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Les Cahiers de l'Égaré

Disparition de Salah Stétié / 19 mai 2020

Rédigé par grossel Publié dans #jean-claude grosse, #pour toujours

Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994
Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994

Salah Stétié couronné prince des poètes dans l'atelier de Michel Bories à Alès, le 11 novembre 1991, Salah Stétié au fauteuil, portrait par Lydia Belostyk, Salah au Tremblay, Lumière sur lumière, 1992, portrait par Albert Féraud paru dans Le voyage d'Alep en 1991, N° de la revue Aporie de 1990 consacré à Salah Stétié et à la Méditerranée, Donjon Soleil, titre trouvé par Salah Stétié pour les 10 ans des 4 Saisons du Revest, 1994

C'est par un poète que j'ai appris ce 21 mai la disparition de Salah Stétié, poète, essayiste, diplomate et ami, le 19 mai à Paris. Il était né à Beyrouth le 28 décembre 1929. Il avait donc 90 ans, allait sur 91. J'avais appris et fait un article sur sa mise sous tutelle, il y a quelques temps (2018) et j'avais soutenu son droit à recevoir des visites. 

Le 19 mai, c'était l'anniversaire de la disparition de ma mère, 19 ans plus tôt, en 2001, 4 mois avant la disparition de Cyril Grosse et de Michel Bories (19 septembre 2001), le neveu et l'oncle, Cyril ayant été le metteur en scène déchaîné de Madelaine Musique d'après Lecture d'une femme de Salah, en 1992 au Revest et en 1993 au Wooloo-Mooloo en Avignon. C'est ce spectacle qui fit remarquer Cyril comme metteur en scène. 

Mon histoire avec Salah Stétié est lié à mon amour, ma passion pour la poésie, passion aujourd'hui attiédie, remplacée par un usage autre des mots, une tentative d'écriture juste (ne me demandez pas ce que j'entends par là). Quand j'ai créé le festival de théâtre du Revest, après Clepsydre en 1984, Histoires du Revest en 1985, j'eus l'idée de faire créer des oeuvres de poètes d'altitude comme je les appelais, Odysseus Elytis (Marie des Brumes en novembre 1985), Saint-John Perse (Les tragédiennes sont venues, 1986), Lorand Gaspar (Égée-Judée, 1987, disparu le 9 octobre 2019), Salah Stétié (Lecture d'une femme-Madelaine Musique, 1992).

J'avais lu Les porteurs de feu, Ur en poésie, La Unième nuit et l'essayiste Salah Stétié se révélait un passeur extraordinaire entre les deux rives, entre l'orient et l'occident. N'hésitant pas à écrire à mes interlocuteurs admirés, appréciés, j'ai eu ainsi une correspondance avec Odysseus Elytis, Lorand Gaspar et Salah Stétié (je n'oublierai pas de citer la correspondance heureuse de 17 ans avec Emmanuelle Arsan, Bonheur et Bonheur 2). 

Salah m'invita au Maroc (1987) puis aux Pays-Bas (1992), il y était ambassadeur du Liban et c'est ainsi que naquit le N° d'Aporie Salah Stétié et la Méditerranée noire, en 1990, réédité en 1997. Le voyage d'Alep fut édité aux Cahiers de l'Égaré en 1991, Lumière sur lumière ou l'Islam créateur en 1992. Il préfaça Donjon Soleil en 1994 et participa au livre pluriel Envies de Méditerranée en 2010. Je l'ai suivi dans ses tribulations pour écrire un texte de commande inachevé sur Beyrouth (une ville comme enjeu dramatique, conflit entre rénovateurs et patrimoniaux devant la maquette de la ville, suite à deux séjours que j'y fis après la guerre civile quand la ville se reconstruisait presque au détriment des anciennes couches de la ville phénicienne) comme dans son aventure avec Julien Bernard Jalaleddin Weiss, disparu en 2015, chantant dorénavant avec les Oiseaux d'Attâr, Julien Weiss, le fabuleux créateur du groupe Al Kindi, dont le salon de musique à Alep était un joyau, sans doute réduit en poussière depuis. Groupe qui avec ses derviches tourneurs a fait le tour du monde. Je l'ai suivi au musée Paul Valéry à Sète, l'année où il exposa une partie de ses oeuvres, c'était en 2013, avant de les céder en 2017 à Maïthé Vallès-Bled, la conservatrice et directrice des Voix vives de Méditerranée. Il avait accroché à l'oeuvre de Michel Bories, nous avions visité son atelier à Alès, le 11 novembre 1991, et Michel Bories l'avait couronné prince des poètes (photo dans Disparition, livre sur l'homme et l'oeuvre Michel Bories, paru en 2007, avec une préface de Salah Stétié.)

