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Les Cahiers de l'Égaré

Lettres d'amour et d'admiration / JCG

Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Clark Gable et Marilyn, le baiser comme don, offrande, la déclaration d'amour, lèvres offertes
Clark Gable et Marilyn, le baiser comme don, offrande, la déclaration d'amour, lèvres offertes
Clark Gable et Marilyn, le baiser comme don, offrande, la déclaration d'amour, lèvres offertes
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Clark Gable et Marilyn, le baiser comme don, offrande, la déclaration d'amour, lèvres offertes

Clark Gable et Marilyn, le baiser comme don, offrande, la déclaration d'amour, lèvres offertes

 

"la lettre d'amour c'est l'impossibilité d'en faire un livre; je ne peux pas écrire des livres, j'écris des lettres d'amour;" Salvatore Spada
Higelin a publié les lettres d'amour écrites pendant la guerre d'Algérie et à lui rendues par l'aimée, bien des années après; 
mes lettres d'amour de 20 ans, (même époque, l'Algérie 1962) rendues aussi par l'aimée, je les ai enterrées; 
quel est le destin des lettres d'amour ? 

les lettres d'amour de l'épousée, encore jeune fille, sont conservées chez moi, dans une petite mallette en osier, pour la famille; 2 de ses lettres ont trouvé place dans L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto
d'autres lettres d'amour et d'amitié amoureuse sont devenues pages de la jupe de correspondance d'Aïdée Bernard;  
mon testament amoureux, Dans le sillage de Baïkala est devenu le livre-sillage réalisé par Aïdée Bernard

En 2015, Catherine Millot tente, en publiant La logique et l'amour, de relancer le projet de Lacan de faire de la psychanalyse le lieu de l'invention d'un nouvel art d’aimer courtois qui dépasse l'« absence de rapport sexuel », jusqu'au point où « le rapport sexuel cesse de ne pas s’écrire ». 
 

J'ai décidé de relancer ce nouvel art d'aimer courtois que je pratique depuis si longtemps.

Avec qui ?
 

Spéciale dédicace aux courtoises amoureuses et aux amoureux courtois.

À 75 ans, mon éducation à l'amour n'étant toujours pas achevée, grâce à deux jeunes filles, pas vierges du tout, pratiquées à 30 ans d'écart, j'ai décidé de renoncer à la femme-objet sexuel étalé sur les murs, dans les magazines, sur les écrans, impraticable au lit et dans la vie, de renoncer à la femme tout court et en long, avec ses paradoxes lunatiques, sa jouissance inaccessible comme la révélation m'en fut faite sur le divan d'où je contemplais L'origine du monde, œuvre bien cachée par son possesseur.

Je ne suis pas allé au Festival de Cannes 2012, dédié à Marilyn pour les 50 ans de sa disparition. Les stars ne me fascinent plus depuis longtemps.

À mon retour d'Algérie en 1964, torturé par les crimes de l'armée française commencés le 8 mai 1945 avec les massacres de Sétif et Guelma, plusieurs milliers de morts, je me suis confié à Lacan. Psychanalyse très spéciale puisque Jacques s'enticha de moi, m'incita à démissionner de l'armée (pratiquant la désobéissance civile, je n'ai pas participé au 70° anniversaire de la capitulation nazie, le 8 mai 2015).

Il m'a donné une lettre inédite de celui que Marilyn appelait Daddy. Il ne m'a jamais dit comment il se l'était procurée ni pourquoi il me la donnait. J'avais la réponse à ma question : quel type d'homme aurait pu satisfaire Marilyn ?

DADDY

TON HOMME, MARILYN

Je sais, chère Marilyn, que tu m’as rêvé toute petite en père et effectivement tu aurais pu être ma fille. Je suis du 1er février 1901, toi, du 1er juin 1926. 25 ans d’écart : je ne pouvais être ton homme.

Dans Les Misfits, scénario d’Arthur (11 ans de plus que toi, le mari qui aurait pu être ton homme), réalisé par John, tu es Roslyn Taber et moi, Gay Langland. Tu n’aimais pas sa Roslyn.

Pourtant, il t’avait fait un beau cadeau. Roslyn, c’est toi, ton enfance difficile, ta relation névrotique à ta mère, faite d’intimité et de rejet, tes angoisses, ta solitude, ton sentiment d’abandon, ton regard émerveillé sur le monde des enfants et des animaux. Candeur radieuse qui se transforme en méfiance dès que nous t’approchons et tombons amoureux de toi.

