Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Cahiers de l'Égaré

cahiers de l'egare

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

12 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #poésie, #écriture, #théâtre, #lettre, #voyages, #philosophie

couverture provisoire; photographie argentique d'Hélène Théret

couverture provisoire; photographie argentique d'Hélène Théret

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, à paraître le 29 novembre 2021

après la fête du livre du Var à Toulon, 19-20-21 novembre

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € / poids : 1107 gr

Licence Creative Commons

L’auteur / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge / et de Corps Ça Vit /

L'auteur / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

roman sous licence creative commons

roman sous licence creative commons

 
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman de plus de 800 pages pour plus de 80 ans de vie disant merci la Vie, à paraître en octobre 2021
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman de plus de 800 pages pour plus de 80 ans de vie disant merci la Vie, à paraître en octobre 2021
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman de plus de 800 pages pour plus de 80 ans de vie disant merci la Vie, à paraître en octobre 2021
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman de plus de 800 pages pour plus de 80 ans de vie disant merci la Vie, à paraître en octobre 2021
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman de plus de 800 pages pour plus de 80 ans de vie disant merci la Vie, à paraître en octobre 2021

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 29 novembre 2021

 

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de

Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

 

Sommaire établi par l'auteur, ses avatars et ses métamorphoses


 

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse / autant en emporte le vent de chernobylhome / autant en brasse l'océan de foukirira

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

 

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie / Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

 

 


 

Livre III – Sa vie antérieure / Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1954 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri


 

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn


 

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

4° de couverture

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,   Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, sexe de taille   XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien. 

Moi-Lui-Je donna naissance le 25 décembre 2020 à minuit à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, localisé comme corps, non localisable comme esprit, non géolacalisable, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

Mais paradoxe, tout trou noir produit de l'évaporation.

Ainsi donc, toi lecteur de ce trou noir qu’est Vita Nova, tu peux voir s'évaporer un infime rayonnement qui te permettra de voir la transparence de Vita Nova dans l'opacité où il se complaît. De voir que couleur de lie, vomi qu’il affectionne sont couleur de paradis, nectar et ambroisie. 

Vita Nova  assimile, digère, défèque comme tout humain. Hypocondriaque par choix de la condition humaine, Vita Nova est d'une santé de gland malade. 

Perce-le à jour. Le diable en sera pour ses frais de séducteur.

 

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

Lire la suite

Concertina lu par Jacques Larrue

11 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #notes de lecture, #poésie, #écriture

Concertina le livre d'Isabelle Forno aux Cahiers de l'Égaré 

9.- LIVRE COMME L'AIR . Isabelle Forno la Toulonnaise, chronique sa vie en soixante-dix-huit tableaux C'est de la poésie libre. Et pure. C'est Isabelle que je connais. Mi-bas, mi-collants, mi-chèvre, mi-chou. Ni mièvre, ni mou. Avant de la lire, je savais que j'aimerais. Que je m'y perdrais. Que je m'y plaindrais. Que je m'y étonnerais. Mais que je m'y plairais. C'est fait de nostalgie, de tragédie parfois d'un fond de misandrie - histoire de maquiller l'amour des hommes plus que d'amères révélations... -, jamais de pleurnicher.

Zaza (vous permettez que je l'appelle Zaza ?) aime les mots, les chérit, les choie et les choisit. Et à ce titre, ne les épargne guère. Elle en fait des armes amères, des larmes douces ou rouges suivant les pages, l'orage, le désespoir. Elle s'amuse. Trop. Se repent. Se répand. Mais, toujours se reprend...

Oui je sais ça n'a pas l'air facile à lire... Mais si c'est facile ! Parce que c'est beau, généreux, débordant d'enthousiasme et de désespoir, d'abrasifs souvenirs et de douces confessions, c'est facile. Préparez vous y en a 270 pages. Et même 540, tant la tentation de s'y reprendre à deux fois, pour ne rien laisser s'échapper, est forte.

Car vous allez le lire, n'est ce pas ? Parole de Jaco. Il faut y aller, ceux de Macronique, parce que je ne voudrais pas que ce soit encore un chef-d'œuvre ignoré et que ce pauvre Jean-Claude en soit de sa poche. Lui, c'est l'éditeur et je sais pas comment elles sont encore pleines ses poches de l'édition tant elles sont... Grosse ! (merci, merci, c'est trop, vous pouvez vous rasseoir...). A moins qu'elles soient vides, mais là n'est pas la question.

Et le rythme. Quel rythme mes amis ! Les vers sont libres même si parfois, pris dans d'épais rouleaux de barbelés, ils sacrifient à la rime. Ils finissent en pote, en litote, en bouillotte. Ça vous chauffe les pieds même s'il n'y en a pas huit, ni douze. Ses textes-poèmes (oui je sais je ne devrais pas insister car rien ne se vend moins que la poésie) comme autant de petites - ou mauvaises - nouvelles... aventures. Mais ne reculez point cela se lit tout seul et c'est une bien belle musique que ces phrases nerveuses, ces phrasés langoureux.

Cela nous amène immanquablement au Concertina. Vous connaissez le concertina vous ? Tant mieux, j'en ai un peu marre de passer pour un con ! Enfin passer est une chose, mais l'être vraiment...

Ben voilà, le concertina c'est un système de clôture formant un réseau de bandes d'acier hérissées de lames tranchantes qui protège les murs de prison et tout autre endroit à ne pas franchir. C'est l'allégorie de la violence, de l'isolement sur soi ou par les autres.

Mais le concertina, c'est aussi un petit accordéon, plein de souffle et d'énergie, qui se joue à bout de bras grâce à sa légèreté, mais que l'on compare parfois à un orgue portatif. Il peut accompagner tout type de musique, grâce à des sons mordants et doux qui portent loin. C'est un petit air de fête. Un petit tour de piste pour clown triste et enfants joyeux.

Et c'est dans cette juxtaposition d'un même mot qui tourne à la confrontation, que la subtilité du propos vient se frotter à l'acidité des mots. J'aurais aimé aussi vous parler de la mise en musique, d'une rencontre improbable et quasiment préméditée avec un troubadour des Amériques, mais devant son refus ce n'est pas un renoncement. Juste un repli stratégique. C'est encore son extrême pudeur, dont vous constaterez qu'elle tombe tel le masque lorsque la plume crisse ou s'envole, qui m'interdit de proposer un visage sur cette si belle personne...

Qu'importe l'apparence je vous promets un grand moment de lecture. Et d'en sortir à la fois apaisé et épuisé. À regret aussi lorsque les dernières pages de droite deviendront ridiculement étroites entre le pouce et les autres doigts. Comme lorsqu'un verre de blanc, un chardonnet soigné, se plaint d'être vide.

Faudra penser à le renouveler. Y a pas de hasard Zaza...

Parmi les soixante dix-huit textes proposés par Isabelle Forno dans son Concertina, en voici un. Ce n'est pas le plus beau à mon goût, mais c'est celui choisi par l'éditeur. Et il va vous parler... fort !

 

SALON DES SENIORS

 

Il faut se rendre à l’évidence, il y a un moment, les hommes : il faut oublier,

Et même pire, il faut les fuir !

