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Les Cahiers de l'Égaré

philosophie

1° salon des écrivains et des artistes / 18 septembre / Le Revest

26 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #auteurs de théâtre, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #lecture, #musique, #philosophie, #poésie, #roman, #théâtre, #écriture

affiche

affiche

un texte écrit en 1997 par Cyril Grosse alors qu'il s'apprêtait à créer Ulysse in nighttown de James Joyce 
(il avait 26 ans, il est mort dans sa 31° année, à Cuba, le 19 septembre 2001)
PATRIES IMAGINAIRES
AUTOUR DE JAMES JOYCE ET SALMAN RUSHDIE 
ESQUISSE D’UN ART DE VIVRE COSMOPOLITE
Dans une réalité et une époque absurdes, où des hommes de paille nationalistes hennissent à la frontière, à la négation et aux verrous, dans un monde absurde d’hommes plantés la tête en bas fixant – à l’envers – leurs pays, leurs traditions, en un mot, leur patrie, peut-on effectuer ce double saut périlleux – acrobate et nonchalant – pour se remettre à l’endroit ? Existe-t-il d’autres patries, d’autres réalités, d’autres terres que celles – internationales – de la haine et du philistinisme ?
Patries imaginaires : patries d’écrivains, de peintres, d’artistes.
Depuis longtemps, peut-être plus encore dans ce siècle, les artistes voyagent, s’exilent, sont exilés, changent de langues, jonglent avec les nationalités, sans domiciles fixes, libres, dégagés. C’est Giordano Bruno bondissant de son Italie natale à Toulouse, de Toulouse à Londres et Zurich, c’est Mozart, Picasso, Diderot et Joyce, de Dublin à Trieste et de Trieste à Zurich encore ; Salman Rushdie de Bombay à Londres, de Londres jusqu’en des chambres fermées, points minuscules disparais sant sous la garde d’étranges vigiles.
Patries imaginaires : recréation – ailleurs – de villes et d’histoires, suivant le fil ténu et dangereux de l’imagination, de la mémoire et des rêves. Patries imaginaires, nostalgie de l’exilé, rêve de retour glorieux, vision de la révolution (...) paradoxe sans fin. Regarder devant soi, en regardant toujours derrière soi.
Patries imaginaires : cosmopolitisme joyeux, exil violent, jongleurs d’un pays à l’autre, d’une image mentale à une autre, sans jamais se perdre.
Là où la réalité impose son œil unique, l’art fait jouer ses prismes, sa magie, il dénoue les tensions, crée le doute, mélange les contraires.
Jean-Paul Sartre dans un article de 1939 contre La Méprise -Désespoir – en russe –, accusait Vladimir Nabokov d’être un déraciné total. « Il ne se soucie d’aucune société, fusse pour se révolter contre elle parce qu’il n’est d’aucune société. » Ce qui pour Sartre représente le plus haut degré dans l’insulte. « Les sujets de Vladimir Nabokov sont gratuits, écrit-il encore, et les crimes de ses héros parfaits. »
N’appartenant et ne voulant appartenir à aucun groupe, à aucune faction, persévérant dans son être, léger, insolent, inapte, un homme gratuit, patriote d’un pays qui n’existe pas, sans message, sans utopie ni grande pensée – est dans la bouche d’un petit homme à moustache et de ses sbires, décadent, dégénéré. Dans tout grand artiste, il y a un homme à abattre. Parce que comme Giordano Bruno, il propose une infinité de mondes possibles, parce que comme Joyce il est un traître, riant de loin de ses compatriotes qu’il réinvente, parce que comme Rushdie, il mélange les cultures dans les métamorphoses de la langue et l’Ange Gabriel lui-même et le Prophète ont le visage d’acteurs schizophrènes.
Écrivains, peintres, artistes, hommes à abattre, libres et inégaux, instables, fous à lier, dangereux, dans un camp puis dans l’autre, seuls, joyeux et solitaires. Si l’art est inutile – un roman a-t-il jamais provoqué une révolution ? – il n’en reste pas moins dangereux et ses patries imaginaires défient les données politiques du monde réel, frontières, ventes, miradors et internationalnetwork.
La persévérance de certains écrivains et artistes à fuir et à inventer leur propre langue a toujours irrité les régimes totalitaires de tous pays dont les premières mesures sont d’interdire les livres d’art et les toiles d’avant-garde : subversives, obscènes, antisociales, antirévolutionnaires, antifascites, entités spirituelles indivisibles.
Giordano Bruno, revenant après des années de voyages, en Italie, y est arrêté et brûlé vif. L’acrobate ne réussit son double saut périlleux que quatre siècles plus tard. La réalité absurde et bruyante gagne du temps.
C. G., 1997. (Le gras théâtre est mort, maman, pages 197-198, Les Cahiers de l'Égaré, 2005)
 
 
Malgré son intérêt pour l’adaptation de Cyril Grosse, confirmé par lettre, Stephen James Joyce, petit-fils de James Joyce, a refusé par lettre du 24 décembre 1996 les droits de représentation du spectacle que devait créer Cyril Grosse, avec quinze artistes dont François Marthouret, les 25 et 26 avril 1997 au Théâtre des Salins, Scène nationale de Martigues (Laurent Ghilini) et les 2 et 3 mai 1997 à Châteauvallon (Gérard Paquet) : Ulysse in Nighttown. Son argu- mentation : Mon grand-père est le plus grand écrivain du XXe siècle. Seul un metteur en scène célèbre peut mettre en scène Circé. Cyril Grosse est trop jeune et inconnu.
Que Châteauvallon et Martigues co-produisent ne lui fit ni chaud ni froid. Nous déplaçant à Paris pour le faire changer d'opinion, il reçut Annie sur le palier. 
Depuis, Ulysse est tombé dans le domaine public, en 2012. 
Mes tentatives pour relancer le projet n'ont pas abouti, du temps de Christian Tamet à Châteauvallon.
C'est pour que ne se perde pas le travail de traduction et d'adaptation de Cyril que j'ai édité Le gras théâtre est mort, maman en 2005.
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni
un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

un texte de 1997 en défense des patries imaginaires des écrivains voués à s'exiler; Cyril Grosse disant un texte pour Salman Rushdie en 1992 aux Comoni

le 1° salon des écrivains et des artistes du Revest proposera pendant son déroulement, un LIVRES SERVICE

le LIVRES SERVICE consiste à mettre à disposition du public, un certain nombre de livres selon la formule à vot' bon coeur messieurs-dames

chacun pourra voir au dos le PVP du livre, prix de vente public

chacun décidera en son âme et conscience, ce qu'il consent à donner pour le livre choisi

je prends pour rien, ça m'est offert, je me sers

je prends au PVP annoncé

je prends pour moins que le PVP, déduction faite de la marge libraire

je prends pour plus que le PVP afin de soutenir l'éditeur bénévole

les livres mis en LIVRES SERVICE seront

Le siècle de Marcel Conche

La nature et l'homme de Marcel Conche

Actualité d'une sagesse tragique (la pensée de Marcel Conche)

Avec Marcel Conche

Le peintre de Cyril Grosse

Disparition de Michel Bories

Bonheur 2 d'Emmanuelle Arsan

Le livre des cendres d'Emmanuelle

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames
le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

le LIVRES SERVICE à vot' bon coeur messieurs-dames

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla
Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

Isabelle Forno présentera son Concertina / Philip Segura clouera le bec à Mère Blabla

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers
l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture Point de mire, Michelle Lissillour, un atelier trans-générationnel, Thés buvards et p'tits papiers

l'atelier d'écriture du Revest, Point de mire, animé par Michelle Lissillour, avec la participation  de Muriel Gebelin, slameuse existe depuis 17 ans 

il se réunit une fois par mois à l'oustaou per tutti, la bibliothèque du Revest

Les Cahiers de l'Égaré ont édité en 2020, le livre pluriel de l'atelier, un livre tête-bêche, à retourner quand on arrive à la moitié du livre

première moitié : Lucarnes et points de mire

deuxième moitié : Thés buvards et p'tits papiers

l'esprit de l'atelier : Des jeux d écriture pour se brancher à son imaginaire,  à toute la poésie qui nous habite,  sans peur de la page blanche,  ni des règles scolaires.. Juste le plaisir de découvrir nos paysages intérieurs. 

