte aussi le dos, en plus de se le fictionner.
Un fragmenté continu flottant, ce livre est surtout à sa non-image subsumable. C'est qu'il touche ou croit toucher à un divin, il ne fait pas seulement figure d'ours sur le seuil de la Caverne de (l'amour à la) Platon. Même s'il croit y toucher, il y touche, en cela aussi légère danseuse sur beaucoup de fils, jolie araignée ayant pour prénom J.C. comme l'Autre.
2 - Un Livre de vrai jeune homme attire les mouches. On est ici en présence d'un Livre qui attire jusqu'aux mouches quantiques, soit certaines des plus belles demoiselles du Vide, en tant que fluctuations de la notion de jambe dégainée. En effet, le bas de soie n'est plus de saison dans une architecture cosmique en marche où il est question de Soi, peut-être de non-Soi, mais en tout cas pas d'abord de toi.
Une intrication des modulations de poules permet au bon garçon, même de cent un ans, de dépasser la notion de poule et de perchoir, et aussi d'oeuf à la coque et de petite cuillère.
La vie est belle comme avant-dernier mouvement dans une Nature totale, où même un Zemmour fait figure de fougère bien heureusement merdée par un épervier sans père légitime. Une pénultième gymnastique douce dans la vibration du grand Tout.
En même temps, la vie singulière d'un poète et d'abord d'un homme (tel Macron sur le mont Hollande ?) apparaît comme la condition sine qua non d'une vision singulière, irréductible, incommentable en son noyau, malgré les apparences, car inégale à toute autre.
Le problème, c'est moins d'avoir raison que de proposer une raie horizon franche, complexe comme une rhapsodie, éclairante comme un fanal dans la brume. La fonction de raie horizon est commune à mon coiffeur, au physicien et aussi à la mère Michel comme brave femme, mathématicienne de choc et déesse de l'auto-fécondité. C'est ainsi que l'auteur qui fut aimé par beaucoup plus jeune que lui, le fut aussi, encore enfant, par une vieille peau, colonelle de réserve qui en avait encore, notamment au beurre ontologique.
Bref, la question de l'amour parcourt ce Livre,comme l'éclair la salade de fruits du Médor qui garde l'entrée des landes bien concrètes de la Jérusalem céleste.
au travail de relecture, près de 15 jours
au travail de relecture, près de 15 jours
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au travail de relecture, près de 15 jours
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ET TON LIVRE D'ETERNITE ?

Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l'Egaré

par Rachel Kaposi

 

« Où va-t-on au bout du temps fini » ? demande l'épousée.

Telle est la question essentielle, fil rouge du livre, qui ressurgit, tel un leitmotiv, tout au long du livre.

Peut-on alors envisager une autre réponse que celle de ces signes indélébiles déployés sur 666 pages pour fixer ce que la mémoire pourrait effacer ? Et aussi percevoir l'importance de ce livre-cadeau offert un 14 février à une absente toujours présente.

« La demande est surhumaine », dit l'épousé.
« Mais ce qui est humain, c'est notre promesse. »

Pour entrer dans le cœur du livre, puisqu'il s'agit de toute évidence d'un livre de cœur, j'ai tenté de me rapprocher de Lui-Je et de Je-Lui, et de cette identité se dédoublant pour mieux s'envisager.

JE n'a pas d'âge, et paraît extrêmement vivant dans cette façon qui est sienne de « Poétiser » ainsi les différents moments de la vie quotidienne, « sans originalité à tout prix ».

Devenu « agitateur culturel », il s'interroge, et cherche à donner sens aux événements en tentant de reconstituer les éléments du puzzle.

Reconstituer, recoller, c'est faire le choix du symbolique (en recollant les morceaux du bol brisé).

« Ce qui me tourmente... C'est un peu, dans chacun de ses hommes, Mozart assassiné »

Ne serait-il pas là, le moteur d'action de JE-LUI dans le monde et la culture ?

Lui-je, hiérosolymitain d'Avers sous les eaux.

Toujours à l'affût. Faisant en sorte pour que rien de bien ne se perde .

Lui-je, incarnation de l'amour infini.

Tellement perceptible dans le dialogue entre deux âmes sensibles, le grand-père et la petite-fille, capables de dialoguer vrai tout au long de conversations nous faisant cheminer au cœur même de leurs deux intelligences croisées.

« Vivre dans une réalité élargie », dit la petite fille qui me fait ainsi découvrir ses sept pouvoirs : « celui du soleil, celui de la lune, celui de l'eau, celui de l'air, celui de la terre, celui des fleurs et celui de la Nature (avec un N majuscule).

Elle qui a déjà compris la nécessité de mots ayant un sens, et qui préfère se taire plutôt que parler pour ne rien dire.

La vie est comme une épopée, avec ses zébrures blanches et noires., pensent-ils.

Et c'est ainsi que cet incroyable parcours conduit à la naissance, un 25 décembre 2020, jour de Solstice d'hiver, à 00 h, de « Je suis Vita Nova ».

