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Les Cahiers de l'Égaré

theatre

1° salon des écrivains et des artistes / 18 septembre / Le Revest

26 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #auteurs de théâtre, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #lecture, #musique, #philosophie, #poésie, #roman, #théâtre, #écriture

affiche

affiche

un texte écrit en 1997 par Cyril Grosse alors qu'il s'apprêtait à créer Ulysse in nighttown de James Joyce 
(il avait 26 ans, il est mort dans sa 31° année, à Cuba, le 19 septembre 2001)
PATRIES IMAGINAIRES
AUTOUR DE JAMES JOYCE ET SALMAN RUSHDIE 
ESQUISSE D’UN ART DE VIVRE COSMOPOLITE
Dans une réalité et une époque absurdes, où des hommes de paille nationalistes hennissent à la frontière, à la négation et aux verrous, dans un monde absurde d’hommes plantés la tête en bas fixant – à l’envers – leurs pays, leurs traditions, en un mot, leur patrie, peut-on effectuer ce double saut périlleux – acrobate et nonchalant – pour se remettre à l’endroit ? Existe-t-il d’autres patries, d’autres réalités, d’autres terres que celles – internationales – de la haine et du philistinisme ?
Patries imaginaires : patries d’écrivains, de peintres, d’artistes.
Depuis longtemps, peut-être plus encore dans ce siècle, les artistes voyagent, s’exilent, sont exilés, changent de langues, jonglent avec les nationalités, sans domiciles fixes, libres, dégagés. C’est Giordano Bruno bondissant de son Italie natale à Toulouse, de Toulouse à Londres et Zurich, c’est Mozart, Picasso, Diderot et Joyce, de Dublin à Trieste et de Trieste à Zurich encore ; Salman Rushdie de Bombay à Londres, de Londres jusqu’en des chambres fermées, points minuscules disparais sant sous la garde d’étranges vigiles.
Patries imaginaires : recréation – ailleurs – de villes et d’histoires, suivant le fil ténu et dangereux de l’imagination, de la mémoire et des rêves. Patries imaginaires, nostalgie de l’exilé, rêve de retour glorieux, vision de la révolution (...) paradoxe sans fin. Regarder devant soi, en regardant toujours derrière soi.
Patries imaginaires : cosmopolitisme joyeux, exil violent, jongleurs d’un pays à l’autre, d’une image mentale à une autre, sans jamais se perdre.
Là où la réalité impose son œil unique, l’art fait jouer ses prismes, sa magie, il dénoue les tensions, crée le doute, mélange les contraires.
Jean-Paul Sartre dans un article de 1939 contre La Méprise -Désespoir – en russe –, accusait Vladimir Nabokov d’être un déraciné total. « Il ne se soucie d’aucune société, fusse pour se révolter contre elle parce qu’il n’est d’aucune société. » Ce qui pour Sartre représente le plus haut degré dans l’insulte. « Les sujets de Vladimir Nabokov sont gratuits, écrit-il encore, et les crimes de ses héros parfaits. »
N’appartenant et ne voulant appartenir à aucun groupe, à aucune faction, persévérant dans son être, léger, insolent, inapte, un homme gratuit, patriote d’un pays qui n’existe pas, sans message, sans utopie ni grande pensée – est dans la bouche d’un petit homme à moustache et de ses sbires, décadent, dégénéré. Dans tout grand artiste, il y a un homme à abattre. Parce que comme Giordano Bruno, il propose une infinité de mondes possibles, parce que comme Joyce il est un traître, riant de loin de ses compatriotes qu’il réinvente, parce que comme Rushdie, il mélange les cultures dans les métamorphoses de la langue et l’Ange Gabriel lui-même et le Prophète ont le visage d’acteurs schizophrènes.
Écrivains, peintres, artistes, hommes à abattre, libres et inégaux, instables, fous à lier, dangereux, dans un camp puis dans l’autre, seuls, joyeux et solitaires. Si l’art est inutile – un roman a-t-il jamais provoqué une révolution ? – il n’en reste pas moins dangereux et ses patries imaginaires défient les données politiques du monde réel, frontières, ventes, miradors et internationalnetwork.
La persévérance de certains écrivains et artistes à fuir et à inventer leur propre langue a toujours irrité les régimes totalitaires de tous pays dont les premières mesures sont d’interdire les livres d’art et les toiles d’avant-garde : subversives, obscènes, antisociales, antirévolutionnaires, antifascites, entités spirituelles indivisibles.
Giordano Bruno, revenant après des années de voyages, en Italie, y est arrêté et brûlé vif. L’acrobate ne réussit son double saut périlleux que quatre siècles plus tard. La réalité absurde et bruyante gagne du temps.
C. G., 1997. (Le gras théâtre est mort, maman, pages 197-198, Les Cahiers de l'Égaré, 2005)
 
 
Malgré son intérêt pour l’adaptation de Cyril Grosse, confirmé par lettre, Stephen James Joyce, petit-fils de James Joyce, a refusé par lettre du 24 décembre 1996 les droits de représentation du spectacle que devait créer Cyril Grosse, avec quinze artistes dont François Marthouret, les 25 et 26 avril 1997 au Théâtre des Salins, Scène nationale de Martigues (Laurent Ghilini) et les 2 et 3 mai 1997 à Châteauvallon (Gérard Paquet) : Ulysse in Nighttown. Son argu- mentation : Mon grand-père est le plus grand écrivain du XXe siècle. Seul un metteur en scène célèbre peut mettre en scène Circé. Cyril Grosse est trop jeune et inconnu.
Que Châteauvallon et Martigues co-produisent ne lui fit ni chaud ni froid. Nous déplaçant à Paris pour le faire changer d'opinion, il reçut Annie sur le palier. 
Depuis, Ulysse est tombé dans le domaine public, en 2012. 
Mes tentatives pour relancer le projet n'ont pas abouti, du temps de Christian Tamet à Châteauvallon.
C'est pour que ne se perde pas le travail de traduction et d'adaptation de Cyril que j'ai édité Le gras théâtre est mort, maman en 2005.
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

le 1° salon des écrivains et des artistes du Revest proposera pendant son déroulement, un LIVRES SERVICE

le LIVRES SERVICE consiste à mettre à disposition du public, un certain nombre de livres selon la formule à vot' bon coeur messieurs-dames

chacun pourra voir au dos le PVP du livre, prix de vente public

chacun décidera en son âme et conscience, ce qu'il consent à donner pour le livre choisi

je prends pour rien, ça m'est offert, je me sers

je prends au PVP annoncé

je prends pour moins que le PVP, déduction faite de la marge libraire

je prends pour plus que le PVP afin de soutenir l'éditeur bénévole

les livres mis en LIVRES SERVICE seront

Le siècle de Marcel Conche

La nature et l'homme de Marcel Conche

Actualité d'une sagesse tragique (la pensée de Marcel Conche)

Avec Marcel Conche

Le peintre de Cyril Grosse

Disparition de Michel Bories

Bonheur 2 d'Emmanuelle Arsan

Le livre des cendres d'Emmanuelle

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla
Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture du Revest, Point de mire, animé par Michelle Lissillour, avec la participation  de Muriel Gebelin, slameuse existe depuis 17 ans 

il se réunit une fois par mois à l'oustaou per tutti, la bibliothèque du Revest

Les Cahiers de l'Égaré ont édité en 2020, le livre pluriel de l'atelier, un livre tête-bêche, à retourner quand on arrive à la moitié du livre

première moitié : Lucarnes et points de mire

deuxième moitié : Thés buvards et p'tits papiers

l'esprit de l'atelier : Des jeux d écriture pour se brancher à son imaginaire,  à toute la poésie qui nous habite,  sans peur de la page blanche,  ni des règles scolaires.. Juste le plaisir de découvrir nos paysages intérieurs. 

Les mois de confinement ont provoqué une profonde interrogation, remise en question : du plaisir de travailler ensemble pendant 3 heures dans un espace favorisant la créativité avec ses dictionnaires, livres illustrés, titres semblables à des at tracteurs étranges, à la solitude du confinement contraint.
L'atelier Point de mire a donc favorisé l'écriture de textes sur comment a été vécu le confinement, textes écrits, textes enregistrés.
Une édition est envisagée.
Le 18 septembre, l'atelier Point de mire fera entendre certains de ces textes de confinés.

en lien avec la découverte ou l'approfondissement par les membres de l'atelier de la richesse de la solitude, contrainte ou choisie, un projet mûrit : l'écriture d'un Dictionnaire amoureux de la Vie

​​​​​​​ça résonne bien avec les carnets de la culture de la vie dont le carnet N° 3, L'amour de la Vie

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

qu'engendrera ce vendredi 27 mai ? je suis chez l'auteur de La métamorphose des esclaves pour tenter avec lui et son essai un dialogue, un questionnement et peut-être une réécriture; 
nous avons prévu la journée et plus s'il le faut
c'est l'amitié qui a motivé ma proposition et pas ma position d'éditeur que je ne veux surtout pas définir; 
la relation aux auteurs est personnelle; 
entendre parler de ligne éditoriale me fait trop penser à l'art dit conceptuel où le discours est prévalent sur l'oeuvre (le concept précède l'oeuvre, contrainte par les mots; je fuis dare ce type d'art)
entretien de 10 H à 12 H 45 (1h45 enregistrée)
repas, sieste, piscine
reprise de l'entretien de 14 H 45 à 16 H
(pendant la sieste et la nage me viennent des propositions sur la forme, 28' enregistrées)
une journée créative impossible à raconter mais à écouter ou réécouter casque à l'oreille (du bâton rompu et du jaillissement)
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

Le débat politique

 

Le contexte : ayant édité sans consultation des deux autres membres du comité éditorial des Cahiers de l'Égaré, l'essai politique de Jean-Pierre Giran, La politique n'est pas toujours celle que vous croyez, ce choix a provoqué le retrait de ces deux membres (que je remercie pour le travail accompli de janvier au 17 juillet 2022)

 

Jean-Pierre Giran a dit dans un entretien à Var-Matin que son livre était le fruit d'une irritation. Le champ politique est à la fois lieu d'émotions collectives (la peur étant plus forte que l'espoir en général) et lieu de rapports de force justifiés par des argumentations, allant des plus irrationnelles, idéologiques, dogmatiques à celles relevant du bon sens, du sens commun, du pragmatisme, de la raison.

 

J'ai été amené à dire à Jean-Pierre Giran au moment du retirage de son essai que le Var (et au-delà, le pays) méritait un « grand » livre politique.

Je pense que le débat proposé peut être l'occasion de jeter les bases d'un tel projet.

 

Aujourd'hui, trois conceptions me semblent être à l'oeuvre.
Nous sommes en démocratie.

Dans une dictature, ce serait autre chose.

Y échappera-t-on ?
En démocratie, la forme dominante, pratiquée depuis des décennies, est celle de la démocratie représentative à travers le système des élections et des partis.

 

Une forme minoritaire s'essaie : la démocratie directe, participative, mettant en avant le RICCAR, le référendum d'initiative citoyenne, constituant, abrogatoire, révocatoire, à travers des délégués élus, des référents ne tenant leur « pouvoir » que d'assemblées générales.

Une forme invisible se pratique sans qu'on puisse en mesurer l'ampleur que j'appelle l'anarchisme individuel ou de petits groupes d'affinités électives, l'anarchisme des créatifs culturels, qui ne se réfère à aucune décision prise ailleurs que dans le cœur et la raison de chaque individu. Nul besoin de mot d'ordre genre boycott pour refuser de regarder la coupe du monde de football au Qatar.

