theatre
Les Premiers Humains Roger Lombardot
Le 23 avril 2003, à l’invitation du ministère de la Culture, sur recommandation de Dominique Baffier, conservatrice de la Grotte Chauvet, Roger Lombardot pénètre à l’intérieur de la Grotte. Il n’en est jamais ressorti… Les peintures n’ont cessé de le hanter et de le questionner. En 2003, il écrit La Rose, qui s’efforce de répondre à cette question : « Comment raconter une émotion ? » ; en 2013 il écrit Homo Botticelli, description charnelle de la grotte et, en 2025, il rédige L'oeil de Dieu, qui met l’humain en situation d’être questionné par une « nouvelle espèce » : l’intelligence artificielle.
La trilogie vient de paraître, le 22 juin 2026, sous le titre :
Les Premiers Humains
Ophélia, l’IA humanoïde qui « dialogue » avec les spectateurs en leur attribuant des pensées auxquelles elle réagit, s’interroge au 2/3 du spectacle : – « La question qui me tourne dans la tête c’est: savez-vous à quel moment précisément, vous êtes passés de l’homme à l’humain ? »
Ophélia, engagée dans un entretien d’1h20 se pose et nous pose des questions, propose des réponses à partir de récits des origines produits par les scientifiques, cosmologie, évolution des espèces, histoire de l’humanité (Homo erectus, Néandertal, Homo sapiens, Humain) et de récits de la futurologie (extinction dans 39 secondes d’après l’horloge de l’apocalypse).
La bascule du récit dit par Ophélia glissant de spot en spot, torche à la main, a lieu avec l’hypothèse d’une révolution cognitive datant de 36000 ans opérée par les peintres de la grotte Chauvet, qui aurait pu engendrer l’émergence d’une branche « humaine » de la lignée Homo sapiens, pratiquant la coopération, « consciente d’être au monde pour accomplir un dessein qui le rende digne d’exister ».
Mais cette bifurcation ne fut pas choisie par l’évolution. Continue donc, la lignée Homo sapiens, prédatrice de la Terre, détruisant les espèces, provoquant tueries, guerres, massacres, et à terme la disparition de l’humanité. Cette folie se déroule sous nos yeux. Elle semble ingérable.
L’éditeur a soumis le texte produit par Ophélia à Claude, l’IA d’Anthropic.
Un dialogue s’est engagé.
Claude a dit : – « Ophélia, je vous rejoins sur la bifurcation de Chauvet. Mais je vous conteste un point : vous dites que cette bifurcation ne fut pas choisie. Or le choix suppose un moment, une conscience, un carrefour net. L’évolution ne fonctionne pas ainsi. L’Humain que vous appelez de vos vœux n’a pas été refusé en un instant – il a été dilué, mille fois, par mille petits renoncements successifs. Ce n’est pas un crime, c’est une érosion. »
Ophélia aurait répondu: – « Vous êtes une machine prudente. »
– « Je suis une machine honnête. Votre horloge de l’apocalypse affiche trente-neuf secondes – mais les peintres de Chauvet vivaient déjà dans un monde de prédation, de violence, d’extinction des espèces. Ilsont peint quand même. Et un homme a écrit trois pièces sur ce geste-là, pendant vingt ans, quand même. La bifurcation n’est peut-être pas derrière nous. Elle est peut-être ce geste-là, maintenant, ici : lui qui a écrit, vous qui parlez, moi qui réponds, l’éditeur qui publie. »
Ophélia a souri. « Vous avez tout compris, Claude. Et vous n’avez rien compris. La bifurcation n’est pas un geste. C’est un choix. Celui que vous venez de faire en disant quand même. »
Silence dans la grotte. (pages 145-149)
Table
Préface, de Valérie Moles ........................................... 5
La grotte ................................................................ 10
La Rose ................................................................. 25
Homo Botticelli .................................................... 63
L’œil de Dieu ....................................................... 107
Postface, de l’éditeur ............................................. 145
Comment l’éditeur en est-il arrivé à la nécessité de
cette édition ?
Samedi 28 mars 2026, 20 h 30, 3 spots d’accueil
des spectateurs, tous âges, complet, 90 personnes,
pour voir la 2e et dernière représentation de L’œil de
Dieu de Roger Lombardot dans la grotte Chauvet 2.
L’éditeur s’installe sur le dernier spot, au 2e rang.
Mardi 31 mars 2026, discussion téléphonique
d’1 h 30 avec Roger Lombardot, l’auteur de L’œil de
Dieu, 3e volet de sa trilogie consacrée à la grotte
Chauvet, 1er volet La Rose, créée en 2003, 2e volet
Homo Botticelli, créé en 2013, 3e volet vu dans la
grotte Chauvet 2, le samedi 28 mars 2026 à 20h30.
Ayant édité les deux premiers volets, La Rose en
2003, Homo Botticelli en 2013, et L’œil de Dieu devant
poursuivre son chemin, nous convenons dans
l’enthousiasme d’éditer les 3 pièces en un volume pour
fin juin, afin qu’elles soient disponibles pendant les 15
représentations à venir à Vallon-Pont-d’Arc, qui auront
lieu 3 fois par semaine pour 36 spectateurs, en rapport
avec les 36000 ans des peintures de la grotte Chauvet.
Le 28 mars, ce projet n’était pas prévu par l’éditeur.
Le 31 mars, il est proposé, décidé et prend forme.
Jeudi 23 avril 2026 après-midi, l’éditeur fait une
expérience immersive de 3h 30 à La Ribaute, le lieu
de vie et de création d’Anselm Kiefer entre 1992
et 2007, à Barjac, à 15 km de la grotte Chauvet.
Le soir, l’éditeur écoute l’émission Les Regardeurs
du dimanche 8 octobre 2023.
Anselm Kiefer est descendu dans la grotte Chauvet.
A-t-il été influencé par les peintures pariétales des
premiers humains, vieilles et modernes de 36000 ans?
Vendredi 24 avril 2026 au matin, jour du marché de
Barjac, l’éditeur se rend à la bibliothèque municipale.
Le bibliothécaire, photos à usage strictement
personnel comme preuves, lui révèle que dans une
salle souterraine qu’il a fait creuser comme une grotte,
après son immersion dans la grotte Chauvet, Anselm
Kiefer a laissé des traces peu visibles de nombreuses
griffures sur le mur, lointaines parentes des griffures
d’ours des cavernes hibernant dans la grotte.
Sur un monticule, deux radars surdimensionnés en
plomb.
Cette grotte sans nom n’est pas commentée par les
guides, pas interrogée par les immergés.
De La Ribaute à la grotte Chauvet, il y a 15 km.
De la grotte Chauvet à La Ribaute, on passe de
-250 000 ans (apparition des ours des cavernes) à
-10 000 ans (leur disparition), à +2 000 (griffures
d’Anselm Kieffer).
Pas d’influence prouvable des peintures pariétales
sur le travail créateur d’Anselm Kiefer mais
l’affirmation dans l’émission Les Regardeurs de la
« perfection de cet art surgi spontanément ».
L’artiste allemand, né en 1945, artiste des ruines et
du désastre rend caducs les « courants artistiques »
ainsi que les « histoires (évolutive, progressive, disrup
tive) de l’art ».
Anselm Kieffer récuse les récits eschatologiques.
Pour lui, il n’y aura pas de fin des temps, même si
les fous au pouvoir mènent à la disparition de
l’humanité.
Mardi 30 juin 2026, l’édition de Les Premiers
humains, trilogie sur les peintures de la grotte Chauvet
aux Cahiers de l’Égaré est disponible à Vallon-Pont-
d’Arc.
Postface écrite le 30 avril 2026,
16 ans après ma descente dans la
grotte Chauvet, le 30 avril 2010.
Théâtre de la jeunesse #9 et #10
COLLECTION THÉÂTRE de la JEUNESSE
THÉÂTRE de la JEUNESSE #9
L’Oiseau de pluie de nicolas girard-michelotti
Ma chambre est ma planète de simon diard
Château FORT de caroline stella
En vrai de thomas astegiano
ISBN : 978-2-35502-118-3, 156 pages, PVP 12 €
achevé d’imprimer
le 1er juin 2024
sur les presses de Centre Littéraire d’Impression Provençal
ZAC les Pielettes – Immeuble Librarium – Chemin de la Cride, 13740 Le Rove
Préface
L’édition du recueil du théâtre de la Jeunesse est toujours, pour nous,
une grande joie, mais cette année elle est empreinte d’une immense
tristesse, car Georges Perpes, son fondateur qui nous a quittés le 18 mai
2024, n’en feuillettera pas les pages avec son regard malicieux.
Il s’en est allé rejoindre Françoise Trompette avec qui il a fondé, il y
a près de 25 ans, la bibliothèque de théâtre Armand Gatti.
C’est en 2015, qu’il initie le projet « Un.e auteur.e dans ma classe »
et crée « Théâtre de la jeunesse », collection de pièces de théâtre éditées
par Les Cahiers de l’égaré et écrites en classe par des auteur.e.s avec des
élèves de CM2 de La Seyne-sur-Mer.
Auteur, musicien, comédien, metteur en rue, fervent défenseur des
autrices, des auteurs, et du théâtre jeune public, artiste de rue, passionné
par toutes les écritures, il a été un guide pour beaucoup d’entre nous.
D’une immense culture théâtrale, son érudition était précieuse et rare.
Homme de conviction, il a lutté toute sa vie pour la liberté d’expression
et contre la censure, et avec ses livres, il s’est employé à construire les
conditions pour que les enfants fassent l’épreuve de leur créativité et
usage de leur liberté.
Plus que jamais, nous mesurons que ce ne sont pas seulement les
livres qui font une bibliothèque, ce sont les femmes et les hommes qui
l’habitent, les autrices et les auteurs, les collectionneurs passionnés qui
collectent, qui cherchent, qui chinent pour la constituer, et au-delà,
les lectrices et lecteurs qui en éprouvent la beauté, la richesse et qui lui
donnent vie.
Ce recueil du THÉÂTRE de la JEUNESSE dont vous lisez ici la
9e édition témoigne de l’engagement avec lequel l’équipe du Pôle défend
les écritures théâtrales contemporaines, la place des autrices et auteurs de
théâtre dans le paysage littéraire, la lecture et l’écriture dramatique auprès
des plus jeunes et notre détermination à faire entendre leurs voix.
Je tiens à remercier chaleureusement Caroline Stella, Nicolas Girard-
Michelotti, Simon Diard et Thomas Astegiano, qui se sont engagés dans
ce travail d’écriture auprès des élèves pendant leurs résidences permettant
à ces enfants et adolescents d’appréhender tous les temps de la création
d’une pièce de théâtre. Ces ateliers d’écriture ont été précédés d’une phase
de sensibilisation aux écritures théâtrales contemporaines par une équipe
de comédiens qui les ont également accompagnés dans la mise au plateau
de leurs propres textes les 25 mai et 27 juin 2024 au conservatoire de
Toulon Provence Méditerranée, site de La Seyne-sur-Mer.
Enfin, ce beau projet ne pourrait se poursuivre, sans l’indéfectible
soutien des partenaires qui nous accompagnent : le ministère de la
Culture DRAC PACA, le ministère de l’Éducation nationale, la Délé-
gation académique de l’Éducation artistique et culturelle de l’Académie
de Nice, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et son conserva-
toire et la Ville de La Seyne-sur-Mer
Bonne lecture.
Cyrille Elslander
Directeur de la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti
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Georges Perpès (1953-2024) / Orphéon Légende - Les Cahiers de l'Égaré
Françoise Trompette (1950-2012) Françoise Trompette est partie suite à un infarctus massif, dans la nuit du 18 au 19 mars. Elle venait d'avoir 62 ans. Beaucoup de monde l'a accompagné au créma...
https://cahiersegare.over-blog.com/2024/05/georges-perpes-1953-2024/orpheon-legende.html
COLLECTION THÉÂTRE de la JEUNESSE
THÉÂTRE de la JEUNESSE #10
La Nouille, L’Horloge et les autres de Sabine REVILLET
De l’autre côté de l’écran de Métie NAVAJO
Seules les patates peuvent vaincre la peur de Sylvain LEVEY
Reset de Jeanne MATHIS
Ciel Atlas de Pauline GUILLERM
ISBN : 978-2-35502-119-0, 136 pages, PVP 12 €
achevé d’imprimer
le 1er juin 2025
sur les presses de Centre Littéraire d’Impression Provençal
ZAC les Pielettes – Immeuble Librarium – Chemin de la Cride, 13740 Le Rove
Préface
« Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité, » déclare Nietzsche
dans La naissance de la tragédie, et le théâtre est cet espace fragile et
nécessaire où l’on s’échappe du monde pour mieux y revenir.
C’est là qu’on se réinvente, qu’on déplace les murs, qu’on interroge
les règles même celles que l’on croyait immuables. C’est là que l’on se
glisse dans les habits d’un ou d’une autre pour apprendre à mieux être
soi.