 

Que leurs amours soient en soins palliatifs, ou en phase terminale, qu’ils soient encore, ou à nouveau, ou temporairement célibataires, ils restent fuyants, craintifs, transparents, comme si la vie les avait durablement anesthésiés, et même à leur insu presque déjà quittés.

 

À trop actionner la pompe à mort fine, ils ne ressentent plus rien.

 

À peine encore dans leurs calcifs, quelques réflexes conditionnés, après s’être baladés en loucedé dans les galeries marchandes des objets homologués :

Jeunes filles en fleurs aux vieilles ficelles, femmes fatalement lubriques, infirmières et vieilles rombières...

 

Adeptes du racolage poussif, aucun signe de séduction, vêtements démodés couleur de tabac vieux, mal fago- tés, un peu crades, aigris, corps avachi, ils recyclent en boucle les souvenirs de leurs heures de lustre, et leurs faits d’armes auprès des dames :

« Je tirerai bien une dernière taffe, avant de rendre mon pyjama

Donnez moi vite une femme ! N’importe laquelle fera l’affaire ! »

 

Pour tromper l’œil de la mort, parfois les femmes sont d’accord.

 

Elles arrivent un peu coquettes dans des maisons abandonnées, aux chambres fermées sur le désordre, sous la poussière des drames anciens.

 

Aucun espace libre.

À peine les bras d’une banquette.

Redoutant de découvrir congelés dans un coin tous les membres d’une vie tronçonnée, elles ne s’égareront pas, fuiront les pénalités, et s’en tiendront aux conventions tacites de la prestation initiale.

 

C’est une passe non tarifée, pour un acte peu gracieux : il faut bien que vieillesse se passe !

 

L’usage des corps sera triste, on n’est pas loin du dégueulasse,

 

« C’était sympa de vous connaître, merci de votre invitation,

mais je ne vais pas pouvoir rester... »

 

 

                           _____________________________

 

Commandez vite à cette adresse mail les4saisonsdailleurs@icloud.com

Et visitez les Cahiers de l'égaré ici

http://cahiersegare.over-blog.com

 

______________________________

Chers amis fidèles de Macronique, ne vous inquiétez pas si vous êtes privés de votre pitance matinale jusqu'à mercredi inclus. Le macroniqueur s'échappe quelques jours... 

Cet email a été envoyé à les4saisonsdurevest@wanadoo.fr, cliquez ici pour vous désabonner .

La Devezette 48 260 Nasbinals FR

Lire la suite

Le Siècle de Marcel Conche (ouvrage collectif)

27 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel
couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

Le Siècle de Marcel Conche
ouvrage collectif en hommage au philosophe et à l’homme Marcel Conche, l’année de son centenaire
222 pages, format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-127-5
PVP 18 €
disponible dès le 27 septembre en librairies ou plateformes de ventes en ligne
via Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris  0145488462
ou directement auprès de l'éditeur par chèque de 18 € (frais de port offerts) à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du colombier, 83200 Le Revest

 

 

Marcel Conche a dit à ses convives le 27 mars 2019, pour ses 97 ans : je ne sais qu’écrire.

Cette discipline de la page quotidienne écrite le matin, à la main, presque à l’aveugle, au senti du tracé est sans doute ce qui continue à donner du goût et du sens à sa vie. La dictée du texte au téléphone est le deuxième temps de sa démarche. Maryse Chan est son interlocutrice à huit cents kilomètres de là. Elle a la lourde responsabilité de la mise en forme et en page de ce que lui dicte Marcel. Puis vient le temps de l’édition, tous les six mois, aux équinoxes (printemps, automne), livres rassemblant ses chroniques et essais, des souvenirs, des rêves, des désirs, des bilans. Marcel comme Montaigne peint le passage.

Pour Le siècle de Marcel Conche, écrit à son insu, 42 personnes et personnalités ont été sollicitées. 27 ont participé qui n’ont découvert la totalité du livre qu’à sa parution.

Chers lecteurs, vous voici, vous aussi, associés à la découverte d’un journal étrange déclinant des amitiés singulières, uniques avec le philosophe qui nous invite sans concessions ni compromis au plus grand respect de tout ce que la Nature crée.

Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré 


 

 

 

Table des matières
 
p. 5       Jean-Claude Grosse                  Avant-propos de l’éditeur
p. 9       François Hollande                     Préface
p. 13     Daniel Aranjo                           Marcel Conche écrivain
p. 17     Aïdée Bernard                          Nature sauvage
p. 23     Emilie Borel                             Les Cent ans de Marcel Conche
p. 31     Alain Cadéo                             Aux contrebandiers de l’inutile
p. 39     Gilles Cailleau                          Cher monsieur Conche
p. 47     François Carrassan                   Un génie rural
p. 57     Jean-Philippe Catonné              Penser la nature et l’homme
p. 64     Maryse Chan                            Une improbable amitié
p. 69     André Comte-Sponville             Lettre à Marcel Conche pour son centième anniversaire
p. 79     Marie-Martine Conche               Il fut d’abord « Monsieur », ensuite « père » 
p. 83     Sébastien Conche                    Cher grand-papa
p. 89     Françoise Dastur                      Cette réflexion sur l’amour, la nature et la beauté, vus d’Orient
p. 95     Christian Girier                         Journal d’un film (extraits)
p. 101   Edgar Gunzig                           Rencontre de deux ignorants
p. 111    Lucile Laveggi                          Cinquante années d’amitié
p. 115    Danielle Marty                          La caresse
p. 117    Marie Morel                              Je t’aime mon bel arbre !
p. 119    Germain Nouveau                     Les baisers
p. 125    Raymonde Paneels                   How to live ?
p. 131    Sylvette Pierre                         Plus de cinquante ans avec Marcel Conche
p. 137    Yvon Quiniou                            Hommage au philosophe Marcel Conche
p. 141    Petr’Antò Scolca                        Marceddu Concia, u ritornu ch’hè un si dice
p. 147    Philip Segura                            Ensembles et intersections
p. 151    Vita Nova                                 Le désir du baiser
p. 157    Marc Wetzel                             En relisant Parcours
p. 169    Serena Talamoni et Jean-Guy Talamoni      Entre philia et politeia
p. 179    La beauté et sa signification, conférence inédite de Marcel Conche
 
 
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

 

 

extrait choisi par l’éditeur

La première fois que j’ai vu Marcel Conche, c’était en 1965, j’étais en propédeutique à l’université de Lille, à attendre un premier cours de philosophie. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas un professeur comme les autres, mais ne me doutais pas que cette rencontre allait changer ma vie : il est arrivé dans une salle tellement bondée qu’il ne pouvait accéder à son bureau, il a grimpé tranquillement sur une chaise pour marcher sur les tables jusqu’à sa chaire, comme si c’était tout à fait naturel, et sous les applaudissements des étudiants sidérés de voir un professeur de faculté pratiquer pareil exercice, il s’est installé, après avoir accroché son grand parapluie noir au bureau, et, content de son effet, a commencé son cours avec le petit sourire amusé qu’il a toujours même maintenant quand il surprend son monde. L’institut de Philo de Lille, à l’époque, ne manquait pas de philosophes de renom, Eric Weil entre autres, mais les cours de Marcel avaient cette allégresse, cette originalité, cette force personnelle de réflexion qui attiraient nombre d’étudiants. D’ailleurs, plutôt qu’à un cours nous assistions au développement d’une pensée personnelle vivante, menée avec une telle rigueur et une telle vigueur qu’elle en était fascinante. (Sylvette Pierre)