Pour cet hommage, je mets en lien quelques textes de Salah Stétié et mes notes de lecture. Et les hommages de Vénus Khoury-Ghata et Adonis, Vénus Khoury-Ghata que j'ai eu l'honneur de connaître et qui avait soutenu La Parole éprouvée pour le prix Mallarmé (tu n'as aucune chance m'avait-elle dit, aucune parution en revue, tu sors de nulle part, aucun sérail). J'ai eu la chance d'être de l'aventure Rimbaud à Aden, pour l'inauguration de la maison Rimbaud en novembre 1994 (voir album). Et j'ai eu aussi la chance de le voir au Tremblay sur Mauldre dans le petit manoir du XVI° siècle qu'il avait acheté et où avait vécu Honoré d'Urfé.

Je garde de lui, deux précieux cadeaux, une aiguière ramenée de Rabat en 1987 et un exemplaire d'artiste de sa traduction commentée du Prophète de Khalil Gibran, illustrée par Zao-Wou Ki, paru chez Marwan Hoss en 1992. Plus bien sûr, son oeuvre (comme pour Marcel Conche, je dois tout avoir de lui, en particulier ce qui a été publié chez Fata Morgana).

le Prophète de Khalil Gibran, traduit et présenté par Salah Stétié chez Marwan Hoss, illustré par Zao Wou-Ki

le Prophète de Khalil Gibran, traduit et présenté par Salah Stétié chez Marwan Hoss, illustré par Zao Wou-Ki

À l’annonce du décès du grand poète qui fut également diplomate, la poétesse est affligée, mais néanmoins impatiente d’évoquer son ami disparu. « En 1957, lorsque j’étais à l’école des lettres, un de nos professeurs français a été malade, et c’est Salah qui l’a remplacé pour quelque temps. Il nous a fait découvrir Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, alors que nous peinions sur Rabelais et le XVIe siècle depuis des mois. Puis nous nous sommes revus en France car il était ami avec mon mari, Jean Ghata, et nous ne nous sommes plus quittés. Nous étions très souvent invités ensemble en tant que poètes libanais de langue française, notamment au grand Festival de poésie de Sète, que nous ouvrions chaque année tous les deux avec Adonis. Il faut nous imaginer tous les trois sur le podium face à 1 200 personnes dans le parc public. L’année passée, Rami Adwan a organisé une lecture poétique chez lui à l’ambassade du Liban, et ce fut un bonheur de revoir Salah en costume trois pièces, il était heureux de lire ses poèmes. J’aimais beaucoup l’entendre réciter de la poésie, il avait une très belle voix. Tous les matins, il me lisait les textes qu’il avait écrits la veille et il les répétait plusieurs fois. Nous étions très proches, il me présentait aussi régulièrement ses conquêtes féminines », raconte en souriant celle qui a été très affectée par la dernière fois où elle a pu voir l’auteur du Vin mystique et autres lieux spirituels de l’Islam (Albin Michel, 2002).