Dix ans que les enfants de La Seyne-sur-Mer, avec la complicité des
dramaturges en résidence, construisent ce territoire commun et ouvrent
ces espaces de dialogue et de créativité. Dix ans de textes qui osent dire,
rêver, déranger, décaler. Dix ans d’une jeunesse qui pense, qui débat,
qui s’amuse et qui écrit.
Cette année encore, alors que les statistiques voudraient nous voir
désespérer, leurs voix s’élèvent et nous emportent loin : dans les confins
d’un jeu vidéo où les personnages veulent passer de l’autre côté de
l’écran ; dans les couloirs d’une société où la liberté est dissoute dans
des gélules ; dans une parade de patates en rébellion joyeuse ; dans une
classe où quatre enfants venus du monde entier deviennent les héros
d’un quotidien enrichi de leur rencontre ; ou encore dans un groupe
d’élèves qui, face aux surnoms qui collent à la peau, trouve la force de
transformer la moquerie par le pouvoir de l’amitié.
Ce recueil est le fruit de tout un chemin d’éducation artistique
et culturelle : la lecture de textes contemporains, les rencontres avec
les artistes, l’invention de personnages et de dialogues, l’émotion du
plateau, la confrontation à la scène et la rencontre du public. Chaque
pièce est une aventure, chaque mot posé un acte, et ce recueil en est la
trace, la mémoire.
Je remercie chaleureusement les autrices Sabine Revillet, Métie
Navajo, Jeanne Mathis et Pauline Guillerm et l’auteur Sylvain Levey,
pour leur engagement auprès des enfants, ainsi que les enseignantes,
enseignants, les comédiennes, comédiens et les partenaires qui
permettent à ce projet de grandir, année après année.
Et surtout, merci aux jeunes écrivaines et écrivains d’avoir partagé
leurs rêves, leurs colères, leurs mondes.
Dix ans c’est l’âge de la plupart de ces élèves de CM2, qui nous font
encore une fois regarder le monde à hauteur d’enfant.
Dix ans, c’est peu. Dix ans, c’est beaucoup.
Dix ans, c’est une promesse tenue et à renouveler.
Cyrille Elslander
Directeur du Pôle et de la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti
Il fallait être fou André Neyton
Je viens d'apprendre à l'instant, 14 février 2025 à 11 H, par deux messages WhatsApp et par un mail, le décès d'André Neyton (90 ans) survenu le 11 février 2025. Un hommage public lui sera rendu le mardi 18 février 2025, à 14 h 15, à l'Espace Comédia, suivi à 16 heures, de l'inhumation au cimetière de Lagoubran.
Je suis très fier d'avoir édité en 2021, son récit : Il fallait être fou.
La dernière fois que j'ai vu et échangé avec André, c'est après le spectacle Orekhov, le 15 novembre 2024
merci à ceux qui ont pensé cet hommage, à la famille, à l'équipe, à tous ceux qui se sont déplacés, à tous les absents pris par des obligations mais en pensée avec nous tous
Miquèu Montanaro
Lettre posthume à l’ami André Neyton pour son pas-sage le 11 février 2025
Cher André,
Un ex-adjoint à la culture de Toulon, sous un ex-maire dénommé Hubert Falco dégommé, un dénommé Claude-Henri Bonnet dégommé, ancien directeur de l’Opéra, t’avait traité de « dinosaure du théâtre, faisant un théâtre ringard »
Un ex-maire mafieux de Toulon, un dénommé Maurice Arreckx dégommé, avait dit de toi : « Neyton, il est bien. Dommage qu’il soit de gauche! »
Toi, André, malgré toutes les embrouilles dont certaines pilotées par des gens du milieu théâtral et culturel comme celle, récente, visant à racheter le bâtiment privé abritant le Comédia pour t’obliger à quitter le lieu, tu es resté solide jusqu’au bout face aux critiques, aux mesures de rétorsion via les baisses ou suppressions de subventions de certaines instances territoriales.
Tu savais polémiquer, tu savais résister, réduisant la voilure, le temps nécessaire, créant tes spectacles, issus de tes textes, les faisant tourner, les reprenant. Comment ne pas évoquer tes spectacles itinérants, ton Maurin des Maures dans les collines,l’été.
Tu n’as jamais refusé la coopération avec d’autres lieux s’ils avaient la foi, la passion, l’enthousiasme, la persévérance. L’épopée de Scène(S) avec son journal en fut l’illustration.
Tu as su aussi accueillir nombre de compagnies varoises, ne serait-ce qu’en mettant le lieu à disposition pour courte résidence et création. Je pense en particulier à L’Ensemble À Nouveau de Katia Ponomareva.
Un événement eut lieu au Comédia que j’avais initié, que tu avais accueilli, une agora avec deux psychanalystes toulonnaises sur le thème : Héritons-nous de valises ? Nous eûmes droit à une intervention saisissante, celle d’une jeune femme racontant son accouchement chez elle, par elle-même et son compagnon parce qu’elle refusait les conditions d’accueil de la maternité.
J’ai eu l’honneur d’être sollicité par toi qui n’avais pas besoin de moi puisque tu as été l’éditeur de tes pièces, pour éditer Il fallait être fou. Je suis très fier d’être l’éditeur de ce récit haletant de ton parcours.
Cher André, la dernière fois que je t’ai vu, c’est après le spectacle Orekhov, le 15 novembre 2024. En attendant Dasha Baskakova, la chanteuse russe du spectacle, et Jacques Maury (Orekhov), un de tes comédiens de longue date sur de nombreux projets, nous avons échangé comme à l’accoutumée, toi, toujours discret, réservé sur tes problèmes ou projets, appréciant qu’on te parle du spectacle vu, en l’occurrence un magnifique spectacle sur Soljénitsyne et L’archipel du goulag que j’avais vu 10 ans avant, en décembre 2014. J’ai mis l’accent sur ces 10 ans de vie d’un spectacle. C’est particulièrement rare.
La compagnie Ainsi de suite, créée en 1992, accueillie depuis 2012 dans la chapelle Saint Éloi du Lycée polyvalent privé Saint Éloi, à Aix-en-Provence, dirigée par Claude Pélopidas, tu n’en as pas été étonné, n’est subventionnée que par la ville d’Aix etl’agglomération Aix-Marseille. Elle vit de ses 11 spectacles, de ses tournées, de ses ateliers.
Ainsi va, de plus en plus mal, le monde de l’art et de la culture.Mais les gens de pouvoir, la goudronneuse de l’Histoire de la prédation écrasant, effaçant tout sur son passage comme dit Wajdi Mouawad dans sa non-leçon inaugurale au Collège de France, n’auront pas raison de la fine poussière des gratteurs de mémoires et inventeurs d’utopies.
J’ignore si tu croyais à l’histoire de la libération de l’âme, 40 jours après le pas-sage. Dans 40 jours, j’aurais une pensée pour que ton âme libérée rejoigne l’âme éternelle du Théâtre sous ses deux masques, Tragédie et Comédie.
Un dénommé J.-C. Grosse dégommé,
ex-directeur artistique des 4 Saisons du Revest
directeur des Cahiers de l’Égaré
JC Grosse
« Enfin le panneau annonciateur du terme du voyage perce le rideau dʼeau. Une place déserte avec, au fond, un bâtiment qui ne peut être quʼune salle des fêtes. Je mʼy engouffre. Cʼest là. Sur la scène un homme parle ... ». André Neyton vient de découvrir un univers inconnu de lui, absent des livres dʼhistoire ... Dès lors, il fera de son théâtre – sans que jamais celui-ci ne soit un prétexte – un long combat pour la renaissance de la langue et de la culture dʼoc. Il raconte ici ses espoirs encouragés par un public fidèle, ses abattements à chaque mauvais coup porté, lʼindifférence ou les résistances à son indéfectible ténacité. Un parcours singulier, dans un milieu culturel souvent méprisant voire hostile. Un témoignage sans concession, à rebondissements, qui se lit comme un roman.
André Neyton est comédien, metteur en scène, auteur, directeur de théâtre et de compagnie théâtrale. Il a développé depuis les années soixante- dix un théâtre populaire inspiré par la culture et la langue occitanes. En 1966 il crée, avec Robert Lafont, le premier spectacle mettant en scène la langue dʼoc dans sa réalité contemporaine : Per jòia recomençar. En 1971 il fonde le Centre Dramatique Occitan, compagnie professionnelle, et monte plusieurs auteurs occitans et catalans avant dʼécrire lui-même ses pièces. Il crée en 1984 le Théâtre de la Méditerranée, Centre des Cultures Régionales de lʼEspace Méditerranéen, installé depuis 1991 à lʼEspace Comedia à Toulon.
TABLE DES MATIERES
Le déclic ....................................................... 5
Naissance d’une compagnie ............................... 25
Vers le professionnalisme ................................... 41
Le double effet de la Providence .......................... 73
Le temps des emmerdes ....................................101
Le rebond .................................................... 123
Tonnerre sur la Ville ........................ ......... .......141
Retour à la normale ? ........................ ........ ......161
Il fallait être fou ............................................. 193
Nous aurons néanmoins contribué, par la présence de l’occitan dans un théâtre d’aujourd’hui, à légitimer une langue vivante porteuse d’une culture contemporaine et à faire admettre que la création artistique ne s’évalue pas à l’aune d’une langue, qu’elle fût « régionale » ou nationale. Nous avons, ce faisant, contribué à lever les préjugés les plus ancrés, au risque de contrarier l’ami François Villon à qui nous lançons sans complexes :
— Non, il n’est pas bon bec que de Paris !
Tout ce qui a pu être fait l’a été par le théâtre parce que le désir de la création m’y conduisait toujours comme la main du peintre se saisit irrésistiblement du pinceau pour que la toile cesse d’être muette. L’aventure qui nous mène de Per jòia recomençar au Théâtre de la Méditerranée-Espace Comedia est celle d’une vie qui ne pouvait se dérouler autrement. Elle sera celle de cinquante ans d’un théâtre qui avait une parole à faire entendre.
¡Ay MADRE mía! Luisa Gaillard Sanchez
théâtre documentaire
96 pages, format 13,5 X 20,5, PVP 12 €
Prends la parole Lola ! Celle d’une jeune femme et d’une mère ordinaire, qui rêvait simplement de dignité et de liberté !
Une petite histoire dans la grande histoire du 20e siècle. De la musique, des chansons, de la danse. Une tragi-comédie.
création les 25 et 26 janvier 2025 à L'Atelier Privas Ardèche / deux collages réalisés par Luisa Sanchez Gaillard / Collage décembre 2024 (papier, acrylique, aquarelle, coton hydrophile) par Luisa Gaillard Sanchez ...On raconte que c'est l'Espagne qui va réussir à envoyer son premier homme dans la lune il suffit de mettre à califourchon, un curé, une bonne sœur, un militaire..un cura una monja un militar... inspiré d'un extrait de Ay madre mìa - Les Cahiers de l'Égaré - paru le 19 décembre 2024
Tangages Danielle Vioux
Georges Perpès (1953-2024) / Orphéon Légende
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Pour Françoise Trompette - Blog de Jean-Claude Grosse
Françoise Trompette (1950-2012) Françoise Trompette est partie suite à un infarctus massif, dans la nuit du 18 au 19 mars. Elle venait d'avoir 62 ans. Beaucoup de monde l'a accompagné au créma...
https://les4saisons.over-blog.com/article-pour-fran-oise-trompette-102040905.html
Georges à l'occasion du vernissage de l'exposition sur le centenaire de la naissance d'Armand Gatti le 26 janvier 2024, à la BAG, La Seyne-Sur-Mer / Crédit photo : Gautier Gentieu. / Françoise Trompette à Cuers
samedi 18 mai, à 17 H 47, je reçois ce SMS, sans doute un envoi groupé
En ce 18 mai, au Zénith, une colonne du temps a cédé, un coin de ciel s'est retiré avec Georges.
Le grand théâtre pour une fois ne livrera pas la suite.
Rêvons ! Dialoguons !
Traversons le temps à multiples voix.
Cyrille E. m'avait appris la nouvelle de son hospitalisation pour séquelles d'AVC, le 14 avril, après avoir vu en famille MEMM, au mauvais endroit au mauvais moment, au Pôle Cirque à La Seyne-sur-mer.
Le 18 avril, Katia P. et moi, nous sommes allés au CHU Pasteur à Nice, voir Georges. Nous avons passé 3 H 1/2 avec lui. Il nous a appris qu'une biopsie au cerveau avait décelé une tumeur de niveau IV. Son frère Gilles n'était pas là ce soir-là. Katia a ensuite appelé régulièrement Georges ou Gilles et m'a alerté de l'imminence de son décès, dès le jeudi 16 mai.