 

 

note annexe de l'éditeur:

j'avais sollicité 42 personnes et personnalités; 27 ont participé; je n'ai pas à évoquer les personnes et personnalités qui n'ont pas participé

j'en évoquerai une cependant : Roland Jaccard sollicité par courrier d'abord aux PUF, ensuite à son adresse parisienne; c'était en mai 2021;

Roland Jaccard, l'éditeur d'un nombre important de livres de Marcel Conche, 17, dans la collection Perspectives critiques, s'est suicidé le 20 septembre 2021, à deux jours de ses 80 ans, un jour avant la sortie de l'ouvrage collectif en hommage à Marcel Conche

 

 

Dans son billet du vaurien (en langage des oiseaux = vaut rien) du 15 juin 2021, Roland Jaccard écrivait : Apprendre à mourir, me disait mon père, c’est apprendre tout au long de sa vie, à donner le minimum de soi en toute circonstance. La compassion, cette élasticité illimitée dans l’art de souffrir, que j’observais consterné et excédé chez ma mère, n’était pas dans l’esprit de mon père. C’était sa forme à lui de générosité. 

Par ailleurs, alors que ma mère jouait à merveille son rôle d’hystérique viennoise, il m’avait très jeune mis en garde : « Ne te laisse surtout pas impressionner : elles sont toutes folles. » Un père parlerait-il ainsi à son fils aujourd’hui ? Et d’ailleurs que reste-t-il de l’esprit du stoïcisme ? …

Pour mon père, l’individu n’était qu’une bulle éphémère, partie quasi insignifiante de l’écume qui surgit avant de s’effacer. Conscient de la nullité de son état et des souffrances et illusions que lui procure cette nullité, l’individu qui réfléchit cherchera l’extinction, le retour à la nuit informe de l’universel. Annihiler, c’est rendre à la vie sa logique. Un mauvais démiurge a voulu, au sens le plus fort du terme, le cosmos. Fatigué de cet enfantillage, il en voudra très probablement l’extinction. Mon père, en prenant les devants, a anticipé sur ce qui ne manquerait pas de se produire.

Lire la suite

L'âme et le corps / Marcel Conche

24 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

L'âme et le corps

auteur Marcel Conche

format 14 X 22, 248 pages, 130 chapitres, PVP : 18 €

ISBN 978-2-35502-129-9

ce livre sera exclusivement vendu par l'éditeur contre un chèque de 18 € à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest (frais de port offerts)

 

 

 

La notion d’âme n’est donc pas religieuse. L’âme ne survit pas à la mort du corps. Quel est son rôle ? L’âme fait que le corps soit le corps d’une personne. L’âme de Pierre anime le corps de Pierre, elle fait que le corps de Pierre n’est pas le corps de Paul. À la mort de Pierre, le corps de Pierre est privé de son âme. Le cadavre de Pierre est sans âme, contrairement à l’opinion des chrétiens pour qui l’âme, étant immortelle, survit à notre mort. (...)

Quand mon corps mourra, mon âme aussi sera morte, mon cadavre pourra être mis avec le fumier des vaches et des cochons pour faire du fumier. Cela est conforme à l’opinion d’Héraclite totalement irréligieuse. J’ai aimé Marie-Thérèse, il n’y avait aucun sens à aimer et honorer son cadavre qui était sans âme selon l’incroyant que je suis, mais Marie-Thérèse était chrétienne, son cadavre du point de vue chrétien n’était pas que terre et eau, il y avait une âme immortelle. Ma façon de voir les choses résulte de ma position d’incroyant. L’incroyance comme la croyance est sans preuve, la croyance est pourtant certaine pour celui qui croit, l’incroyance est certaine pour celui qui ne croit pas. Il y a donc certitude du côté du croyant et de l’incroyant, mais certitude n’est pas preuve, dans les deux cas

il s’agit d’une certitude subjective.

Lire la suite

Concertina / Isabelle Forno

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #écriture

Livre livré vers le 17 septembre, envoyé aux abonnés vers le 20 septembre

Livre livré vers le 17 septembre, envoyé aux abonnés vers le 20 septembre

Concertina d'Isabelle Forno

284 pages, format 14 X 22

ISBN 978-2-35502-128-2

PVP 18 €

 

 

Après un premier livre « Travail, peurs et résistances » (Syllepse 2012), incisif et critique sur la question des risques psycho-sociaux, Isabelle Forno nous livre dans ce recueil de textes intimes, une polyphonie de sons, d’inspirations, puisée dans ce qu’elle nomme les « chemins de faîte » de ses féminités, et qui « de fait » nous propulsent, sans filet, dans son univers émotionnel et sensoriel.

Vous comprendrez vite qu’elle aime jongler avec les mots, en déjouer les ruses, en stimuler les sens. 

Sa musique vive et enjouée semble s’échapper du  concertina, ce petit accordéon complice des danseurs et des clowns, aux sons mordants et doux, et que l’on ne tient pas avec des sangles.

Ses mots parfois deviennent des cris, piqués au fil du barbelé, tel le concertina d’acier  que l’on déroule sur les clôtures des sites sensibles, et composé de petites lames affûtées et tranchantes. 

Sous des formes courtes et variées, entre récits, nouvelles et poésies, avec ses textes tout à la fois pudiques et corrosifs, tendres et amers, drôles et tragiques, cueillis au plus près du réel ou portés par l’imaginaire, Concertina vous touche en plein cœur.

 

 

CONCERTINA :

- Le concertina est un type de fil de fer barbelé.
Emblématique des clôtures de prison, et des murs d’enceinte des sites ultra-sensibles, il est composé de bandes d’acier formées de lames tranchantes, enroulées en cercles concentriques.
C’est son volume ainsi que sa densité qui définissent son niveau d’efficacité contre les actes malveillants.
Ce système de protection peut être facilement implanté et remis en place en cas de dégradation. Il ne nécessite pas de maintenance. Ses lames de rasoir « judicieusement adaptées » retardent les tentatives d’intrusion « tout en s’intégrant parfaitement dans le paysage urbain ».

Informations extraites de sites de fournisseurs. Rubrique : renseignez-vous sur nos fers barbelés...

- Le concertina est un instrument de musique ressemblant à l’accordéon.
De section hexagonale, il est tenu horizontalement entre les deux mains qui, soulevant une soupape, font passer sur des lames de cuivre, la colonne d’air fournie par un soufflet.

Apparu dans les orchestres de chambre, c’est un vrai orgue portatif, petit, léger et puissant.
Le concertina s’intègre parfaitement à d’autres instruments pour accompagner tout type de musique, grâce à des sons à la fois mordants et doux, qui portent loin.

Surnommé le « furet en cuir », complice des danseurs et des clowns, on ne le tient pas avec des sangles.