Les mois de confinement ont provoqué une profonde interrogation, remise en question : du plaisir de travailler ensemble pendant 3 heures dans un espace favorisant la créativité avec ses dictionnaires, livres illustrés, titres semblables à des at tracteurs étranges, à la solitude du confinement contraint.
L'atelier Point de mire a donc favorisé l'écriture de textes sur comment a été vécu le confinement, textes écrits, textes enregistrés.
Une édition est envisagée.
Le 18 septembre, l'atelier Point de mire fera entendre certains de ces textes de confinés.

en lien avec la découverte ou l'approfondissement par les membres de l'atelier de la richesse de la solitude, contrainte ou choisie, un projet mûrit : l'écriture d'un Dictionnaire amoureux de la Vie

​​​​​​​ça résonne bien avec les carnets de la culture de la vie dont le carnet N° 3, L'amour de la Vie

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves
chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

chez Bernard Hofmann, à Toulon, le vendredi 27 mai, travail sur La métamorphose des esclaves

qu'engendrera ce vendredi 27 mai ? je suis chez l'auteur de La métamorphose des esclaves pour tenter avec lui et son essai un dialogue, un questionnement et peut-être une réécriture; 
nous avons prévu la journée et plus s'il le faut
c'est l'amitié qui a motivé ma proposition et pas ma position d'éditeur que je ne veux surtout pas définir; 
la relation aux auteurs est personnelle; 
entendre parler de ligne éditoriale me fait trop penser à l'art dit conceptuel où le discours est prévalent sur l'oeuvre (le concept précède l'oeuvre, contrainte par les mots; je fuis dare ce type d'art)
entretien de 10 H à 12 H 45 (1h45 enregistrée)
repas, sieste, piscine
reprise de l'entretien de 14 H 45 à 16 H
(pendant la sieste et la nage me viennent des propositions sur la forme, 28' enregistrées)
une journée créative impossible à raconter mais à écouter ou réécouter casque à l'oreille (du bâton rompu et du jaillissement)
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine
en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

en attendant la pépette revestoise dévoilée le 18 septembre, réalisation Aniel-Antoine

Le débat politique

 

Le contexte : ayant édité sans consultation des deux autres membres du comité éditorial des Cahiers de l'Égaré, l'essai politique de Jean-Pierre Giran, La politique n'est pas toujours celle que vous croyez, ce choix a provoqué le retrait de ces deux membres (que je remercie pour le travail accompli de janvier au 17 juillet 2022)

 

Jean-Pierre Giran a dit dans un entretien à Var-Matin que son livre était le fruit d'une irritation. Le champ politique est à la fois lieu d'émotions collectives (la peur étant plus forte que l'espoir en général) et lieu de rapports de force justifiés par des argumentations, allant des plus irrationnelles, idéologiques, dogmatiques à celles relevant du bon sens, du sens commun, du pragmatisme, de la raison.

 

J'ai été amené à dire à Jean-Pierre Giran au moment du retirage de son essai que le Var (et au-delà, le pays) méritait un « grand » livre politique.

Je pense que le débat proposé peut être l'occasion de jeter les bases d'un tel projet.

 

Aujourd'hui, trois conceptions me semblent être à l'oeuvre.
Nous sommes en démocratie.

Dans une dictature, ce serait autre chose.

Y échappera-t-on ?
En démocratie, la forme dominante, pratiquée depuis des décennies, est celle de la démocratie représentative à travers le système des élections et des partis.

 

Une forme minoritaire s'essaie : la démocratie directe, participative, mettant en avant le RICCAR, le référendum d'initiative citoyenne, constituant, abrogatoire, révocatoire, à travers des délégués élus, des référents ne tenant leur « pouvoir » que d'assemblées générales.

Une forme invisible se pratique sans qu'on puisse en mesurer l'ampleur que j'appelle l'anarchisme individuel ou de petits groupes d'affinités électives, l'anarchisme des créatifs culturels, qui ne se réfère à aucune décision prise ailleurs que dans le cœur et la raison de chaque individu. Nul besoin de mot d'ordre genre boycott pour refuser de regarder la coupe du monde de football au Qatar.

 

Il sera intéressant de voir débattre Jean-Pierre Giran (30 ans de carrière politique), Jean Delorme (octogénaire rebelle, entrepreneur du sens, président d'une ONG intervenant au Burundi) et Jean-Claude Grosse (octogénaire rebelle à toute action sur le monde avant tout travail sur soi-même).

 

Durée : 45'

Le dispositif adopté sera circulaire.

Sera pratiquée une forme de délibération-décision par consentement. Expérimentée pendant plusieurs mois aux assemblées citoyennes hebdomadaires de l'association Gilets Jaunes du Sud-Sanary qui se réunissaient dans une salle de la maison des associations de Bandol.

La modératrice sera une vigie lente.

Décision par consentement

1. Définition

La gestion par consentement est la pratique de décision collective associée à la sociocratie. Il vise à favoriser l’expression et la responsabilité des membres de l’organisation à travers notamment la co- décision dans une relation d’équivalence au pouvoir. Ce dernier point introduit une forme d’organisation construite en cercles qui délimitent les différents périmètres d’autorité d’une organisation. La prise de décision par consentement se différencie de la prise de décision par consensus : en consensus tout le monde dit « oui », en consentement, personne ne dit « non ». Cela sous-entend que lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne va pas chercher la « meilleure solution » mais l’on va partir du principe qu’une bonne décision est celle qui respecte les limites de celles et ceux qui devront l’assumer, et qui ne compromet en rien la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission. Le consentement implique qu’une décision ne peut être prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Tant qu’il y a des objections, l’ensemble du groupe est mobilisé pour bonifier la proposition. Ainsi, les objections permettent de révéler les limites avec lesquelles le groupe devra composer et indiquent donc l’espace de liberté dont le cercle dispose.

CIRCULATION DE LA PAROLE

S’il est socialement extrêmement simple de se répartir la nourriture contenue dans un plat, il est beaucoup moins naturel de se répartir la parole. À défaut d’une plus grande sagesse collective, les processus régissent la circulation de celle-ci et le facilitateur peut, selon les étapes du processus ou les circonstances, proposer différentes façons de la distribuer :

Parole tournante : le facilitateur lance la parole à sa droite ou sa gauche. Chacun s’exprime à son tour. Si quelqu’un n’est pas prêt, il peut passer. Le facilitateur reviendra vers lui une fois le tour terminé.

Parole au centre : pour inviter chacun à s’exprimer sur le sujet lorsque bon lui semble. À noter que cette pratique demande de la discipline pour rester centré sur le sujet de départ et ne pas réagir à ce que la personne précédente a exprimé.

Parole libre : permet de libérer la circulation de la parole. Celles et ceux qui souhaitent s’exprimer le font. On utilise ce terme en cercle dans l’intention de ne pas rentrer en débat. Chacun s’exprime pour nourrir le centre, c’est à dire pour faire avancer le groupe dans le processus de décision.

L’ÉCOUTE DU CENTRE

EÉcouter le centre, c’est écouter attentivement ce qui émerge du groupe au-delà de l’expression de chacun de ses membres. Si l’on considère que chaque personne a sa vérité et que personne ne détient LA vérité, alors le cercle sera d’autant plus riche que chacun dispose d’une facette de la résolution de la problématique qui est au centre.

L’écoute du centre invite ainsi chacun à écouter ce que l’autre a à offrir dans une posture de coopération, en lâchant son point de vue (potentiellement divergeant) sur la question et en essayant d’entrevoir en quoi ce qui est dit peut servir le sujet commun.

L’écoute du centre repose sur l’implication de chacun à nourrir le centre, c’est-à-dire d’aller lors de son tour de parole, écouter « ce qui est juste » en soi, participer de façon active, précise, argumentée de sorte à éclairer, apporter de la matière à la construction commune.

2. Mise en œuvre de la gestion par consentement

       0. Préparation de la proposition

  • éÉcoute du centre : chacun est invité à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut prendre la tournure d’une discussion ouverte, cela peut être un temps à part entière.

  • Élaboration de la proposition : déterminer le sujet, la problématique, les arguments. Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de gestion par consentement.
    Deux possibilités sont offertes :

    • le facilitateur peut demander à une personne de formuler une proposition, • quelques personnes peuvent constituer un groupe d’amélioration qui va

    plancher sur l’élaboration écrite et argumentée de la proposition.

  • Présentation de la proposition : une personne est « porteuse » de la proposition,

    une seule proposition est traitée à la fois.

    1. Clarifications : est-ce clair ? Est-ce que je comprends ?

    Chaque participant pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. C’est le porteur qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition, cependant le porteur ne répond pas aux « pourquoi ? ». Il ne s’agit pas à ce stade d’exprimer ce que l’on ressent vis-à-vis de la proposition (phase 2).

    2. Ressentis : en quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ceux du projet par rapport à l’organisation ?

    Chacun exprime ce que la proposition lui évoque. C’est à ce stade qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d’amender la proposition en phase 3.

    Le proposeur tente d’avoir une écoute large, de saisir la température globale de ce qui se dégage au centre.

    3. Amendements

    Le proposeur est invité, sur la base de ce qu’il a entendu, à, éventuellement :

  • Reclarifier la proposition.

  • Amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits).

  • Retirer la proposition s’il s’avère qu’elle n’est pas pertinente. En cas de retrait, le

    processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.