Arthur avait un cliché dans la tête : L’homme et la femme sont des êtres inconciliables. Tous deux veulent la liberté, mais ne l’entendent pas de la même façon. La femme dit : Tout est sacré. Il ne faut pas faire de mal à une mouche. L’homme répond : Il me faut la liberté à tout prix. S’il faut tuer pour l’obtenir, je tuerai. Le conflit est insoluble.

Ta capacité d’émerveillement, ta beauté éblouissante irradient. Tous les trois, Guido, moi et Perce nous tombons amoureux, amis en compétition. Tu nous désarmes avec tes questions, tes jugements, ta vulnérabilité sauf Guido. Tu ne sais pas trop si tu dois faire confiance ou retourner à ta solitude. Tu as peur d’être déçue tant ton désir de fusion est fort. Mais en fin de compte, tu envisages un enfant avec moi, un enfant courageux dès le début. Mon amour-propre, facile à blesser, tu m’as fait comprendre qu’il est facile à maîtriser. Il me suffit d’accepter la part de féminin en moi.

Bien que fatigué par mon combat avec l’étalon que j’entrave puis libère, je veux te faire en quelques traits le portrait de ton homme. Il aura quelques années de plus que toi. Il aura de la bouteille parce qu’il aura souffert. Il aura des valeurs : respect, fidélité. Il sera capable de t’écouter des heures en tête-à-tête ou au téléphone, à n’importe quelle heure, sans commentaires, sans jugement, sans chercher à apaiser tes angoisses. L’épanchement te fera changer d’humeur. Tu t’aimeras un peu, un court moment, parce que tu te sentiras aimée pour ce que tu es, prise en compte dans tes rêves et tes projets. Il sera à tes côtés, guerrier avec toi. Il favorisera ton désir d’être à la fois étoile et actrice, tournant à Hollywood, jouant à New York. Il participera au tourbillon de l’adulation, gardant la tête froide, évitant les pièges des paillettes : l’alcool, le sexe, la drogue. Il sera vigilant, contrôlant ton usage de pilules de toutes les couleurs pour toutes tes douleurs. Il ne sera pas jaloux. Essentiel. Parce que tu fais tourner les têtes. Il sait que tu flirteras, baiseras ailleurs. Il ne fera pas de scandale, ne cassera la gueule à personne. S’il est moqué, charrié, il saura renvoyer les minables affamés dans les cordes, avec humour. Quand tu rentreras, il ne te fera pas la fête, ne t’abîmera pas le portrait. Te sachant frigide, il ne cherchera pas à te posséder. Il saura que les rapports sexuels sont deux solitudes jamais abolies, que les caresses infinies peuvent mieux que deux jouissances effondrées apporter un éphémère sentiment de plénitude. Si ton désir jaillit, il saura répondre à ton insatiabilité par la patience de l’amant ayant la maîtrise de son désir. Si tu te retrouves au 7° ciel sans être le miroir de ses fantasmes, centrée sur tes émois, alors il aura bien fait son travail d’homme. Il saura que tu peux être odieuse, en retard, provocatrice, de mauvaise foi, que tu le détestes pour sa force. Il n’aura pas d’exigence de retour d’amour. Il acceptera tes manquements aux règles, aux bonnes mœurs. Il acceptera de te voir poser nue pour des photographes te saisissant dans l’infinie variété de tes poses, de tes sourires. Irradié par ton amour de la vie, il se sentira pleinement en vie à morfler comme il morflera. Sans amertume. Sans ressentiment.

Il existe. Ne le cherche pas. Il sera une évidence, non par sa beauté, sa richesse, son savoir, son pouvoir, sa créativité. Par son amour inconditionnel pour toi, Marilyn.

NOTE : Cette lettre a été postée le 1er juin 2011, anniversaire de Marilyn (elle aurait eu 85 ans) sur le site confidentialmarilyn.

Avec deux commentaires féminins, très instructifs.