Informations extraites de sites d’histoire de la musique et des instruments, sites d’accordéonistes.
Rubrique : une petite boîte élastique... 

 

 

 

Lessiver, colmater, reboucher, lisser les vestiges des peines anciennes, préparer le support des jours aériens.

Courbée sur la tâche, j’élimine une ou deux épaisseurs, j’en lime les trop-pleins, j’évide les enflures, les gratte, les racle, me frotte à leurs nervures, les ponce, les tape, ramasse sur le sol leurs brisures.

Pour polir une surface, sans pour autant la mater, un ponçage à l’eau est recommandé.

Si vous employez un grain d’abrasif trop fin, le risque est celui de l’effet miroir, tellement lisse que les maux disparaissent, et que vous inhalez leur poussière corrosive.

Je fais confiance à mes mains, à mes bras, pour qu’ils dosent l’effort jusqu’à la limite de cet effacement, pour qu’ils dessinent la zone du recueillement. [...]  extrait de Work shop) P 271

 

 

choisi par l'éditeur :

SALON DES SENIORS

Il faut se rendre à l’évidence, il y a un moment, les hommes : il faut oublier,
Et même pire, il faut les fuir !

Que leurs amours soient en soins palliatifs, ou en phase terminale, qu’ils soient encore, ou à nouveau, ou temporairement célibataires, ils restent fuyants, craintifs, transparents, comme si la vie les avait durablement anesthésiés, et même à leur insu presque déjà quittés.

À trop actionner la pompe à mort fine, ils ne ressentent plus rien.

À peine encore dans leurs calcifs, quelques réflexes conditionnés, après s’être baladés en loucedé dans les galeries marchandes des objets homologués :
Jeunes filles en fleurs aux vieilles ficelles, femmes fatalement lubriques, infirmières et vieilles rombières...

Adeptes du racolage poussif, aucun signe de séduction, vêtements démodés couleur de tabac vieux, mal fago- tés, un peu crades, aigris, corps avachi, ils recyclent en boucle les souvenirs de leurs heures de lustre, et leurs faits d’armes auprès des dames :
« Je tirerai bien une dernière taffe, avant de rendre mon pyjama
Donnez moi vite une femme ! N’importe laquelle fera l’affaire ! »

Pour tromper l’œil de la mort, parfois les femmes sont d’accord.

Elles arrivent un peu coquettes dans des maisons abandonnées, aux chambres fermées sur le désordre, sous la poussière des drames anciens.

Aucun espace libre.
À peine les bras d’une banquette.
Redoutant de découvrir congelés dans un coin tous les membres d’une vie tronçonnée, elles ne s’égareront pas, fuiront les pénalités, et s’en tiendront aux conventions tacites de la prestation initiale.

C’est une passe non tarifée, pour un acte peu gracieux : il faut bien que vieillesse se passe !

L’usage des corps sera triste, on n’est pas loin du dégueulasse,page150image3779216 page150image3779424 page150image3779632 page150image3779840

« C’était sympa de vous connaître, merci de votre invitation,
mais je ne vais pas pouvoir rester... »

Lire la suite

Il faudrait plus qu'un édito / Gilles Cailleau

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #spectacles, #théâtre, #voyages, #écriture

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

 
Il faudrait plus qu'un édito de Gilles Cailleau
250 pages format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-125-1 
18 € 
 
Du même auteur, aux Cahiers de l’Égaré :
Le tour complet du cœur, 2005 (rééd. 2011 & 2014)
Fournaise, 2008
Gilles et Bérénice suivi de Tout l’univers en plus petit, 2011
Vous qui lisez ne me regardez pas (œuvres quasi complètes), 2011 (rééd. 2015) 
Tania’s Paradise, 2013
Le nouveau monde, 2017 


 

 

 

 

Je ne suis pas un très bon acteur, je joue comme un chien, je veux dire que j’ai les défauts d’un chien, celui qui rentre les pattes pleines de boue et qui débordant d’amour les pose sur la chemise encore blanche de son maître ou de sa maîtresse. L’épure n’est pas mon affaire, je la laisse à d’autres qui en font un meilleur usage. Ma générosité de gamin m’empêchera d’entrer au panthéon des acteurs solitaires et splendides.

Parfois un spectateur me demande : – « Jouer si près de nous ne vous perturbe pas ? – Bien sûr que si, ça me dérange, ça m’importune, ça me bouscule, ça me déconcentre. Je l’espère bien, je ne demande que ça. Si j’étais funambule, ça m’ennuierait qu’il n’y ait jamais de vent. »

Gilles Cailleau, auteur, metteur en scène et interprète de la compagnie Attention Fragile, a écrit une centaine de billets d’humeur publiés sur le site de la compagnie entre 2004 et 2021. Les voilà rassemblés dans cet ouvrage. 

2004-2021. J’écris depuis 18 ans les éditos de la page d’accueil du site d’Attention Fragile, une dizaine les années fastes, 3 ou 4 les années maigres, et les voilà tous ensemble.

Enfin, presque tous, j’en ai fait disparaître quelques-uns. À les relire j’ai constaté que je manquais parfois d’inspiration.

Mais je me suis aperçu aussi qu’au-delà de ce que j’y dis, ils retraçaient à leur manière une histoire – incomplète et subjective certes, mais quand même une histoire des splendeurs et des misères de la vie artistique pendant ces 18 dernières années.

Il s’en est passé des choses! M’entendre parler aujourd’hui de masques, de distanciation sociale ou de culture essentielle dans des éditos qui ont plus de 10 ans, c’est une étrange ironie...

Merci à toutes et tous mes camarades, merci à ma propre compagnie, Attention Fragile, que je ne quitte pas.

Et merci à Jean-Claude, merveilleux éditeur et ami.
Gilles Cailleau 

 

Lire la suite

Abonnement 2021 aux Cahiers de l'Égaré

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021
les 4 livres de l'abonnement 2021

les 4 livres de l'abonnement 2021

3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements
3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements

3 livres ayant souffert de la crise sanitaire par annulation d'événements

Jean-Claude Grosse

Directeur et créateur des Cahiers de l’Égaré

Le Revest-les-Eaux

Création d'un abonnement annuel aux Cahiers de l'Égaré

Le 12 avril 2021,

Chers amis, lecteurs, auteurs, curieux, solidaires, solitaires, partageurs,

La situation sanitaire depuis un an met Les Cahiers de l'Égaré en présence de difficultés nouvelles.

Deux livres récents ont souffert de manifestations annoncées, puis annulées ou reportées sine die :

Dans la tête de Gabriel Matzneff

de Chantal Montellier (BDiste), 52 pages, 5 illustrations, 12 €.

Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie

de José Lenzini, 248 pages, 2 illustrations d’Ernest-Pignon Ernest, 15 €. (à l’occasion des 100 ans de la mort du poète)

Vous pouvez heureusement décider de les commander, encore, et en nombre, en librairie et sur les sites en ligne !