    4. Formuler les objections

    Les objections ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions, c’est ce que l’on considère comme des limites pour soi et pour la mise en œuvre du projet.

• Le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du groupe ont des objections. Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si « oui » ou « non » ils ont une objection. S’il n’y a que des « non », la proposition est adoptée, aller directement en célébration. S’il y a des objections, elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d’une objection n’est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l’obtention de la formulation de l’objection. Il note les

objections au tableau avec le prénom de la personne qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.

• Le facilitateur teste les objections D’abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0. Le facilitateur n’a pas le pouvoir de dire si l’objection est raisonnable ou non. Il peut seulement poser des questions afin d’aider celui qui porte l’objection à le déterminer.

Une objection est raisonnable si :

  • Elle invite à une bonification de la proposition par l’intelligence collective du groupe.

  • Elle élimine la proposition, en la rendant impossible à réaliser (on gagne du temps

    en passant à une autre proposition).

  • Elle est argumentée de manière claire.

  • Elle n’est pas une manière détournée, consciemment ou non, d’exprimer une

    préférence ou une autre proposition.

    5. Bonifications

    Le facilitateur traite les objections une par une. Les objections posées au centre sont celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s’assure régulièrement de vérifier que l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe.

    Après un tour de levée d’objections, le facilitateur s’assure que de nouvelles ne sont pas apparues. Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel, la proposition est adoptée.

  • Association Gilets Jaunes du Sud - Sanary source Colibris

étapes d'une décision par consentement
étapes d'une décision par consentement

étapes d'une décision par consentement

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

23 – aimer la vie c'est prendre ses distances avec les champs économique- politique-médiatique-idéologique, avec la techno-science ; on est dans des systèmes paranoïaques gouvernés par ce qu'on appelle des biais cognitifs

Qu’est-ce qu’un système paranoïaque ? un système d’une logique parfaite établi à partir d’un postulat faux.
Qu’est-ce que faire plus ce qui marche le moins ? Prenons l’exemple d’un

médicament, ou une action qui ne fonctionne pas, vous augmentez plein de fois la dose au lieu de changer d’approche.

Ce sujet montre les limites de l’intelligence qui préfère toujours une réponse fausse à un manque de réponse.
L’erreur crée moins d’angoisse que l’incertitude.

Texte de Samuel Fitoussi sur les biais cognitifs appliqués à la gestion de la covid.

https://www.contrepoints.org/2021/12/05/403080-covid-comment- lirrationalite-sest-emparee-de-nos-societes

« Face au covid, il existe un dilemme fondamental entre liberté et santé, entre la sévérité des restrictions et le nombre de vies sauvées. Le rôle des pouvoirs publics est de trouver le bon compromis, à la faveur d’analyses coûts- bénéfices.

Or, depuis dix-huit mois, un certain nombre de biais et d’erreurs systématiques de raisonnement faussent la rationalité des décisions et favorisent la mise en place de restrictions excessives.
Le texte (à lire sur Contrepoints) est une application des travaux de psychologie cognitive au cas de la gestion de l’épidémie.

JCG : un tel article est-il utile ?

Si on veut comprendre comment ils fonctionnent en haut, pourquoi pas.
Au quotidien, un tel article ne m'apporte rien.
Ma gestion de la covid dépend en partie d'en haut
(ils décident de mesures que je respecte ou pas, je n'ai utilisé aucune autorisation de sortie à plus de 1 km de tout le temps du confinement, j'étais chez le boulanger à 8 H du matin, chez l'épicier à 8 H 30)

mais surtout de moi
(comme un couillon, j'ai accepté les 3 vaccinations, le pass
mais j'ai refusé de fréquenter les lieux qui ostracisaient les anti-vax et anti- pass donc les lieux culturels, largement subventionnés pendant la covid)

24 – les champs économique-politique-médiatique-idéologique, la techno- science sont des champs d'hypnose collective, tant pour ceux qui croient diriger, contrôler que pour ceux qui en subissent avec leur consentement tacite et leur passivité, les effets.

Le champ écononomique est le champ
de l'exploitation des ressources, sans limite autres que l'épuisement,
de l'exploitation du travail par le capital, sans limite autres que la résistance.

Le champ économique est un champ de compétition, de pouvoir, de rapports de force et de ruse, un champ de corruption, un champ d'alliances et de trahisons, un champ de mise à mort (entre autres les animaux), peut-être le champ du suicide collectif de l'humanité.
Qui vivra, verra.
Le champ économique a besoin de nous comme consommateurs. On est selon la définition du sociologue Henri Lefebvre, dans une société bureaucratique de consommation dirigée.

Le marketing et la publicité, les études et sondages, les algorithmes nous connaissent bien mieux que nous le croyons, créent nos besoins et désirs.
Ce qu'on appelle le consumérisme est une dictature molle, soft, du quotidien et au quotidien.

Le champ politique est sauf exception, à la botte du champ économique, largement financiarisé où l'actionnariat l'emporte sur le salariat.
C'est lui aussi un champ de compétition, de pouvoir, de trahison, de corruption.

Les promesses sont faites pour ne pas être tenues.
Les programmes pour ne pas être appliqués.
C'est le champ des lois.
L'état, tout état, est producteur de lois, innombrables, inconnues, inapplicables.

Tout état est hors sol et on croit qu'il gère, gouverne.
Et on accepte comme l'a montré la gestion de la covid, les mesures extrêmes prises allant quasiment jusqu'au contrôle social total.

Ce système paranoïaque entraîne une extrême rigidité des comportements, tant des décideurs, entrepreneurs que des gens
on a des comportements de troupeau, quitte à aller dans le précipice comme les moutons de Panurge.

Deleuze et Spinoza sont éclairants sur le pouvoir :

« Le pouvoir exige des corps tristes.
Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il peut la dominer.

La joie, par conséquent, est résistance, parce qu'elle n'abandonne pas.

La joie en tant que puissance de vie, nous emmène dans des endroits où la tristesse ne nous mènerait jamais. »

Gilles Deleuze

« C’est son commentaire sur la pensée de Spinoza, prolongée par Nietzsche. L’esclave, le prêtre et le tyran.

C’est presque comme une devinette : qu’est-ce qu’il y a de commun pour Spinoza entre un tyran qui a le pouvoir politique, un esclave, et un prêtre qui exerce un pouvoir spirituel ? Ce quelque chose de commun c’est ce qui va faire dire à Spinoza : mais ce sont des impuissants ! C’est que d’une certaine manière ils ont besoin d’attrister la vie ! Curieuse cette idée. Nietzsche aussi dira des choses comme ça : ils ont besoin de faire régner la tristesse ! Il le sent, il le sent très profondément : ils ont besoin de faire régner la tristesse parce que le pouvoir qu’ils ont ne peut être fondé que sur la tristesse. Et Spinoza fait un portrait très étrange du tyran, en expliquant que le tyran c’est quelqu’un qui a besoin, avant tout, de la tristesse de ses sujets, parce qu’il n’y a pas de terreur qui n’ait une espèce de tristesse collective comme base. Le prêtre, peut-être pour de toutes autres raisons, il a besoin de la tristesse de l’homme sur sa propre condition. Et quand il rit, ce n’est pas plus rassurant. Le tyran peut rire, et les favoris, les conseillers du tyran peuvent rire, eux aussi. C’est un mauvais rire. Et pourquoi c’est un mauvais rire ? Pas à cause de sa qualité, Spinoza ne dirait pas ça, c’est un rire qui précisément n’a pour objet que la tristesse et la communication de la tristesse. »

Marck Lahore sur une page de Thierry Zalic.

Croire à un changement de paradigme au plan économique, au plan politique, avec des médias qui sont des outils de propagande et de manipulation, avec des idéologies se présentant sous le visage de l'expertise, de l'efficacité, avec une techno-science ressemblant de plus en plus à du lissenkisme (science officielle de l'époque stalinienne) est une croyance mortifère, une croyance tirant vers le bas

la crétinisation de masse est en marche

https://www.francesoir.fr/societe-sante/imbecilisation-de-l-espece-le-passage- l-idiocene

La culture de mort dans ce système paranoïaque est dominante, tant dans le réel que dans les fictions, les productions « artistiques », surtout venues des States.
Ce système ira au bout, nous avec.

Si l'on veut cultiver, aimer la vie, sur ce fond, cet horizon proche d'effondrement, de ravage, d'extinction, de catastrophe, il faut au moins une radicalité individuelle, un anarchisme individuel : plus de télé, le moins possible d'informations, aucune viande, des produits de proximité, peu de déplacements, des jardins d'Épicure, des oasis de vie avec des amis, des figues, des olives, de l'eau, le goût des belles choses, des belles personnes...

Surtout ne pas réagir à l'actualité. On peut passer sa vie à attraper coup de sang sur coup de sang ou toute autre réaction émotionnelle.