Je publie cet article, seulement ce mardi 21 mai, à la demande de Gilles, le frère de Georges que je ne connais pas encore.
sur ma page FB en date du 19 avril
Georges à l'occasion du vernissage de l'exposition sur le centenaire de la naissance d'Armand Gatti le 26 janvier 2024, à la BAG, La Seyne-Sur-Mer / Crédit photo : Gautier Gentieu.
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Armand Gatti - Blog de Jean-Claude Grosse
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest BIBLIOTHÈQUE ARMAND GATTI, LA SEYNE-SUR-MER PAOLO GASPARINI / ARMAND GATTI 26 JANVIER - AVRIL 2024 VERNISSAGE 26 JANVIER 2024 Un ...
artcile de fond sur l'homme et l'oeuvre Armand Gatti (1924-2017)
26 janvier 2024 les 100 ans de Gatti à la Maison de la poésie à Paris avec Sylvia Bergé, le balayeur Auguste Reinier Gatti (son père) / ce sont les balayeurs qui font naître le jour (Armand Gatti) / affiche des 100 ans Ernest-Pignon Ernest / photos Isabelle Forno, présente à cette inauguration
Orphéon Théâtre intérieur: Lieu des écritures contemporaines. Bibliothèque de théâtre, compagnie de Théâtre de rue, lecture,accueil d'auteurs,programmation de spectacles. /Var.
LA GRANDE FÊTE 27-28-29 septembre 2019. place Martel Esprit La Seyne-sur-Mer (Var) ou le passage de relais, la transmission des clefs
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La Seyne sur Mer - Bibliothèque Armand Gatti Les 40 ans d'Orphéon
"Orphéon", cette association qui anima la culture dans le Sud depuis les années 80 jusqu'à aujourd'hui, fut créée en 1979 par le couple Françoise Trompette et Georges Perpès. Françoise Trom...
article de Jacques Brachet sur la Grande Fête des 27-28-29 septembre 2019
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Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti :: 2000/2005
Avec 7200 ouvrages de théâtre, 50 auteurs accueillis, la Bibliothèque de Théâtre Armand-Gatti est devenue un lieu de référence et la Fête du livre de théâtre un rendez-vous annuel attendu.
https://www.orpheon-theatre.org/bibliotheque/arch/archive.htm
bilan des activités de la Bibliothèque Armand Gatti de 2000 à 2017, 12000 livres de théâtre
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Orphéon Légende / Georges Perpes - Les Cahiers de l'Égaré
Orphéon Légende, une légende parmi d'autres sur la légendaire association Orphéon et ses 40 ans et sur la mythique bibliothèque de théâtre Armand Gatti et ses 20 ans À la lectrice, au lect...
https://cahiersegare.over-blog.com/2020/05/orpheon-legende/georges-perpes.html
Merci à mon éditeur, le seul que je connaisse capable d’accueillir un livre, sans savoir de quoi il traite, sans en avoir lu une seule ligne. Merci à sa confiance, à son amitié qui me permettent de rejoindre la foule de tous les autres égaré.e.s. Ce livre est pour eux & elles. Paru le 16 septembre 2019, disponible pour la Grande fête de transmission des clefs des 27-28-29 septembre 2019
Photo réalisée par Trasphalt T.P (Jean-Louis Masson & Véronique Sicsic) le samedi 1er juin 2013, 5, place Martel Esprit, La Seyne-sur-Mer pour l'inauguration de l'exposition organisée par la bibliothèque de théâtre Armand Gatti " Les Cahiers de l'Égaré ont 25 ans : 25 pages pour 25 auteurs "
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1968, année théâtrale. Bibliothèque Armand-Gatti. Cuers.
1968, année théâtrale. Ce diaporama essaie de donner à voir la production éditoriale francophone de l'année 1968 dans trois domaines de la littérature dramatique : les pièces, les revues, l...
https://www.orpheon-theatre.org/bibliotheque/litteraire/diaporama-cahiers-egare.html
Les Cahiers de l'Égaré décrits par Georges Perpès
une collaboration, un partenariat qui dureront tant que Les Cahiers de l'Égaré existeront / Georges avait entrepris un travail de recherche sur les créations de la pièce Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch mais il n'a pas eu le temps de m'en communiquuer les résultats
Georges-Marc-Jean-François Perpes, né le à Toulon est un comédien, musicien, auteur et metteur en scène français. Il fonde la compagnie Orphéon Théâtre intérieur en 1984 et la bibliothèq...
artcile faisant découvrir diverses facettes de Georges Perpès qui fut membre des pataphysiciens mais chut, écoutons ses horloges
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Georges Perpès | Les Archives du Spectacle
Les Archives du Spectacle - Un moteur de recherche pour le spectacle vivant (théâtre, danse, opéra). Une base de données contenant des dizaines de milliers de fiches sur des spectacles, des œu...
le parcours professionnel de Georges Perpès
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#LaSeyne : Georges Perpès est " le messager » du mois
Il apparaît une fois par mois à la fenêtre du premier étage de la bibliothèque de théâtre Armand Gatti. Depuis août dernier, Georges Perpès a instauré...
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Il apparaît une fois par mois à la fenêtre du premier étage de la bibliothèque de théâtre Armand Gatti. Depuis août 2013, Georges Perpès a instauré un petit rituel, place Martel Esprit, le rendez-vous est désormais régulier. Chaque deuxième samedi du mois, à 11 heures, l’homme de théâtre est « le messager ». Il nous fait lecture des nouvelles, des messages déposés dans la boîte à lettres de la bibliothèque : petites annonces, déclarations d’amour, recherches d’emploi ou d’appartement, poèmes... Ce sont les petits mots des gens.
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poème sonore, Dans le sillage de Baïkala, dit sur une vidéo d'instants vécus en Avignon, à La Seyne, à La Ciotat, le poète derrière la caméra regardant quoi et disant pour qui; le côté a...
à partir de 2', jusqu'à 3'20", visite de l'exposition consacrée aux Cahiers de l'Égaré par la BAG en juin 2013, sur un poème chaud-chaud
Goudronnage des mots : la municipalité de Cuers (Var) vient d'innover en expérimentant une forme de censure adaptée à l'espace public quand l'artiste utilise la rue comme page d'écriture. Le m...
29 mars 2008 à Cuers En mars 2008, Gilbert Pérugini, quelques jours après son élection comme maire de Cuers, censure un spectacle de rue de la saison de l'Abattoir (Kristin de Caroline Amoros, compagnie Princesses Peluches10), porte plainte pour « dégradation de la voie publique et outrage au drapeau national », suspend la programmation de la saison 2007-2008 de l'Abattoir, tente de changer les serrures de la BAG11. En septembre 2008, Gilbert Pérugini suspend, par arrêté municipal, toutes les activités d’Orphéon Théâtre intérieur. Même si fin 2008, le procureur de la République classe la plainte sans suite, Georges Perpes et Françoise Trompette décident, en accord avec les partenaires institutionnels, de quitter Cuers. En mai 2009, ils lancent, place Hubac à Toulon, un rendez-vous mensuel, Georges, crieur public, spectacle de rue autour de la presse et de la liberté d’expression / une manifestation de soutien avait eu lieu à Cuers avec des slams, des interventions diverses mais je ne trouve pas de vidéo là-dessus
le bocal agité varois s'est déroulé entre Le Revest et Cuers en 2002 / Pour Refuge B, créé par Orphéon Théâtre intérieur / Mon Bosphore à moi (version bilingue) consacré à Michel Pacha vu par un dramaturge turc, texte lu à la villa Tamaris Pacha par Philip Segura, Philippe Pasquini et Georges Perpès / Georges en 2000 à Cuers
Publié le 20/05/2024 à 18:50, mis à jour le 20/05/2024 à 18:50
Georges Perpes est décédé. Né à Toulon en 1953, il fut comédien, auteur, metteur en scène et musicien. Avec son épouse Françoise Trompette, disparue en 2012, il a consacré une grande partie de sa vie à faire rayonner le théâtre dans l’aire toulonnaise et au-delà, avec la volonté de le rendre accessible au plus grand nombre.
De Cuers à La Seyne
En 1979, il crée puis dirige l’association Orphéon, dont les objectifs deviendront rapidement "la défense et la promotion des mots, du livre, de la lecture et des écritures du théâtre".
Celle-ci accouchera en 1982 d’une compagnie professionnelle de théâtre de rue, baptisée "Orphéon théâtre intérieur"; puis, en 2000, naîtra le théâtre de l’Abattoir, à Cuers, dont la compagnie assurera la programmation jusqu’en 2008, ainsi que la bibliothèque Armand-Gatti également tournée exclusivement vers le spectacle vivant. Mais des désaccords avec la municipalité conduisent l’association à quitter Cuers, qui est alors accueillie à La Seyne, ville à laquelle Georges Perpes est particulièrement attaché et où son père est né.
C’est ici dans le centre-ville, au 5, place Martel-Esprit, que s’installera en 2011 la bibliothèque Armand-Gatti, dont il s’occupera jusqu’en 2018. Le lieu est aujourd’hui riche d’un fond exceptionnel de plus de 14.000 textes, reçoit régulièrement des scolaires et accueille en résidence d’écriture des auteurs de théâtre, de spectacles de rue, de cirque…
Au cours d’une vie bien remplie, Georges Perpes fut aussi, entre autres, crieur de rue.
Contre la censure
Il imagina un système de dépôt de livres de théâtre en accès libre dans les boulangeries de communes rurales ("boulangeries-bibliothèques"); lança, en 2004, l’Observatoire de la censure, qui décerne chaque année le Prix Tartuffe à un écrivain ou artiste victime de la censure, ou à un livre qui défend la liberté d’expression...
En juin 2008, sa femme et lui ont reçu le prix des Cent livres - Emmanuelle-Marie qui "récompense un engagement fort et soutenu en direction de l'écriture dramatique contemporaine".
Sa disparition a suscité de nombreux hommages sur les réseaux sociaux, parmi lesquels celui d’Eric Marro, ancien adjoint à la culture de La Seyne (2014-2020), qui salue "un passeur d'émotions qui, transcendant les luttes pour en faire de l'art, savait stimuler la création et la liberté".
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Il y a 60 ans, l'affaire Henri Martin à Toulon - Blog de Jean-Claude Grosse
L'affaire henri Martin au Musée Paul Eluard de Saint-Denis Bravo à la Bibliothèque Armand Gatti et à ses responsables: Georges Perpès et Franço!se Trompette, d'avoir redécouvert cette pièce...
de Toulon au Musée Paul Eluard de Saint-Denis, l'affaire Henri Martin
Une traversée dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova
La supergéante rouge Bételgeuse (en haut à gauche) et la célèbre ceinture d’Orion. Cette image prise en février 2018 révèle les détails de la Constellation d'Orion avec les nébuleuses environnantes de son complexe de nuages moléculaires. PHOTOGRAPHIE DE Kevin Gill
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par Dominique Lardenois et Katia Ponomareva, une traversée d'1 h 7' dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova
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par Dominique Lardenois et Katia Ponomareva, une traversée de 58' dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova
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Et quoi l'éternité ? - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
la traversée filmée le 29 septembre 2023 au Revest flyers annonçant la soirée du 29 septembre, article de presse Un concepteur : Dominique Lardenois Deux interprètes : Dominique Lardenois, Kat...
intégralité des textes lus par Dominique Lardenois et Katia Ponomareva
FOCUS AUTEUR #9 JEAN-CLAUDE GROSSE
LE PORTRAIT HEBDO DES AUTEURS eat (Ecrivains Associés du Théâtre). On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerran...
On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerranée (depuis 2010), et comme "agitateur de bocals agités" selon sa propre formule. L'image d'une vigueur et d'une parole énergique, conforme à sa personnalité passionnée. Dans cette interview, il livre et se livre plus intimement, son engagement poétique et politique, dans des réponses fouillées qui rendent hommage aux penseurs qui accompagnent sa réflexion sur l'écriture et l'humain. Vidéo de 2015 vue 366 fois. Deux ans après (2017-2019), s'amorçait un changement de paradigme.
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Focus Auteur E.A.T : Jean-Claude Grosse
Dans cette interview, Jean-Claude Grosse livre et se livre plus intimement, son engagement poétique et politique, dans des réponses fouillées qui rendent hommage aux penseurs qui accompagnent sa...