 

 

 

« Il y a un an, nous sommes allés lui rendre visite, Adonis et moi, dans son Ehpad (maison de retraite médicalisée, NLDR), en banlieue parisienne. Ce souvenir me fend le cœur. Nous avons déjeuné ensemble, il ne parlait pas, il se contentait de manger, on aurait dit qu’il ne s’intéressait qu’à la nourriture. Une fois que nous sommes sortis de table et que nous avons voulu rentrer à Paris, il s’est glissé dans la voiture comme un petit garçon qui voulait fuir son école pour rentrer à la maison. Il a fallu l’extraire de la voiture, et c’était d’une tristesse incroyable. Je savais qu’il allait mal depuis deux ans. Il avait besoin de quelqu’un pour s’occuper de lui, il n’était plus le même, il a arrêté d’écrire », confie doucement la poétesse qui ne peut s’empêcher de percevoir un certain écho de sa propre mort dans la disparition de son ami. « Nous sommes en train de nous en aller les uns après les autres, Andrée Chédid et maintenant Salah, qui ouvre la voie. Après la mort de ma sœur May Menassa, je sens que chaque journée est un cadeau du ciel que je ne mérite pas vraiment. Mais une jeune génération d’écrivains libanais francophones a émergé, comme Hyam Yared, Rita Baddoura, Alexandre Najjar, Charif Majdalani et bien d’autres... » 

Un poésie entre gravité et candeur

Si la connivence littéraire entre les deux poètes était constante, Vénus Khoury-Ghata, qui vient de publier Demande à l’obscurité (Mercure de France, 2020), souligne leurs pratiques très différentes de l’écriture. « Je suis beaucoup plus dramatique que lui, mes textes ont accompagné les différents événements de ma vie, la guerre, la mort de mon mari, jusqu’à aboutir à une poésie proche de la terre, la plus simple possible. Surtout, dans mes deux derniers recueils, Les gens de l’eau (Mercure de France, 2018) et Demande à l’obscurité, j’emprunte la voix de la terre et je reviens vers mon village, Bécharré, vers des gens à l’état brut, vers ce fleuve glacial et ce cimetière construit en belles pierres alors que les maisons peuvent être misérables. Et bien sûr, en arrière-plan, le rocher où est enterré Gebran Khalil Gebran. La poésie de Salah a changé du jour au lendemain au contact de l’enfant de son ex-compagne, Maxime. Il éprouvait beaucoup d’amour pour ce petit garçon, et cela se ressent dans ses derniers écrits. Ses textes, jusque-là empreints de gravité, ont retrouvé une forme de candeur », ajoute la romancière, qui insiste sur l’immense notoriété littéraire de Salah Stétié. « Il a marqué son temps ; d’ailleurs, tout dernièrement, la revue Europe lui a consacré un dossier complet, ce que l’on ne fait que pour les écrivains qui vont traverser les siècles. Il a empreint ses textes de son sceau, vous n’avez pas besoin de regarder la signature pour savoir que c’est du Salah Stétié. Un de mes poèmes préférés est L’être, publié chez Fata Morgana en 2014, je le cite de mémoire :

« Nous avons attendu leurs lettres

Elles disaient que les oiseaux d’ici avaient quitté les automnes

Elles disaient l’enfance appauvrie

Et le pays aux lentes retirées. »

Un aspect déterminant de l’écriture de son ami est, selon elle, que ses textes français sont pétris de langue et de culture arabes ; les connaisseurs peuvent y lire des échos des poètes abbassides ou des sourates du Coran. « Ses poèmes ont une dimension islamique qui est magnifique, il a sublimé ce qui vient de la langue arabe et il l’a introduit dans la langue française. Il avait une vénération pour Mahomet, il lui a d’ailleurs consacré une biographie, mais c’était avant tout un poète ! »

 

 

 

Doucement, celle qui prépare un roman chez Actes Sud pour la fin de l’année récite à nouveau des vers écrits par son ami, dont elle apprécie la double portée linguistique et culturelle.