Fidèle aux Éditions Mesures dont la formule d’abonnement m’a inspiré, j’ai eu l’idée de vous proposer cette formule mixte nous permettant de perdurer grâce à la solidarité active des abonnés, des personnes que nous connaîtrions, qui nous choisiraient, qui participeraient à l’élargissement de notre cercle :
une saine définition de l'amour des Lettres et des Livres.

Le principe est le suivant :
Un abonnement annuel de 4 titres combiné avec leur présence en librairie (via notre diffuseur-distributeur Soleils, 3 rue Jean Dollfus, 75018, Paris, qui assure également le référencement des Cahiers de l’Égaré sur Electre et toutes les plateformes) pour permettre leur achat unitaire, en dehors de toute obligation d’abonnement, au fur et à mesure de leur parution.

Pour les mois à venir (mars 2021/décembre 2021) je vous propose donc de vous abonner à 4 livres pour un coût total de 60 € au lieu de 71 €.

Les 4 auteurs et titres retenus sont :

Marcel Conche, La nature et l'homme. Essais et souvenirs, 190 pages, format 14 X 22, 19 €

Après la publication de très nombreux livres dont plusieurs aux Cahiers de l’Egaré, le philosophe âgé de 99 ans révèle ici une face nouvelle qui plonge son lecteur dans une expérience immersive de pensée en lien avec le Connais-toi toi- même socratique.page1image3700592 page1image3700384 page1image3700176

Marcel Conche, en s’appuyant sur les philosophes d’avant Socrate, Anaximandre, Héraclite, Parménide, se trouve au plus près des préoccupations écologistes.
Il affirme haut et fort le respect (qu’il pratique) du tout vivant, de l’insecte à l’homme, des plantes aux poussières d’étoiles, la célébration de la Vie créatrice et éternelle.

L’influence de Marcel Conche a été réelle sur nombre d’étudiants et toujours vive auprès de philosophes comme André Comte-Sponville ou Michel Onfray et dans le milieu de la décroissance dont une figure est Paul Ariès.

Son amour pour Émilie (2001-2008, lui 80 ans, elle 30) a été fortement médiatisé en particulier par Jérôme Garcin. Les Cahiers de l’Égaré ont publié hors commerce Le silence d’Émilie après l’opposition d’Émilie à la parution du Journal étrange Émilienne, devenu le populaire Corsica.

Sortie le 27 mars 2021 pour les 99 ans du philosophe.

page2image880400 page2image3679584 page2image852288 page2image3678960 page2image3678752

Philip Segura, Père Ubu et Mère Blabla. Théâtre. 70 pages, 13,5 X 20,5, 14 €

« Une histoire de plus chez les Ubu. »
L’histoire se déroule après Ubu enchaîné, Père Ubu, roi des esclaves, touche les terres de Grèce, il y rencontre Mère Blabla, reine des Grecs.
La saga Blabla continue après Magnus-Blabla, Frankenstein-Blabla et Les histoires de Saint-Blabla. Mère Blabla devient la porte-parole de la Konerie du monde. Vive la Konerie ! Vive la Démologie ! Vive la Reine ! Si on parlait de politique un peu...

Philip Ségura a créé le Théâtre Blabla en 1998 avec Philippe Pasquini. Il est comédien, marionnettiste et clown.

Il a édité « La Marionnette-Matériau » chez L'Harmattan, « Théâtre Blabla » chez les Promeneurs Solitaires.

Sortie le 27 mars 2021.

page2image901904 page2image3676672 page2image877376 page2image3676048 page2image3675840

Isabelle Forno, Concertina. Bloc de notes sans partition, 180 pages, 18 €

Après un premier livre « Travail, peurs et résistances » (Syllepse 2012), incisif et critique sur la question des risques psycho-sociaux, Isabelle Forno nous livre dans ce recueil de textes intimes, une polyphonie de sons, d’inspirations, puisée dans ce qu’elle nomme les « chemins de faîte » de ses féminités, et qui « de fait » nous propulsent, sans filet, dans son univers émotionnel et sensoriel.

Vous comprendrez vite qu’elle aime jongler avec les mots, en déjouer les ruses, en stimuler les sens.
Sa musique vive et enjouée semble s’échapper du concertina, ce petit accordéon complice des danseurs et des clowns, aux sons mordants et doux, et que l’on ne tient pas avec des sangles.

Ses mots parfois deviennent des cris, piqués au fil du barbelé, tel le concertina d’acier que l’on déroule sur les clôtures des sites sensibles, et composé de petites lames affûtées et tranchantes.

Sous des formes courtes et variées, entre récits, nouvelles et poésies, avec ses textes tout à la fois pudiques et corrosifs, tendres et amers, drôles et tragiques, cueillis au plus près du réel ou portés par l’imaginaire, Concertina vous touche en plein cœur.

Sortie en septembre 2021

page3image2937792 page3image7956672 page3image7079904 page3image7955840 page3image3685824

Jean-Claude Grosse, Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ? Roman polyphonique, 500 pages, 20 €

L’auteur Celui qu'on appelait communément J.-C., hiérosolymitain du L'Avers sous les eaux et de Corps Ça Vitcelui qui a décidé de s’appeler depuis le 25 décembre 2020 Je Suis Vita Nova a été réveillé par une évidence : toute vie est un roman, une polyphonie de romans.

L’auteur en a profité pour fabuler sur ses conceptions et ses pratiques des 10 échelons à la sauce Platon de l’Amour : porneia, pothos, mania, eros, philia, storgè, harmonia, eunoia, charis, agapè au moment du démon de midi.
Il a romancé les aventures politiques, artistiques, littéraires, spirituelles d’un homme ayant dépassé les 80 ans et découvrant par eczamen de conscience, engendrant un eczéma virulent, sa « commerie », sa capacité à faire comme.

Son humour ravageur le fera-t-il enfin sortir de la connerie imitative pour aller vers Je Suis Vita Nova.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l'auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :
ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable. Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, intemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas. En le rendant, on en a fini avec les romans de sa vie.

Sortie en octobre 2021

**
En espérant que cet appel suscitera votre envie de mieux connaître et d'accompagner Les Cahiers de 
l'Égaré, de soutenir nos choix éditoriaux et de maintenir notre vitalité.

Vos livres vous seront expédiés au fur et à mesure des parutions par la poste par nos soins et sans frais (pour l’étranger frais de port en sus).

Croyez, chers amis, à l'expression de mon attachement aux livres qui peuvent laisser traces, et à leurs lecteurs inspirés que je remercie.

Jean-Claude Grosse

Bulletin d’abonnement papier

Nom :                                    Prénom :

Adresse postale :
Mail :                                       Téléphone :
Souscrit 1 abonnement aux 4 livres des Cahiers de l’Égaré pour 2021 au prix total de 60 

Chèque de 60 € à établir à l’ordre de : Cahiers de l’Égaré
Et à envoyer avec le bulletin à : Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux.

Lire la suite

Théâtre de la Jeunesse#6

25 Juin 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #écriture, #collection théâtre de la jeunesse

Théâtre de la Jeunesse#6

Préface

Cette sixième édition de THÉÂTRE de la JEUNESSE regroupe cinq pièces nées durant l’année scolaire 2020-2021 d’ateliers d’écritures menés avec des élèves de quatre classes de CM2 de La Seyne-sur-Mer et d’une classe de premier cycle du Conservatoire Toulon Provence Méditerranée, avec cinq dramaturges : Jóan Tauveron, Eugène Durif, Catherine Verlaguet, Samuel Gallet, Pamela Ghislain.