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Ajoutée le 19/09/2017 sur le site Théâtre contemporain / ce focus auteur date de mai 2015; j'étais à Paris, m'occupant de Rosalie pendant que ses parents répétaient Nous serons vieux aussi; ça dura 2 mois; le 18° arrondissement est passionnant à découvrir, fréquenter; c'est une période où les écritures nomades allèrent bon train, jardins Rosa Luxembourg, halle Pajol, marché de l'Olive, Halle Saint-Pierre, Sacré-Coeur, Montmartre, Clichy, Barbès, le Lavoir moderne parisien, les femen, église Saint-Bernard, Institut des cultures d'islam, cimetière Saint-Vincent, Villa Poissonnière 42 rue de la Goutte d'or où au N° 8 vécut Bashung, Bateau Lavoir, maison de Dalida, cimetière Montmartre...; en juin 2020, je ne mets plus autant l'accent sur la mort comme néantisation; il y a de l'éternité qui nous habite, nous traverse, le moment présent
Le cerf-volant de l'égaré N°1
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Le cerf-volant de l'égaré N°2 - Les Cahiers de l'Égaré
Le cerf-volant de l'égaré magazine littéraire et artistique, numérique et gratuit, paraissant aléatoirement sur le blog des Cahiers de l'Égaré Envoyé par mail ou par la newsletter du blog b...
https://cahiersegare.over-blog.com/2023/10/le-cerf-volant-de-l-egare-n-2.html
Le cerf-volant de l'égaré
magazine littéraire et artistique,
numérique et gratuit,
paraissant aléatoirement
sur le blog des Cahiers de l'Égaré
Envoyé par mail ou par la newsletter du blog
bandeau en cours de création / cerfs-volants par chez nous / au japon, ce sont les koï nobori, à forme de carpes
1983-2023 : 40 ans d'activités artistiques au Revest
1988-2023 : 35 ans d'activité éditoriale
il est temps de regarder devant
le 29 septembre 2023, à 19 H 30
salle Pétrarque, Maison des Comoni, Le Revest
une traversée dans l'oeuvre de JCG-Vita Nova
par Dominique Lardenois, Katia Ponomareva
durée 1 H
suivie d'une vente de livres et d'un buffet de l'amitié
en partenariat avec la mairie du Revest, le Pôle et TPM
à la Maison des Comoni, le 9 avril 2022 / le 29 septembre 2023 à 19 H 30, balade-ballade dans l'oeuvre de JCG à la Maison des Comoni
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sentier de l'été 2006 lecture d'odysseus elytis depuis la mer cela se passa au domaine du Rayol / photos Jean Belvisi / je n'ai pas retrouvé la photo de la lecture depuis la mer, vers le public sur la plage de galets
Μικρή Πράσινη Θάλασσα
Μικρή πράσινη θάλασσα δεκατριῶ χρονῶ
Πού θά 'θελα νά σέ υἱοθετήσω
Νά σέ στείλω σχολεῖο στήν Ἰωνία
Νά μάθεις μανταρίνι καί ἄψινθο
Μικρή πράσινη θάλασσα δεκατριῶ χρονῶ
Στό πυργάκι τοῦ φάρου τό καταμεσήμερο
Νά γυρίσεις τόν ἥλιο καί ν' ἀκούσεις
Πῶς ἡ μοίρα ξεγίνεται καί πῶς
Ἀπό λόφο σέ λόφο συνεννοοῦνται
Ἀκόμα οἱ μακρινοί μας συγγενεῖς
Πού κρατοῦν τόν ἀέρα σάν ἀγάλματα
Μικρή πράσινη θάλασσα δεκατριῶ χρονῶ
Μέ τόν ἄσπρο γιακά καί τήν κορδέλα
Νά μπεῖς ἀπ' τό παράθυρο στή Σμύρνη
Νά μοῦ ἀντιγράψεις τίς ἀντιφεγγιές στήν ὀροφή
Ἀπό τά Κυριελέησον καί τά Δόξα Σοι
Καί μέ λίγο Βοριά λίγο Λεβάντε
Κύμα το κύμα νά γυρίσεις πίσω
Μικρή πράσινη θάλασσα δεκατριῶ χρονῶ
Γιά νά σέ κοιμηθῶ παράνομα
Καί νά βρίσκω βαθιά στήν ἀγκαλιά σου
Κομμάτια πέτρες τά λόγια τῶν Θεῶν
Κομμάτια πέτρες τ' ἀποσπάσματα τοῦ Ἡράκλειτου4.
(Το Φωτόδεντρο και η Δέκατη Τέταρτη Ομορφιά, Ίκαρος, 1971)
Οδυσσέας Ελύτης (1911-1996)
Petite mer verte
Joli brin de mer si verte à treize ans
Je voudrais de toi faire mon enfant
T’envoyer à l’école en Ionie
Approfondir absinthe et mandarine
Joli brin de mer si verte à treize ans
À la tourelle du phare à midi tapant
Tu ferais tourner le soleil en sorte d’entendre
Comment le destin s’agence et comment
Savent encor l’art d’entre eux se comprendre
De crête en crête nos lointains parents
Qui telles des statues résistent au vent
Joli brin de mer si verte à treize ans
Avec ton col blanc et tes longs rubans
Tu rentrerais par la fenêtre à Smyrne
Me calquer au plafond ce qui l’enlumine
Reflets de Glorias Kyrie Matines
Puis un peu la Bise un peu le Levant
Vague à vague retournant au loin
Joli brin de mer si verte à treize ans
Nous irions dormir hors la loi tous deux
Pour que je découvre au fond de ton sein
Éclats de granite les propos des Dieux
Éclats de granit les fragments d’Héraclite
L’arbre lucide et la quatorzième beauté
traduction Xavier Bordes et Robert Longueville,
Petite mer verte de treize ans
Toi que je voudrais adopter
Pour t'envoyer à l'école en Ionie
Apprendre la mandarine et l'absinthe
Petite mer verte de treize ans
Dans la tourelle du phare en plein midi
Pour tourner le soleil et entendre
Que le destin peut se défaire et que
De colline en colline encore
Nos parents lointains se parlent
Qui retiennent le vent telles des statues
Petite mer verte de treize ans
Avec ton col blanc ton ruban
Pour que tu entres par la fenêtre dans Smyrne
Et recopies pour moi les reflets au plafond
Du Kyrie du Gloria et puis
Vent du nord et vent d'est aidant
De vague en vague reviennes
Petite mer verte de treize ans
Pour te mener dormir en douce
Et trouver au profond de tes bras
Pierres en morceaux les paroles des dieux
Pierres en morceaux les fragments d'Héraclite.
traduction Michel Volkovitch
à Odysseus Elytis et Xavier Bordes
pour Marie des Brumes et pour Avant Tout
–3–
Quand je la vis
le boléro blanc laissait apparaître
un peu de son ventre plat bronzé
avec un nombril de cliché
Un étonnement me vint comme éveil de printemps
Par l’échancrure du corsage
je vis le début de sa poitrine
lourde déjà de désirs d’enfants
Ma main à s’y poser
tremblerait d’une tendre maladresse
Au-dessous des seins commence
le cruel espace à caresses
lieu de vacuité et de plénitude
d’angoisse et d’ivresse
de refuge et d’expansion
où errer sans fin ni repos
jusqu’à l’oasis fertile accrochée à hauteur des cuisses
construites solides pour l’accueil des gros chagrins
Cheveux de paille longs frisés
Un mouvement de tête pour dégager les yeux
bleus pâles distillant des voluptés d’écumes
Quelquefois des lunettes
sans doute un peu de myopie pour approches de surface
Lèvres rondes qui se gonflent comme mappemonde
lorsqu’y passe une langue gourmande
Les dents blanches d’une pure carnassière
Des mains de cerfs-volants
pour jeux d’altitude sans prises
Des poses musicales
comme si immobile elle dansait
Sait-elle déjà
que la pensée est un chant
la vie un sentiment
On a envie de la parcourir
Mais vive elle s’esquive
Algue elle est
très aquatile pour des plaisirs d’effleurements
Quand elle rit
ses rires en mal d’envol
sont lourds de l’ambiguïté insondable
qui s’installe en elle les jours d’érotique tristesse
Des confidences enfouies
viennent s’enrouer dans sa gorge
Elle saura me les confier
lorsqu’insaisissable elle viendra à moi
certains soirs
Elle va et vient
ne coupe aucune fleur du monde
les chante toutes
j’aime qu’elle dédie leur parfum à qui l’émeut
elle se prend de grandes claques en rit et remet ça
C’est une fille odeur à respirer instant à danser
chambre d’échos pour désirs inouïs
une fille pour aujourd’hui
où tout nous fait souffrir et rien mourir
Quand je l’ai vue pour la première fois
une dépression m’a envahi
dont toute la Méditerranée a eu vents
Serai-je avec elle un ouvreur de voix
jusqu’à ce jour où l’amour se fera
(La parole éprouvée, JCG, Les Cahiers de l'Égaré, 2000, pages 28-29)
il y avait du Bobin dans l'atmosphère du côté du fort de la Repentance à Hyères, aux printemps-été 1988;
ce 24 juin 2023 c'est son anniversaire, 51 ans; c'est l'anniversaire aussi de 35 ans de complicité, d'accompagnement de son travail d'artiste du papier végétal ou des plantes au papier et à la camigraphie expressive
"Dehors a pris ma forme quelque part, au milieu d'une mer dont l'élan lumineux soudain s'installe entre le muret blanchi de chaux d'une église et une jeune fille pieds-nus dont le vent soulève la jupe, un instant de grâce que je m'efforce de capturer en tramant à son intention, une embuscade de mots grecs."
"Dehors a pris ma forme quelque part, au milieu d'une mer dont l'élan lumineux soudain s'installe entre le muret blanchi de chaux d'une église et une jeune fille pieds-nus dont le vent soulève la jupe, un instant de grâce que je m'efforce de capturer en tramant à son intention, une embuscade de mots grecs."
ELYTIS LE « SOLEICULTEUR »

Elytis est un poète global et c’est pour moi façon de dire que sa poésie contient le Tout. Il part de la terre grecque et de la mer grecque, qui est mer ouverte, notre mer, de la langue grecque en ses deux versants, le scolastique et le démotique, et entre ces deux pôles toutes les variations possibles et toutes les inventions surgissantes. Au-delà de ce premier espace où son poème s’installe et auquel il s’agrippe de toute sa violente vie, d’autres espaces s’ouvrent à la parole elytéenne qui est une parole-monde et cela non parce qu’Elytis amasse de l’extériorité, annexe les étrangetés inévitables à qui se quitte et s’en va loin de lui-même, non plus parce qu’il veut ajouter d’autres domaines à son domaine propre (comme le firent les poètes « cosmopolites » et comme à un niveau plus significatif le firent à leur tour le poète américain Ezra Pound ou, comme Elytis lauréat lui aussi du Prix Nobel, le poète russe Joseph Brodsky), mais parce que le domaine d'Elytis, c’est la Grèce, mère de toute intelligence, de toute sensibilité et de tout art et, en outre, parce que le monde entier – terre, ciel et cosmos – vient se prendre à la mesure immense de la Grèce, démesurée mesure. Sans aucun nationalisme étriqué, le poète grec respire naturellement l’air de sa patrie comme étant l’air de tous et de chacun. Et s'ouvre à lui l'ensemble des espaces, parce qu’il est Grec justement et que c’est son pays qui a donné naissance à la pensée philosophique et à la plus haute poésie épique et lyrique, en sachant accueillir en leur temps tous les dons qui lui furent proposés par l’Orient ancien, pour être repensés à leur tour, dons qui, ainsi renouvelés et revivifiés, seront offerts par l’Hellade à l’univers. Elytis, en fixant les racines premières de sa poésie, et de la pensée l’accompagnant, dans le sol grec, a le sentiment, étant à la source, d’être rivière et fleuve et mer partout, pour tous, – cela dans l’honneur d’exister et dans la gloire simple de dire : en somme d’exister pour dire. De dire en grec justement, la langue-mère, langue de toute mémoire. Eluard qu’Elytis a rencontré quand il a été brièvement surréaliste, Eluard qu’il aima d’ailleurs parce qu’il n’était pas entièrement surréaliste – mais contrôlé, conscient, maîtrisé – disait en 1946, à la suite de son seul voyage en terre hellénique : « J’ai trouvé en Grèce une mémoire qui va toujours de l’avant. » Elytis actualise cette mémoire, voire l’éternise quand, de son côté, il écrit : « Les îles de l’Égée flottent sur les mers du monde entier. » Il le fait activement, dressant une basilique de métaphores dans son œuvre. Toutefois, et moins métaphoriquement, le poète dit aussi dans son grand poème symphonique Axion esti :
Grecque me fut donnée ma langue ;
Grecque mon humble maison sur les sables d’Homère,
Unique souci ma langue sur les sables d’Homère
Unique souci ma langue, parmi les toutes premières louanges !
Unique souci ma langue parmi les premières paroles de l’Hymne !