 

Il sera intéressant de voir débattre Jean-Pierre Giran (30 ans de carrière politique), Jean Delorme (octogénaire rebelle, entrepreneur du sens, président d'une ONG intervenant au Burundi) et Jean-Claude Grosse (octogénaire rebelle à toute action sur le monde avant tout travail sur soi-même).

 

Durée : 45'

Le dispositif adopté sera circulaire.

Sera pratiquée une forme de délibération-décision par consentement. Expérimentée pendant plusieurs mois aux assemblées citoyennes hebdomadaires de l'association Gilets Jaunes du Sud-Sanary qui se réunissaient dans une salle de la maison des associations de Bandol.

La modératrice sera une vigie lente.

Décision par consentement

1. Définition

La gestion par consentement est la pratique de décision collective associée à la sociocratie. Il vise à favoriser l’expression et la responsabilité des membres de l’organisation à travers notamment la co- décision dans une relation d’équivalence au pouvoir. Ce dernier point introduit une forme d’organisation construite en cercles qui délimitent les différents périmètres d’autorité d’une organisation. La prise de décision par consentement se différencie de la prise de décision par consensus : en consensus tout le monde dit « oui », en consentement, personne ne dit « non ». Cela sous-entend que lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne va pas chercher la « meilleure solution » mais l’on va partir du principe qu’une bonne décision est celle qui respecte les limites de celles et ceux qui devront l’assumer, et qui ne compromet en rien la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission. Le consentement implique qu’une décision ne peut être prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Tant qu’il y a des objections, l’ensemble du groupe est mobilisé pour bonifier la proposition. Ainsi, les objections permettent de révéler les limites avec lesquelles le groupe devra composer et indiquent donc l’espace de liberté dont le cercle dispose.

CIRCULATION DE LA PAROLE

S’il est socialement extrêmement simple de se répartir la nourriture contenue dans un plat, il est beaucoup moins naturel de se répartir la parole. À défaut d’une plus grande sagesse collective, les processus régissent la circulation de celle-ci et le facilitateur peut, selon les étapes du processus ou les circonstances, proposer différentes façons de la distribuer :

Parole tournante : le facilitateur lance la parole à sa droite ou sa gauche. Chacun s’exprime à son tour. Si quelqu’un n’est pas prêt, il peut passer. Le facilitateur reviendra vers lui une fois le tour terminé.

Parole au centre : pour inviter chacun à s’exprimer sur le sujet lorsque bon lui semble. À noter que cette pratique demande de la discipline pour rester centré sur le sujet de départ et ne pas réagir à ce que la personne précédente a exprimé.

Parole libre : permet de libérer la circulation de la parole. Celles et ceux qui souhaitent s’exprimer le font. On utilise ce terme en cercle dans l’intention de ne pas rentrer en débat. Chacun s’exprime pour nourrir le centre, c’est à dire pour faire avancer le groupe dans le processus de décision.

L’ÉCOUTE DU CENTRE

EÉcouter le centre, c’est écouter attentivement ce qui émerge du groupe au-delà de l’expression de chacun de ses membres. Si l’on considère que chaque personne a sa vérité et que personne ne détient LA vérité, alors le cercle sera d’autant plus riche que chacun dispose d’une facette de la résolution de la problématique qui est au centre.

L’écoute du centre invite ainsi chacun à écouter ce que l’autre a à offrir dans une posture de coopération, en lâchant son point de vue (potentiellement divergeant) sur la question et en essayant d’entrevoir en quoi ce qui est dit peut servir le sujet commun.

L’écoute du centre repose sur l’implication de chacun à nourrir le centre, c’est-à-dire d’aller lors de son tour de parole, écouter « ce qui est juste » en soi, participer de façon active, précise, argumentée de sorte à éclairer, apporter de la matière à la construction commune.

2. Mise en œuvre de la gestion par consentement

       0. Préparation de la proposition

  • éÉcoute du centre : chacun est invité à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut prendre la tournure d’une discussion ouverte, cela peut être un temps à part entière.

  • Élaboration de la proposition : déterminer le sujet, la problématique, les arguments. Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de gestion par consentement.
    Deux possibilités sont offertes :

    • le facilitateur peut demander à une personne de formuler une proposition, • quelques personnes peuvent constituer un groupe d’amélioration qui va

    plancher sur l’élaboration écrite et argumentée de la proposition.

  • Présentation de la proposition : une personne est « porteuse » de la proposition,

    une seule proposition est traitée à la fois.

    1. Clarifications : est-ce clair ? Est-ce que je comprends ?

    Chaque participant pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. C’est le porteur qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition, cependant le porteur ne répond pas aux « pourquoi ? ». Il ne s’agit pas à ce stade d’exprimer ce que l’on ressent vis-à-vis de la proposition (phase 2).

    2. Ressentis : en quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ceux du projet par rapport à l’organisation ?

    Chacun exprime ce que la proposition lui évoque. C’est à ce stade qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d’amender la proposition en phase 3.

    Le proposeur tente d’avoir une écoute large, de saisir la température globale de ce qui se dégage au centre.

    3. Amendements

    Le proposeur est invité, sur la base de ce qu’il a entendu, à, éventuellement :

  • Reclarifier la proposition.

  • Amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits).

  • Retirer la proposition s’il s’avère qu’elle n’est pas pertinente. En cas de retrait, le

    processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.

    4. Formuler les objections

    Les objections ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions, c’est ce que l’on considère comme des limites pour soi et pour la mise en œuvre du projet.

• Le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du groupe ont des objections. Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si « oui » ou « non » ils ont une objection. S’il n’y a que des « non », la proposition est adoptée, aller directement en célébration. S’il y a des objections, elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d’une objection n’est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l’obtention de la formulation de l’objection. Il note les

objections au tableau avec le prénom de la personne qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.

• Le facilitateur teste les objections D’abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0. Le facilitateur n’a pas le pouvoir de dire si l’objection est raisonnable ou non. Il peut seulement poser des questions afin d’aider celui qui porte l’objection à le déterminer.

Une objection est raisonnable si :

  • Elle invite à une bonification de la proposition par l’intelligence collective du groupe.

  • Elle élimine la proposition, en la rendant impossible à réaliser (on gagne du temps

    en passant à une autre proposition).

  • Elle est argumentée de manière claire.

  • Elle n’est pas une manière détournée, consciemment ou non, d’exprimer une

    préférence ou une autre proposition.

    5. Bonifications

    Le facilitateur traite les objections une par une. Les objections posées au centre sont celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s’assure régulièrement de vérifier que l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe.

    Après un tour de levée d’objections, le facilitateur s’assure que de nouvelles ne sont pas apparues. Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel, la proposition est adoptée.

  • Association Gilets Jaunes du Sud - Sanary source Colibris

étapes d'une décision par consentement
étapes d'une décision par consentement

étapes d'une décision par consentement

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

23 – aimer la vie c'est prendre ses distances avec les champs économique- politique-médiatique-idéologique, avec la techno-science ; on est dans des systèmes paranoïaques gouvernés par ce qu'on appelle des biais cognitifs

Qu’est-ce qu’un système paranoïaque ? un système d’une logique parfaite établi à partir d’un postulat faux.
Qu’est-ce que faire plus ce qui marche le moins ? Prenons l’exemple d’un

médicament, ou une action qui ne fonctionne pas, vous augmentez plein de fois la dose au lieu de changer d’approche.

Ce sujet montre les limites de l’intelligence qui préfère toujours une réponse fausse à un manque de réponse.
L’erreur crée moins d’angoisse que l’incertitude.

Texte de Samuel Fitoussi sur les biais cognitifs appliqués à la gestion de la covid.

https://www.contrepoints.org/2021/12/05/403080-covid-comment- lirrationalite-sest-emparee-de-nos-societes

« Face au covid, il existe un dilemme fondamental entre liberté et santé, entre la sévérité des restrictions et le nombre de vies sauvées. Le rôle des pouvoirs publics est de trouver le bon compromis, à la faveur d’analyses coûts- bénéfices.

Or, depuis dix-huit mois, un certain nombre de biais et d’erreurs systématiques de raisonnement faussent la rationalité des décisions et favorisent la mise en place de restrictions excessives.
Le texte (à lire sur Contrepoints) est une application des travaux de psychologie cognitive au cas de la gestion de l’épidémie.

JCG : un tel article est-il utile ?

Si on veut comprendre comment ils fonctionnent en haut, pourquoi pas.
Au quotidien, un tel article ne m'apporte rien.
Ma gestion de la covid dépend en partie d'en haut
(ils décident de mesures que je respecte ou pas, je n'ai utilisé aucune autorisation de sortie à plus de 1 km de tout le temps du confinement, j'étais chez le boulanger à 8 H du matin, chez l'épicier à 8 H 30)

mais surtout de moi
(comme un couillon, j'ai accepté les 3 vaccinations, le pass
mais j'ai refusé de fréquenter les lieux qui ostracisaient les anti-vax et anti- pass donc les lieux culturels, largement subventionnés pendant la covid)

24 – les champs économique-politique-médiatique-idéologique, la techno- science sont des champs d'hypnose collective, tant pour ceux qui croient diriger, contrôler que pour ceux qui en subissent avec leur consentement tacite et leur passivité, les effets.

Le champ écononomique est le champ
de l'exploitation des ressources, sans limite autres que l'épuisement,
de l'exploitation du travail par le capital, sans limite autres que la résistance.

Le champ économique est un champ de compétition, de pouvoir, de rapports de force et de ruse, un champ de corruption, un champ d'alliances et de trahisons, un champ de mise à mort (entre autres les animaux), peut-être le champ du suicide collectif de l'humanité.
Qui vivra, verra.
Le champ économique a besoin de nous comme consommateurs. On est selon la définition du sociologue Henri Lefebvre, dans une société bureaucratique de consommation dirigée.

Le marketing et la publicité, les études et sondages, les algorithmes nous connaissent bien mieux que nous le croyons, créent nos besoins et désirs.
Ce qu'on appelle le consumérisme est une dictature molle, soft, du quotidien et au quotidien.

Le champ politique est sauf exception, à la botte du champ économique, largement financiarisé où l'actionnariat l'emporte sur le salariat.
C'est lui aussi un champ de compétition, de pouvoir, de trahison, de corruption.

Les promesses sont faites pour ne pas être tenues.
Les programmes pour ne pas être appliqués.
C'est le champ des lois.
L'état, tout état, est producteur de lois, innombrables, inconnues, inapplicables.

Tout état est hors sol et on croit qu'il gère, gouverne.
Et on accepte comme l'a montré la gestion de la covid, les mesures extrêmes prises allant quasiment jusqu'au contrôle social total.

Ce système paranoïaque entraîne une extrême rigidité des comportements, tant des décideurs, entrepreneurs que des gens
on a des comportements de troupeau, quitte à aller dans le précipice comme les moutons de Panurge.

Deleuze et Spinoza sont éclairants sur le pouvoir :

« Le pouvoir exige des corps tristes.
Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il peut la dominer.

La joie, par conséquent, est résistance, parce qu'elle n'abandonne pas.

La joie en tant que puissance de vie, nous emmène dans des endroits où la tristesse ne nous mènerait jamais. »

Gilles Deleuze

« C’est son commentaire sur la pensée de Spinoza, prolongée par Nietzsche. L’esclave, le prêtre et le tyran.