« J'irai sur mon chemin de vie jusqu'à cessation de vie, remplissant la mission de vie qui semble être la mienne : la bienveillance par les mains, le regard, les sourires, du silence d'accueil... », écrit-il.

Sans doute s'agit-il d'accéder à une nouvelle dimension, à de nouvelles valeurs (d'humanité, d'empathie). 

L'enjeu est immense.

Pour devenir ange. Et gai rire des maux passés.

hier et avant-hier
hier et avant-hier

hier et avant-hier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, paru le 14 février 2022

les abonnés ont été servis en décembre 2021 comme annoncé

Vous pourrez commander le livre directement auprès de:
Les Cahiers de l’Egaré
669 route du Colombier
83200 LE-REVEST-LES-EAUX 
Par envoi d'un chèque de 28 € à l’ordre des Cahiers de l’Egaré (+ 5 € de participation aux frais de port) soit 33 €
ou auprès de votre libraire, ou sur les plateformes de vente en ligne. 

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € /

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge

et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,  Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, taille 1,69, sexe de taille XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien ni personne. 

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelait communément J.C., donna naissance le 25 décembre 2020 à 00H00 à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

 

Sommaire établi par l'auteur, ses avatars et ses métamorphoses


 

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse /

autant en emporte le vent de chernobylhome /

autant en brasse l'océan de foukirira / 

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

 

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie /

Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

 

 

Livre III – Sa vie antérieure /

Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1953 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Une histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre

couverture, 4° de couv, une page du livre

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

15 Octobre 2020 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #écriture, #auteurs de théâtre, #lettre, #philosophie

Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?
Cahier Qui est Antigone aujourd'hui ?

Qui est Antigone aujourd’hui ?

Parcours d’écritures et de lectures autour du mythe d’Antigone, proposé par Marilyne Payen-Brunet, formatrice, Marie-Agnès Decoopman, animatrice pédagogique, et Moni Grégo, écrivain, femme de théâtre, avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale de l’unité de formation par apprentissage du Lycée agricole et horticole Agricampus de Hyères (Var).

 

C’est dans un espace merveilleux aux arbres hors d’âge, que j’arrive un jour de février 2020, accompagnée par Jean-Claude Grosse. Ce lycée de Hyères est comme un quartier fleuri où chaque rue mène à des bâtiments largement aérés. Tout est calme et accueillant. Après un café partagé avec Marie-Agnès Decoopman, l’animatrice pédagogique de l’établissement, nous allons rencontrer des élèves de seconde, de première et de terminale qui ont déjà approché le mythe d’Antigone avec leur formatrice Marilyne Payen-Brunet, par des textes, en particulier le texte dramatique original de Sophocle, mais d’autres aussi comme ceux de Jean Cocteau, Jean Anouilh... et le mien, « Les Enfants du Sphinx » paru aux Éditions Domens. Je présente Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré venu du Revest, qui me présente, moi qui viens de Sète.

PREMIÈRE DEMANDE DE MONI :
Des élèves par deux, chacun interviewe puis présente l’autre au groupe
et parle de sa relation au texte, au mythe, aux personnages de cette tragédie. Puis un essai par chacun de retracer les grandes lignes de l’histoire des Labdacides

TEXTE 2 - ÉCRIRE : UN MONOLOGUE

Un personnage de la famille des Labdacides parle à la première personne.

TEXTE 3 - ÉCRIRE : UNE ÉNIGME

TEXTE 4 - ÉCRIRE : UNE CÉLÉBRATION DE L’HUMANITÉ

TEXTE 5 – ÉCRIRE : UNE LETTRE

La dernière lettre d’Antigone murée dans sa prison.

TEXTE 6 - ÉCRIRE : UN RAP.

TEXTE 7 – ÉCRIRE : UN DIALOGUE.

Entre un père : Créon et son fils : Hémon

LIBRE DISCUSSION :

Petit point final où je leur demande si tout va bien,
s’il y a des questions, des propositions de choses à aborder auxquelles ils ont pensé ?...

En réponse, il semble que tout va bienque ces premiers temps ont été très heureux. Nous nous quittons avec le plaisir de prochains temps de rencontres où nous mettrons l’accent sur la lecture en public et la construction d’une présentation d’une heure de ces travaux à partager avec le public, cela en même temps que l’édition des textes aux Cahiers de l’Égaré et la réalisation d’un film par Christian Darvey. Ce projet a été accueilli au Lycée Agricampus de Hyères avec de jeunes apprentis de classes de seconde, première et terminale entre février et octobre 2020.

La restitution publique a été réalisée le vendredi 16 octobre 2020, à 15 H dans le grand amphithéâtre d'Agricampus.  

Ce 16 octobre, vers 17 H, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique, au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte Honorine est décapité par un islamiste radical d'origine tchétchène.

Je ne découvrirai l'événement que le lendemain en lisant le journal du bar. Coïncidence ? Synchronicité ?

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