Cette expérience, soutenue pour la sixième année par la DRAC PACA, fait partie du projet Un.e auteur.e dans ma classe proposé par la Saison Gatti. Il a pour ambition de faire lire, écrire et jouer du théâtre.

Ces ateliers d’écriture et la rencontre avec chaque dramaturge ont été précédés par une phase de sensibilisation à la lecture s’appuyant sur un répertoire de seize pièces lauréates du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public (sélection CM2-6e). Il a été complété par l’intervention de comédiens qui ont accompagné les élèves dans la mise en scène de leurs propres pièces. C’est donc un projet qui embrasse tous les temps de la création.

Les élèves des quatre classes de CM2 ont pu jouer leurs pièces devant leurs camarades sur le plateau du Conservatoire TPM à La Seyne- sur-Mer, dans le cadre du 1er juin des écritures théâtrales jeunesse. Les élèves de cycle 1 du Conservatoire, quant à eux, ont lu leur pièce le samedi 5 juin 2021 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle.

En dépit de tout, cette année scolaire s’est donc conclue par une belle fête célébrant le théâtre jeunesse.

À l’heure où paraît ce livre, les théâtres commencent à rouvrir leurs portes, après une longue fermeture au public. Si la crise sanitaire nous a empêchés d’aller à la rencontre des pièces dans les théâtres, les classes sont restées ouvertes aux artistes permettant de poursuivre ce magnifique travail d’éducation artistique et culturelle. Derrière leurs masques, ces enfants et adolescents n’oublient pas d’interroger le monde qu’ils habitent. Toutes les pièces présentent dans ce recueil témoignent de leurs inquiétudes et de leurs peurs certes, mais égale- ment de leurs imaginaires, de leurs engagements et de leurs rêves. C’est l’endroit de ce théâtre à vif, en prise avec la jeunesse, qui nous anime dans ce projet.

Avec ce volume 6 de THÉÂTRE de la JEUNESSE, nous travaillons à créer, au sein des Cahiers de l’Égaré, une collection théâtrale de textes d’auteurs dont l’écriture est ouverte à une dimension participative.

Cyrille Elslander Directeur de La Saison Gatti Bibliothèque Armand Gatti

Lire la suite

Il fallait être fou

21 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

il fallait être fou, 30 ans d'histoire théâtrale

Il fallait être fou
André Neyton
ISBN 978-2-35502-124-4
206 pages
format 13,5 X 20,5
PVP 15 €
parution, le 14 mai
peut-être commandée sur les plateformes en ligne ou en librairie via Soleils Diffusion-Distribution, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
 

 

« Enfin le panneau annonciateur du terme du voyage perce le rideau dʼeau. Une place déserte avec, au fond, un bâtiment qui ne peut être quʼune salle des fêtes. Je mʼy engouffre. Cʼest là. Sur la scène un homme parle ... ». André Neyton vient de découvrir un univers inconnu de lui, absent des livres dʼhistoire ... Dès lors, il fera de son théâtre – sans que jamais celui-ci ne soit un prétexte – un long combat pour la renaissance de la langue et de la culture dʼoc. Il raconte ici ses espoirs encouragés par un public fidèle, ses abattements à chaque mauvais coup porté, lʼindifférence ou les résistances à son indéfectible ténacité. Un parcours singulier, dans un milieu culturel souvent méprisant voire hostile. Un témoignage sans concession, à rebondissements, qui se lit comme un roman.

André Neyton est comédien, metteur en scène, auteur, directeur de théâtre et de compagnie théâtrale. Il a développé depuis les années soixante- dix un théâtre populaire inspiré par la culture et la langue occitanes. En 1966 il crée, avec Robert Lafont, le premier spectacle mettant en scène la langue dʼoc dans sa réalité contemporaine : Per jòia recomençar. En 1971 il fonde le Centre Dramatique Occitan, compagnie professionnelle, et monte plusieurs auteurs occitans et catalans avant dʼécrire lui-même ses pièces. Il crée en 1984 le Théâtre de la Méditerranée, Centre des Cultures Régionales de lʼEspace Méditerranéen, installé depuis 1991 à lʼEspace Comedia à Toulon.

 

 

TABLE DES MATIERES

Le déclic ....................................................... p5 

Naissance d’une compagnie ............................... p25 

Vers le professionnalisme ................................... p41 

Le double effet de la Providence ........................... p73 

Le temps des emmerdes .................................... p101 

Le rebond .................................................... p123 

Tonnerre sur la Ville ........................ ......... ....... p141 

Retour à la normale ? ........................ ........ ....... p161 

Il fallait être fou ............................................. p193 

 

 

Nous aurons néanmoins contribué, par la présence de l’occitan dans un théâtre d’aujourd’hui, à légitimer une langue vivante porteuse d’une culture contemporaine et à faire admettre que la création artistique ne s’évalue pas à l’aune d’une langue, qu’elle fût « régionale » ou nationale. Nous avons, ce faisant, contribué à lever les préjugés les plus ancrés, au risque de contrarier l’ami François Villon à qui nous lançons sans complexes :

— Non, il n’est pas bon bec que de Paris !

Tout ce qui a pu être fait l’a été par le théâtre parce que le désir de la création m’y conduisait toujours comme la main du peintre se saisit irrésistiblement du pinceau pour que la toile cesse d’être muette. L’aventure qui nous mène de Per jòia recomençar au Théâtre de la Méditerranée-Espace Comedia est celle d’une vie qui ne pouvait se dérouler autrement. Elle sera celle de cinquante ans d’un théâtre qui avait une parole à faire entendre. 

 

 

Lire la suite

La nature et l'homme

7 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #JCG

La nature et l'homme

PHILOSOPHIE. « La Nature et l’Homme », de Marchel Conche

Né en 1922, le philosophe Marcel Conche a eu 99 ans le 27 mars. Cela ne l’empêche nullement de réfléchir, ni d’écrire. Pour preuve cette série de 109 fragments où se répondent, comme autant de courts chapitres, interrogations métaphysiques et souvenirs d’une vie. Il est ici question de la nature qui doit remplacer Dieu, d’Héraclite et du changement universel, des femmes aimées, des amis présents ou perdus, des souvenirs toujours vifs d’une enfance rurale – entre autres et tour à tour. Par-dessus tout, avec humour ou gravité, se trouve célébrée la philosophie, considérée comme vocation et choix de vie originaire. Un petit paysan fit à 13 ans des Pensées de Pascal son livre de chevet, ne put aller au lycée, apprit tard le latin et le grec, édita finalement Héraclite aussi bien qu’Epicure et devint professeur à la Sorbonne. La recherche de la vérité organise cette existence, ce qui constitue une rareté. R.-P. D.

compte-rendu du Monde des Livres, rédigé par Roger-Pol-Droit, publié jeudi 6 mai 

Est paru, le 27 mars 2021, pour ses 99 ans, le dernier livre de Marcel Conche : La nature et l'homme.