C’est presque comme une devinette : qu’est-ce qu’il y a de commun pour Spinoza entre un tyran qui a le pouvoir politique, un esclave, et un prêtre qui exerce un pouvoir spirituel ? Ce quelque chose de commun c’est ce qui va faire dire à Spinoza : mais ce sont des impuissants ! C’est que d’une certaine manière ils ont besoin d’attrister la vie ! Curieuse cette idée. Nietzsche aussi dira des choses comme ça : ils ont besoin de faire régner la tristesse ! Il le sent, il le sent très profondément : ils ont besoin de faire régner la tristesse parce que le pouvoir qu’ils ont ne peut être fondé que sur la tristesse. Et Spinoza fait un portrait très étrange du tyran, en expliquant que le tyran c’est quelqu’un qui a besoin, avant tout, de la tristesse de ses sujets, parce qu’il n’y a pas de terreur qui n’ait une espèce de tristesse collective comme base. Le prêtre, peut-être pour de toutes autres raisons, il a besoin de la tristesse de l’homme sur sa propre condition. Et quand il rit, ce n’est pas plus rassurant. Le tyran peut rire, et les favoris, les conseillers du tyran peuvent rire, eux aussi. C’est un mauvais rire. Et pourquoi c’est un mauvais rire ? Pas à cause de sa qualité, Spinoza ne dirait pas ça, c’est un rire qui précisément n’a pour objet que la tristesse et la communication de la tristesse. »

Marck Lahore sur une page de Thierry Zalic.

Croire à un changement de paradigme au plan économique, au plan politique, avec des médias qui sont des outils de propagande et de manipulation, avec des idéologies se présentant sous le visage de l'expertise, de l'efficacité, avec une techno-science ressemblant de plus en plus à du lissenkisme (science officielle de l'époque stalinienne) est une croyance mortifère, une croyance tirant vers le bas

la crétinisation de masse est en marche

https://www.francesoir.fr/societe-sante/imbecilisation-de-l-espece-le-passage- l-idiocene

La culture de mort dans ce système paranoïaque est dominante, tant dans le réel que dans les fictions, les productions « artistiques », surtout venues des States.
Ce système ira au bout, nous avec.

Si l'on veut cultiver, aimer la vie, sur ce fond, cet horizon proche d'effondrement, de ravage, d'extinction, de catastrophe, il faut au moins une radicalité individuelle, un anarchisme individuel : plus de télé, le moins possible d'informations, aucune viande, des produits de proximité, peu de déplacements, des jardins d'Épicure, des oasis de vie avec des amis, des figues, des olives, de l'eau, le goût des belles choses, des belles personnes...

Surtout ne pas réagir à l'actualité. On peut passer sa vie à attraper coup de sang sur coup de sang ou toute autre réaction émotionnelle.

Comme le faisait remarquer Schopenhauer, dans l'actualité, les voleurs volent, les assassins assassinent... il n'y a que les noms qui changent.

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

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Terre abusive / Michel Gendarme

11 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #voyages, #écriture, #spectacles

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Vient de paraître, ce 9 août, Terre abusive, trilogie de Michel Gendarme

ISBN 978-2-35502-134-3

format 13,5 X 20,5

174 pages

PVP : 18 €

distribué sur commande à votre libraire ou plateforme par Soleils Diffusion

3 rue Jean Dollfus

75018 Paris

téléphone 0145488462

 

Photographie couverture : Irène Cerquetti

TERRE ABUSIVE

D’URINE ET DE FER (les fuyants) p.5
LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants) p.79 

SOUS LE VERT GAZON
IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants) p.119

POSTFACE de Hassane Kassi Kouyaté p.169

D’URINE ET DE FER (les fuyants)

premier volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

PERSONNAGES

Cargo
Cadet
Aîné
Issa
Maître forgeron

Mère-jeune de l’aîné

Prostituée

PRESENTATION

Deux frères, Aîné, Cadet. Seuls, enfermés dans la cale d’un cargo. Le navire est immobilisé au large d’un port.
Une seule ouverture, petite, difficilement accessible, donne la lumière. Elle laisse parfois entendre la voix lointaine, mélodieuse, d’une Sirène. Elle chante depuis la scène d’un théâtre de plein air, dont le fond donne sur la mer.

Dans la cale, à de rares moments on pourra entendre des bruits de pas, lourds, résonner dans l’infrastructure métallique du navire.

LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants)

d’après le récit d’Amadou Keïta (deuxième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »)

PERSONNAGE
Amadou, 21 ans, porte un Sweat à capuche

RESUME

Amadou, jeune malien issu de la pauvreté, de la brousse puis de la rue, vit de petits boulots, de nourritures et d’hébergements précaires. Baladé d’un tuteur exploiteur à un coach sincère, il se raccroche à ce qui l’aide à vivre, le football, qu’il pratique depuis l’enfance pour meubler ses longs moments d’oisiveté sans école. Repéré par quelques professionnels, aguerri par quelques matchs victorieux, il se fixe pour seul objectif de devenir joueur professionnel et pour cela de rejoindre l’Europe par tous les moyens. Pour lui, ce sera par la Libye via le désert afin de s’embarquer pour l’Italie. Longue épopée de deux années, risquée et dangereuse, mortelle pour beaucoup. Ce rêve sombre à quelques encablures de Tripoli lorsque le bateau sur lequel se sont entassés des centaines de malheureux coule et qu’Amadou est repêché in extrémis par les gardes côtes libyens. Une autre aventure commence alors pour lui, celle d’une renaissance, celle du retour au pays avec un combat acharné pour la reconnaissance de ses droits et de sa dignité d’homme.

SOUS LE VERT GAZON IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants)

troisième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

INTENTION

Après les fuyants, puis les survivants, voici à présent les vivants, comme si le monde était fini, que les vaincus étaient enfin définitivement reconnus et utilisés comme objets. Objets d’extinction, d’occupation, d’utilisation temporaire. Les puissants se reconnaissent eux-mêmes pantins du monde-argent, à la merci des mirages pétro-dollars, sachant encore naviguer sur les flotsd’algorithmes monétaires. J’aimerais qu’ils soient représentés en marionnettes géantes, traînant en permanence leur froc chu à leurs pieds. Ridicules, puérils, pathétiques. Mais à abattre. Dans la pièce je retrouve Amadou, Cadet, Aîné, les personnages des deux précédents volets de ma trilogie, dont on va découvrir les destins fatals, et Diva, pape féminin, la Sirène entendue dans D’urine et de fer. Elle est réincarnée en femme blanche, ancienne déesse noire, comme une métaphore de l’Afrique qui à force d’être consommée par les colonisateurs a perdu sa couleur. Belle, elle est dressée sur son piédestal mobile (je pense à la “papamobile”), presque nue, excessivement poupée, objet éternel du désir, ce pouvoir seul lui est délégué, celui de la jouissance unilatérale. Parfois elle saignerait, rappel du sacrifice, de l’esclavage, de la soumission.

Le monde est devenu un immense terrain de golf, propre, aseptisé, synthétique, sans risque, sous lequel le monde civilisateur occidental a enfoui ses merdes terroristes et les parcelles de géographie menaçante : on peut y retrouver toute l’Afrique du nord et sub-saharienne, le moyen-orient, etc... J’aimerais qu’Amadou, Cadet et Aîné, rescapés-prisonniers des migrations, apparaissent minuscules, tellement impuissants, comme des ombres, des hologrammes, à peine réels. Ils sont les premiers stagiaires à subir une rééducation planifiée mondialement pour les quelques vivants acceptés comme tels. Ils devront entretenir ce terrain de golf infini.

Bien sûr ce qui n’est pas mort va renaître. Tant que l’extermination n’est pas achevée, des rhizomes enchantés tentent de pousser et de faire vie de la moindre eau, du moindre ciel, de la moindre lumière et, comme on le lira, de la moindre merde conservée secrètement précieusement.

Alors ce qui se casse est bien l’échafaudage capitaliste, il se raccommode et s’amoncelle.
J’aimerais des mots muets écrits en défilement de fond de scène, sur les corps, le green. J’aimerais des marionnettes, des poupéesgonflées, des hologrammes, rien de vrai, du factice, de la poudre aux yeux, du plastique, du néon élastique, des voix off mélangées suaves et agressives, inquiétantes, électroniques, blanches, des corps animaux de zoo. J’aimerais un présentateur télé blond qui explose. Un temps qui ne se connaît plus. Pas nous. Jamais.

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18 septembre Le Revest 1° salon des artistes et écrivains

22 Juillet 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #collection privée du capitaine, #collection théâtre de la jeunesse, #poésie, #théâtre, #écriture, #lecture, #roman, #agora, #album

quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon

quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon

1° salon des écrivains et des artistes

Le Revest-les-Eaux

dimanche 18 septembre

10 H – 19 H

manifestation dédiée à Cyril Grosse et Michel Bories

partis en avion le 11 septembre 2001 pour Cuba

partis pour toujours le 19 septembre 2001

 

chers amis invités

 

pour que les choses soient claires, afin que vous décidiez en connaissance de causes, de votre participation ou non à ce salon, en voici le contexte

 

le 17 juillet deux messages m'annonçaient le retrait des deux autres membres sur trois du comité éditorial mis en place en janvier 2021

 

raisons :

  • ma décision unilatérale d'éditer le livre politique de Jean-Pierre Giran, maire d'Hyères

  • mes positions publiques au moment de la présidentielle (participation à la primaire populaire, 1° tour : tous sur Mélenchon, 2° tour, martingale pour un nouveau CNR)

 

il se trouve que la campagne d'abonnement 2022 a été lancée en mai, soit après mes positions ; le résultat est significatit, 90 abonnés en 2021, 10 en 2022

essentiellement ce sont des artistes et gens de culture qui ont sanctionné

 

à cela s'ajoute, mes prises de position « réactionnaires » sur certains spectacles consacrés à l'avortement ou au viol

 

devenant-devenu persona non grata auprès d'un certain nombre de gens, ce qui ne me perturbe nullement, je tenais donc à ce que vous connaissiez ce contexte

 

vous êtes invités d'abord en tant qu'amis

pour un salon qui se veut de partage et d'innovation

 

si ce qui vous anime est la reconnaissance, la mise en valeur de votre travail, je vous invite à renoncer à participer

si mes positions « réactionnaires » vous perturbent, je vous invite aussi à refuser mon invitation

 

ce que j'attends c'est à la fois du sérieux et de la dérision, le petit pas de côté, le nez de clown qui sait que tout est posture et donc imposture

(ce mot n'est pas employé dans un sens dépréciatif)

 

chacun d'entre vous aura un créneau de 10', pour certains 15', pour une prestation-intervention qu'il inventera et partagera

les signatures d'ouvrages conclueront chaque prestation

ce qui permettra aux artistes et auteurs de se balader, d'aller voir, écouter les autres et de ne pas être « prisonnier » de leur table de livres

 

voilà l'esprit de ce salon qui a choisi l'éclectisme et l'amitié 

dans cet esprit, pas de hiérarchie, pas de compétition

les différents genres sont représentés : poésie, théâtre, roman, nouvelle, essai, slam, atelier d'écriture, peinture, musique

différents éditeurs sont représentés : Les Cahiers de l'Égaré, les éditions La Trace, Les presses du midi, Librinova

les auteurs gèrent leurs livres

(une vingtaine me semble un chiffre correct par auteur, 40 auteurs pour un public ayant de moins en moins de moyens, il ne faut donc pas s'attendre à des ventes faramineuses)

 

écrivains et artistes dont je souhaite la participation active donc pris en charge :

