‘‘AU NOM DU CORPS’’ by Caroline Gauthier
Au cœur de sa chair, il y avait sa propre musique,
Mais aussi la force cosmique.
Elle savait que cette force était dans son corps,
Qu'elle n'est pas en dehors !
Elle savait que dans les profondeurs de son corps,
Pourtant, comme beaucoup, elle en avait perdu la clé,
Et il lui appartenait de la retrouver.
Elle observait alors ce corps plus concentrée,
Et elle voyait qu'il n'avait pas besoin de sa pensée rationnelle pour qu'il puisse fonctionner.
Elle pressentait que si elle était plus consciente de cette fabuleuse intelligence à l'oeuvre dans son propre territoire et dans sa propre maison,
Elle serait moins égarée par le discours de sa raison.
Elle sentait que si elle se reliait à cette intelligence corporelle,
Elle trouverait sa place à elle.
Comme le têtard de spermatozoïde savait où il devait aller sans la raison pour le guider,
Comme la fleur savait comment elle devait pousser sans un cerveau pour la tirer, Comme l'oiseau sent où il doit voler en harmonie avec sa race ;
Elle sentirait grâce à ce biais où est son endroit, sa véritable place.
Avant, elle ne le savait plus,
Car elle ne ressentait plus et elle était perdue.
La tête avait pris le contrôle de la situation,
Et l'empêchait de jouer sa propre partition.
Mais, elle décida enfin de suivre son corps et sa vibration.
Au nom du corps qui est ma terre
Que ta volonté soit faite
Certains prient Dieu et puis le ciel
Pensant que là, se trouve l’essentiel
Moi, je prie mon Corps et la Terre
Sentez-vous ce lien entre vos corps, mon corps, et le corps de la Terre ?
Ils sont faits de la même matière
Sentez-vous qu’il faut en prendre soin ?
Pourtant ils sont des temples encore trop lointains
Continuons à nous prendre la tête
Et la terre, elle, elle tempête
Continuons à nous meurtrir
Et la terre, elle, elle va mourir
Continuons à souiller, violer les corps meurtris
Et nous aurons des tsunamis
Tais-toi… Fais pas ça… Pleure pas… Bouge pas… Va par là… Non par ici…
Continuons à nous parler ainsi
Pour enfin nous réveiller
Au nom du corps qui est notre terre
Que ton nom soit sanctifié
Avant que le monde parte à la dérive.
Et les temps redeviendront cléments
Vivons notre belle matière
Le sacré se loge dans notre nature vivante, et dans nos corps vibrants ;
Pour intégrer la connaissance spirituelle, il convient de plonger dedans.
Les rythmes vitaux de nos organismes sont en résonance avec le cosmique ;
Intégrant cela, nous rencontrerons Dieu dans notre physique.
Plongeons dans nos ventres et dans nos grottes profondes ;
Nous y trouverons les racines et les fondations de la nature du monde ;
La connaissance nous sera alors révélée,
Et nous accèderons à notre unité.
Si nous cherchons Dieu dans l’extérieur,
Cherchons-le dans notre intérieur,
Et nous sentirons sa chaleur.
Car c’est dans la rencontre de notre dualité que nous serons mariés ;
La croix sera bien le trait d’union entre des opposées.
Plus aucun monde ne sera séparé.
Nous aurons en amour tous nos contraires ;
Et la Mère rencontrera le Père ;
Le féminin et le masculin danseront pour que rien ne se fane ;
Pour découvrir le sacré au coeur du profane ;
Le haut et le bas sur la même échelle,
Le spirituel au sein du matériel.
Au nom du corps qui est mon temple et ma terre
Toi qui es la fondation de toutes nos églises érigées vers les Cieux,
Tu es le réceptacle qui peut accueillir Dieu.
Tu es le lien entre le ciel et la terre ;
Ce contenant qui accueille la lumière.
Toi qui étais assimilé au mal,
Tu redeviens le réceptacle et le Graal.
Au nom du corps qui est ma terre ;
Que ta volonté soit faite.
______________________________________
Le tango est une histoire d’amour sans avenir, et c’est cela qui le rend sacré.
Tu rencontres un inconnu.
Tu touches avant de parler.
Tu écoutes avec ta poitrine, pas avec tes oreilles.
Et pendant trois minutes, vous construisez quelque chose de tendre, ensemble.
Aucun prochain rendez-vous.
C’est tout ce que le tango t’offre. Et c’est tout.
Ce n’est pas une question d’éternité.
Ce n’est pas une question de connaître toute l’histoire de quelqu’un.
C’est une question d’accepter de le ressentir pleinement, juste le temps d’une chanson.
À quel point est-ce rare ?
Dans un monde de distractions, de bavardages et de manque de temps,
le tango t’offre la présence comme un cadeau.
Je te vois. Je t’entends. Je te ressens. Je suis là.
Et quand la musique s’arrête, tu lâches prise.
Non pas parce que ça n’a pas compté,
mais justement parce que ça a compté.
Le tango t’apprend à tenir profondément, puis à relâcher.
À te donner pleinement, sans avoir besoin de posséder.
À être intime sans attachement.
Ce n’est pas du vide. C’est de la liberté.
Quelque chose de toi reste en eux.
Et quelque chose d’eux reste en toi.
C’est cela, la beauté du tango :
Il est bref, mais jamais superficiel.
Il disparaît, mais il laisse une trace.
Parfois, c’est exactement ce dont nous avions besoin.
____________________________________
Le tango n'est pas une question de chimie.
C'est une question d'ouverture.
Pas l'étincelle de la compatibilité instantanée.
Pas la magie de deux personnes qui bougent de la même façon.
Mais le choix lent et régulier de laisser entrer quelqu'un.
Faire une pause avant de supposer.
À écouter avec tout votre corps, non pas pour ce qui est impressionnant, mais pour ce qui est réel.
Parce qu'en fin de compte, les danses les plus mémorables sont rarement les plus flashes.
Ce sont eux où quelque chose s'est adouci, à l'intérieur de vous, ou entre vous.
Là où quelque chose de non-dit est passé par l'étreinte comme une vérité tranquille :
Je te sens. Tu me sens. Nous y sommes.
Juste deux personnes qui partagent de l'espace, du poids et de la respiration,
sans rien à vendre et rien à cacher.
C'est ce qui rend le tango extraordinaire.
Mais la volonté d'être connu sans explication.
Et vous n'avez pas besoin d'années d'expérience pour offrir ça.
Tu as juste besoin d'honnêteté.
Parce que tenir quelqu'un aussi ouvertement, sans armure, sans agenda,
Quand les deux personnes disent oui à ce genre de présence ?
Et ce qui reste... est la connexion. by Dimitris Bronowski
______________________________________
Avancée prudente, glissante
3 - De Triomphe en Triomphe
J'ai franchi la porte du Triomphe de l'Amour
Qui renvoie les images-mirages
M’a fallu longtemps 85 ans
M’alléger me fluidifier me simplifier
Pour éprouver notre amour
l’abrazo de tant de tangos
Pendant l'Étreinte de la Vie
Nous avons franchi la porte du Triomphe de la Mort
(Le Triomphe de l’Amour de Pétrarque, commencé probablement dès 1338-1340, profondément remanié dans les années 1351-1353 après la rencontre décisive avec Laure de Noves (le 6 avril 1327) et surtout après sa mort (le 6 avril 1348).
(Le Triomphe de la Mort écrit beaucoup plus tard, entre 1356 et 1374, avec une période d’écriture intense entre 1360 et 1370).
écrit entre 1940 et 2025 par Vita Nova