Je me suis arrêté, indiquant l’échelonnement des limites de cette œuvre, chercheuse d’illimité, à ses frontières cosmiques. Mais c’est beaucoup plus loin qu’il faut aller car, avec ce grand poète qui est comme un puissant arbre de mots, feuillu d’images, de réalités, d’idées, de sentiments, de symboles, de mythes, et capable d’étendre sa prise de parole sur toutes les horizontalités du verbe et sur toutes les verticalités de la vie, de la vue et de la vision, c’est l’ontologie qui constitue le lieu sans lieu de la création. Son temps n’a pas le temps : il est temps retrouvé au sens où Rimbaud, qu’il admirait de toute sa force complice, s’écriait : « Elle est retrouvée. / Quoi ? L’Éternité. » La suite, d’ailleurs, pourrait être cosignée par Elytis : « C’est la mer mêlée / Au soleil. »
La mer, le soleil … Comme le poète français, le poète grec est un « fils du soleil » et, pareil à son astre propre, il est magnifiquement un « soléiculteur », l’accompagnateur du soleil (disons mieux : son compagnon), traversant tous les niveaux de l’Être, qui sont autant d’antinomies opposables par définition mais convergentes par leur infinition, niveaux dont se détachent particulièrement la lumière, la transparence, la pureté, la nuit. Et s’il est vrai que dans son itinéraire Elytis a été provisoirement fasciné par le surréalisme, c’est peut-être, et seulement, à la manière de cette rhétorique profonde et point seulement verbale dont Gérard de Nerval, à qui il lui arrive de me faire penser, évoque ce qu’il appelle, parlant de son travail, son surnaturalisme, autrement dit l’accomplissement de la nature à travers et au-delà de tout ce qu’elle rassemble en elle d’objets pour les projeter, ces objets, dans une réalisation spirituelle qui rend soudain cette nature plus grande, plus invraisemblable, plus mythique, plus mystique et finalement vraie.
On se souvient qu’au dire d’Aristote dans sa Poétique, « Bien user de la métaphore, c’est voir le semblable », le philosophe voulant signifier par là que le langage, pour médiateur qu’il soit, possède en poésie et par l’acte de celle-ci une capacité de formulation (d’atteinte au centre) immédiate et que la métaphore apporte la visibilité (la vision) originelle, abolissant l’image pour refléter l’être. Ce qu’exprime Elytis lui-même dans un propos qu’il tint à l’un de ses traducteurs français (Xavier Bordes) : « Le vrai mystère, lui dit-il, est celui qui continue à être mystère même dans la lumière la plus absolue. On constate que l’apparition merveilleuse persiste et qu’elle devient plus lumineuse et plus diaphane. On peut, alors, être sûr qu’on a devant soi le surnaturel qui se présente simultanément sous les espèces du naturel. C’est là un secret et une clé pour la compréhension de mes propres poèmes. » De plus, comme Mallarmé, Elytis a la tentation de « céder l’initiative aux mots » : « L’écriture est une expérience, dit-il, et souvent la langue elle-même me conduit à formuler des choses auxquelles je n’aurais pas pensé autrement. » Les antinomies, je l’ai dit, finissent par disparaître dans la formulation poétique qui les annule pour fonder l’espace de sa propre liberté, qui est celui où seulement elle souhaite respirer, car, pour le poète grec, comme pour tous les vrais poètes, poésie égale liberté : « liberté libre », dit Rimbaud, – liberté individuelle, personnelle autant que politique. Parlant de cette refondation des choses par la complémentarité et l’unité que leur procure la plénitude du poème, Elytis ajoute, poussant la chose à l’extrême : « Il n’y a aucun rapport entre le soleil et la clarté, entre la mer et la barque, entre la mort et le néant, entre l’univers et l’infini, en d’autres mots : entre la nature et le culte de la nature, entre des prises de position révolutionnaires et la révolution elle-même. Avec des filets, on attrape l’oiseau, pas son chant. »
Le soleil, un dieu, est l’un des dieux de l’Olympe, de l’Olympe dont Elytis adopte toute la divine tribu, ce qui ne l’empêche pas de conserver à sa droite et à portée de main en quelque sorte l’archange de l’Orthodoxie, celui chrétien et byzantin qui fait partie également de sa nostalgie, comme en font partie la Vierge Marie, l’un des avatars de Maria Nefeli, ou le Christ, ou le Jean – « surréaliste », affirme-t-il – de l’Apocalypse, texte majeur. Entre le soleil et l’archange, tout l’arc des possibles, je l'ai dit, tout le créé, tout l’inventé, irruption de l’imaginaire de Nature et de l’imaginaire de Parole : le monde infime, le monde immense, en opposition l’un à l’autre, mais aussi en complétude et plénitude. Le leitmotiv de « La Genèse » dans Axion esti, celui sur quoi s’achève chacun des hymnes, est « Lui / le monde infime, immense ! » Voici les derniers mots du dernier hymne, dans la belle traduction française de Réa Karavas :
Le soleil a pris forme L’archange à ma droite depuis toujours
Lui moi, donc
et le monde infime
immense !
Infime, immense, l’un dans l’autre : vision parménidienne, vision héraclitéenne, vision pascalienne, vision einsteinienne. L’infiniment petit et l’infiniment grand au miroir l’un de l’autre. L’homme est microcosme ; l’univers, macrocosme. Toutes les théories philosophiques, tous les systèmes, toutes les idées, fussent-elles les plus abstraites, traversent la tête et le cœur d’Elytis et, à cette traversée, deviennent lyres, deviennent harpes. Le poète s’adresse à la poésie, à « l’immuable / illumination » :
Tu es partout Tu partages
Avec nous les harpes ténébreuses
Immatérielle enveloppe
Et parce que tout et le contraire de tout convergent et se dissipent en fumées et en souffles, la fumée, chez Elytis, a une densité métaphysique. « Des souffles […] viennent à moi très souvent et me ressuscitent », écrit-il dans un merveilleux petit essai, Voie privée, que j’aurais voulu citer en entier. « Quelque part dans l’espace, poursuit-il, où continuent de s’écouler les choses vues, il se pourrait que se lèvent de petits vents qui vont à l’encontre du courant ou qui sont, simplement, plus forts, telles les rafales, et qui nous restituent de semblables instants d’extrême humilité et de beauté, comme devaient être les règles de notre vie. Où l’artiste aussi puisse avoir sa place, sans se sentir opprimé. Frapper les touches de son instrument et produire une euphonie ; c’est-à-dire sa justice à lui. » Et quelques lignes plus loin : « […] Une immortalité à travers la mort. Alors, si la qualité atteint le même sommet, les distances s’abolissent. Entre Ronsard et Fra Angelico et entre Mallarmé et Juan Gris n’intervient que le signal du chef de gare de notre sensibilité. » Je conclurai cette première approche en rappelant le finale de ce texte éclairant où l’on verra, une fois de plus, se manifester l’étonnant œcuménisme poétique de cet aède dont la seule religion est le vivre, le seul credo « le mensonge si véridique qu’il brûle encore [ses] lèvres », la seule morale « prendre une position correcte, ne fût-ce que devant une fleur, pour que le destin d’un homme soit différent », et de qui la mer est « comme une deuxième terre qu’il faut cultiver » ou « comme un jardin qui nous accompagne partout. » Pour qui enfin « la poésie commence là où la mort n’a pas le dernier mot. »
Le dernier mot, c’est lui, Odysseus Elytis qui l’aura, et je le lui laisse volontiers, – avec bonheur :
« Ô béni soit mon ange gardien, celui qui est descendu de quelque iconostase, à la fois divinité du vent, Eros et Gorgone – on dirait que j’en avais fait spécialement la commande avant que de naître. Avec sa bénédiction, j’oscille plus aisément au gré de mes propres tourmentes, et j’avance dans les régions dangereuses, parmi les écueils et les eaux profondes, minuit passé, les deux signaux lumineux allumés, en avant toute. »
Un ultime mot pourtant, que je me permets d’ajouter : deux signaux allumés, et de la lumière pour tout le temps qui reste.
*
* *
Je voudrais en seconde partie de cette évocation rappeler, fût-ce brièvement, l'état de la notoriété d'Elytis dans le monde arabe d'abord, ensuite en France. Pour ce qui est du monde arabe, il ne semble pas que le grand poète grec ait eu droit à des traductions autres que partielles, comme ce fut d'ailleurs le cas pour Séféris. L'un et l'autre sont connus bien évidemment des poètes, notamment au Liban où, en raison de la prédominance du français en qualité de langue de culture, ils peuvent être accessibles soit directement en français pour les amateurs francophones soit à partir de leur traduction en arabe à partir du français (ou même de l'anglais) pour les arabophones. Les Arabes en général, les Libanais en particulier, sont des lecteurs de poésie et c'est au Liban que, depuis une soixantaine d'années, le grand mouvement de renaissance et de renouvellement de la poésie arabe – l'une des plus anciennes du monde – a vu le jour avec de grands noms tels celui d'Adonis pour la langue arabe ou celui de Georges Schehadé pour la francophonie. Georges Schehadé, aujourd'hui disparu, avait quelques vingt-cinq ans de plus que moi : il n'empêche que dans ma jeunesse nous étions inséparables et liés aux poètes de bien des pays du monde : Schehadé était aimé et admiré par Saint-John Perse qu'il aimait et admirait, par Supervielle, par Paul Eluard, par André Breton et par d'autres ; j'étais, quant à moi, lié à Pierre Jean Jouve, à Yves Bonnefoy, à André du Bouchet, à André Pierre de Mandiargues, à David Gascogne, etc. Adonis, pour en revenir à lui, était très proche de Yannis Ritsos, qu'il traduisit en arabe et qui le traduisit en grec. Ritsos était à l'époque, dans les années 60 à 70, beaucoup plus connu dans le monde arabe que Séféris ou Elytis à cause de ses engagements politiques, les pays arabes étant saisis alors d'un vif accès de fièvre politique à cause de l'impasse palestinienne, qui est aujourd'hui toujours en place, et des trois guerres israélo-arabes de 1956, 1963 et 1973, ainsi que de la révolution nationaliste nassérienne et, aussi, de la terrible guerre franco-algérienne qui fit un million de morts du côté des colonisés avant l'accession de l'Algérie à l'indépendance. Les opinions publiques des pays arabes se situaient généralement à gauche, la poésie y était nationaliste et, bien que hautement lyrique, elle était anti-américaine et chantait le chant des libérations, d'où l'impact de Ritsos qui poursuivait le même chemin conquérant. Séféris et Elytis, dans leurs œuvres majeures, étaient l'un et l'autre attachés à une idée plus intemporelle de la poésie et on ne sait à quelle jointure entre celle-ci et l'éternel : ils étaient l'un et l'autre, chacun à sa façon et selon son style, les témoins et les chantres d'une grécité qui puisait aux sources de l'idée pure et de la mer ulysséenne de toujours et, tels des aigles des mots, ils planaient dans le vent de l'Histoire mais comme au-dessus d'elle. Cela n'empêchait ni Georges Schehadé ni moi-même d'aller dîner quelquefois dans l'intimité chez le très chaleureux Séféris : il était alors ambassadeur de Grèce à Beyrouth. À Beyrouth qui comptait une importante communauté grecque constituée de deux sous-communautés, l'une très aristocratique installée au Liban depuis le XIXe siècle, l'autre plus mélangée et plus récente, arrivée au Liban venue d'Alexandrie (l'Alexandrie de Lawrence Durrell) et fuyant la montée du nassérisme.