Comme le faisait remarquer Schopenhauer, dans l'actualité, les voleurs volent, les assassins assassinent... il n'y a que les noms qui changent.

extraits du Carnet de JCG L'amour de la vie

Lire la suite

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

29 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #poésie, #écriture, #théâtre, #lettre, #voyages, #philosophie

Dans ce  roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la « commerie » nous livre à 81 ans, une œuvre bien plus vivifiante que testamentaire.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l’auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :

Ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable.

Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas.

En le rendant, on en a fini avec les romans et romances de sa vie.

Le sommaire non paginé aux pages  623-626 donne un aperçu des thèmes abordés par l'auteur. Il n’évite aucune des préoccupations politiques, sociales, sociétales, écologiques de la période, ni aucune des interrogations philosophiques et spirituelles interpellant les hommes depuis des temps très anciens.

Toujours en mouvement, le scripteur en état de flow ou d'autohypnose nous déroute et parfois même nous envoûte par la variété de ses écritures.

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin
couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

note de l'écrivain Alain Cadéo
"Que tu connaisses ou non quelqu’un, s'il a quelque chose à raconter, écoute-le, lis-le, laisse-toi porter sans juger, suis-le page après page dans le labyrinthe de sa vie qu’il consent à partager. Il fait l’effort de se livrer.
Il est immense et minuscule avec ses notes et ses scolies. Suis-le sur ce sentier étroit rempli de sanctuaires et parsemé de noms que tu ne connais pas. C’est sa vie… C’est sa vie...
C’est long mais tu y vas, armé du bon bâton des chemineaux et d’une gourde en peau pour avaler les mots du « hiérosolymitain d’Avers sur les eaux » qu’on appelle communément J.C. Lui-je-moi, J.C pour les intimes. Ayant avis sur mille choses, doté d’un rire grasseyant, il accomplit ses mignardises en bousculant le Temps. C’est « Grosse » cavalcade sur tous terrains minés.
Sérieux comme un Trotskyste, jaune comme un gilet, rigolard et paillard comme un moine ventru, illuminé de la dernière extase, il ne t’épargne aucune cause et t’en ressers le lendemain.
Tu peux le lire à reculons, en boucle, en sautillant, ou pas à pas l’accompagner sur son chemin de croix et vers ses paradis. C’est ramassis d’affaires, d’histoires et de dates, tu comprends rien parfois ou tu veux pas y aller.
Pourtant en canoë kayak tu dégringoles sa rivière…et les berges défilent…tu te laisses emporter.
-Mais où tu vas J.C?
-Eh ben vers tout là haut, au-bout de mes 666 pages, là où un soleil sans fin versera sa Lumière, dans un potlatch d’éternité, sous la branche argentée d’un olivier sacré."
 
 
retour de lecteur :
Comme la 1ère épreuve, le livre est déroutant et on ne saurait le classer … ce qui est probablement un compliment. Je l’ai lu jusqu’au bout.
Sachant que c’était une 2nde lecture, ça signifie qu’il a réussi à susciter ma curiosité et mon intérêt jusqu’à la fin!
Bien entendu, on y retrouve de tout : pièces de théâtre, poèmes, questionnements profonds sur la société et autres sujets, notes de lecture, éléments de biographie et, enrobant le tout, une ode magnifique à l’amour (d’Annie).
Je l’ai trouvé beaucoup plus structuré que le 1er jet, même si effectivement on peut le lire n’importe comment.
Une chose m’a dérangé : on sent bien qu’on a affaire à une grosse tête extrêmement cultivée et même s’il est clair que l’intention n’est pas d’étaler son savoir, ça agace parfois (moi du moins … je ne supporte pas les téléphones qui prétendent être plus intelligents que moi !).
En conclusion : une belle œuvre … même si elle donne des démangeaisons (à l’auteur !)
 
 
 
retours quantiques sur Et ton livre d'éternité ? Gérard Lépinois
1 - Une écriture vitale multidimensionnelle. Une logique de ces multiples dimensions est assise sur un bonhomme, en tant qu'axiome vivant, qui se traite plus d'une fois comme un postulat. Tout se passe alors comme s'il demandait, et se demandait, qu'un tel bonhomme puisse exister, en de multiples existences tout de même coordonnées par une logique assise sur l'irrationalité continue d'un coeur qui bat et de neurones qui déchargent leur électricité. Ce bonhomme est unique et à la fois comme tous. Il (se) demande aussi comment il peut exister, pourquoi, en quoi et même par quel miracle, voire damnation.
Aucune vie d'écriture ne rend compte d'une vie, moins encore de la Vie. Pour ce bonhomme, problématisant le bon, il s'agit donc plutôt, en toute franchise parfois biscornue, de se fictionner le dos et le reste. Il a multiplié les efforts et versions herméneutiques, en ayant tendance à y croire à chaque fois mordicus. La dernière version à ce jour commande à la narration des autres, mais je crois que le lecteur gagnera à les faire jouer toutes ensemble. Je ne crois pas que, chez un tel bonhomme, il y ait trop sérieusement une version définitive de l'interprétation de sa vie, la Vie, la Matière, le Vide, le divin, etc. C'est que ce bonhomme se traite aussi comme tel : un sacré pote, un rigolo fort sérieux et même un Popol partisan d'un fieffé recul de l'âge de la retraite. C'en est donc un qui se frotte aussi le dos, en plus de se le fictionner.
Un fragmenté continu flottant, ce livre est surtout à sa non-image subsumable. C'est qu'il touche ou croit toucher à un divin, il ne fait pas seulement figure d'ours sur le seuil de la Caverne de (l'amour à la) Platon. Même s'il croit y toucher, il y touche, en cela aussi légère danseuse sur beaucoup de fils, jolie araignée ayant pour prénom J.C. comme l'Autre.
2 - Un Livre de vrai jeune homme attire les mouches. On est ici en présence d'un Livre qui attire jusqu'aux mouches quantiques, soit certaines des plus belles demoiselles du Vide, en tant que fluctuations de la notion de jambe dégainée. En effet, le bas de soie n'est plus de saison dans une architecture cosmique en marche où il est question de Soi, peut-être de non-Soi, mais en tout cas pas d'abord de toi.
Une intrication des modulations de poules permet au bon garçon, même de cent un ans, de dépasser la notion de poule et de perchoir, et aussi d'oeuf à la coque et de petite cuillère.
La vie est belle comme avant-dernier mouvement dans une Nature totale, où même un Zemmour fait figure de fougère bien heureusement merdée par un épervier sans père légitime. Une pénultième gymnastique douce dans la vibration du grand Tout.
En même temps, la vie singulière d'un poète et d'abord d'un homme (tel Macron sur le mont Hollande ?) apparaît comme la condition sine qua non d'une vision singulière, irréductible, incommentable en son noyau, malgré les apparences, car inégale à toute autre.
Le problème, c'est moins d'avoir raison que de proposer une raie horizon franche, complexe comme une rhapsodie, éclairante comme un fanal dans la brume. La fonction de raie horizon est commune à mon coiffeur, au physicien et aussi à la mère Michel comme brave femme, mathématicienne de choc et déesse de l'auto-fécondité. C'est ainsi que l'auteur qui fut aimé par beaucoup plus jeune que lui, le fut aussi, encore enfant, par une vieille peau, colonelle de réserve qui en avait encore, notamment au beurre ontologique.
Bref, la question de l'amour parcourt ce Livre,comme l'éclair la salade de fruits du Médor qui garde l'entrée des landes bien concrètes de la Jérusalem céleste.
au travail de relecture, près de 15 jours
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ET TON LIVRE D'ETERNITE ?

Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l'Egaré

par Rachel Kaposi

 

« Où va-t-on au bout du temps fini » ? demande l'épousée.

Telle est la question essentielle, fil rouge du livre, qui ressurgit, tel un leitmotiv, tout au long du livre.

Peut-on alors envisager une autre réponse que celle de ces signes indélébiles déployés sur 666 pages pour fixer ce que la mémoire pourrait effacer ? Et aussi percevoir l'importance de ce livre-cadeau offert un 14 février à une absente toujours présente.

« La demande est surhumaine », dit l'épousé.
« Mais ce qui est humain, c'est notre promesse. »

Pour entrer dans le cœur du livre, puisqu'il s'agit de toute évidence d'un livre de cœur, j'ai tenté de me rapprocher de Lui-Je et de Je-Lui, et de cette identité se dédoublant pour mieux s'envisager.

JE n'a pas d'âge, et paraît extrêmement vivant dans cette façon qui est sienne de « Poétiser » ainsi les différents moments de la vie quotidienne, « sans originalité à tout prix ».

Devenu « agitateur culturel », il s'interroge, et cherche à donner sens aux événements en tentant de reconstituer les éléments du puzzle.