À la date du 1er janvier 2012, on trouve cette confession :

J’ai lu la lettre à Marilyn de Daddy, cette description d’un homme idéal pour elle. Oui, d’un côté, c’est une tout à fait bonne image, mais d’autre part je pense que c’est très difficile d’aimer un homme pareil. Il est trop idéal. C’est un paradoxe, mais les femmes, surtout les femmes belles, surtout les femmes intelligentes, n’aiment pas les hommes bons, malheureusement. Ça, c’est aussi la tragédie de Marilyn, nous ne voulons que des hommes forts, c’est le critère le plus important, mais avec des hommes pareils, il y a des problèmes, des écarts très profonds comme ils ont peur de tomber amoureux d’une femme et de perdre leur contrôle précieux. Je ne sais pas, je ne sais plus les critères des hommes qui me conviennent... Je sens des changements, je veux bien changer moi-même aussi, devenir mieux, plus sage, plus raisonnable, je ne veux plus faire les mêmes fautes, surtout en ce qui concerne les relations avec les hommes. Je ne veux plus jouer ces jeux pénibles, continuer à torturer les gens, cette passion pénible et dangereuse. Je veux des relations beaucoup plus simples, peut-être pas tellement aventureuses, mais plus honnêtes, sans mentir, sans jouer ce « théâtre » absurde qui n’a pas de sens. J’ai compris que j’ai besoin d’un homme qui ne s’occupe pas de l’art, qui est plus « terrestre » que moi pour qu’il m’aide à vivre normalement puisque moi, je suis vraiment trop sentimentale, émotionnelle, je veux un homme qui pourra me contrôler. J’espère beaucoup que cette année sera plus bonne, plus féconde et moins pénible.

J’ai aussi décidé de boire le moins possible cette année, comme l’alcool est une chose qui me détruit vraiment et qui provoque un état très pénible, cela mène toujours aux choses noires, mauves, j’en suis définitivement fatiguée, j’espère que je vais réussir avec tout ça et j’espère quand même que tout est pour le mieux, mais je ne veux plus jouer avec la vie et ces forces infernales, même si je peux les employer pour le bon.

À la date du 14 février 2012, on trouve cette analyse :

L’amour inconditionnel est le propre du féminin, que ce soit chez l’homme ou chez la femme qui ont tous deux du masculin et du féminin en eux. Cependant c’est juste, l’homme veut réussir (être libre pour Daddy) alors que la femme veut la relation.

Parce que l’homme tout empli de féminin et de masculin est souvent à dominante féminine à l’intérieur, en lui et à dominante masculine à l’extérieur, vers les autres, autrement dit à moins qu’il soit inversé (donc consciemment ou non, homosexuel) il est très émotionnel à l’intérieur de lui mais très raisonnable à l’extérieur de lui, il veut donc réussir. Par exemple, prendre la femme. On le voit chez les ados qui sont obnubilés par la sexualité alors que les filles rêvent d’une histoire d’amour (tout cela en général).

La femme, elle, qui s’est construite par rapport à l’autre différent, donc son père, est très rationnelle à l’intérieur, les femmes calculent, elles sont mentales, mais vers les autres, à l’extérieur, elles sont ultra émotionnelles, malgré tous ces calculs intérieurs elles ne cherchent que la relation, réussir leur importe peu, elles veulent être aimées.

Quand nous cherchons la fusion, un être comme nous chez l’autre sexe, nous nous cassons la gueule.

Quand l’homme l’écoute pendant des heures sans jugement, il est dans l’amour inconditionnel à l’intérieur, il est à sa place.

Quand il contrôle ses drogues, il n’a aucune confiance en la raison intérieure de sa femme, il lui sert de béquille et ne donne pas son amour, en quelque sorte il l’infantilise et ne lui permet pas de sortir de sa névrose. Il y a peut-être des femmes trop névrosées comme Marilyn qui de toute façon ne dépasseront pas ce stade. Je me demande comment faire. À mon avis un suivi médical, psychologique voire psychiatrique est mieux qu’une surveillance par celui qui aime, ici il tue la relation, l’espoir possible de la relation, il n’est donc plus dans l’amour inconditionnel.

Un tel homme, qui est attiré par ce genre de femme, règle une relation passée, il est attiré par ce genre de femme car il peut s’imaginer contrôler quelque chose qui lui a échappé enfant, auquel il a été soumis par son père ou sa mère. Il échappe ainsi à son développement en ressassant une vieille histoire, au passage, il prend un peu à cette femme en participant à sa gloire, il y a là un transfert.

Dernier point, le manque d’espoir face à la frigidité de la femme. C’est pareillement, essayer de faire sans espoir pour la relation. Une femme qui ne s’abandonne pas avec l’homme, qui est frigide, a un problème de relation énorme. Elle ne rejoint jamais son féminin, l’amour inconditionnel de soi, la possibilité d’enfanter.