Alain Cadeo, Isabelle Forno, Philip Segura, JCG, Georges Perpès, Guillaume Cantillon, Philippe Chuyen, André Neyton, Gilles Cailleau, Théâtre de la Jeunesse-Saison Gatti, Baptiste Moussette, Julien Daillère, Moni Grego, François-Mouren Provensal, Nouria Rabeh, Muriel Gebelin, Sylvie Combe, l'atelier d'écriture Point de Mire de Michelle Lissillour, Jean Delorme et les cahiers culture de la vie, Inès Delorme, Lionel Mazari, Bernard Hoffmann, Jacques Larrue, Jacques Rullier, Marie Kern, Katia Ponomareva, Aïdée Bernard, José Lenzini, Johanne Badeau, Jean-Pierre Giran, Jean-Philippe Laffont (éditeur invité pour la biographie de Robert Redford), le mouvement 21, Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault +++

 

 

quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran
quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran

quelques invités José Lenzini, André Neyton, Nouria Rabeh, la collection Théâtre de la Jeunesse, Michel Gendarme, Bernard Hofmann, Jean-Pierre Giran

déroulement :

  • Les Cahiers de l'Égaré organisent un livre-service d'un certain nombre de livres en stock, devenus des invendus

  • en particulier des livres de Marcel Conche, de Cyril Grosse et de Michel Bories, d'Emmanuelle Arsan

  • et Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch : le 27 novembre 2022, ce sera le 80° anniversaire du sabordage ; lieu : place de la mairie

  • (les gens donnent ce qu'ils veulent pour les livres qu'ils prennent)

  • si des livres de la bibliothèque de Marie Kern, stockés aux Comoni, sont encore disponibles, livre-service gratuit dans le hall des Comoni, dans les caddies

  • écritures pour et avec les gens, tous âges, tous milieux, en lien avec des associations revestoises et des particuliers

  • Nouria Rabeh qui participe aux Dialogues en humanité à Lyon écoute des femmes, jeunes filles, fillettes 5 à 6 et écrit pour chacune un poème intitulé Les tourterelles sacrées ; les poèmes seront lus par les participantes ; Nouria dira des poèmes de ses oeuvres poétiques et évoquera ce qu'est la poésie-la vie pour elle

  • l'atelier Point de mire de Michelle Lissillour avec Muriel Gebelin et Sylvie Combe feront écrire en amont ou le jour même et feront entendre le récit réel ou fictionnel écrit par des volontaires sur ce qu'a été leur expérience du confinement ; en quoi cela a changé peu ou prou leur vie ; possibilité de slamer ces récits ; édition possible ultérieurement

  • Jean Delorme présentera son projet Cahiers d'une culture de la vie et son livre publié Eloge d'une économie de précaution aux éditions Maïa ; peut-être édition du premier cahier Pour une économie de précaution

  • Inès Delorme présentera le travail d'Ogena ouvre des voies au Burundi, racontera sa rencontre avec Pierre Rahbi et dira quelques-uns de ses poèmes

  • Lionel Mazari, 2° auteur à avoir été édité au Revest avec Le livre du Dol, devenu troubadour et foldingue nous interprètera Pétrarque, le crieur de la Paix d'André Ughetto ; cela pourrait se faire vers 12 H 30, pour l'inauguration officielle, salle Pétrarque dont le nom serait découvert au-dessus de l'entrée de la salle de spectacle avec projection du portrait de Pétrarque par Ernest-Pignon Ernest

  • (comme le maire en avait pris l'engagement au moment de Germain Nouveau, en janvier 2022)

  • si Gilles Cailleau ne peut être là, Lionel Mazari se fera le porte-voix de Il faudrait plus qu'un édito

  • Lionel Mazari présentera aussi son CD de 2021 Tête de Linotte et Cœur d'Artichaut, récital avec Alexia Greco

  • Georges Perpès évoquera la légende d'Orphéon (L'abattoir à Cuers puis la BAG Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne)

  • Georges Perpès fera le point sur ses recherches concernant les créations de Toulon 42 en Afrique du Nord et à l'Odéon (1944-1946)

  • André Neyton évoquera l'aventure du Comédia Il fallait être fou ... ; possibilité de projection du film souvenir réalisé par lui et son équipe

  • Guillaume Cantillon nous lira un extrait de Le Sens

  • Philippe Chuyen nous lira un extrait de son nouveau spectacle Le prix d'un Goncourt (bicyclette de Jean Carrière en mains)

  • la saison Gatti présentera la collection Théâtre de la Jeunesse #7, dira un extrait de texte

  • JCG présentera Terre abusive de Michel Gendarme

  • Baptiste Moussette présentera avant disparition, la remarquable collection privée du capitaine qu'il dirige aux Cahiers de l'Égaré

  • Julien Daillère présentera le livre édité aux éditions universitaires d'Avignon : le théâtre à l'ère du numérique et nous surprendra par un impromptu peut-être un conte de la petite fille moche (collection privée du capitaine)

  • Moni Grego présentera Les Trente Glorieuses ne le furent pas pour nous, roman-songe

  • François-Mouren Provensal, photographe de l'éternité du côté de Marseille et cinéaste avec Alain Paire du premier documentaire sur Germain Nouveau nous tirera le portrait

  • Alain Cadeo nous écrira en live un ou deux de ses billets et nous lira un extrait d'Arsenic et Eczéma

  • Alain et Michel Cadeo présenteront le remarquable et émouvant livre sur les fins de vie en soins palliatifs à La Seyne sur mer Lettres en vie

  • (l'argent récolté va à l'assosciation des soins palliatifs)

  • Alain Cadeo présentera son dernier roman L'homme qui veille dans la pierre

  • Isabelle Forno nous lira deux ou trois textes de Concertina

  • Philippe Segura donnera vie à un extrait de Père Ubu et mère Blabla

  • Bernard Hofmann nous parlera de La métamorphose des esclaves

  • JCG présentera Vita Nova

  • Jacques Larrue, ancien journaliste de Var-Matin présentera Rugby flouze et l'époque du grand Var-Matin

  • Jacques Rullier présentera un de ses 4 romans historiques

  • Marie Kern présentera son roman À l'encre de mon âme

  • Katia Ponomareva présentera un extrait de son projet En attendant je pleure

  • Aïdée Bernard présentera son carnet de voyage au Costa Rica avec les œuvres en dentelles végétales réalisées

  • José Lenzini présentera sa biographie de Germain Nouveau, préfacée par Patrick Lorenzini

  • Johanne Badeau présentera le DVD de Christian Philibert sur Germain Nouveau

  • Jean-Pierre Giran présentera son livre sur la politique, l'occasion de poser les jalons d'un futur grand livre politique, pluriel

  • Jean-Philippe Laffont, éditeur, présentera la biographie de Robert Redford, sortie le 17 mai et récompensée du prix littéraire Lucien Barrière au festival du film américain de Deauville entre le 2 et le 11 septembre 2022 ; l'occasion peut-être de voir le film L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux sous la forme adoptée par les médiathèques Écran total Projection d'un film de divertissement américain

  • le mouvement 21 né au Revest pourrait présenter quelques œuvres

  • Daniel-Antoine Arride pourrait réaliser en live une pépette toulonnaise montée au Revest en un lieu discret

  • Philippe Teurnier pourrait présenter le CD réalisé avec les frérots « en aparté autant danser »

  • Samir Bouallegue pourrait projeter le film Valifornia dreamin'

  • Jean-Michel Bidault et ses amis pourraient souffler quelques notes pour faire tomber les feuilles de platanes ou animer un bœuf musical de fin de journée au cercle magistralement tenu par Aurélie Magnoni ou sur la place Meiffret (ce qui suppose que l'estrade des agachons y soit encore disponible)

quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova
quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova

quelques invités les éditions La Trace, le mouvement 21, les pépettes toulonnaises de Daniel-Antoine Arride, autant danser avec les compositions de Philippe Teurnier, Georges Perpès, Isabelle Forno, Philip Segura, Vita Nova

Lieux : salle des mariages, salle des minots, cour des minots, place de la mairie, hall des Comoni et selon les opportunités, la salle Pétrarque (pour l'inauguration et la projection du film de Samir Bouallegue), quelques maisons de Revestois, le cercle d'Aurélie Magnoni, la place Meiffret

 

chaque prestation avec micro se déroulera en un lieu précis, défini à l'avance, durée 10' maxi soit 35 à 40 prestations environ = 7 h (10 – 12 H 30 ; 14 – 19 H)

 

les temps d'écriture en amont supposent un espace de concentration (cours des minots, quelques tables du bistrot du château place meiffret avec accord du proprio, particuliers)

 

Pour la com, je compte sur Martine Cadeo pour mobiliser les réseaux de lecteurs et blogueurs amateurs de livres, pour solliciter Marie-Blanche Cordou de France Bleu

 

je solliciterai TV 83 de Laurent di Gennaro et Jean-François Principiano

 

via Jean-Claude Goni, appel à Provence verte TV

 

Claude Serra fera l'interface entre la page FB de la mairie et Var-Matin

 

pour la com flyers, la tenue de certains stands, je compte sur le Café culture Le Revest-Dardennes et sur ses membres

 

seront pris en charge, repas du midi, déplacements au forfait au-delà de 50 kms (pour faciliter les règlements, sans justificatifs à fournir)

 

si hébergement nécessaire, trouver des points de chute chez des Revestois

 

je m'excuse auprès d'un certain nombre de gens que je n'ai pas sollicités pour ce 1° salon

le plateau proposé est déjà très « gourmand »

je pense à Frank Lovisolo Girard, Frédéric Poulat, Didier Mir (en lien avec Gaston Beltrame), Eric Méridiano, Laetitia Planté, Atef, Fabien Baïardi, Claudine Herrero, Renée Oconel, Marc Jor, Michel Photos, Thierry Zalic, SheinB, Benoît Rivillon, Sandrine Malika Charlemagne, Tristan Félix,  Danièle Vioux, Marcel Moratal, Jean Maltese, Jacques Atlan, Philippe Granarolo, Gérard Blanvillain, Gérard Lépinois, Marc-Israël Le Pelletier, Claire Salin, Elodie Després, Rachel Kaposi, Henri Gruvman, le peintre sur site Renaud Jobin, Coralie Akiyama, Anne-Pascale Patris et sa Cerisaie de poupées, l'avocate pénaliste Véronique Truong (qui a vécu, participé à la totalité du procès du Bataclan en tant que partie civile de deux victimes), Salvatore Spada iconoclaste inclassable, insaisissable, Gil Duran, Patrick Juan, Tieri Briet, Dominique Lardenois, Dasha Baskakova, Emilie Borel, Marie Morel, Elsa Solal, Marwil Huguet, Laurence Loutre-Barbier et Fage éditions +++

c'est comme si le 2° et même le 3° salon étaient déjà lancés

en espérant votre participation, votre créativité, votre bonne humeur, votre humour

amitié

Jean-Claude Grosse devenu Vita Nova

 

 

quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)
quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)

quelques invités Marie Kern Jacques Rullier Jacques Larrue Samir Bouallegue, Jean-Michel Bidault, Aïdée Bernard (robe en papier extrait de plantes tropicales du Costa Rica)

ouvrir des voies ? le 1° cahier sera Le calme, dialogue entre le philosophe Oumalon et Inès Nezerwe, la gracieuse
ouvrir des voies ? le 1° cahier sera Le calme, dialogue entre le philosophe Oumalon et Inès Nezerwe, la gracieuse
ouvrir des voies ? le 1° cahier sera Le calme, dialogue entre le philosophe Oumalon et Inès Nezerwe, la gracieuse
ouvrir des voies ? le 1° cahier sera Le calme, dialogue entre le philosophe Oumalon et Inès Nezerwe, la gracieuse

ouvrir des voies ? le 1° cahier sera Le calme, dialogue entre le philosophe Oumalon et Inès Nezerwe, la gracieuse