ISBN : 978-2-35502-123-7

192 pages / 19 €

référencé et distribué par Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

Avant-propos

La nature est le lieu sans limites où naissent et persistent des mondes innombrables. On peut parcourir indéfiniment la nature : elle est donc in- définie. Mais elle est aussi infinie, car on ne peut rien lui ajouter qui ne serait pas naturel. Un monde est une totalité structurée. Une grenouille perçoit d’innombrables excitations. Ces excitations ne forment pas un ensemble disparate : elles ont une unité car la grenouille est une, l’ensemble des excitations est donc une totalité structurée, un monde. C’est le monde de la grenouille. La grenouille ne peut sortir de son monde, pas plus que le serpent du sien. Autant d’êtres vivants, autant de mondes qui mutuellement s’ignorent. Aucun être vivant ne peut se mettre à la place d’un autre pour percevoir la nature comme il la perçoit. Autant d’êtres vivants, autant de perceptions différentes de la nature. Autre est la cour de la ferme pour le canard, autre pour le crapaud, autre pour le hérisson. Le canard ne peut se mettre à la place du hérisson pour voir la cour de la ferme en hérisson. Mais l’homme non plus ne le peut. La nature se diversifie selon la diversité des êtres qui vivent et la perçoivent. Encore en est-il de même pour la diversité des humains. La forêt n’est pas la même pour le charbonnier, pour le chasseur qui dans les bêtes innocentes voit des proies, pour le peintre ou le poète, et pour le philosophe amateur des chemins qui ne mènent nulle part. Que faire d’autre que d’avancer comme on peut dans l’obscurité des choses ? Depuis quand cette obscurité s’est-elle éclaircie ? Nous sommes, humains, sur la planète Terre. Par quelle cause ? Selon la théorie de la panspermie, les germes de vie sont venus de l’espace, apportés par des météorites ou des comètes. Cela explique le comment. Reste le pourquoi. Après la cause qui explique vient la raison qui justifie. Justifier et montrer que ce qui a lieu est bon, existe en vue du bien. L’homme est sur cette Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. « L’homme » ce sont les hommes, les nations, les États. Chaque chef d’État doit avoir en vue, non pas seulement l’intérêt de son État, mais l’intérêt de l’ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l’amour universel.

 

LXVI
Le non engagement

Si l’on considère l’ensemble de ma vie, on peut dire que j’ai choisi le non engagement.

Mon cousin germain Fernand s’est engagé dans l’armée. Il est venu à Altillac se montrer chez mes parents, avec son bel uniforme de sergent-chef. Je n’ai pas vu en lui un exemple à suivre et je ne l’ai pas admiré. Mais j’ai souffert lorsqu’il a été tué à la guerre.

Je n’ai combattu pour aucune cause : ni la cause politique, car je n’ai adhéré à aucun parti, ni la cause nationale, car je ne me suis pas engagé dans la Résistance, contrairement à Marie-Thérèse et à mon père, ni la cause internationale.

Nous vivons tous une brève vie. Il ne faut pas par imprudence, la raccourcir encore – en fumant la cigarette, en buvant des apéritifs alcoolisés, en pré- férant trop souvent le vin à l’orangina, en fatiguant son corps par des efforts excessifs. Il faut surtout ne pas risquer de la raccourcir en s’engageant dans des actions où l’on risque sa vie.

Je pense aux guerres de 14-18 et de 39-45. Je n’ai pas participé à la guerre de 39-45. Il est certain que je n’aurais pas participé à celle de 14-18. Cette certitude tient à la conscience que j’ai de moi-même.

« Connais-toi toi-même » : telle est la leçon des Grecs. Je me connais en ce sens que je sais ce que je veux et aussi ce que je peux vouloir et ne vouloir pas.

Je sais que je ne peux rien vouloir de ce qui porterait préjudice à ceux que j’aime, à mes amis, à mon pays, et qu’au contraire, je veux travailler de façon à réaliser une œuvre qui ait de la durée.

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Certes, je vais mourir. Mais mon âme ne meurt pas, car mon âme est dans les livres. Et comme auteur de mes livres, mon nom est dans le dictionnaire Larousse, lequel ne disparaîtra qu’avec la civilisation.

Ne pas s’engager c’est ne pas risquer de faire naufrage, c’est ne pas susciter des rivaux et des jalousies, c’est préserver ses forces comme Napoléon le faisait de sa garde. Ne pas s’engager, c’est aussi laisser les événements suivre leur cours, sans intervenir plus que sur des phénomènes météorologiques.

 

 

LXXIV
Le moi et Héraclite

Puisque « tout s’écoule », selon Héraclite, le moi, comme toutes choses doit s’écouler. Pas plus que le fleuve dans lequel on entre à midi n’est le même que celui dans lequel on est entré ce matin, le moi qui s’éveille le jeudi matin ne saurait être le même que celui qui s’est endormi le mercredi soir. Cependant la carte d’identité me dit que c’est la même personne. Si la société devait tenir compte du fait que chaque personne varie sans cesse, l’ordre social serait impossible, et même l’ordre familial. Le père reste le « père », le fils reste le « fils », l’oncle reste « l’oncle », même si chacun a beaucoup changé. Certes rejoignant Alfred après plusieurs années où il était au Maroc, je puis dire : « Comme il a changé ! ». Je le reconnais néanmoins. Nous faisons continuellement abstraction des changements que nous constatons chez les personnes, nous rangeant au point de vue de la société qui veut qu’elles soient les mêmes. Le « tout s’écoule » d’Héraclite est une vérité philosophique qui contredit l’expérience et la vie quotidiennes. Pour Héraclite, le fixe n’est qu’une apparence. Il n’y a rien de fixe. Même la tour Eiffel bouge quelque peu. Or, l’homme agit, et il ne pourrait agir si son action ne pouvait s’appuyer sur des choses fixes, telles que la charrue, la bicyclette, le tracteur, les outils (du menuisier, du charpentier, etc.). La philosophie fait voir les choses en profondeur et dans ce qu’elles ont d’éternel. Mais l’on vit dans le présent et l’écoulement, entre le passé, écoulé et voué au non-être, et l’avenir, non encore écoulé. Sous la fixité des apparences, la mouvance maintient son règne. Car tout se meut, s’écoule et, écoulé, va au néant. De toutes les actions de l’homme, de toute l’histoire humaine, que peut-il rester au bout de 10milliards d’années ? Mais l’âme n’est pas à oublier. La religion et certains philosophes disent qu’elle est immortelle. Mon âme est dans mes livres. Ai-je une âme autre que celle qui est dans mes livres ? Je n’incline pas à le croire – tout en suspendant mon jugement.