Cette femme a besoin d’un homme qui veut réussir, fort, auquel elle ne pourra échapper. Il vient toujours vers elle. Il est président, star, éminent psychologue. Elle a besoin d’un homme qui soit plus fort que sa névrose. Elle le mènera par le bout du nez dans l’espoir qu’il fasse preuve d’autorité avec elle. C’est le père qu’elle n’a pas eu, qui mate sa mère qui l’a abandonnée. Pour sortir peut-être de cette névrose, de cet emprisonnement dans le passé qui l’empêchent d’être présente, elle doit faire la différence entre ses projections et la réalité. L’homme aimant cette femme doit s’attendre à morfler. Elle cherche quasi un viol. Je n’ai pas le sentiment que l’homme décrit par Daddy en ait conscience. Il est à côté.

 

LETTRE D'AMOUR DE A.,

Mon p’tit chat ! attends mon p’tit mot !

J’attends le transsibérien. Tu m’attends mais je ne sais rien de là où tu es, où je vais. La vie m’attend aujourd’hui, cuisses ouvertes. Si tu veux savoir où tu es dans mon corps et dans mon cœur, ouvre la chaumière de mes yeux, emprunte les chemins de mes soleils levants, affronte les cycles de mes pleines lunes. Je voudrais avoir des ailes pour t’apporter du paradis. Des ailes de mouette à tête rouge ça m’irait bien pour rejoindre ton île au Baïkal. Je transfigurerai les mots à l’image de nos futurs transports. Je te donnerai des sourires à dresser ta queue en obélisque sur mon ventre-concorde. Nos corps nus feront fondre la glace de nos vies. Avec des rameaux de bouleaux, nous fouetterons nos corps nouveaux dans des banyas de for- tune. Je t’aimerai dans ta nuit la plus désespérée, dans l’embrume de tes réveils d’assommoir, dans l’écume de tes chavirements. Je courrai sur les fuseaux horaires de ta peau, vers tes pays solaire et polaire. Nous dépasserons nos horizons bornés, assoirons nos corps dans des auto- bus de grandes distances, irons jusqu’à des rives encore vierges. Nous nous exploserons dans des huttes de paille jaune ou des isbas de rondins blonds. J’aimerais mêler les sangs des morsures de nos lèvres, éparpiller les bulles de nos cœurs sur l’urine des nuits frisées, sous toutes les lunes de toutes les latitudes. Je m’appuierai sur ton bras pour découvrir la vie, ne jamais lâcher tes rives éblouies, arriver là où ça prend fin avec des bras remplis de riens. J’aime les cris de nos corps qui s’accordent de vivre. Je t’ai ouvert un cahier d’amour où il n’y aura jamais de mots, jamais de chiffres. Il n’y aura que des traces de chair, des effluves de caresses et des signatures de mains tendres. Il y aura des braises dans notre ciel, des fesses dans nos réveils. À la fin du cahier, je t’aimerai toujours et nous pourrons le brûler plein de sperme et de joie.

Ton p’tit chat

 

LETTRE D'AMOUR À A.,
Je t’aime parce que tu existes, que tu as été mise, inattendue, à la croisée de chemins de terre détrempée, que je peux te regarder jusqu’à ravissement, être souffle coupé par ta beauté, déchiré par l’essentiel détail : ce mouvement d’oiseau de ta main pour chasser les cheveux de tes yeux. Pour cette douceur-douleur : te respirer, te contempler, pour ces émois délicats, qui dis-moi, dois-je remercier ?
Te caresser une fois les cheveux, mettre une fois ma main sur ton épaule, c’est dire ma gratitude à tous ces hasards qui m’ont conduit jusqu’à toi, mon présent.
Serons-nous de ceux qui purent dire : parce que c’était lui, parce que c’était moi ? De complicité en hostilité, nous oscillons. Long peut-être sera le temps de l’apprivoisement.
Je me souviens du jour où tu m’as parlé de ton prénom, comment il t’a été attribué. Je venais de te dire l’Ode maritime de Fernando Pessoa. Nous avions partagé son hystérie de sensations. Je t’ai demandé de me raconter une belle histoire de largage d’amarres. Tu me fis un long récit de généalogie, souvent joyeux – version rose de maman –, ponctué de rires en mal d’envol – version bleue de papa – dit de ta voix douce qui me remue si fort que je me laisse, corps-mort, rouler par elle. Triste tu étais, mais bien, aussi. Ces tristesses, tu me l’as dit, sont formes retournées d’érotisme. L’évidence de ton prénom, A., ce jour-là se déchira.
J’accepte ce qu’annoncent les désirs contraires de père et mère te l’attribuant en désaccord sur son orthographe, mais l’une l’emportant sur l’autre pour l’état civil, toi, leur miracle portant le prénom orthographié différemment de ton aînée, morte trop tôt, H.
Toi, mon mirage balançant d’une orthographe à l’autre, j’accepte toutes les charmantes étrangetés qui me viendront de toi.
Je ne te déclare pas mon amour pour t’obliger à m’aimer en retour. T’aimant, je suis capable de renoncer à tout jeu pour te séduire (qui, en grec, voulait dire détruire). T’aimer, c’est vouloir être moi, n’être que moi, être vrai, n’attendre rien de toi, n’avoir aucun projet pour toi, au risque de te perdre puisque je ne veux pas te gagner. Être aimée de moi ne te donne pas davantage le pouvoir de me faire souffrir à me faire attendre. Car, ne voulant rien pour toi, pas même ton bien, je ne peux me faire mal en t’en voulant de ne pas répondre à des attentes que je n’ai pas.
T’aimer, c’est être irradié par tout ce qui me vient de toi, et d’abord par ton existence, que tu sois présente ou absente. Pour t’aimer, je n’ai pas besoin d’entendre ta voix, de lire ton écriture. Je n’ai besoin ni de rêves, ni de souvenirs, pas même une photo, pas même une image. Il me suffit de ton prénom : A.