Reconstituer, recoller, c'est faire le choix du symbolique (en recollant les morceaux du bol brisé).

« Ce qui me tourmente... C'est un peu, dans chacun de ses hommes, Mozart assassiné »

Ne serait-il pas là, le moteur d'action de JE-LUI dans le monde et la culture ?

Lui-je, hiérosolymitain d'Avers sous les eaux.

Toujours à l'affût. Faisant en sorte pour que rien de bien ne se perde .

Lui-je, incarnation de l'amour infini.

Tellement perceptible dans le dialogue entre deux âmes sensibles, le grand-père et la petite-fille, capables de dialoguer vrai tout au long de conversations nous faisant cheminer au cœur même de leurs deux intelligences croisées.

« Vivre dans une réalité élargie », dit la petite fille qui me fait ainsi découvrir ses sept pouvoirs : « celui du soleil, celui de la lune, celui de l'eau, celui de l'air, celui de la terre, celui des fleurs et celui de la Nature (avec un N majuscule).

Elle qui a déjà compris la nécessité de mots ayant un sens, et qui préfère se taire plutôt que parler pour ne rien dire.

La vie est comme une épopée, avec ses zébrures blanches et noires., pensent-ils.

Et c'est ainsi que cet incroyable parcours conduit à la naissance, un 25 décembre 2020, jour de Solstice d'hiver, à 00 h, de « Je suis Vita Nova ».

« J'irai sur mon chemin de vie jusqu'à cessation de vie, remplissant la mission de vie qui semble être la mienne : la bienveillance par les mains, le regard, les sourires, du silence d'accueil... », écrit-il.

Sans doute s'agit-il d'accéder à une nouvelle dimension, à de nouvelles valeurs (d'humanité, d'empathie). 

L'enjeu est immense.

Pour devenir ange. Et gai rire des maux passés.

hier et avant-hier
hier et avant-hier

hier et avant-hier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, paru le 14 février 2022

les abonnés ont été servis en décembre 2021 comme annoncé

Vous pourrez commander le livre directement auprès de:
Les Cahiers de l’Egaré
669 route du Colombier
83200 LE-REVEST-LES-EAUX 
Par envoi d'un chèque de 28 € à l’ordre des Cahiers de l’Egaré (+ 5 € de participation aux frais de port) soit 33 €
ou auprès de votre libraire, ou sur les plateformes de vente en ligne. 

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € /

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge

et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,  Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, taille 1,69, sexe de taille XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien ni personne. 

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelait communément J.C., donna naissance le 25 décembre 2020 à 00H00 à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

 

Sommaire établi par l'auteur, ses avatars et ses métamorphoses


 

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse /

autant en emporte le vent de chernobylhome /

autant en brasse l'océan de foukirira / 

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

 

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie /

Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

 

 

Livre III – Sa vie antérieure /

Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1953 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Une histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre

couverture, 4° de couv, une page du livre

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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projet Les Cahiers Culture de la vie

29 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #philosophie, #poésie, #écriture

ce ne sera pas un mur, ce sera un four, un chaudron de magma

ce ne sera pas un mur, ce sera un four, un chaudron de magma

Roberto JUARROZ
Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.
- Treizième poésie verticale -
résultat de deux séances d'intelligence collective, le cahier des futurs désirés pour Corsavy
résultat de deux séances d'intelligence collective, le cahier des futurs désirés pour Corsavy

résultat de deux séances d'intelligence collective, le cahier des futurs désirés pour Corsavy

La vie est un outrage à l’immobilité. Et pourtant combien d’astres morts continuent de briller. L’univers insolent ne cesse lui-même de rouler, d’éclater, de s’étendre dans le grand linceul noir d’un vide sourd, glacé et invivable. Trois, quatre, cinq paramètres fondamentaux et ça y’est c’est parti, c’est la course aux espèces, c’est marathon de tous côtés, instinct, adaptation, assaut, foisonnement, rapidité, demain, ailleurs, dévorer, dévorer, bâtir, plein de projets. Toutefois, une seule variable disparait, adieu, c’est l’extinction des feux. 

Je me demande au fond si nous avons bien fait de tant nous agiter. 
J’eusse aimé une espèce très lente calquant le moindre de ses gestes sur une douce éternité. Loris-dormeurs et koalas, hérissons et tortues, l’escargot, sont peut-être les seuls sages et mages de nos bio-diversités. J’oubliais les ermites, stylites, anachorètes, adorables rêveurs et autres inventeurs d'un Temps purement intérieur. 
Oui, j’aurais aimé un Monde de lenteur, de réflexion et de silence où chaque pas aurait conduit vers de paisibles découvertes. Un Monde où sans rien précipiter ni bousculer, comme en lévitation, l’inutile, le léger et sans doute le rire se seraient taillés la part du roi. Un Monde gommant un peu le ridicule et frénétique adage du « croissez et multipliez » qui fait irrémédiablement penser à une horde sérieuse et caricaturale de lièvres mécaniques en rut perpétuel. 
Alain Cadéo (billet du 29 mai à 9 H 36)

Bonjour Jean Claude,

Je te présente rapidement le concept : LES CAHIERS DE LA CULTURE DE LA VIE

Qui peuvent être une autre collection des cahiers de l’égaré. Ce n’est qu’une proposition qui je pense mérite d’être enrichie.

Cette collection d’opuscules parlera de la culture de la vie pour favoriser le bon, le juste, le beau,  l’harmonie, le courage, le sage, le bonheur, l’équité… Je t’adresse un premier exemple avec le dossier joint Pourquoi une économie de précaution ; sujet brulant et d’actualité quand on voit combien nos hommes politiques n’ont pas pris suffisamment de précautions avec l’énergie, l’alimentaire, la géopolitique .. Cette culture de la vie c’est une responsabilité face à la vie qui implique un grand respect de soi, des autres et de la nature ; ce sont ces grandes valeurs qu’il faut encourager pour espérer voir un jour une société plus solidaire et équitable, c'est-à-dire une société altruiste, celle qui explique pourquoi le profit doit être partagé au même titre que le bonheur. Nous sommes convaincus qu’être en face d’une action, d’un concept ou de tout ce qui ne respecte pas ces grandes règles, c’est être forcément dans un face à face avec la culture de la mort, celle que le système dominant nous impose.

Tous ces cahiers seront classés par catégories et doivent contribuer à enrichir la société sur : son équilibre, sa beauté, sa santé et son bien-être, sur l’équitable et son intérêt, l’écologie, l’humanisme, l’importance de la diversité biologique, les loisirs sains, la médecine naturelle…

Les sujets seront très divers, voici quelques exemples sur lesquels les personnes peuvent écrire

 

  1. Une maison bio et économe en énergie
  2. Le bricolage ( les sujets sont nombreux…)
  3. Petit sommaire sur la finance
  4. Diriger son épargne pour agir
  1. La défense de la ruralité
  2. Le sacré c’est quoi ?
  3. Quelle école pour demain
  4. L’apprentissage
  5. L’agriculture biologique son jardin bio
  6. Le patrimoine
  7.  Les métiers d’art
  8.  la spiritualité
  9.  la sexualité
  10.  la justice et les lois
  11.  Le social c’est quoi ?
  12.  les transports
  13.  Pourquoi défendre nos entreprises
  14. les grandes erreurs de la société actuelle
  15. Défense du commerce de proximité
  16.  L’importance des artisans
  17. Défendre nos plus belles réussites
  18. la mondialisation
  19. Cuisiner bon, sain et pas cher
  20. Comment circuler et voyager en dépensant moins
  21. Gagner plus ou dépenser moins ?
  22. Les vacances économiques et écologiques
  23. Faire un marché malin
  24. Protéger le monde dans sa diversité
  25. Intérêt de l’agriculture biologique
  26. L’intérêt de l’agriculture bio dynamique
  27. Ranger, classer c’est économiser
  28. La liberté
  29. L’égalité
  30. La fraternité

Je ne souhaite pas que ces opuscules soient écrits seulement par des professionnels de l’écriture sauf s’ils sont porteurs d’expériences concrètes. Ces cahiers seront des opuscules courts et précis (maximum 40 pages y compris les illustrations) Il faut privilégier et donner la parole à ceux qui sont porteurs d’un vécu qui peut expliquer et défendre la culture de la vie.

Un atelier de corrections sera mis en place pour donner une cohérence au tout. Ils seront vendus là où il y a un centre d’intérêt (conférence ou associations qui traitent un sujet ciblé) ou sur des lieux de grands passages, magasins Cultura, librairies, boutiques d’autoroute avec un support de vente facilement identifiable)

Tous les propos doivent avoir un caractère apolitique et séculier, aucune critique sur les personnes , même la spiritualité peut être abordée à la condition de ne pas faire l’apologie de telle ou telle religion. Il en est de même de la philosophie, je souhaite voir développer plutôt la propre philosophie de l’auteur si cette dernière n’est pas incompatible avec la culture de la vie avec un impératif absolu protéger l’homme et la nature. Bref soutenir une société altruiste et responsable capable de ressusciter cet humanisme que le 20 e siècle a tué. Facilitons la mise en place d’une société altruiste, heureuse et humaniste.