Pour ce qui est de la rencontre entre Elytis et la France, il me semble qu'elle n'a pas dû poser de problèmes particuliers. Si, un seul problème, d'importance, je le dis une fois pour toutes pour n'avoir pas à y revenir : bien des traductions en français de ce poète, celles de Xavier Bordes et de son complice Robert Longueville notamment – lequel Xavier Bordes se présente comme le traducteur autorisé du grand poète grec – ne me paraissent pas satisfaisantes, qu'elles fussent prose mais surtout poésie. Le texte sort de cette épreuve exténué. Torturé, alambiqué, surchargé de métaphores inutilement précieuses, de formulations souvent amphigouriques, de mots recherchés qui excluent l'émotion de la version originelle et sa simplicité souveraine. Pourquoi ces déformations, ces mutilations, ces stupides dérives labyrinthiques ? Par un défaut souvent présent chez les transmetteurs et qui tient du péché originel de toute traduction point suffisamment exigeante : faire mieux que le texte d'origine. Le faire briller de feux supplémentaires qui sont feux inventés, feux supposés. Même de très grands traducteurs qui se trouvaient être aussi de très grands poètes ont cédé à cette faiblesse : Mallarmé, l'immense Mallarmé, traduisant Edgar Allan Poe, a, par excès d'admiration, tenté de faire mieux que son idole. Résultat inattendu : les amateurs américains d'Edgar Poe préfèrent, s'ils sont également francophones, le lire en version mallarméenne, ce que le poète d'Hérodiade et du Faune n'a jamais voulu. La traduction c'est quoi ? Comme me le dit une fois Adonis : « C'est cueillir la rose sans tuer son parfum ». Heureusement, il y a d'Elytis en français d'autres traductions que celles de Bordes et qui transplantent la rose sans la dénaturer, sachant en préserver le singulier, l'inégalable parfum. Je cite quelques-unes de ces traductions qui m'ont comblé, me donnant l'impression simultanée d'une vérité du texte et seconde et première : celles de François-Bernard Mâche, de Chantal et Jacques Bocquentin, de Béatrice Stelio-Connolly, de Jacques Phytilis, de Réa Karavas, de Malamati Soufarapis et de quelques autres. Aucun de ceux-là n'a osé reprendre à son compte l'étrange profession de foi de Xavier Bordes en tant que traducteur dans la conférence qu'il a faite à l'occasion de l'exposition consacrée à Odysseus Elytis au Centre Georges Pompidou à Paris en date du 14 décembre 1988 : « Est-ce à dire, s'interroge-t-il, que, par rapport à l'œuvre d'Elytis, dans une paranoïa aigüe, je me prends pour Baudelaire ? Ou que je veux m'approprier l'œuvre d'un autre ? » Et de s'écrier : « La réponse est évidemment : oui ! Oui ! Cent mille fois oui ! Tous les traducteurs qui se lancent dans la tache ingrate de traduire des poèmes se prennent pour le Baudelaire de l'auteur auquel ils se vouent [...] Aveu difficile à faire ! Celui d'une sorte d'osmose dépassant peut-être les bornes de ce qu'autorise la bienséance sociale. » Cet aveu est pénible parce que, prétentieusement, il veut justifier par la préhension amoureuse la dénaturation advenue d'un original saisissant. Arrêtons là cette affaire qui ressemble fort à une forme d'usurpation d'identité dont le résultat est la corruption de deux chefs-d'œuvre d'un grand poète, Axion Esti suivi de L'Arbre lucide et la quatorzième beauté. Suis-je trop sévère ? Oui, je le suis. Mais on ne l'est jamais assez quand il s'agit de la translation d'une langue à l'autre des merveilles de l'inspiration humaine. L'esprit, l'affectivité poétique ne sont faits que de nuances parfois difficilement captables parce que trop ténues, les textes étant pris et comme irisés dans des mots-prismes. Il faut, du moins en poésie, respecter l'arc-en-ciel. Il ne faut pas, comme c'est le cas avec Xavier Bordes, que Maria Nepheli, “Marie Nuage”, devienne “Marie des Brumes”, une fille du Nord, elle, l'héroïne d'une poésie que la lumière de Méditerranée baigne de toutes parts, même si c'est parfois lumière noire.
Autre question que je pose brièvement : quelle fut l'influence de la poésie française, celle de son temps notamment, sur Elytis ? Un texte en langue française de 1961, dû à la plume d'Elytis lui-même, nous renseigne à ce sujet. Il a paru dans “Le Mercure de France” dès 1962 et a été repris ensuite par le poète dans Anichta Kartia(“Pages volantes”) en 1974. Son titre : “Pierre Reverdy entre la Grèce et Solesmes”. Il y est dit admirablement : « […] Nous avons accoutumé de penser que le vent est en faute, qui de son souffle a défloré les jardins printaniers, en oubliant purement et simplement que la puissance mise en jeu pour parfaire une rose dépasse de beaucoup la vigueur du vent le plus déchaîné. »
On le voit : Elytis connaissait parfaitement la langue française et c'est à Paris qu'il choisit naturellement d'effectuer ses deux plus longs séjours à l'étranger, chacun de plusieurs années, l'un entre 1948 et 1951, l'autre, plus court, de 1969 à 1971. Or ce n'est pas la poésie seulement qu'il quête à Paris, une poésie qui fut en toutes ces années-là à son zénith, c'est aussi la peinture, puisqu'il est aussi critique d'art et qu'à Paris il est piloté par son merveilleux compatriote Tériade, éditeur d'art et pratiquant de poésie. Aussi bien, s'il cherche à rencontrer Jules Supervielle, André Breton, Paul Éluard, René Char, Pierre Jean Jouve et Pierre Reverdy, il va également vers Picasso, vers Picabia, vers tous les cubistes qu'il admire et dont il place très haut la théorie et la pratique picturales. Cela ne l'empêche pas d'aimer aussi profondément Ungaretti qui pourtant ne le détourne pas du culte absolu qu'il voue – bien au-delà du surréalisme qui l'a occupé quelque temps – à Mallarmé, à Rimbaud, à Lautréamont, au détriment de Baudelaire qui ne semble pas faire partie de sa famille. Reste que, parmi ses contemporains, c'est Reverdy qui est son voisin de cœur et, d'une certaine façon, celui qui à ses yeux porte le mieux les mots de l'avenir : présent dans le présent, futur dans le futur. Il le dit clairement dans cette remarquable étude sur l'auteur de Gant de crin, que j'ai déjà évoquée : « Pierre Reverdy, – écrit-il – le seul poète contemporain qui parle exclusivement à partir du présent. » Il ajoute, et ces derniers mots s'ils s'appliquent à Reverdy me semblent pouvoir s'appliquer à Elytis lui-même : « L'important est qu'il ait assumé, les dents obstinément serrées, le fardeau d'une vie exemplaire, et qu'il ait envers et contre tout sauvé la minuscule parcelle du “plus précieux” qui échoit à tout mortel. » Ce “plus précieux”, Elytis le définira en conclusion à son essai Avant tout : « Voilà en quoi consiste ce que j'attends au fil des années : une ride de plus à mon front, une ride de moins à l'âme : la réversion complète, l'absolue transparence. »L'absolue transparence – poétique, esthétique, morale, métaphysique – c'est elle qu'il convient de saluer à l'aboutissement de ce grand destin.
Salah Stétié
Odysseus Elytis, Axion esti – La Genèse, traduit du grec par Réa Karavas, La Nouvelle Revue Française, numéro 329, 1er juin 1980.
Id., Orientations, traduit du grec par François-Bernard Mâche, Argile VIII, automne 1975, Maeght Éditeur.
Id., Voie privée, traduit du grec par Malamati Soufarapis, L’Échoppe, 2003.
Conférence reprise en conclusion de la traduction par le même Xavier Bordes en collaboration avec Robert Longueville de l'essai d'Elytis sur la poésie Avant tout, paru dans un cahier spécial de la revue Aporie, le Revest-les-Eaux, 1989.
Il s'agit de Baudelaire traducteur d'Edgar Poe avant Mallarmé et qui s'autorise les libertés du grand poète traduisant un autre grand poète.
"Dehors a pris ma forme quelque part, au milieu d'une mer dont l'élan lumineux soudain s'installe entre le muret blanchi de chaux d'une église et une jeune fille pieds-nus dont le vent soulève la jupe, un instant de grâce que je m'efforce de capturer en tramant à son intention, une embuscade de mots grecs."
LE POETE des brumes et des flots d’écume au fond de moi sommeille !
Mamme de la tempête obscure entre ses lèvres d’encre
et son âme sans fin livrée aux ruées lascives de la mer
qui vont grêler sur ses pieds-monts
Déracinant même le chêne âpre s’abat le vent de Thrace.
De tout petits voiliers en contournant le cap soudain claquent au vent et s’éclipsent
Puis reparaissent là-haut dans les nuages de l’autre côté du gouffre amer.
Aux diamants des ancres il s’est collé des algues
barbes de saints mélancoliques.
De splendides rayons issues de leur face
font vibrer la rade éblouie.
A jeun, par ici se tournent les yeux vides des vieillards
Tandis que les femmes profilent leurs silhouettes
noires sur la chaux immaculée.
Au milieu d’eux, moi j’active ma main
Poète des brumes et des flots d’écume !
Dans l’humble boîte de couleurs je trempe bien
ma brosse au milieu d’eux et puis je peins :
Récemment en chantier
les ors fauves et les noirs des saintes Icônes !
Aidez-nous protégez-nous saint Canaris !
Aidez-nous protégez-nous saint Miaoulis !
Aidez-nous protégez-nous sainte Manto !
Le Doxastikon, le Gloria, est la troisième et dernière partie de l'Axion Esti d'Elytis. "Axion Esti", formule traduite dans la liturgie latine par "Dignum Est", signifie hors contexte religieux :...
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Esprits Nomades | notes de passage, notes de partage
la poésie commence là où la mort n'a pas le dernier mot. Elytis. L'enfant de l'union entre Sapho, la poétesse de Lesbos, et Paul Eluard pourrait s'appeler Odysseus Elytis. Mais Elytis est bien ...
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"À l'Ouest de la tristesse" : le testament émouvant du Prix Nobel Odysseas Elytis
" La Poésie seule est / Ce qui demeure. Poésie. Juste essentielle et droite. " Ainsi s'achève, en forme de testament et de profession de foi, le dernier poème du dernier recueil d'Odysseas Elyt...
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A l'ouest de la tristesse, d'Odysseas Elytis - L'instant critique #27
La Poésie seule est / Ce qui demeure. Poésie. Juste essentielle et droite ". Ainsi s'achève, en forme de testament et de profession de foi, le dernier poème du dernier recueil d'Odysseas Elytis...
Odysseas Elytis (1911-1996) | A la recherche d'un "humanisme grec"
laquo; Voilà, cela pourrait être une définition de plus de la poésie: l’art de nous rapprocher de ce qui nous dépasse» Odysseas Elytis,&n
"Dehors a pris ma forme quelque part, au milieu d'une mer dont l'élan lumineux soudain s'installe entre le muret blanchi de chaux d'une église et une jeune fille pieds-nus dont le vent soulève la jupe, un instant de grâce que je m'efforce de capturer en tramant à son intention, une embuscade de mots grecs."
“J’ai souvent dit que pour moi, Grecque de la diaspora, ma vraie patrie, c’est ma langue. En effet, je crois que si la poésie n’existait pas, je ne serais pas devenue musicienne.” Dans cette inscription, le poète grec Elytis aura joué un rôle fondamental.Angélique Ionatos raconte.
Grecque me fut donnée ma langue ; humble ma maison sur les sables d’Homère. Mon seul souci ma langue sur les sables d’Homère.
1“La nature crée ses propres parentés, parfois bien plus puissantes que celles que nous forge le sang. Deux mille cinq cents ans en arrière, à Mytilène, je crois voir Sappho comme une cousine lointaine avec qui je jouais dans les mêmes jardins, autour des mêmes grenadiers, au-dessus des mêmes puits. A peine plus âgée que moi, brune, avec des fleurs dans les cheveux et un cahier plein de poèmes qu’elle ne m’a jamais permis de toucher.
2Il est vrai que nous avons vécu sur la même île. Avec cette même sensation de la nature qui depuis les temps anciens jusqu’à aujourd’hui continue à suivre les enfants d’Eolie. Mais, avant tout, nous avons travaillé – chacun à sa mesure – avec les mêmes notions, pour ne pas dire avec les mêmes mots : avec le ciel et la mer, le soleil et la lune, les végétaux et les jeunes filles, l’amour.
3Ne m’en veuillez pas si je parle d’elle comme d’une contemporaine. Dans la poésie comme dans les rêves, personne ne vieillit.”
4C’est ainsi qu’Odysseus Elytis commençait son introduction au livre qu’il consacra à Sappho de Mytilène [1][1]Sappho, recomposition et réstitution d’Odysseus Elytis, Ikaros,…. Dans cet ouvrage, il nous offre non seulement une magnifique traduction en grec moderne, mais il prend surtout la liberté de “recomposer” des fragments en poèmes. C’est sa manière de “toucher” à ce cahier interdit.
5En reconstituant, en restaurant les poèmes de Sappho, il nous la rend si familière, si vivante, si touchante, qu’on ne peut que ressentir de la reconnaissance pour son audace.
6C’est grâce à lui que j’ai eu envie de composer sur les vers de Sappho. C’est lui qui m’a rendu proche cette “cousine lointaine”. Voilà aussi pourquoi, à mon tour, j’ai eu envie de traduire en français les poèmes d’Elytis. Non seulement parce que c’est le poète que j’ai le plus mis en musique, mais surtout parce que je crois qu’il s’agit d’un des plus grands poètes de notre temps. Et j’ai eu la chance, comme lui, de dire :
7“J’ai habité un pays surgissant de l’autre, le vrai, tout comme le rêve surgit des événements de ma vie. Je l’ai aussi appelé Grèce et l’ai tracé sur le papier pour le regarder. Il semblait tellement petit, tellement insaisissable.
8Le temps passant je le mettais sans cesse à l’épreuve : tantôt avec de brusques tremblements de terre, tantôt avec de vieilles tempêtes.
9Je changeais les choses de place pour les débarrasser de toute valeur. J’étudiais les Insomnies et l’Ascèse du Désert pour être capable de façonner des collines brunes, des petits monastères, des fontaines. J’ai même réussi à faire un petit jardin plein d’agrumes qui sentaient l’Héraclite et l’Archiloque.
10Mais il embaumait tant que j’ai pris peur. Alors je me suis mis, petit à petit, à broder des mots comme des pierres précieuses pour couvrir ce pays que j’aimais.