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Théâtre de la Jeunesse #7

17 Juillet 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #collection théâtre de la jeunesse, #théâtre, #spectacles, #écriture

1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse
1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse

1° et 4° de couverture du Théâtre de la Jeunesse #7, paru pour le 1° juin des écritures théâtrales pour la jeunesse

Il regroupe 5 textes écrits dans le cadre du projet « Un auteur dans ma classe », avec des établissements scolaires de La Seyne-sur-Mer :
- « Cheese » de Yoann Thommerel avec les élèves de CM2 de Mme Lancelotta de l’école Toussaint Merle - mise en scène Sophia Johnson
- « T.H.E W.A.T.E.R » de Damien Dutrait avec les élèves de CM2 de Mme Crayssac, école Jean Zay – Mise en scène Marie-Laure Fourmestraux
- « Faut que ça buzz ! » de Carole Prieur avec les élèves de CM2 de Mme Soler, école Lucie Aubrac – mise en scène Alexandre Dufour
- « Les légendes du monde » de Sandrine Roche avec les élèves de CM2 de Mme Moyenin, école Malsert 1 - mise en scène Fanny Prospero
- « Faire tache » de Tristan Choisel avec les élèves de cycle 1 du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée de Peggy Mahieu – mise en scène Peggy Mahieu
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Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

30 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #écriture

Alain Cadéo sera présent sur le stand de la librairie Olbia, forum du Casino, les 21 et 22 mai

Alain Cadéo sera présent sur le stand de la librairie Olbia, forum du Casino, les 21 et 22 mai

Alain Cadéo sera présent à la fête du livre de Hyères, Forum du Casino, les 21 et 22 mai sur le stand de la librairie Olbia. 
Seront présentés entre autres 
  • Arsenic et Eczéma, théâtre, édité par Les Cahiers de l'Égaré
  • L'Homme qui Veille dans la Pierre, roman, édité par les éditions La Trace
Aller à la rencontre d'Alain Cadéo, c'est aller à la rencontre fluide d'un magicien des mots qui écrit par nécessité, sous dictée depuis 40 ans, à n'importe quelle heure de la nuit, sur n'importe quel support, en n'importe quel endroit, pourvu que ce soit loin des humains bruyants, tout près du babil profond des tout-petits enfants, du murmure des personnes en soins palliatifs ou du surgissement inattendu et inouï des dieux.
 
Les Cahiers de l'Égaré organiseront au Revest (place de la mairie et salle des minots) le samedi 17 septembre ou le dimanche 18 septembre 2022, la 1° fête ou le 1° salon des écrivains. 
Il s'agira de faire entendre la voix d'écrivains dont la plume crisse, glisse au gré des vents alternes.
Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo
ALAIN CADEO
Arsenic et Eczéma
Les Cahiers de l'Egaré
Dès le prologue, le Minotaure, mi-bête, mi-homme justifie sa réapparition dans les soubassements du monde : « Je suis repu et fatigué de dévorer des chairs ayant la saveur douceâtre de la raison ». Et plus loin, il ajoute : « Alors moi, Minotaure, je rôde dans un labyrinthe mort comme un ventre stérile. »
Le mythe d'emblée présenté, la rencontre entre les deux égoutiers venus résoudre un problème de canalisation (fuite et bouchon) au niveau de la porte 109, au plus profond des égouts de Paris, peut avoir lieu. Ainsi, les premières politesses sont échangées, prémices d'une amitié naissante, et le dévoilement progressif du profil de chacun des deux se précise : Azema, dit « Eczéma » « un rêveur, un optimiste, une boule de malice » « Arsène », dit Arsenic « très grand, voûté, l'oeil clair, râleur. ».
Deux prénoms à eux seuls largement évocateurs de ce que cette rencontre dans les boyaux obscurs du monde permettra d'entrevoir en terme de danger (poison) et de conséquence sanitaire (eczéma).
L'apparition de la créature va cependant brutalement modifier la relation entre les deux hommes, et on assiste à une soudaine modification, voire inversion, des caractères, puisqu'Arsène le cynique perçoit le Minotaure avec acuité alors qu'Eczéma le rêveur se fait de plus en plus raisonable et tente de s'accrocher à ce qui pourrait le maintenir dans une réalité même imparfaite. 
Transposer à notre époque le mythe du Minotaure, était, sans doute, pour Alain Cadéo, une possibilité d'appréhender de façon allégorique la situation actuelle de l'homme sur terre. Allégorie d'un monde qui, au nom du superflu, a oublié l'essentiel, a laissé échapper l'intelligence de la bête pour n'entretenir à outrance que sa posture d'homme prédateur.
Car si Eczéma ressent tout particilièrement ses démangeaisons en période d'activité, ne peut-on pas transposer et supposer que le mal est consécutif à l'activité destructrice des hommes ? 
Les dernières lignes de la pièce décrivent avec force d'une part le retour à la puissance pulsionnelle originelle, et d'autre part l'enfermement dans le labyrinthe avec impossibilité d'en réchapper.
L'homme, en la personne d'Eczéma, ne pourra être sauvé. Et les boyaux de la terre finiront par tout avaler. Car, même entrevue, la porte de sortie se dérobe. Et même lorsque l'issue se profile, la vie d'alors a disparu. 
Avoir recours à la mythologie, et au mythe du Labyrinthe en particulier, était sans doute pour Alain Cadéo la façon la plus efficace de nous sensibiliser de façon poignante à l'impasse actuelle dans laquelle se trouve l'homme face à son environnement. 
Et la photographie présente dans la couverture réalisée par Isabelle Forno (œil-spirale du Minotaure) ne peut qu'inviter plus encore le lecteur à aiguiser son regard et à s'interroger sur le monde tel qu'il se présente à lui aujourd'hui.
A lire absolument.
Rachel Kaposi
chronique partisane de Francis Denis

chronique partisane de Francis Denis

Chroniques Partisanes

Arsenic et Eczéma...

Entre ombre et lumière, entre les odeurs profondes et des souvenirs de parfums, entre le bas et le haut, entre avant et après, il y a Arsenic et Eczéma, deux colmateurs , des boucheurs de trous, des réparateurs inconscients des malheurs du monde, des qui savent pas vraiment mais qui sentent, pas seulement les relents mais aussi la fin d’un tout.

Retour à la case départ ?
Aurions-nous raté quelque-chose ?

Arsenic et Eczéma d’Alain Cadéo
Éditions Les Cahiers de l’Égaré

à la question avons-nous raté quelque chose ?
la réponse sera aveuglante puisque hypnotisés, nous ne nous rendrons même pas compte que la fin a eu lieu et qu'il n'y aura pas de retour à la case départ
JCG
 
exemple, l'inflation en cours, en lien dit-on avec la guerre en Ukraine et alors que la planète souffre et que les effondrements sont en cours
 
(en 2008, 14 milliardaires en France, en 2022, 109 comme le 109 de la pièce d'Alain Cadéo)
en clair, une guerre très locale semble toucher les prix sur toute la planète et toutes les productions! C'est une supercherie. L'Ukraine ne produit pas tout le tournesol nécessaire à toute l'huile en Europe. Et le prix des canards, poulets, porcs français etc. qui font une envolée cette semaine dans vos étals n'ont rien à voir avec cette guerre. Il y a bien entendu autre chose à l'oeuvre. Nos plus nantis ont financiarisé l'économie, leur boulimie, leur cupidité, il n'y a pas d'autre terme ; leur cupidité donc les a fait s'emparer des industries (deux générations auparavant) mais le réel de l'industrie ne produisant pas assez à leurs yeux, ils se sont précipités vers les bourses (le début de la financiarisation fut le fait du très "socialiste" Mitterrand et de son conseiller Milton Friedman -qui conseillait aussi Reagan et Thatcher) où en quelques clics on peut faire de fortunes! Mais ces spéculations boursières sont elles aussi limitées par la quantité de monnaie en circulation. Bilan en plaçant des pions dans des gouvernements, nos grands nantis ont privatisé l'usage des banques centrales à leur profit. La monnaie émise a explosé : 5500 milliards émis par la BCE depuis la crise de 2008! Mais ces milliards ont été fléchés vers les banques ; banques qui pour générer plus de valeur pour leurs actionnaires n'ont pas octroyé plus de crédits pour développer le réel mais ont au contraire utilisé ces sommes pour spéculer et parier en bourse. A ce jeu, on se retrouve avec d'énormes quantités de monnaie en circulation mais dans quelques mains seulement (quand on y songe en 2008 nous avions 14 milliardaires en France, à l'heure actuelle nous en sommes à 109!!!). Comme cette monnaie virtuelle risque de s'effondrer à tout moment, les plus nantis se ruent sur des actifs bien réels... Ils achètent hyper cher des entreprises qui ne valent pas le prix payé mais exigent d'elles les retours sur investissement qui sont ceux des paris. Autant dire que peu d'entreprises sont capables de ça, alors ces entreprises (les plus grosses) pratiquent l'inflation à outrance ou cherchent des moyens pour imposer des tarifs plus élevés par tous les moyens, tous les prétextes. En gros les riches ont créé des billets de monopoly échangeables par de vrais billets... et comme petit à petit ils n'ont plus confiance dans leur(s) monnaie(s) virtuelles, tous se ruent sur le réel et le réel flambe. Qui paye la note? Les simples citoyens qui vont voir les prix de l'énergie tripler en 3 ans, les prix des denrées de même. Bref pour les classes moyennes finies les vacances et la retraite, votre existence fut un mal nécessaire consenti par le grand capital pour lutter contre les idéologies communistes de l'Est ; ces idéologies détruites et leurs gouvernements disparus, retour au servage et à la saignée
Julien Levato
en fait la financiarisation remonte au 15 août 1971 quand Nixon rompt avec Bretton Woods
27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré / Photographie couverture : Isabelle Forno

27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré / Photographie couverture : Isabelle Forno

Les Cahiers de l'Égaré sont heureux d'accueillir dans leur collection théâtre, l'écrivain Alain Cadéo, un magicien des mots qui écrit par nécessité et sous dictée depuis 40 ans, à n'importe quelle heure de la nuit, sur n'importe quel support, en n'importe quel endroit, pourvu que ce soit loin des humains bruyants, tout près du babil profond des tout-petits enfants, du murmure des personnes en soins palliatifs  ou du surgissement inattendu et inouï des dieux.

VERBE PUR

" Qui pourra un jour me dire à quoi servent les mots, les gloussements gratuits et purs s’échappant comme bulles des bouches rondes et mouillées des tout-petits enfants ? C’est le babil des innocents, les sources claires d’un monde neuf, les derniers sons ou l’ultime mémoire d’une puissante Joie sacrée et sans ambiguïté ? Bien avant le simiesque héritage d’un langage tout fait, il y a le gazouillis ou le protolangage, chaque son signifiant un morceau de Parfait. Et qui pourra me dire ce que nous en avons fait ? Des mots pour bien parler, pour avoir l’air intelligent, des mots pour insulter, des mots pour en découdre, des mots pour ne rien dire, des mots comme sonnailles sur les cous d’un troupeau mâchant et remâchant l’herbe triste d’un terrain vague usé jusqu’à la trame pour avoir englouti des tonnes de déchets. Mais où est-il passé le Verbe rédempteur, le Om, l’imprononçable, le son vibrant de toute création ? Il est, c’est terrifiant, dans le regard sans fond des tout-petits enfants."  