Tous les cahiers de la culture de la vie seront classés dans des sous collections :

 À titre d’exemples, nous pourrions retrouver :

  1. Les cahiers des sciences positives

  1. Les cahiers de la médecine naturelle

  1. Les cahiers du philosophe

  1. Les cahiers du beau et de l’artiste

  1. Les cahiers de l’organisation de la cité

 

  1. Pour une meilleure communication entre les hommes

  1. L’éducation clé de l’avenir

  1. Le travail et le social

La ligne rédactionnelle sera communiquée à chaque auteur qui désire écrire sur sa spécialité, son ou ses expériences afin d’en faire profiter les autres et d’amorcer la spirale du changement. Pour les aider, nous aurons un comité de lecture et de corrections pour rester stricto sensu dans le cadre de la culture de la vie.

Ainsi nous pourrons contribuer par nos actions et nos exemples à faire que le monde reste dans un bon équilibre afin que nous soyons plus nombreux ou plus efficaces que ceux qui sont du côté de la culture de la mort. Je sais que nous ne pourrons pas l’éradiquer complètement.  Mais la culture de la vie peut la contenir aux frontières de l’acceptable.

J’attends tes remarques sur un concept que nous pourrions développer.

Jean Delorme

 

l'entrepreneur Ogena ouvre des voies et deux de ses contributions
l'entrepreneur Ogena ouvre des voies et deux de ses contributions
l'entrepreneur Ogena ouvre des voies et deux de ses contributions

l'entrepreneur Ogena ouvre des voies et deux de ses contributions

c’est une aventure qui me tente

en phase avec ça (Pour une école du Gai savoir, 2004)

 

POUR DES PETITS GUIDES : LES FONDAMENTAUX

Apprendre à chercher, apprendre à situer, à se situer c’est apprendre à aller à l’essentiel d’abord puis à s’immerger dans une époque, un milieu, une œuvre, une théorie, une découverte, une invention, une technique...

Pour transmettre l’essentiel, des petits guides : Les fondamentaux sont nécessaires et suffisants.

On peut prendre pour modèle Les petits guides des éditions AEDIS : L’univers, La Terre, La France, L’évolution des espèces, Les climats, Le paléolithique, Le néolithique... Le corps, Le cerveau... Le moteur à explosion, Le pétrole, L’énergie électrique...

En un petit guide, par pays, on aura sous forme de tableaux avec dates, événements, hommes célèbres, l’histoire des vingt-cinq pays européens, engendrant des livres-gigognes...

Avec ces guides synthétiques, faciles à réactualiser, on va à l’essentiel. Celui qui a un tel petit guide entre les mains (et ils devraient être distribués gratuitement à toutes les familles), le feuillette, accroche ou pas. S’il accroche, il n’hésitera pas à y revenir puis ira vers un livre-gigogne ou consultera un site internet ou écoutera une émission radio...

Ces petits guides : Les fondamentaux sont destinés à l’école primaire et au collège, lieux du savoir commun. Bien sûr, ils ne se suffisent pas à eux- mêmes. Ils sont faits pour susciter des questions, des étonnements, des recherches, des approfondissements, des exercices, des pratiques...

J’imagine aussi des guides de sagesse, à base d’aphorismes, de petits contes... Ils peuvent être plus utiles que toute une panoplie de thérapies ou une pharmacopée de tranquillisants.

Si quelques-uns de ces petits guides n’existent pas, tu te les fabriques toi-même. Savoir chercher pour savoir se situer, savoir faire, savoir être.

JEAN-CLAUDE GROSSE

 

POUR UNE UTILISATION À GRANDE ÉCHELLE DES MÉDIAS

À côté des trente guides, Les fondamentaux, distribués gratuitement à toutes les familles : la bibliothèque de base ou la bibliothèque du savoir commun (il faut aussi un dictionnaire au moins par famille), l’école, du primaire au lycée, fera le plus grand usage des médias qui permettent des regroupements très variés.

Une vidéo-conférence sur grand écran peut être montrée à deux cents-trois cents jeunes en même temps dans un amphithéâtre ou un auditorium. Idem pour un film de cinéma, une émission de télévision scolaire.

Une émission de radio scolaire : théâtre radiophonique, roman-poésie lus à voix haute, questions sur l’actualité, le téléphone sonne... rassemblera plutôt une dizaine de jeunes.

L’ordinateur sera à usage individuel ou duel. Les CD, DVD scolaires seront à usage collectif ou individuel.

Il s’agit, avec tous ces médias, faisant appel aux meilleurs spécialistes-vulgarisateurs, aux meilleurs journalistes, aux meilleurs artistes..., de mettre les jeunes en relation quasi-directe avec l’excellence, avec l’excellence vivante (il est important que les jeunes puissent poser des questions en direct), avec l’excellence modeste, interrogative... Les excellents n’étant pas nombreux, ils produiront à l’usage de tous, les un-deux-trois objets (film, interview, expérience...) largement diffusés ensuite.

Même en philosophie, on n’hésitera pas à utiliser de tels médias en mettant en jeu de grands philosophes vivants, des artistes pour interpréter des dialogues de Platon, de grands lecteurs pour faire entendre Montaigne, Lucrèce, Épicure...

Pour compléter ce dispositif, une liste de 100 livres pour la vie, de 50 disques pour la vie, de 30 films pour la vie, de 100 chefs-d’œuvre pour la vie, de 100 poèmes pour la vie sera proposée.

En sachant que les textes formateurs, les œuvres formatrices sont pour chacun, en très petit nombre. On comprend à ce propos que, sauf cas unique, cent pour cent des titres publiés aujourd’hui par des auteurs et penseurs vivants n’ont pas de fonction formatrice. On trouvera dans ce livre, la plupart des textes ayant contribué à ma formation au sens de Montaigne : « le gain de notre étude, c’est en être devenu meilleur et plus sage ».

Montaigne fit graver cinquante-sept sentences dans sa librairie. Marcel Conche s’est forgé trente-cinq convictions vécues.

Pierre Hadot nourrit son sentiment de l’existence – sentiment cosmique – avec quinze pensées.

En sachant enfin que les grands penseurs, auteurs, créateurs... construisent leur œuvre sur une idée, une intuition, une trouvaille.

JEAN-CLAUDE GROSSE 

les marchands de greenwashing

les marchands de greenwashing

Tu as parfaitement compris le sens de ces cahiers. Immédiatement, tu as enrichi l’idée. Nous pourrons faire une première réunion quelques jours après les élections législatives, suffisamment de jours après pour que nous ne soyons pas impactés par les résultats. Notre idée va au-delà de la politique. Tu peux à cette réunion convoquer qui tu veux, cette idée leur appartient déjà.  Nous parlerons ensemble avec une intelligence collective. La force des uns ne pourra que donner de l’élan à nos faiblesses et insuffisances. Ce sera l’oeuvre de tous, des intellectuels et des manuels, des théoriciens et des savants aussi bien que celui qui crie son savoir sans être entendu. Le faible donnera la main au fort pour qu’il n’abandonne pas en chemin… bref une bande de copains ou l’imbécile d’hier nous apprendra qu’il n’avait pas tout à fait tord, que tout ça, c’est une question de vie, de bonheur, une histoire de temps où les mensonges lentement se transformeront en vérités, car ils ne sont jamais tout à fait l’un ou l’autre. Puis une fois l’affaire lancée, même un petit peu, je vous apprendrai modestement à vendre cette idée à plus fort plus puissants à des riches stériles à qui nous apprendrons à sortir de la culture de la mort pour être heureux avec nous en embrassant la culture de la vie et du bonheur, la seule qui vaille.

Je te laisse le soin de l’annoncer à ceux qui peuvent nous aider.