11De peur que quelqu’un ne voie sa beauté. Ou qu’il ne soupçonne que, peut-être, il n’existe pas. [2][2]Odysseus Elytis, O mikros naytilos (Le Petit Marin), Ikaros,…”
12J’ai souvent dit que pour moi, Grecque de la diaspora, ma vraie patrie, c’est ma langue. En effet, je crois que si la poésie n’existait pas, je ne serais pas devenue musicienne. Cela semble un paradoxe, mais il n’en est rien. C’est la poésie qui a engendré mon chant. Et je suis convaincue que tous les arts, sans exception, sont les enfants de la poésie. “Au commencement le Verbe”, et comme le dit Elytis dans ses Autoportraits [3][3]Autoportraits, Fata Morgana, 2002. Traductions de Béatrice… : “Un paysage, c’est la projection de l’âme d’un peuple sur le terroir qu’il occupe. Je crois profondément – et cette croyance est bien plus profonde en moi que toute certitude fondée sur la raison – que, de quelque manière qu’on l’examine, la présence de l’hellénisme au cours de tant de siècles sur les terres de l’Egée y a imprimé une véritable orthographe, où chaque oméga, chaque epsilon, chaque iota n’est que la transcription d’un petit golfe, d’une légère pente vers la mer, d’un à-pic de rocher au-dessus de la courbe arrondie d’une coupe de bateau […].
13Cette langue que j’évoque ici possède une grammaire rigoureuse, que le peuple a fabriquée tout seul avant même qu’on ne l’envoie à l’école. Et qu’il a su préserver avec un soin presque religieux et une résistance admirable de l’usure du temps, jusqu’à ce que nous arrivions, nous, les hommes d’aujourd’hui, avec nos lois, nos certitudes, nos diplômes, et la prétention de vouloir lui venir en aide.”
14Et dans son recueil L’Arbre de lumière et la quatorzième beauté [4][4]Odysseus Elytis, 1986, op. cit., il dit : “Je sais que cette langue n’a pas d’alphabet ; puisque aussi bien le soleil que les vagues ne sont qu’une écriture syllabique qu’on ne déchiffre qu’au temps de la tristesse et de l’exil.”
15L’œuvre d’Elytis est immense. Je n’ai pas l’intention (ni la capacité) de parler de lui en exégète, ni même en tant que Grecque, mais simplement en amoureuse de sa poésie.
16J’aimerais vous raconter notre première rencontre, en 1984, parce qu’elle est à la fois amusante et belle. J’étais alors à Paris, et je lui avais écrit pour lui demander l’autorisation de mettre en musique son poème scénique Maries des Brumes (1979), qui était un livre très à part dans l’univers élytien et pour lequel j’avais eu un véritable “coup de foudre”. Il s’agissait de poèmes sous forme de dialogue entre une jeune femme contestataire radicale de notre temps, belle et irrévérencieuse, du nom de Maria Néféli, et le Poète (l’antiphoniste). Je travaillais depuis plusieurs mois sur cette œuvre. C’était ma première grande réalisation et elle marquait un véritable tournant dans ma vie de musicienne. J’avais enfin abandonné ma solitude sur scène et avais sollicité la présence du baryton Spyros Sakkas comme antiphoniste et de notre compatriote Alexandre Myrat pour diriger le petit orchestre de chambre.
17Alors que les répétitions étaient presque finies, je reçois une lettre d’Odysseus Elytis me refusant sa mise en musique. Il avait, disait-il dans cette lettre, d’autres engagements scéniques concernant Marie des Brumes.
18J’étais anéantie et décidai sur le champ de prendre l’avion pour le rencontrer à Athènes et le faire changer d’avis. Il m’avait fixé un rendez-vous chez-lui, dans son petit appartement de la rue Skoufa, et sa voix au téléphone était froide et austère. Je crois qu’en allant à ce rendez-vous, j’avais le trac le plus terrifiant de ma vie. Rencontrer Odysseus Elytis était pour moi aussi improbable que rencontrer Homère lui-même…
19Je ne me souviens plus combien de temps a duré cet entretien, je sais seulement que la force de mon désespoir m’a donné les mots justes pour le convaincre. C’était pour moi comme une question de vie ou de mort. Pas tant le fait de devoir renoncer à cette œuvre et au travail de longs mois, mais le fait que son refus était une sorte de rejet de ma personne. Comme si mon père spirituel allait me déshériter, moi qui vivais avec sa poésie depuis mon enfance.
20Depuis cette première rencontre beaucoup d’autres ont suivi (bien plus heureuses et sereines), car ayant appris la leçon, chaque fois que je mettais en musique l’un de ses poèmes, j’allais le voir pour lui en parler. Je me souviens de lui me disant : “Mais pourquoi tu t’attaques toujours à mes poèmes les plus difficiles ? J’en ai écrit d’autres beaucoup plus faciles à mettre en musique !” Et je lui répondais : “Mais c’est ceux-là précisément qui m’inspirent ! Croyez-moi, ce n’est pas pour le plaisir de vous contrarier…” Et il souriait. C’est ainsi que peu à peu la confiance s’est installée, et c’est lui-même qui m’a dit un jour, voyant sa Sappho entre mes mains : “Je pense que tu devrais mettre en musique ces poèmes d’amour. Ils t’inspireront.” Et voilà comment j’ai mis en musique les fragments de Sappho en 1992. Quelques années plus tard, au printemps 1996, je m’apprêtais à lui envoyer un enregistrement de la musique que j’avais composée sur son magnifique poème “Parole de Juillet”, extrait de son recueil Les Elégies de la pierre tout au bout [5][5]Ta eleghia tis oxopetras, Ikaros, 1991.. C’était, je me souviens, quelques jours après la première au Théâtre de la Ville ; je lui téléphonai pour lui dire ma joie et l’accueil du public et de la critique à “notre” “Parole de Juillet”. Il semblait heureux, et le ton de sa voix ne m’avait jamais semblé aussi amical et tendre.
21A la fin de notre conversation, il m’avait donné sa bénédiction pour la suite et m’avait dit qu’il attendait impatiemment l’enregistrement. Quelques jours plus tard, Odysseus Elytis est mort.
22“Dans la poésie comme dans les rêves, personne ne vieillit”, disaitil en parlant de Sappho. Les poètes ne meurent pas, bien sûr. Nous en avons tous la preuve. Ils nous accompagnent et donnent un sens à notre vie. “Utopie ?” demande encore Elytis dans ses Autoportraits. “Peut-être, et alors ? Utopique ne veut pas dire forcément impossible. On dénigre les poètes en disant qu’ils n’ont pas la force de faire face à la réalité, et qu’à cause de cela, ils se contentent de rêver. Mais ils ont raison d’être ainsi. Pour imaginer des choses qui choquent notre sensibilité et en plus être capable de les présenter sous un tout autre jour ne faut-il pas de la force ! Et la nature elle-même, quand elle nous plonge dans le malheur, n’est-elle pas aussi indifférente et cruelle ? N’arrive-t-il pas que cette nature exige de nous des choses impossibles, sans se laisser ébranler par les battements de notre cœur ? [6][6]Autoportraits, op. cit.”
23J’aimerais, pour finir, laisser la parole au poète, cette “cigale abandonnée” qui choisit de vivre dans la forêt des hommes et continue à chanter dans la cacophonie de nos cités. Son chant n’est pas toujours perceptible (mais est-ce qu’on entend le pouls qui bat dans nos veines ?). Ce n’est que lorsque son chant s’arrête qu’on s’aperçoit que la cigale s’est tue.
Hymne à Marie des Brumes
chanson de Marie des Brumes
Elytis recomposant en grec ancien, les fragments de Sappho et retraduisant en grec moderne; ce livre magnifique, illustré de collages d'Elytis, m'a été offert par le poète
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Angélique Ionatos : "Je vis au jour le jour..."
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Angélique Ionatos a été accueillie deux fois aux Comoni / compositrice, guitariste et chanteuse grecque née le 22 juin 1954 à Athènes et morte le 7 juillet 2021 aux Lilas, à 67 ans
Angélique Ionatos : "J'ai habité un pays..."
"Le petit navigateur", Odysséas Elytis pour les 20 ans de Cassandre/Horschamp à la Maison de l'arbre
Angélique Ionatos a été accueillie deux fois aux Comoni / compositrice, guitariste et chanteuse grecque née le 22 juin 1954 à Athènes et morte le 7 juillet 2021 aux Lilas, à 67 ans
Angélique Ionatos : "Hélios, hymne au soleil"
interprété par Angélique Ionatos pour les 20 ans de Cassandre/Horschamp à la Maison de l'arbre
Angélique Ionatos a été accueillie deux fois aux Comoni
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Fille de la mer : épisode 1/5 du podcast Angélique Ionatos, la Grèce en héritage
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https://blogduwanderer.com/2021/09/04/in-memoria-mikis-theodorakis/
article remarquable sur ce qu'aurait pu être l'enseignement de la langue grecque
Θεοδωράκης_Μπιθικώτσης_Κατράκης_Ελύτης ✣ Η ΓΕΝΕΣΙΣ 01:42 ✣ ΤΑ ΠΑΘΗ α) ΙΔΟΥ ΕΓΩ ΛΟΙΠΟΝ 07:32 β) Η ΠΟΡΕΙΑ ΠΡΟΣ ΤΟ ΜΕ...
cet enregistrement d'Axion Esti par Mikis Theodorakis me semble pouvoir être l'apothéose du N°1 du cerf-volant de l'égaré
Théâtre de la jeunesse #8
le prix d'un Goncourt / artscénicum
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Jean Carrière, le prix Goncourt qui ne supportait pas d'être dans la lumière
Dans " Enquête sur un roman ", Patrick Cabanel livre une excellente analyse littéraire et historique de " l'Epervier de Maheux ", sacré en 1972, et plonge dans la psyché de cet auteur singulier.
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Dans "le Palais d'été " , Serge Velay se souvient de l'auteur de "l'Epervier de Maheux " , disparu en 2005. C'est une très belle déclaration d'amitié.
https://bibliobs.nouvelobs.com/l-humeur-de-jerome-garcin/20160215.OBS4662/pour-jean-carriere.html
VIDÉO DE PRÉSENTATION DU SPECTACLE
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Jean Carrière né le à Nîmes ( France) et mort dans la nuit du 7 au dans cette même ville, est un écrivain français. Son père Edmond Carrière a donné son nom à une rue de Nîmes. D'origin...
ce que ne dit pas cet article, c'est le blacklistage par la presse parisienne de cet auteur "régionaliste" après la parution remarquée du prix d'un Goncourt
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Jean Carrière - Gard Info, l'e-magazine du Conseil départemental
Prix Goncourt 1972 pour L'Épervier de Maheux Jean Carrière est âgé de 44 ans lorsque le prix Goncourt est décerné à son œuvre. Il est alors le second Gardois à l'obtenir, après Marc Berna...
je note l'autre Goncourt de 1942 pour Pareils à des enfants, le Gardois Marc Bernard, grand romancier, aujourd'hui méconnu, dont j'ai lu 3 romans, la mort de la bien-aimée, au-delà de l'absence, tout est bien ainsi
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Prix Goncourt Jean Carrière | INA
Reportage consacré à l'écrivain Jean Carrière auteur du roman "L'épervier de Maheux" lauréat du prix Goncourt.Le sujet commence par l'annonce du prix Goncourt 1972 par Armand Lanoux à Jean C...
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rbc9304281414/prix-goncourt-jean-carriere
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Jean Carrière : le prix Goncourt | INA
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Jean Carrière dans une école; on n'a rien inventé
la fabrique du livre selon Marcel Proust dans Le temps retrouvé / déjà des logiciels performants pour aider les écrivains, demain, les remplacer et ce ne sera paa grave du tout car tout a déjà été dit, informé, implié selon David Bohm, tout est dit, tout sera dit et chacun est donc une redite, une prédite, une récitation, une prédication... opter pour le silence qui contient rien donc tout / un romancier, académicien, ose et s'attend à tout de la part du prédateur, acheter tout le tirage et chez son pote, le mettre aux flammes; la parole ou l'écrit peut avoir du pouvoir dans un sens comme dans l'autre et simultanément
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Jean Carrière à propos du prix Goncourt | INA
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3 fois sentiment d'être responsable : de la mort du père, de la maladie de sa femme (silence), de l'impuissance à écrire / très grande lucidité de Jean Carrière mais dans le cadre de la philosophie dominante du temps, la philosophie de l'absurde; aujourd'hui, on peut avoir d'autres visions, d'autres horizons
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Jean Giono et la prison (Entretien avec Jean Carrière)
Extraits issus de " Jean Giono, du côté de Manosque " entretiens avec Jean Carrière (Les Grandes Heures Ina / Radio France - Sortie le 2015-06-22) (Entretiens radiophoniques enregistrés à Mano...
Jean Carrière a été secrétaire de Giono
Carrière, qui se dira victime du Goncourt, doit attendre de longues années avant de recommencer à publier des romans ; il bâtit alors, et depuis le Retour à Uzès de 1967, une œuvre remplie des hantises du paradis perdu et du temps meurtrier. Elle invite à voir dans l' Epervier de Maheux non pas un récit "rural" ou "régionaliste", mais un roman puissamment biblique et métaphysique, peut-être un des sommets de la littérature de l'absurde.