 

PORTRAIT DE LA FEMME AIMÉE DEPUIS 40 ANS

Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.

 

EN 50 ANS, LE GRAND ÉCART

C'est le 30 mai 2017 que j'ai osé aborder A.

(rivage de Méditerranée).

- Bonjour. Je vous ai écrit quelques poèmes. Je vous aime. (Il paraît que ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre). Elle ne rit pas, me regarde avec cette moue à la mode qui la maquille de hauteur feinte, de froideur maussade et blasée, d'inaccessibilité et de déplaisir vague. Elle remet les choses à leur place :

- Je résiste à ceux qui m'aiment. Moi, je ne t'aime pas.

- Faisons l'économie du Moyen Age. Réponds au chaud par le chaud et non en soufflant le froid, à la parole d'amour par la parole d'amitié, non par le silence du dédain.

- C'est très fade ce que tu me proposes.


Le 30 mai 1967, j'avais fait une toute autre expérience en abordant une autre A.

(Champs-Élysées).

- Bonjour. Je vous aime. Je vous ai écrit quelques poèmes. (Il paraît que ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre). Elle me regarde, yeux rieurs, rit d'un rire joyeux et dit à voix haute que tous peuvent entendre :

- Tu choisis de m'aimer. Moi aussi. Je suis femme et renonce aux caprices de l'idole qui veut être priée, adorée et ainsi fait brûler de désir qui la désire et veut la connaître. Je renonce au plaisir de te faire souffrir pour partager ton désir de me faire plaisir. Elle rit, donne un baiser à la ronde. Grande embrassade. Joyeuse sarabande.

Elle venait d'inventer une nouvelle façon d'aimer en renonçant à son pouvoir. Elle avait compris qu'il est plus facile d'être aimé que d'aimer, que donc, au lieu de tenir l'amant déclaré en haleine, il valait mieux cheminer avec lui, par le dialogue et les actes, les gestes, construire ensemble une histoire d'amour par approximations, ajustements, transparence. Et ainsi de proche en proche, diminuer la violence née des amours mortes en un jour, dispenser et accroître l'Amour, une évolution, une révolution pacifique, de l'intérieur de chacun vers l'extérieur de la vie sociale.
 

En 2017-2018, à 77 ans, alors que je ne cherchais rien, j'ai été saisi, habité, déstabilisé par un émoi sexuel, un élan amoureux, après 7 ans de veuvage. Des coïncidences, trop ? transformées en signes ? Histoire écrite dans le réel, durée : 6 mois. 6 mois d'amour courtois, dans la vie, dans le réel, avec des rencontres, des moments de travail, de partage, avec réalisation d'un objet d'amour. Puis la chute, le soir de l'anniversaire de la dame, un rejet violent, écrit, étalé sur un mois, incompréhensible. Refus d'une rencontre. Manipulation ?

Une pulsion d'écrire est en train de monter qui me permettra d'avancer dans l'écriture de Ma Dernière bande ou Mon dernier branle. Cette écriture personnelle va être facilitée par quelques rencontres et frottements, le 3° été du Léthé les 30 juin et 1° juillet, deux jours à 2 chez un ami, en mai.

la jupe de correspondance, le livre-sillage, la fabuleuse effeuillée, écrire et lire au Baïkal, la sirène du Baïkal, lire au parc du Mugel, à Châteauvallon, se promener à Batère
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