Alain Cadéo 22 avril 2022 à 22 H 22, mot adressé à son ami JCG

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo
Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

27 avril 2022, parution de Arsenic et Eczéma d'Alain Cadéo, aux Cahiers de l'Égaré

théâtre, format 13,5 X 20,5, 64 pages, PVP : 10 €

ISBN 978-2-35502-133-6

référencé, distribué sur commande en librairies et plateformes par

Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris,

0145488462,

dès le 15 mai 2022

fait partie des 5 livres prévus à l'abonnement 2022

par hello asso :

 

les abonnés recevront fin mai 2022 deux livres de théâtre

Alain Cadéo et Michel Gendarme (une trilogie)

des lectures de cette pièce peuvent être et seront organisées chez des particuliers ou dans des lieux publics, culturels ou autres pour favoriser sa création et sa diffusion

Alain Cadéo sera présent au 1° salon des écrivains organisée par Les Cahiers de l'Égaré, lors des journées du patrimoine, le dimanche 18 septembre, au Revest-les-Eaux, en partenariat avec la municipalité et d'autres associations

pour toute proposition de lecture par Alain Cadéo, s'adresser par mail à 

les4saisonsdailleurs@orange.fr

 

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

Lieu : les égouts de Paris, très en profondeur

Personnages : Deux types avec casques et lampes, tenues d’égoutiers, bardas, sacoches, l’un arrive de la gauche, l’autre de la droite

Azema, dit Eczéma.

Un rêveur, un optimiste, une boule de malice et de bonne humeur. Peut-être un intello contrarié capable de s’adapter à tout. Il a une grosse tache sur le visage et une autre sur le bras. Passe son temps à se gratter et les démangeaisons s’accentuent en fonc- tion de l’action. Bavard, sympathique, aime à susciter l’inquiétude. Père mineur en Alaska ayant abandonné sa famille. Mère prostituée. Pas d’attache.

Arsène, surnommé Arsenic par ses collègues de boulot.

Très grand, voûté, l’œil clair, râleur. Le genre revenu de tout. Sens de la répartie aigre-douce. Bosseur, « pro », toujours syndicaliste mais grand déçu de la politique et des humains en général. Au fond pour lui il n’y a pas d’issue. On naît, on vit, on meurt dans un boyau. Pas de choix. « La vie est un long fleuve de merde ». Il est comme la plupart d’entre nous, incrédule, pragmatique, réaliste et pourtant il rêve d’autre chose, d’un ailleurs, différent. Marié, père de deux enfants qu’il ne voit plus, divorcé. Travaille depuis 30 ans dans les égouts. Passionné contrarié, Il se veut lucide, froid, cynique.

Arsenic et Eczéma / Alain Cadéo

ARSENE:- Ne bouge plus ou j’te crève ! Fous-moi la paix ! J’veux pas remonter ! Barre-toi tout seul avec ton eczéma, ta mère, ton pariétal, tes extases de poule glousseuse... Toutes façons y’a plus rien « là-haut »... Y’a plus rien...

ECZEMA:- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Allez viens couillon... « Là-haut » y’a la lumière, les filles, le bruit, l’odeur d’essence, les gens, l’amour, la vanité, la haine, la vie quoi !... Et puis tu dois avoir tes gosses ce week-end ! Faut qu’tu sois en forme... La famille c’est sacré ! Et puis y’a moi ! J’suis ton nouveau vrai pote !...

Eczéma court dans les égouts... On entend comme un galop à sa poursuite... Il passe devant le 109, s’arrête un instant, le téléphone pend avec le même grésillement qu’au début de la pièce. Il finit par trouver l’échelle de sortie, grimpe, trébuche, tombe, se raccroche, continue de monter, soulève enfin la plaque d’égout donnant sur la rue, sort... Clarté aveuglante... Plus rien... La ville a disparu, désintégrée. On entend alors la voix d’Arsène qui hurle en ricanant : Pourquoi tu cours ma poule ! Je te l’ai dit, y’a plus rien là-haut... Y’a plus rien... Les dieux sont revenus...

Eczéma court dans les égouts... On entend comme un galop à sa poursuite... Il passe devant le 109, s’arrête un instant, le téléphone pend avec le même grésillement qu’au début de la pièce. Il finit par trouver l’échelle de sortie, grimpe, trébuche, tombe, se raccroche, continue de monter, soulève enfin la plaque d’égout donnant sur la rue, sort... Clarté aveuglante... Plus rien... La ville a disparu, désintégrée. On entend alors la voix d’Arsène qui hurle en ricanant : Pourquoi tu cours ma poule ! Je te l’ai dit, y’a plus rien là-haut... Y’a plus rien... Les dieux sont revenus...

Du même auteur

LES VOIX DE BRUME (nouvelles) - J.M. Laffont - 1982

STANISLAS (roman) - Éditions du quai - 1983 (Premier prix Marcel Pagnol)

LE MANGEUR DE PEUR (roman) - Quelqu’un Éditeur - 1984

LA CORNE DE DIEU (roman) - Quelqu’un Éditeur - 1984

L’OCÉAN VERTICAL (texte) - Quelqu’un Éditeur - 1984

MACADAM ÉPITAPHE (texte) - Editions la Correntille - 1986 (Plume d’Or d’Antibes et Prix Gilbert Dupé

LE CIEL AU VENTRE (texte) - Éditions de la Correntille - 1993

LES ANGES DISPARAISSENT (roman) -Éditions Autres Temps - 1986

FIN -Éditions Blanc - 1999page60image5786928 page60image5786720 page60image5786512 page60image5786304

L’OMBRE D’UN DOUTE (théâtre) - Éditions La Correntille - 2008 (Festival off d’Avignon - 2011)

LES RÉVEILLÉS DE L’OMBRE (théâtre) - Éditions La Correntille - 2013

ZOÉ - Éditions Mercure de France - 2015

CHAQUE SECONDE EST UN MURMURE (roman) - Éditions Mercure de France - 2016

DES MOTS DE CONTREBANDE (texte) -Éditions La Trace - 2018

COMME UN ENFANT QUI JOUE TOUT SEUL (roman) - Éditions La Trace - 2019

MAYACUMBRA (roman) - Éditions La Trace -2020

CONFESSIONS OU LES SPAMS D’UNE ÂME EN PEINE - Éditions La Trace - 2021 -

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Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

29 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #poésie, #écriture, #théâtre, #lettre, #voyages, #philosophie

Dans ce  roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la « commerie » nous livre à 81 ans, une œuvre bien plus vivifiante que testamentaire.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l’auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :

Ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable.

Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas.

En le rendant, on en a fini avec les romans et romances de sa vie.

Le sommaire non paginé aux pages  623-626 donne un aperçu des thèmes abordés par l'auteur. Il n’évite aucune des préoccupations politiques, sociales, sociétales, écologiques de la période, ni aucune des interrogations philosophiques et spirituelles interpellant les hommes depuis des temps très anciens.

Toujours en mouvement, le scripteur en état de flow ou d'autohypnose nous déroute et parfois même nous envoûte par la variété de ses écritures.

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin
couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

note de l'écrivain Alain Cadéo
"Que tu connaisses ou non quelqu’un, s'il a quelque chose à raconter, écoute-le, lis-le, laisse-toi porter sans juger, suis-le page après page dans le labyrinthe de sa vie qu’il consent à partager. Il fait l’effort de se livrer.
Il est immense et minuscule avec ses notes et ses scolies. Suis-le sur ce sentier étroit rempli de sanctuaires et parsemé de noms que tu ne connais pas. C’est sa vie… C’est sa vie...
C’est long mais tu y vas, armé du bon bâton des chemineaux et d’une gourde en peau pour avaler les mots du « hiérosolymitain d’Avers sur les eaux » qu’on appelle communément J.C. Lui-je-moi, J.C pour les intimes. Ayant avis sur mille choses, doté d’un rire grasseyant, il accomplit ses mignardises en bousculant le Temps. C’est « Grosse » cavalcade sur tous terrains minés.
Sérieux comme un Trotskyste, jaune comme un gilet, rigolard et paillard comme un moine ventru, illuminé de la dernière extase, il ne t’épargne aucune cause et t’en ressers le lendemain.
Tu peux le lire à reculons, en boucle, en sautillant, ou pas à pas l’accompagner sur son chemin de croix et vers ses paradis. C’est ramassis d’affaires, d’histoires et de dates, tu comprends rien parfois ou tu veux pas y aller.
Pourtant en canoë kayak tu dégringoles sa rivière…et les berges défilent…tu te laisses emporter.
-Mais où tu vas J.C?
-Eh ben vers tout là haut, au-bout de mes 666 pages, là où un soleil sans fin versera sa Lumière, dans un potlatch d’éternité, sous la branche argentée d’un olivier sacré."
 
 
retour de lecteur :
Comme la 1ère épreuve, le livre est déroutant et on ne saurait le classer … ce qui est probablement un compliment. Je l’ai lu jusqu’au bout.
Sachant que c’était une 2nde lecture, ça signifie qu’il a réussi à susciter ma curiosité et mon intérêt jusqu’à la fin!
Bien entendu, on y retrouve de tout : pièces de théâtre, poèmes, questionnements profonds sur la société et autres sujets, notes de lecture, éléments de biographie et, enrobant le tout, une ode magnifique à l’amour (d’Annie).
Je l’ai trouvé beaucoup plus structuré que le 1er jet, même si effectivement on peut le lire n’importe comment.
Une chose m’a dérangé : on sent bien qu’on a affaire à une grosse tête extrêmement cultivée et même s’il est clair que l’intention n’est pas d’étaler son savoir, ça agace parfois (moi du moins … je ne supporte pas les téléphones qui prétendent être plus intelligents que moi !).
En conclusion : une belle œuvre … même si elle donne des démangeaisons (à l’auteur !)
 