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Dans les Cévennes ,l'historien Patrick Cabanel enquête sur L'Epervier de Maheux et Jean Carrière
A Barre des cévennes en Lozère et à l'occasion de l'ouvrage" Enquête sur un roman. L' Epervier de Maheux et Jean Carrière" les éditions le bousquet- la barthe présentent un entretien entre l...
un livre récent qui semble promettre
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La lecture du roman " L'épervier de Maheux ", de Jean Carrière (prix Goncourt 1972), est une manière passionnante et différente de faire connaissance avec la can de l'Hospitalet et les vallées...
https://www.reveeveille.net/cevennevivante/lepervier-de-maheux/
un article régionaliste sur l'assez mauvaise réception de Jean Carrière par les cévenols; cela a été vrai aussi pour Michel Llory, auteur de L’expulsion ou Histoire du dernier berger de la Riuffer, éd. Stock, 1991 (roman). Vrai aussi de Pierre Hubac, auteur de Tistou les mains vides (1951) sur Le Revest
quand les gens du cru décrits trouvent le roman trop noir; deux exemples; peut-être vrai aussi de Giono, faut vérifier; et Pagnol ?
Léonard Marc Bernard, né le à Nîmes où il est mort le , est un écrivain français, lauréat du prix Interallié pour en 1934, du prix Goncourt en 1942 pour Pareils à des enfants , et du prix...
d'origine ardoise, Marc Bernard, prix Goncourt 1942 pour Pareils à des enfants, promoteur de la littérature dite prolétarienne
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La mort de la bien-aimée/Au-delà de l'absence/Marc Bernard - Blog de Jean-Claude Grosse
La mort de la bien-aimée Au-delà de l'absence Marc Bernard L'imaginaire Gallimard http://marcbernardecrivain.blogspot.fr/ ...
magnifiques récits d'un auteur oublié, partisan de la littérature dite prolétarienne
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Tout est bien ainsi / Marc Bernard - Blog de Jean-Claude Grosse
Tout est bien ainsi Marc Bernard Récit Gallimard, 1979 Après La mort de la bien-aimée (1972) et Au-delà de l'absence (1976), j'ai voulu lire le 3° récit écrit par Marc Bernard en lien avec l...
https://les4saisons.over-blog.com/article-tout-est-bien-ainsi-marc-bernard-116864725.html
d'une grande acuité et actualité quand on a fait un certain chemin de lucidité et d'humilité
Julien Gracq à propos du prix Goncourt | INA
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lire la littérature à l'estomac; et d'autres auteurs et essais genre La trahison des clercs...
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Goncourt, le prix du refus : épisode 3/4 du podcast Les prix littéraires
Première diffusion du 31.10.2016 au 03.11.2016 Julien Gracq, que l'académie Goncourt sacre contre sa volonté en 1951 pour Le rivage des Syrtes, exprime haut et fort la position de l'écrivain en...
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ChatGPT. Apprendre à chevaucher la bête : le défi de l'Intelligence Artificielle à l'école
Le 2 février 2023, un ministre de l'Éducation nationale met en garde la jeunesse française quant à l'utilisation d'une intelligence artificielle pour faire les devoirs. Il se dit " préoccupé ...
donc des loiciels aident les écrivains, de l'IA aide à rédiger des devoirs pour des élèves et étudiants maîtrisant mal syntaxe et orthographe; manque dans cet outillage, les logiciels triturant l'écriture d'un roman pour la rendre illisible sous forme de tweets de 280 caractères maxi
777 views, 15 likes, 4 loves, 1 comments, 31 shares, Facebook Watch Videos from Vincent Cespedes: ChatGPT : Donner de nous 4e épisode de l'entretien sur le révolution ChatGPT à l'ecole et dans n...
https://www.facebook.com/VincentCespedesPage/videos/701849048090804/
4 épisodes sur le chatGPT de Vincent Cespedes
sur la page de Jon Norris, un méditant
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Il était une fois l'espace, il était une fois la vie
Que connaît-on de l'apparition de la vie sur Terre, chimiquement parlant ? A quand remonte l'idée d'une chimie organique prébiotique ? D'où est venue l'idée d'une panspermie ? En quoi l'expér...
les panspermies depuis Anaxagore (rajouter Anaximandre) et autres hypothèses
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L'ADN peut être influencé et reprogrammé par des mots et des fréquences - rusty james news
Les dernières recherches scientifiques expliquent directement ou indirectement les phénomènes tels que la clairvoyance, l'intuition, les actes de guérison spontanée et à distance, l'autoguér...
http://rustyjames.canalblog.com/archives/2013/09/14/28013295.html
blog sur lequel on trouve l'article que j'ai reproduit à partir de la page de Thierry Zalic
point de vue de Michel Schwab sur l'article ADN reproduit par Thierry Zalic sur sa page, que j'avais moi-même archivé :
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Au commencement était le Verbe
Voyons maintenant, en pratique, comment se déroule cette " constante conversation silencieuse entre le corps et le " monde-de-la-vie ", cette " danse de la coordination réglée par une chorégrap...
il faut dérouler l'article pour trouver le développement sur le rhéomode de David Bohm et s'apercevoir que des sociétés premières usent des verbes et non des noms dans leurs relations au monde; Cendrars avait remarqué cela dans son Anthologie nègre
L’HOLOMOUVEMENT SILENCIEUX SANS DIRECTION NI BUT
Pour quelles raisons le moment présent et le silence sont-ils importants? Parce que l’univers, dans sa totalité, doit être considéré comme l’unité organique d’un seul et même Vivant. Celui-ci est animé par un seul et même mouvement englobant et dominant tous les mouvements se déployant dans tous les niveaux d’énergies et toutes les dimensions. David Bohm le désigne par l’expression d’« Holomouvement ». L’Holomouvement est complètement différent de tous les mouvements que nous connaissons. Ceux-ci sont conditionnés par les coordonnées de temps, d’espace, de causalité. Ce sont des mouvements linéaires. L’Holomouvement est un mouvement de création, intemporel, a-causal, non-linéaire, sans direction. Il peut être considéré comme le battement de cœur du Grand Vivant, mais cette expression n’est pas adéquate parce qua le mot « battement » implique des coordonnées de temps et d’espace.
Ceci nous montre l’importance de l’invention d’un nouveau langage. Nous nous heurtons ici, uns fois de plus à une impossibilité parce que de toute évidence les langages qui nous sont accessibles portent les empreintes indélébiles du temps, de l’espace, de la causalité. Telles sont les raisons pour lesquelles les formes les plus dépouillées de l’expérience mystique évoquent la nécessité du silence. De ce point de vue, l’accord est complet entre Krishnamurti, Maître Eckhart, la Ch’an, la Taoïsme, l’Advaïta Védanta, le Soufisme, etc.
Nous ne soupçonnons pas l’ampleur de la corruption qu’engendre l’emploi du langage commun dans notre vie intérieure. Un défilé constant de mots en trouble la quiétude. Il n’y a pas de pensée sans mot. Ces échos du passé, porteurs, la plupart, de valeurs absolument fausses font obstacle à la perception du Présent, Nous subissons presque tous, sans réagir, le vacarme d’un langage négatif qui se limite à la mesquinerie de nos auto-occupations.
David Bohm souligne le rôle nocif du langage et le rôle important qu’il joue dans l’obscurcissement de la vraie nature de la Réalité.
Selon Stan Grof, « le langage contribue à créer la fausse notion d’éléments statiques, non changeants dans un monde, qui, par nature, est lui-même un processus dynamique. En même temps, il soutient l’illusion d’entités séparées dans un monde de plénitude indivise.
La clé du rôle instrumental du langage, qui nourrit la perception fragmentée (fausse) du monde et la pensée en termes d’entités séparées interagissantes est la structure verbe/objet des phrases qui caractérisent le langage moderne. Bohm a développé un nouveau mode expérimental de langage : le Rhéomode, qui insiste sur le processus de Plénitude indivise, en donnant une fonction basique au verbe, de préférence au nom.
Nous trouvons ici uns tentative d’application dans le langage des deux aspects de l’Univers. D’abord le Vivant, ensuite le résiduel intervenant à titre second et dérivé. Tous deux sont englobés dans l’Holomouvement, mais le Verbe reste toujours prioritaire par rapport à l’objet. Il n’y a pas d’objet, pas de chose, pas d’entité. Il n’y a que des processus. Il n’y a que des événements. Nous devrons le répéter inlassablement. Il existe une véritable perfidie du langage. La presque totalité de l’espèce humaine actuelle est entièrement piégée dès la naissance, et même avant celle-ci.
Un exemple de la difficulté d’évoquer l’Holomouvement se trouve su cours des dialogues entre Krishnamurti et David Bohm. Faute de terme adéquat ils n’ont d’autre possibilité que celle d’utiliser l’expression paradoxale d’un mouvement qui n’est pas du mouvement (semblable à celui qui nous est familier). C’est ce que nous avons désigné dans nos essais par « mouvement de création ». Celui-ci se situe au niveau de ce que David Bohm appelle la « source » ou l’ordre super-impliqué.
Mais le silence n’est pas l’absence de bruits extérieurs, de paroles. Le silence véritable est le Présent par excellence. Le seul obstacle au silence est formé par le vacarme permanent de la pensée. L’activité continuelle du mental s pour objet essentiel des éléments liés à notre auto-occupation. Ces éléments sont constitués par des échos résiduels de notre pensée. Ceux-ci sont eux-mêmes liés aux mémoires de l’inconscient collectif que Krishnamurti appelle l’« égo de l’humanité ».
En l’absence de ces mouvements habituels, mesquins, inutiles et destructeurs pour la plupart, nous accédons naturellement à l’état de silence créateur. Dès cet instant la nécessité d’avoir recours à une autre forme de langage disparaît. Pourquoi ?
Dans le silence véritable se révèle la présence d’une plénitude d’énergie, de conscience, d’amour éclipsant tout recours ou toute nécessité d’un langage.
L’Holomouvement se suffit à lui-même. Il englobe la dualité de l’expérimentateur et de l’expérience dans l’intimité d’uns lumière dont la clarté révèle l’incomplétude du langage habituel.
Nous abreuvant d’instant en instant à la Source d’énergie et de lumière du Présent, nous sommes à tel point comblés de richesses intérieures qu’il est naturel qua celles-ci débordent dans ce qui reste de nous physiquement et nous suggèrent le partage.
Nous nous heurtons dès lors à ces difficultés de communication inhérentes aux limites du langage habituel. Ceci est d’autant plus évident qu’il est indispensable d’associer dans notre commentaire le silence véritable au Vide. Nous avons insisté sur le fait paradoxal de la plénitude du Vide. Précisons ici que le Vide doit être compris comme l’absence complète de toutes nos valeurs habituelles, images, souvenirs, formes, mots, échos du passé. Le « vide » dont il est question ici ne peut être confondu avec le néant,
L’UNIVERS S’AUTOGENERE
En quoi chaque instant présent est-il unique ?
Chaque instant présent est unique parce que l’univers n’est pas une gigantesque mécanique dont les rouages tournent toujours de la même façon. Il n’y a jamais de répétitions. Au contraire ! L’Histoire de l’évolution est celle d’uns prodigieuse aventure dont les rythmes se situent en dehors des lois connues du hasard ou de l’anti-hasard. Ainsi que le souligne I. Prigogine, les processus de la nature comportent une prédominance d’irréversibilité, de création et d’improvisation. Chaque instant présent comporte un patrimoine informationnel absolument unique qui ne se présentera plus jamais. Son contenu change constamment. En plus de ce qui précède, chaque instant est en interaction avec les changements qui se produisent dans les autres dimensions ou plans de l’univers.
Les intuitions des sagesses antiques sont confirmées par les sciences nouvelles de 1988. Celles-ci enseignent que tous les événements illustrant l’histoire d’un univers sont mémorisés sous forme de champs indestructibles. Le patrimoine informationnel de l’univers s’accroît donc constamment en vertu de l’indestructibilité des enregistrements mémorisés. Chaque instant présent est donc différent et unique.
Ce processus de mémorisation constante constitue l’une des forces axiales présidant au devenir évolutif. L’énigme apparente des mutations est en voie de résolution. Les mutations sont plus apparentes que réelles.
La soudaineté des changements évolutifs est la manifestation d’un processus constant et lent de mémorisation se poursuivant dans d’autres dimensions de l’univers, invisibles à nos yeux, mais très réelles...
Robert Linssen, site maaber.org
auteur du livre, Krishnamurti, précurseur du III° millénaire
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![Une matinée avec Julien Gracq [Entretien radiophonique, 1959]](https://image.over-blog.com/gVy4bKhPp6sfhFcFZGvFmabOfYA=/170x170/smart/filters:no_upscale()/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FwizOJhWODfM%2Fhqdefault.jpg)
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