Jean Delorme

camisole ou ange ?

camisole ou ange ?

je souhaite lancer une agora préparatoire au 1° salon des écrivains organisée par Les Cahiers de l'Égaré lors des journées du patrimoine, 17 ou (et) 18 septembre 2022, au Revest, en partenariat avec la municipalité avec en prévision des prix attribués par les écrivains à des textes écrits en amont par des enfants et jeunes du village
dans mon esprit, fêter les écrivains est très différent de fêter les livres
l'objet livre entre dans une chaîne, sorte de passage obligé, de l'écrivain peut-être déjà sous contrat exclusif (de plus en plus de gens écrivent, veulent être publiés) au lecteur via un imprimeur qui se fournit en papiers de qualités très diverses nécessitant des coupes d'arbres vivants par millions, un éditeur (ça va du petit éditeur au groupe tentaculaire), un diffuseur-distributeur, des librairies et plateformes, des offices, des référencements, des palmarès de meilleures ventes, des coups de coeur de libraires, des salons et fêtes du livre, des prix et récompenses divers, des émissions radios et télés, des prescripteurs, des critiques de presse écrite, radio, des blogueurs-influenceurs, des agents littéraires, des syndicats du livre (le SNL, l'autre livre), des organismes de perception des droits d'auteur, des législations concernant les contrats de droits d'auteurs et droits de suite...
les auteurs "médiatisés" vont de salon en fête, de fête en salon, tous frais payés; ils peuvent y passer l'année ou sombrer comme Jean Carrière (L'épervier de Maheux, Le prix d'un Goncourt)
les auteurs autres se grattent la tête : comment se vendre ? souvent ils se morfondent dans les allées des fêtes et salons mais ne peuvent s'en passer
avec les réseaux sociaux et l'édition numérique, on voit se développer comme chez les musiciens, une chaîne de nature différente où l'auteur se prend en charge, s'auto-édite en epub ou papier ou les deux, se promeut, se diffuse, affirme sa singularité, son unicité même, refuse le droit d'auteur, s'édite en creative commons; certains arrivent à des chiffres dépassant les auteurs du secteur professionnel; la plupart stagnent
je propose ce texte de Thierry Zalic et J.M.G. Le Clézio comme amorce à cette agora qui pourrait déboucher sur une formule originale de rencontre avec le corps et la voix de l'écrivain libre de se libérer de la chaîne du livre;
peut-être une fête des manuscrits en cours, à venir, oubliés au fond d'une caisse...
utiliser les commentaires pour proposer, critiquer...
À L’INTÉRIEUR DE… C’EST À L’EXTÉRIEUR DE...
- Je te demande de te taire !
Arrive l’instant où tu es fortement invité à ne pas parler, et tu cèdes. Tu te tais.
Au départ c’est presque douloureux. Ça demande un effort.
Tu veux t’exprimer, dire toute la folie de tes bêtises. Tu te dis que tu vas tenir vingt secondes, puis une minute, et deux minutes c’est vraiment très long… et à un moment ça cède, le temps disparaît, tu entres à l’intérieur du temps. Tu ne sais plus depuis combien tu ne parles pas et tu t’en moques. Tu ne comptes plus. Tu es.
Tu as atteint le pays où on ne parle pas. C’est un pays bizarre parce qu’il n’est pas loin du tout.
Es-tu adulte, enfant ? Tu ne sais plus. Les deux dans un même corps qui est terminé et en construction.
Pour y arriver, il t’a fallu traverser le pays où l’on parle. Tu es encore dans ta traversée. Tu marches dans les rues au milieu de tous les bruits qui résonnent et qui font mal et puis petit à petit les bruits se mettent à se battre les uns contre les autres, ils s’annulent.
Quand tu as traversé et que tu es de l’autre côté c’est bien, c’est vraiment bien. Les bruits des mots se sont retournés, et il n’y a plus que le silence. C’est comme si beaucoup de neige avait recouvert les rues et les trottoirs.
Le pays où l’on ne parle pas est à l’intérieur du pays où l’on parle, là où les phrases finissent toujours mal, où elles cherchent à crocher tes pieds, à creuser un trou dans ton ventre.
Dans ce pays c’est différent. Les gens y sont muets mais ça ne veut pas dire qu’ils ne savent pas parler.
Au contraire, ils se parlent bien mieux qu’avec des mots et des phrases. Ils sont comme les fourmis qui courent sur les lianes tout le temps. Ils se rencontrent, ils se disent des choses, seulement voilà, on ne les entend pas. Rien que des signes provisoires, rapides, rapides, et on va plus vite qu’eux. On est déjà de l’autre côté de ce qu’ils ont dit. On court comme la lumière.
Il n’y a rien à comprendre au fond, alors, tu es libre. Les gens n’ont plus d’âge, ils sont comme avant la naissance, ils sont comme ils sont, sans penser.
Auparavant la pensée était faite avec des bruits. Les idées, ce n'est pas la même chose. Les images sont rapides et électriques. Ce pays va de plus en plus loin de l'autre côté des pays bavards et chaque mot qui reste est une pierre.
Que s’est-il passé ? Le monde s’est déplacé de quelques centimètres et tu as ainsi franchi la frontière. Désormais, quand tu cours, tu glisses simplement entre les herbes, on n’aperçoit même pas le mouvement de tes jambes.
Tu n’es pas loin, tu glisses sous l’emballage du monde à quelques millimètres à peine des encombrements.
C’est désormais ici ton pays. C’est celui que tu habites vraiment quand tu veux. Quand les mots et les questions des autres pays t’ont laissé, tu y es caché. Tu ne veux pas que l’on t’atteigne.
Chaque fois que tu pars pour le pays où l’on ne parle pas, tu laisses un vide dans ton pays que tu as quitté.
C’est ainsi.
Si certains t’appellent et pourquoi, et qui appellent-ils ? Leurs mots, leurs cris, restent comme derrière une vitre froide.
Tu es le Maître ou la Maîtresse de ton retour, ou non.
Et même si tu reviens tu auras enfin une nouvelle qualité, d’être là ou de ne pas y être, mieux, d’être là et de ne pas y être.
Une partie là, une partie dans la ville sans mots, auprès des gens sans paroles, dans le centre du pays sans bruits.
Texte : Thierry Zalic et JMG Le Clézio
"Selon les chamans toltèques, il y a deux sortes d’hommes sur terre : ceux qui prennent le temps de s’interroger sur les gens et sur le sens de l’univers et de se demander qui ils sont et ce qu’ils font là, des hommes que les réponses toutes faites proposées par la société dans laquelle ils vivent ne satisfont pas et qui vont faire de ces deux questions le fondement d’une vie nouvelle, imprégnée d’un irrésistible parfum de liberté. Et puis il y a les autres, ceux qui, riches ou pauvres, cultivés ou non se seront très tôt laissés hypnotiser par le brouhaha, les nécessités et les mirages de la vie quotidienne au point de ne jamais trouver le temps de se poser ce genre de questions, les trouvant inutiles ou même absurdes, une attitude et un choix que les chamans appellent « succomber à l’hypnose socialitaire ».
Aventuriers de l’esprit, les premiers, s’ils persévèrent ont une chance de devenir les créateurs de leur vie, portés par l’énergie du mystère de l’existence parce qu’ils l’auront regardé en face et accepté. Les seconds vivront le plus souvent dans le conformisme de leur époque, serviteurs du système en place, tournant le dos à l’inexpliqué et, par là, à eux-mêmes.
Le monde est en effet le miroir que chaque individu perçoit, une projection de soi, un processus circulaire que les chamans appellent « l’anneau de pouvoir ».
Comme le miroir, le monde ne nous renvoie que la représentation qu’en fabriquent nos perceptions personnelles, nos croyances et nos humeurs. Le vrai pouvoir de changer les choses se découvre et s’exerce à l’intérieur de soi, sur l’intérieur de soi.
Tous les psychothérapeutes dignes de ce nom et tous les chamans pratiquant la guérison spirituelle depuis de longues années sont amenés un jour ou l’autre à se demander pourquoi il est si difficile pour l’être humain de changer des croyances ou des comportements qui sont pourtant, à l’évidence, la cause de tant de souffrances, de mal-être et même de graves maladies. Mais il leur suffit de se rappeler combien de mémoires ancestrales, prénatales, familiales, éducatives et socialitaires ont façonné leur personnalité pour avoir la réponse : l’homme est littéralement et jusqu’au plus profond de ses cellules infiltré de programmations d’ordre karmique, culturel et affectif qui sont autant d’obstacles à tout changement.
Travailler sur soi devient ainsi le seul espoir pour l’homme de se libérer et de devenir celui que, tout au fond de lui, son nagual lui murmure qu’il peut être. Il est bien placé pour cela puisqu’en lui résident tous les changements et les potentiels créatifs de l’univers !
« L’homme ne naît pas libre mais il est libre de se libérer ».
C’est donc pour lui à la fois une chance extraordinaire d’en avoir un jour le désir et sa plus grande responsabilité.
Les sages taoïstes désignent le travail sur soi par l’expression « chevaucher le tigre ». Le tigre représente à leurs yeux cette force irrépressible qui fait mourir et renaître en permanence tous les êtres.
En travaillant sur soi, on ose affronter au lieu de fuir, on bondit sur son dos, on l’enfourche et on se fond dans sa force pour mieux orienter celle-ci pendant que s’éveille peu à peu la conscience de notre identité avec lui."
Paul Degryse, sur you tube
Image : camisole ou ange, Elena Marcu

Ce naïf que fut Marcel Conche

Je me souviens très bien de ma première rencontre avec Marcel Conche. Ce qui l’a caractérisée, c’était non seulement la gentillesse avec laquelle il me reçût, mais aussi l’intérêt qu’il accordait à votre personne.