 
 
retours quantiques sur Et ton livre d'éternité ? Gérard Lépinois
1 - Une écriture vitale multidimensionnelle. Une logique de ces multiples dimensions est assise sur un bonhomme, en tant qu'axiome vivant, qui se traite plus d'une fois comme un postulat. Tout se passe alors comme s'il demandait, et se demandait, qu'un tel bonhomme puisse exister, en de multiples existences tout de même coordonnées par une logique assise sur l'irrationalité continue d'un coeur qui bat et de neurones qui déchargent leur électricité. Ce bonhomme est unique et à la fois comme tous. Il (se) demande aussi comment il peut exister, pourquoi, en quoi et même par quel miracle, voire damnation.
Aucune vie d'écriture ne rend compte d'une vie, moins encore de la Vie. Pour ce bonhomme, problématisant le bon, il s'agit donc plutôt, en toute franchise parfois biscornue, de se fictionner le dos et le reste. Il a multiplié les efforts et versions herméneutiques, en ayant tendance à y croire à chaque fois mordicus. La dernière version à ce jour commande à la narration des autres, mais je crois que le lecteur gagnera à les faire jouer toutes ensemble. Je ne crois pas que, chez un tel bonhomme, il y ait trop sérieusement une version définitive de l'interprétation de sa vie, la Vie, la Matière, le Vide, le divin, etc. C'est que ce bonhomme se traite aussi comme tel : un sacré pote, un rigolo fort sérieux et même un Popol partisan d'un fieffé recul de l'âge de la retraite. C'en est donc un qui se frotte aussi le dos, en plus de se le fictionner.
Un fragmenté continu flottant, ce livre est surtout à sa non-image subsumable. C'est qu'il touche ou croit toucher à un divin, il ne fait pas seulement figure d'ours sur le seuil de la Caverne de (l'amour à la) Platon. Même s'il croit y toucher, il y touche, en cela aussi légère danseuse sur beaucoup de fils, jolie araignée ayant pour prénom J.C. comme l'Autre.
2 - Un Livre de vrai jeune homme attire les mouches. On est ici en présence d'un Livre qui attire jusqu'aux mouches quantiques, soit certaines des plus belles demoiselles du Vide, en tant que fluctuations de la notion de jambe dégainée. En effet, le bas de soie n'est plus de saison dans une architecture cosmique en marche où il est question de Soi, peut-être de non-Soi, mais en tout cas pas d'abord de toi.
Une intrication des modulations de poules permet au bon garçon, même de cent un ans, de dépasser la notion de poule et de perchoir, et aussi d'oeuf à la coque et de petite cuillère.
La vie est belle comme avant-dernier mouvement dans une Nature totale, où même un Zemmour fait figure de fougère bien heureusement merdée par un épervier sans père légitime. Une pénultième gymnastique douce dans la vibration du grand Tout.
En même temps, la vie singulière d'un poète et d'abord d'un homme (tel Macron sur le mont Hollande ?) apparaît comme la condition sine qua non d'une vision singulière, irréductible, incommentable en son noyau, malgré les apparences, car inégale à toute autre.
Le problème, c'est moins d'avoir raison que de proposer une raie horizon franche, complexe comme une rhapsodie, éclairante comme un fanal dans la brume. La fonction de raie horizon est commune à mon coiffeur, au physicien et aussi à la mère Michel comme brave femme, mathématicienne de choc et déesse de l'auto-fécondité. C'est ainsi que l'auteur qui fut aimé par beaucoup plus jeune que lui, le fut aussi, encore enfant, par une vieille peau, colonelle de réserve qui en avait encore, notamment au beurre ontologique.
Bref, la question de l'amour parcourt ce Livre,comme l'éclair la salade de fruits du Médor qui garde l'entrée des landes bien concrètes de la Jérusalem céleste.
au travail de relecture, près de 15 jours
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au travail de relecture, près de 15 jours

au travail de relecture, près de 15 jours

ET TON LIVRE D'ETERNITE ?

Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l'Egaré

par Rachel Kaposi

 

« Où va-t-on au bout du temps fini » ? demande l'épousée.

Telle est la question essentielle, fil rouge du livre, qui ressurgit, tel un leitmotiv, tout au long du livre.

Peut-on alors envisager une autre réponse que celle de ces signes indélébiles déployés sur 666 pages pour fixer ce que la mémoire pourrait effacer ? Et aussi percevoir l'importance de ce livre-cadeau offert un 14 février à une absente toujours présente.

« La demande est surhumaine », dit l'épousé.
« Mais ce qui est humain, c'est notre promesse. »

Pour entrer dans le cœur du livre, puisqu'il s'agit de toute évidence d'un livre de cœur, j'ai tenté de me rapprocher de Lui-Je et de Je-Lui, et de cette identité se dédoublant pour mieux s'envisager.

JE n'a pas d'âge, et paraît extrêmement vivant dans cette façon qui est sienne de « Poétiser » ainsi les différents moments de la vie quotidienne, « sans originalité à tout prix ».

Devenu « agitateur culturel », il s'interroge, et cherche à donner sens aux événements en tentant de reconstituer les éléments du puzzle.

Reconstituer, recoller, c'est faire le choix du symbolique (en recollant les morceaux du bol brisé).

« Ce qui me tourmente... C'est un peu, dans chacun de ses hommes, Mozart assassiné »

Ne serait-il pas là, le moteur d'action de JE-LUI dans le monde et la culture ?

Lui-je, hiérosolymitain d'Avers sous les eaux.

Toujours à l'affût. Faisant en sorte pour que rien de bien ne se perde .

Lui-je, incarnation de l'amour infini.

Tellement perceptible dans le dialogue entre deux âmes sensibles, le grand-père et la petite-fille, capables de dialoguer vrai tout au long de conversations nous faisant cheminer au cœur même de leurs deux intelligences croisées.

« Vivre dans une réalité élargie », dit la petite fille qui me fait ainsi découvrir ses sept pouvoirs : « celui du soleil, celui de la lune, celui de l'eau, celui de l'air, celui de la terre, celui des fleurs et celui de la Nature (avec un N majuscule).

Elle qui a déjà compris la nécessité de mots ayant un sens, et qui préfère se taire plutôt que parler pour ne rien dire.

La vie est comme une épopée, avec ses zébrures blanches et noires., pensent-ils.

Et c'est ainsi que cet incroyable parcours conduit à la naissance, un 25 décembre 2020, jour de Solstice d'hiver, à 00 h, de « Je suis Vita Nova ».

« J'irai sur mon chemin de vie jusqu'à cessation de vie, remplissant la mission de vie qui semble être la mienne : la bienveillance par les mains, le regard, les sourires, du silence d'accueil... », écrit-il.

Sans doute s'agit-il d'accéder à une nouvelle dimension, à de nouvelles valeurs (d'humanité, d'empathie). 

L'enjeu est immense.

Pour devenir ange. Et gai rire des maux passés.

hier et avant-hier
hier et avant-hier

hier et avant-hier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, paru le 14 février 2022

les abonnés ont été servis en décembre 2021 comme annoncé

Vous pourrez commander le livre directement auprès de:
Les Cahiers de l’Egaré
669 route du Colombier
83200 LE-REVEST-LES-EAUX 
Par envoi d'un chèque de 28 € à l’ordre des Cahiers de l’Egaré (+ 5 € de participation aux frais de port) soit 33 €
ou auprès de votre libraire, ou sur les plateformes de vente en ligne. 

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € /

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge

et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,  Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, taille 1,69, sexe de taille XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien ni personne. 

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelait communément J.C., donna naissance le 25 décembre 2020 à 00H00 à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

 

Sommaire établi par l'auteur, ses avatars et ses métamorphoses


 

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse /

autant en emporte le vent de chernobylhome /

autant en brasse l'océan de foukirira / 

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

 

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie /

Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

 

 

Livre III – Sa vie antérieure /

Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1953 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Une histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre

couverture, 4° de couv, une page du livre

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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Le Sens / Guillaume Cantillon et Franck Magis

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture

Le Sens, format 12 X 17, 84 pages, Visuel de couverture Tink Supid Studio/vjdrone

Le Sens, format 12 X 17, 84 pages, Visuel de couverture Tink Supid Studio/vjdrone

Le Sens de Guillaume Cantillon et Franck Magis

ISBN 978-2-35502-132-9

format 12 X 17, 84 pages, PVP 12 €

diffusion par Soleils distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

« Le monde a-t-il jamais été transformé autrement que par la pensée et son support magique : le mot ? »

Tomas Mann

« Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation défnitive ?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »

Nicolas Berdiaef

Le Sens / Guillaume Cantillon et Franck Magis

Questionner les utopies, tracer des hypothèses, se pencher sur l’acte de création, trouver sa juste place face à son art ou plus généralement dans le monde.

Le Sens est une clownerie, une farce chaotique,à trous, à gouffres, à réveils soudains, aux envolées habitées, traversée de certitudes et d’espérances, mais aussi saisie par les doutes et les constats d’échec vertigineux.

Guillaume Cantillon & Franck Magis

Le sens a été créé le 2 octobre 2018 au Téâtre du Rocher – La Garde
Mise en scène de Guillaume Cantillon
Collaboration artistique Frédéric Garbe

Scénographie Jean-François Garraud Lumières Nils Doucet
Création sonore Zidane Boussouf Costumes Sabrina Noiraux

Vidéo et Photos Geofrey Fages
Avec l'aide technique de Christian Richet et Cyril Cesarini

Avec Guillaume Cantillon et Franck Magis

Production le Cabinet de Curiosités (compagnie en résidence au Téâtre du Rocher).
Avec le soutien du Conseil régional PACA (aide à l'écriture), du Conseil Départemental du Var et de la Ville de La Garde.

 

Les Cahiers de l’garé

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Je suis Carmen / Gilles Cailleau

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture, #philosophie, #pour toujours

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen de Gilles Cailleau

ISBN 978-2-35502-131-2

format 12 X 17, 72 pages, PVP 10 €

diffusion Soleils distribution, 3 rue de Fleurus, 75018 Paris

© dessins : Gilles Cailleau. Couverture, Carmunch | p.4, Les cousines | dos, Je suis le bœuf et le boucher.

© photographies : Charlotte Parmentier.

© LES CAHIERS DE L’ÉGARÉ
669 route du Colombier – 83200 Le Revest-les-Eaux

les4saisonsdailleurs@icloud.com

http://cahiersegare.over-blog.com

Je suis Carmen / Gilles Cailleau

PRÉFACE

Ce qu’il faut dire d’abord, c’est le flou qui entoure toute écriture scénique. Je signe un texte, certes, mais d’où et surtout, de qui est-il venu ? Autant d’Amanda Righetti et de Sophie Chabert qui me l’ont inspiré au cours des deux mois de recherche, de répétitions, de vie créatrice commune. Le texte est donc de moi, mais le spectacle est de nous trois. Il est aussi de Christophe Bruyas, créateur des lumières, de Guillaume Cros qui en a fait la musique et de quelques autres. Reste à savoir si un texte initie une création ou s’il en procède et autant vous le dire, pour Je suis Carmen!, la question est indécidable.

D’autant plus que c’est une création de longue haleine.

Je suis toujours très lent, je mets beaucoup de temps à penser mes spectacles. La plupart du temps avant de me lancer, je fais un essai pour mettre à l’épreuve mon appétit, l’intérêt de la création, la première vibration publique.

Je suis Carmen!, c’est en 2016 que ça a commencé (je pourrais dire en 1982, quand j’ai fabriqué avec passion une marionnette Carmen ou en 83, quand ma mère a ramené les vinyles de l’Opéra de Pékin à la maison, ou dans les mêmes années quand Jean-Luc Godard, Carlos Saura et Francesco Rosi ont sorti leur film à peu près en même temps, et Peter Brook par-dessus le marché qui montait l’opéra aux Bouffes-du-Nord en trois versions distinctes... une frénésie de Carmens... mais j’arrête. 2016, pour un début, c’est très bien). Cinq ans donc avant le jour de la première, je savais déjà que je voulais monter Carmen, l’opéra, mais j’avais besoin de temps et de réponses. J’ai alors proposé à Amanda, une Espagnole sauvage que je venais de mettre en scène dans une autre aventure, de venir avec moi faire en dix jours une première exploration du continent Carmen.

L’idée était de s’installer avec une tente marocaine et une vieille roulotte (les mêmes qui ont été ma maison pendant treize ans et qui abritent depuis vingt ans Le tour complet du cœur, mon premier solo), de remplacer le mât unique de la tente par un mât chinois et d’en faire l’univers d’une jeune femme de cirque qui s’interroge sur tout ce qui fait le sel de sa vie : l’appel et le risque de la liberté.

J’ai dit “s’installer”, mais je n’ai pas dit où. C’était à Cornebarrieu – banlieue toulousaine, dans un centre éducatif ouvert pour jeunes délinquants, sous les auspices de la pénitentiaire.

Amanda, seule femme au milieu de vingt garçons prisonniers de leurs propres peurs et de leurs démons. Il en fallait du cran pour monter sur ce mât, les jambes à 80 centimètres des regards et leur parler d’amour, de liberté... Du cran pour faire valser toutes les règles.