« Dans le chaudron de fer les étoiles des lionnes,

Le ciel est sous le feu

Et sur terre,

L’unicité du beau respire

Avec Ibn Arabi, avec Djelal

Portés par le jaillissement d’un bond très pur

Jusqu’à la lune, bergerie spirituelle. »

Salah Stétié a choisi de reposer dans la ville de Tremblay-sur-Mauldre, dans une concession d’où il pourra voir sa maison et son jardin...

 

 

Salah Stétié nous a fait ses adieux, quittant ainsi ce monde, privant les cultures française et arabo-musulmane d’un symbole et d’un modèle. Pendant qu’il pensait, écrivait et explorait en français, il rêvait, voyait et soupirait en arabe. 

En ce qui concerne le symbole, sa vie était, en théorie et en pratique, le lieu d’une interaction créatrice entre deux cultures ouvertes sur les cultures du monde. Quant au modèle, c’est que sa vie était cet espace créatif d’une union novatrice entre soi-même et l’autre. 

Ce qui unit le symbole et le modèle, c’est l’horizon de création commun qui s’est libéré de la théologie des origines, pour s’inscrire dans la laïcité du devenir. 

Dans tout cela, il semble donner à la civilisation aryano-sémitique un autre nom que celui que lui a donné Ernest Renan, « une civilisation unique à deux têtes », pour dire à la place que c’est « une civilisation unique avec la double langue de la culture ». 

Ces propos révèlent un horizon qui fait de la culture arabo-musulmane un partenaire fondamental dans « la langue des origines humaines », selon l’expression de saint Augustin, considérant la langue arabe comme le réservoir de l’islam civilisationnel, son édifice culturel et son miroir de pensée sur la carte du monde. 

C’est la voie permettant de faire entrer l’identité arabo-musulmane dans la dynamique d’appartenance au futur et à l’horizon du monde, comme c’est le cas pour le christianisme. 

En vérité, nous voyons dans les écrits, en prose ou en poésie, de Salah Stétié un monde qui se développe dans une mémoire collective islamique et chrétienne, unissant la nature et ce qu’il y a derrière, entre l’Orient et l’Occident, entre l’esprit et les sens, entre l’abstrait et le sensible.

 

 

 

Dans ce monde, l’identité ne semble plus venir du passé en tant qu’héritage, mais elle paraît ouverture sur l’avenir, je veux dire qu’elle devient recherche, questionnement et inventivité. C’est que l’homme en ce monde crée son identité pendant qu’il crée sa pensée et son travail. La finitude qui loge dans le corps de l’homme est habitée par l’infini qui loge dans son imaginaire. Soi-même n’est que l’autre qui est toi-même, selon l’expression d’Abû Hayyân al-Tawhîdî : « L’ami est un autre toi-même. » 

C’est ainsi que s’inscrit la culture arabo-musulmane, contrairement à ses interprétations théologiques ambiantes, dans l’espace de l’avenir, dans la dynamique du progrès et ses découvertes cognitives. Et c’est ainsi qu’elle tire profit de sa dualité, dans sa causalité, objectivement et subjectivement, avec la culture de l’autre. La singularité créatrice est l’autre visage de la dualité créatrice. L’un ne peut être vraiment un que s’il n’est autre. 

Dans la création de pensée philosophique, il y a ce qui pose les fondements de cette dualité. La philosophie arabe a assuré, par la bouche d’Averroès, que l’homme ne peut interpréter le monde par la religion seule, et qu’il est nécessaire de faire appel à l’esprit. Et dans cet espace humain créatif, la philosophie arabe a, par Averroès, donné à Aristote le nom de « premier maître ». C’est le premier hommage dans l’histoire de la relation humaine et culturelle entre soi-même et l’autre.

Hommage à Salah Stétié, ami, témoin et symbole. 

Adonis, Paris, mai 2020.

(Traduit de l’arabe par Aymen Hacen)

 

 

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