note de lecture de Gérard Lépinois

Matois / Nu / Vieil enfant (neuf).
Matois, coquin, Marcel, vif, philosophe du (toujours plus) nu, simple d'apparence : plus rien à perdre ni à gagner que la notation du jour, crépusculaire ou pas (long nocturne dans le jour où revenir en boucle, en variations musicales de visages bues, de situations...). Mais non moins au plein jour, à l'instant présent, à la petite bête s'il en est. La Nature donc, une philosophie décidément nue, pudique, "présocratique", philosophie concentrée d'un paysan ayant été professeur de Sorbonne (stucs...). La Nature est la nécessité du nu, simple d'apparence, du nu de chaque monde, l'enveloppe totale inenvisageable, contrairement à Émilie, déesse corse fort concrète, concrètement disparue. Donc finalement philosopher une vie, son jardin, la position de celui-ci dans une totalité ressentie, pas seulement postulée, son ordonnancement par un infini, clef de voûte hors de portée de descriptions ou analyses de détail, grâce à lui harmonieuses, y compris de devoir s'éteindre et de sourire aussi de soi, narquois Marcel, pas ironique, jamais méchant, mais amusé, un vieux gosse, un jeune vieux, toujours et à nouveau le petit avec sa route qui tourne, foin de la Sorbonne et de son labyrinthe, son père qui le prive innocemment de lycée et les Pensées de Pascal à treize ans dans les bois, araignée page onze.

note de lecture de Jacques Larrue

30.- CONCHE, LA BELLE NATURE - Je me demande bien aujourd'hui qui vais-je intéresser avec macronique ? C'est pas que je sois bien sûr de posséder le moindre pouvoir d'attractivité habituellement. Mais là si je vous dis Marcel Conche ! Vous allez rester coi et vous exclamer : Marcel quoi ? Si, peut-être vais-je emmener Francis le Corrézien, natif tout proche d'Altillac qui me confessait ne le connaître que de nom et quand même aussi de réputation. Jean-Claude, que tout m'aurait porté à connaître bien avant que je ne m'échappe du Var, si seulement j'avais sacrifié au rite culturel élémentaire en me rendant à la Maison des Comoni au Revest ou au moins en feuilletant les jolis Cahiers de l'Égaré. Zaza, qui vient de se joindre à ce petite cercle de Résistants fleurant bon le maquis provençal et la farigoulette. Et mon épouse... qui n'a pas le choix !
Chapeau Marcel !
Remarquez, c'est pas moi qui vais jeter la pierre à ceux qui ont déjà décroché ou qui ont la main près de la poignée du parachute. Les philosophes m'emmerdent aussi. Pire, les contemporains me dérangent à toujours s'écouter penser et à oublier parfois de baisser le son. Je ne commettrais pas l'indélicatesse d'en jeter quelques-uns dans la fosse au lions incultes. Et aux insultes. Mais je me sens un peu de leur côté. Celui des béotiens. Respectant en cela la consigne d'Héraclite : " Connais-toi toi même ". Les plus érudits objecteront que ce principe sensé conduire à la raison appartient à Socrate. Certes, mais c'est tout de même son aîné d'Éphèse qui proposa : « il faut s'étudier soi-même et tout apprendre par soi-même ». Sans vouloir balancer, cela ressemble fort à du plagiat ! Mais foin de procès, y a prescription !
N'empêche qu'en m'abonnant aux Cahiers de l'Égaré (au fait j'espère que ça y est, vous les avez envoyé vos soixante balles au collègue Grosse du Revest !) je ne pensais pas en prendre à ce point plein la tronche. Lorsque je suis allé mesurer le pedigree du fameux Conche, je n'ai pas été rassuré. Héraclite donc, mais aussi Montaigne et Heidegger. Bon Heidegger, il fait ce qu'il veut Marcel, mais enfin Heidegger n'a jamais trop cherché querelle à Hitler et si vous voulez, avec mes a priori à la con, ça me perturbe. Tout comme d'ailleurs Conche lui même qui, à 23 piges, s'est planqué pour ne pas monter au font de1939 - bon d'accord ce fut un bide, d'où vient d'ailleurs peut-être l'expression "avoir le rouge au front " - et "oublia" ensuite de rejoindre la Résistance. Il était trop occupé nous dit-il (!) et puis, toujours pareil, qu'aurions nous fait à sa place ? En 40, des Jean Moulin il n'en tournait pas tant que ça au vent de la colère ! L'important c'est qu'il ne soit pas rallié au FFI en 1944 comme tant d'autres...
Je connaissais aussi "Montaigne Pyrénées" que chantent magnifiquement quelques chœurs basques, mais pour ce qui est de son œuvre... Aucun rapport non plus avec le rugby même s'il doit sa réputation à une farandole d'Essais. Et pour m'être risqué à jeter un œil dans l'un de ses textes originaux, je vous assure que je m'en suis promptement écarté. D'ailleurs Marcel Conche, qui a justement perdu la vue d'un côté, pense que cela remonte à sa jeunesse mal éclairée par une lampe à pétrole, mais qui sait si ce n'est pas pus tôt ce Montaigne qui serait la cause de la cécité partielle de son disciple ?
J'y suis pourtant allé sans crainte. Plein de curiosité et de considération. Si je ne vous l'ai pas encore révélé, ce docteur en philosophie, double lauréat de l'Académie française boucle depuis le 22 mars sa dernière année afin de rejoindre le cercle encore restreint des centenaires. En sorte que j'eus parfois le sentiment de posséder entre les mains un testament philosophique et littéraire. Pour le coup un vrai privilège ( ah ! qu'est ce que j'ai bien fait de m'abonner ).
Souvent les philosophes me semblent boursouflés de leur propre connaissance et, ce qui m'étonne toujours, de ce qui ressemble fort à des certitudes. N'était cette obsession à rappeler dix fois au moins, au fil des pages, que le nom de Marcel Conche figure dans le Larousse et que cela lui ouvre les portes de l'infini - grand bien lui fasse ! - je me suis laissé entraîner sans lassitude dans ces pérégrinations intellectuelles pleines de bonté et tenez-vous bien, de bons sens.
C'est l’œuvre d'un philosophe-paysan des bords langoureux de Dordogne, d'un enfant orphelin par sa maman qui la perdit en lui donnant la vie, d'un éternel amoureux confiant ses secrets sans jamais les trahir, d'un contemplateur imprégné de nature : " Dieu était un principe de bonté. Ce principe de bonté est maintenant la nature. La nature est vie et toute vie est bonne." Et l'homme qui "est sur Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. "L'homme", ceux sont les hommes, les nations, les États. Chaque Chef d'État doit avoir en vue, non seulement l'intérêt de son État, mais l'intérêt de l'ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l'amour universel."
De la cueillette des noix aux Présocratiques, des bastes vigneronnes de la Patraquerie à la métaphysique, l'agrégé de la Sorbonne se livre généreusement à travers CIX (109) petits fragments d'une pensée apaisée et intacte.
Vienne la nuit, sonne l'heure,
les jours s'en vont, je demeure *
Et en bout de lecture, les bouquins de l'Égaré ont aussi ça de magique qu'ils nous effleurent les mains avec délicatesse, presque une sensualité qui vous frustre un brin lorsqu'il faut les refermer. Mais qu'à cela ne tienne. Je vais sûrement relire ce dernier Conche. A moins qu'il ne me fasse mentir et qu'il remette à cent ans le métier sur l'ouvrage.
Et comme l'espérance est violente. *
Et puis si ce n'est de lui, il y en aura d'autres. L'éditeur est toujours jeune. A peine quatre-vingts !

 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 > >>