Pour en rajouter une couche, le sort a fait de Cornebarrieu – où se côtoient des quartiers historiques et les cités peuplées des salarié·e·s de la filière aéronautique – la commune abritant ce lieu d’éducation répressive mais aussi le cimetière où est enterré Mohamed Merah et comme si cela ne suffisait pas, un centre de rétention administrative.

On imagine de quelles vibrations contradictoires on s’y sent traversé.

L’expérience a été si intense qu’elle nous aurait suffi pour avoir envie de continuer, mais au cas où on aurait hésité, la représentation finale devant les gosses, des voisins entrant pour la première fois dans ce lieu qui leur faisait une peur immense, une directrice de prison, un digne et sombre représentant du ministère de la Justice, deux du ministère de la Culture, le directeur de la Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance, qui avait initié le projet, l’équipe de la compagnie au grand complet et leurs retours à toutes et tous qui au-delà de l’intérêt d’un tel projet à cet endroit du monde n’admettaient pas que le spectacle puisse en rester là... Bref ! Suffisamment pour nous persuader qu’il fallait le finir.

Il y avait à cela trois obstacles : 1) Amanda venait d’être engagée par le Cirque Plume dans La dernière saison mais surtout, 2) j’étais persuadé que la vérité de cette création requérait de mettre à côté d’Amanda, une autre femme, cantatrice celle-là. À l’affirmation – “Je suis Carmen”, de la première, l’autre répondrait – “Mais non, Carmen, c’est moi !” Je rêvais de cette surprise qu’elles auraient toutes les deux, l’une venant de la fureur anarchique de la piste, l’autre du monde feutré et mesuré de la musique classique, à découvrir cette identification commune, à leur gémellité inattendue. Pour finir et tout bêtement, 3) ce n’était pas ce spectacle que j’étais venu créer.

J’ai donc 3) commencé par monter avec Raoul Lay, le directeur artistique de l’Ensemble Télémaque, Carmen, opéra déplacé, l’œuvre originelle de Bizet réécrite pour 4 artistes lyriques, 6 musiciens et 40 personnes habitant tout près de l’endroit où elle se joue. 2) J’y ai par la même occasion trouvé Sophie, la pièce manquante de mon premier essai et 1) j’ai attendu Amanda.

Voilà l’origine de ce projet singulier, dont le sujet l’est tout autant. Carmen, mythe trompeur...

Car voilà, Carmen n’est pas une histoire d’amour. Si c’en était une, ce serait ce fait divers dont la banalité est déjà en soi tragique : un homme aime une femme qui ne l’aime plus, alors il la tue. Une histoire ordinaire en quelque sorte, juste un samedi soir sur la terre, comme dirait l’autre, et qui ne fait jamais la une. La mort de Carmen, on la découvre par hasard au café en lisant son journal, à la page des chiens écrasés.

C’est en cela que même si Carmen peut parler d’amour autant qu’elle veut, c’est une autre histoire qu’elle raconte. Nous n’avons plus le droit de nous tromper aujourd’hui, dire je t’aime avec un couteau à la main est un subterfuge rhétorique pour passer sous silence le vrai sujet : la domination.

D’ailleurs, si sans minimiser cette question de la domination de genre, on prend le temps de désexualiser Carmen, le vrai mystère (et pas le pseudo mystère de la femme fatale, construction mentale toute masculine) le vrai mystère, donc, saute aux yeux : pourquoi, au dernier acte, fait-elle face? Il lui suffirait de dénoncer José, ou seulement de rentrer dans l’arène avec les autres et se mettre à l’abri... Elle ne le fait pas.

Elle ne veut pas être moins forte que José. Elle refuse de lâcher le moindre pouce de terrain.

Elle ne se retire pas.

C’est la dialectique du maître et de l’esclave selon Hegel. (J’ai conscience en écrivant ces lignes depuis l’île de la Réunion où je vis désormais que cette distinction hégélienne prend ici, terre mutilée par l’esclavage, un sens insupportable. Précisons donc qu’il ne s’agit pas d’une terminologie historique, mais d’une distinction conceptuelle.) Pour Hegel donc, “le maître” n’est pas maître parce qu’il est plus fort que l’esclave, mais parce qu’il n’accepte pas de vivre à n’importe quel prix. “L’esclave” de son côté veut vivre quoi qu’il en coûte... Pour Hegel le seul vrai maître n’est pas celui qui domine l’autre, mais celui qui est capable de dire non.

Carmen a le même problème. La liberté est le signe de son pouvoir, elle refuse d’être moins. Fuir devant José pour rester en vie, ce serait être moins que lui. En restant, elle l’oblige à la tuer et ce faisant, elle le condamne autant qu’il la condamne.

Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’autre inépuisable histoire, celle du pouvoir et de la liberté. Inépuisable plus que profonde, d’ailleurs, mais c’est peut-être la qualité des mythes, qui ne nous donnent pas à penser, mais à réfléchir. À nous y réfléchir.

Les mythes sont des mythes parce que ce sont des miroirs.

Carmen nous fait nous poser chacun pour soi la question terrible : jusqu’où suis-je prêt·e à aller pour défendre ma liberté ? C’est une question simple, mais inépuisable parce que sans réponse. Tout le monde peut la comprendre et tout le monde se la pose à plusieurs moments de sa vie, des fois sans même l’avoir formulée.

À quel endroit de nous s’étire la ligne de partage entre l’aversion pour les chaînes et l’aspiration à la tranquillité ?

Carmen est ce mythe parce que c’est un puits sans fond : est-ce si formidable que ça d’être libre ? Est-ce que ce n’est pas aussi une petite malédiction ? Tous ces choix à faire, tous ces bonheurs qui cessent aussitôt d’en être parce qu’ils nous sont imposés... Quel frein, quelle nourriture donner à mon intransigeance ?

Non vraiment, Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire du courage, des courages... Pas l’histoire de nos moments de gloire, non, le contraire, l’histoire d’une défaite, de nos défaites, quand on a la force, l’élégance, le panache de perdre en beauté.

Carmen, c’est la chèvre de Monsieur Seguin.
Gilles Cailleau, 27 novembre 2021

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Il faudrait plus qu'un édito / Gilles Cailleau

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #spectacles, #théâtre, #voyages, #écriture

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

 
Il faudrait plus qu'un édito de Gilles Cailleau
250 pages format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-125-1 
18 € 
 
Du même auteur, aux Cahiers de l’Égaré :
Le tour complet du cœur, 2005 (rééd. 2011 & 2014)
Fournaise, 2008
Gilles et Bérénice suivi de Tout l’univers en plus petit, 2011
Vous qui lisez ne me regardez pas (œuvres quasi complètes), 2011 (rééd. 2015) 
Tania’s Paradise, 2013
Le nouveau monde, 2017 


 

 

 

 

Je ne suis pas un très bon acteur, je joue comme un chien, je veux dire que j’ai les défauts d’un chien, celui qui rentre les pattes pleines de boue et qui débordant d’amour les pose sur la chemise encore blanche de son maître ou de sa maîtresse. L’épure n’est pas mon affaire, je la laisse à d’autres qui en font un meilleur usage. Ma générosité de gamin m’empêchera d’entrer au panthéon des acteurs solitaires et splendides.

Parfois un spectateur me demande : – « Jouer si près de nous ne vous perturbe pas ? – Bien sûr que si, ça me dérange, ça m’importune, ça me bouscule, ça me déconcentre. Je l’espère bien, je ne demande que ça. Si j’étais funambule, ça m’ennuierait qu’il n’y ait jamais de vent. »

Gilles Cailleau, auteur, metteur en scène et interprète de la compagnie Attention Fragile, a écrit une centaine de billets d’humeur publiés sur le site de la compagnie entre 2004 et 2021. Les voilà rassemblés dans cet ouvrage. 

2004-2021. J’écris depuis 18 ans les éditos de la page d’accueil du site d’Attention Fragile, une dizaine les années fastes, 3 ou 4 les années maigres, et les voilà tous ensemble.

Enfin, presque tous, j’en ai fait disparaître quelques-uns. À les relire j’ai constaté que je manquais parfois d’inspiration.

Mais je me suis aperçu aussi qu’au-delà de ce que j’y dis, ils retraçaient à leur manière une histoire – incomplète et subjective certes, mais quand même une histoire des splendeurs et des misères de la vie artistique pendant ces 18 dernières années.

Il s’en est passé des choses! M’entendre parler aujourd’hui de masques, de distanciation sociale ou de culture essentielle dans des éditos qui ont plus de 10 ans, c’est une étrange ironie...

Merci à toutes et tous mes camarades, merci à ma propre compagnie, Attention Fragile, que je ne quitte pas.

Et merci à Jean-Claude, merveilleux éditeur et ami.
Gilles Cailleau 

 

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Théâtre de la Jeunesse#6

25 Juin 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #écriture, #collection théâtre de la jeunesse

Théâtre de la Jeunesse#6

Préface

Cette sixième édition de THÉÂTRE de la JEUNESSE regroupe cinq pièces nées durant l’année scolaire 2020-2021 d’ateliers d’écritures menés avec des élèves de quatre classes de CM2 de La Seyne-sur-Mer et d’une classe de premier cycle du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée, avec cinq dramaturges : Jóan Tauveron, Eugène Durif, Catherine Verlaguet, Samuel Gallet, Pamela Ghislain.

Cette expérience, soutenue pour la sixième année par la DRAC PACA, fait partie du projet Un.e auteur.e dans ma classe proposé par la Saison Gatti. Il a pour ambition de faire lire, écrire et jouer du théâtre.

Ces ateliers d’écriture et la rencontre avec chaque dramaturge ont été précédés par une phase de sensibilisation à la lecture s’appuyant sur un répertoire de seize pièces lauréates du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public (sélection CM2-6e). Il a été complété par l’intervention de comédiens qui ont accompagné les élèves dans la mise en scène de leurs propres pièces. C’est donc un projet qui embrasse tous les temps de la création.

Les élèves des quatre classes de CM2 ont pu jouer leurs pièces devant leurs camarades sur le plateau du Conservatoire TPM à La Seyne- sur-Mer, dans le cadre du 1er juin des écritures théâtrales jeunesse. Les élèves de cycle 1 du Conservatoire, quant à eux, ont lu leur pièce le samedi 5 juin 2021 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle.

En dépit de tout, cette année scolaire s’est donc conclue par une belle fête célébrant le théâtre jeunesse.

À l’heure où paraît ce livre, les théâtres commencent à rouvrir leurs portes, après une longue fermeture au public. Si la crise sanitaire nous a empêchés d’aller à la rencontre des pièces dans les théâtres, les classes sont restées ouvertes aux artistes permettant de poursuivre ce magnifique travail d’éducation artistique et culturelle. Derrière leurs masques, ces enfants et adolescents n’oublient pas d’interroger le monde qu’ils habitent. Toutes les pièces présentent dans ce recueil témoignent de leurs inquiétudes et de leurs peurs certes, mais égale- ment de leurs imaginaires, de leurs engagements et de leurs rêves. C’est l’endroit de ce théâtre à vif, en prise avec la jeunesse, qui nous anime dans ce projet.

Avec ce volume 6 de THÉÂTRE de la JEUNESSE, nous travaillons à créer, au sein des Cahiers de l’Égaré, une collection théâtrale de textes d’auteurs dont l’écriture est ouverte à une dimension participative.

Cyrille Elslander Directeur de La Saison Gatti Bibliothèque Armand Gatti

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