Ce jour, je venais lui demander la dédicace d’un de ses livres, il voulut savoir pour quelle raison je m’intéressais à la philosophie. Je lui expliquais que ce n’était pas pour moi, mais que je souhaitais offrir ce livre pour l’anniversaire d’un ami qui avait découvert sa philosophie avec beaucoup d’intérêt.

Mais vous, me demanda-t-il, que pensez-vous de la philosophie ?

Peu habitué à ce genre de questions, surtout posées par l’un de ses plus éminents spécialistes, je préférais botter en touche.

- Euh, moi je m’intéresse plutôt au bouddhisme.

- Ah ! me fit-il, je ne connais pas cette religion, et vous en pensez quoi ? Il se gardait bien de me dire qu’il avait écrit un ouvrage intitulé « Nietzche et le bouddhisme ».

Je ne pouvais à nouveau échapper à la question et je fis appel à mes dernières lectures qui étaient relativement fraîches, car l’apprenti bouddhiste, que j’étais, avait été accroché par le sourire irrésistible du Dalaï-Lama qui était en couverture d’un livre censé parler du bonheur.

Néanmoins méfiant, je ne me lançais pas dans de longues explications et je m’en tins à l’essentiel.

Je lui parlais de la douleur perpétuelle compagne de nos vies, et qu’aucune félicité n’est durable, ça j’étais sûr de mon coup, que cette douleur naît de la «soif» de vivre, des désirs et des passions qui font naître la convoitise, la jalousie, la haine et l'erreur. Jusque-là j’étais en phase totale avec le bouddhisme tout autant qu’avec le principe de causalité qui explique qu’en supprimant la cause, on annule son effet ; lorsque j’avançais cela à cette époque, j’en étais certain. Mais j’appris, grâce à Marcel Conche, qu’il faut s’apprêter parfois à changer nos convictions. Ceci ne manqua pas d’arriver avec le principe de causalité. Je découvrais qu’il n’était vrai qu’en apparence ; et qu’en supprimant la cause, on n’annule pas toujours les effets, mais, bien au contraire, que les effets eux- mêmes étaient générateur d’autres causes. Depuis je m’intéresse plus au principe du tao avec le Yin et le yang qui ont plus satisfait mon goût de la vérité, car, en éteignant les désirs, on n’annihile pas totalement la souffrance, il reste toujours un peu de Yin dans le Yang ; ainsi renaissent d’autres souffrances. C’est sans doute pour cette raison que je me suis arrêté en chemin et que je ne pourrais jamais parler de la quatrième vérité, qui est la «Voie des huit vertus» qui conduit au Nirvana des bouddhistes. Cependant, je n’arrêtais pas totalement mes recherches, Marcel Conche prit le relais de mon éducation spirituelle. Il m’enseigna les principes d’Épicure qui me convenaient mieux, il ne conseillait pas d’éteindre en nous toute cette soif de vivre, mais de s’en tenir aux désirs essentiels. J’interprétais ce conseil à ma manière en agrémentant parfois mes repas avec un petit verre de vin que je trouve essentiel pour border ma vie avec le bonheur avec qui j’ai décidé depuis longtemps d’entretenir de bonnes relations, car, à ce jour, je ne vois pas en quoi il y a quelque chose d’intelligent à ne pas vouloir être heureux.

 

C’est en me questionnant avec cette naïveté socratique, ce que faisait souvent Marcel Conche, qu’il ouvrit en moi une curiosité philosophique qui depuis ne m’a jamais quittée. C’est ainsi qu’il interrogeait le monde et les hommes avec cette fausse naïveté qui lui permettait de mieux vous analyser et ci-besoin était de vous placer en face de vos incohérences. Des amis qui souhaitaient le rencontrer s’en souviennent encore.

Durant des dizaines d’années, j’allais avoir l’honneur de recevoir les leçons particulières de ce grand professeur qu’il fut également. Il ne me posait que des questions auxquelles j’étais capable de répondre. Il ne chercha à aucun moment à me mettre en difficulté, mais sans m’en rendre compte il me fit progresser sur la voie de la réflexion. Je l’en remercie encore, il fut mon véritable père et mon guide dans la vie. Je gardais du bouddhisme ce qui me semblait bon au même titre que chez les philosophes Grecs comme Héraclite avec l’impermanence et la sobriété d’Épicure. En soulignant naïvement, les limites de mon discours il m’accompagna vers le scepticisme. C’est ainsi qu’il m’offrit mon premier burin avec un marteau pour que je puisse effacer, si le besoin s’en faisait sentir, certaines de mes convictions que je croyais gravées dans le marbre. Depuis je me sens plus léger donc libre. C’est ainsi qu’il m’aida à découvrir d’autres facettes d’une vie éternellement changeante. Il me prépara à aimer ce monde plongé au cœur d’une nature merveilleuse. Pour appréhender tout ceci sans doute comprit-il très tôt qu’il fallait mieux être ce Candide de Voltaire. Parfois, dans nos conversations, j’avais l’impression que nous n’étions que deux grands enfants naïfs, mais pas crédules pour autant.

Cette naïveté que j’ai partagée avec lui, celle que Georges Sand attribuait à son personnage qu’était Planet : «   naïf comme un enfant , avec un esprit pénétrant et une finesse déliée », ne pouvait que nous tenir à l’écart de tous ceux qui n’avaient que des certitudes. Aujourd’hui il en est toujours ainsi avec ceux qui nous promettent le bonheur avec une croissance infinie de l’avoir, dussent-ils oublier l’être, l’humanisme et l’environnement. Ils sont si éloignés des conseils de Maître Eckart qui conseille d’être vide de notre propre connaissance, non pas d’oublier ce que nous savons, mais d’avoir une sorte d’innocence, pas loin de la naïveté qui nous prépare à une disponibilité de l’esprit pour mieux nous imprégner des choses ; ce qui est indispensable, car, celui qui ne comprend pas le problème ne trouvera jamais la solution. Alors comprenons-nous bien le sens et la possibilité d’un développement durable, ou sommes-nous simplement dans le développement durable de nos erreurs ?

Notre société est en face de deux points de vue radicalement différents. Ce sont des contraires et ces derniers sont indissociables comme nous l’a enseigné Héraclite. Mais œuvrer pour l’un ou pour l’autre, ceci aura des conséquences radicalement différentes.

Nous avons un premier groupe, qui sous l’impulsion des femmes

( majoritairement) se développe rapidement, car elles sont animées par la force de ceux qui savent, comme les Grecs et les bouddhistes, qu’aucune félicité n’est durable. Si ces naïves arrivent à faire des choses qui semblent impossibles pour beaucoup, c’est qu’elles sont propulsées par la culture de la vie qui fait si souvent défaut aux hommes ; ces derniers sont essentiellement manipulés par la culture du face à face, que j’appelle par ailleurs, la culture de la mort. Ces ignorants se croient autorisés à traiter ces dernières de naïves ou de rêveuses plus ou moins utopistes. Puis, pour bien enfoncer le clou, du haut d’un prétendu savoir, ils leur expliquent que le monde ce n’est pas ça, qu’elles ne comprennent rien aux affaires, à l’économie et à la politique ; que les choix qu’elles proposent ne sont que des choix fictifs, sans fondement sérieux en dehors d’un petit cercle de rêveurs plus ou moins naïfs comme elles.

C’est là qu’une femme plus hardie que les autres prit la parole :


- Cher Monsieur, vous et vos amis tous tellement persuadés d’avoir raison je vous signale que « Fictif » ne signifie pas forcément « impossible ». J’en veux pour preuve que le papier-monnaie, que vous vénérez tant, n’a qu’une valeur fictive, pourtant c’est le moteur du monde que vous prétendez nous imposer et qui aujourd’hui ressemble à un cauchemar.

 

Je vois bien qu’avec votre sourire narquois, vous souhaitez nous envoyer sur l’ile d’Utopia, ce vieux pays imaginaire où les habitants sont gouvernés d’une manière idéale et sont parfaitement heureux. Ne vous y trompez pas ce pays qu’est l’Utopia dont nous parle Thomas More ce philosophe humaniste anglais existe bel et bien, ce sont toutes mes sœurs et mes frères, ces entrepreneurs du sens, qui chaque jour lui donne vie en mettant en place non seulement une économie de précaution, mais aussi des moulins à bonheur.

Nous sommes les nouveaux résistants face à la dystopie que vous installez un peu partout et dont la dernière guerre en Ukraine n’est qu’un pâle reflet de ce qui malheureusement arrivera ailleurs. Votre économie mondialisée est devenue une économie hégémonique. Puis comme toutes les hégémonies, elle ne pouvait que devenir despotique en détruisant les hommes et leur environnement. Une dystopie ce n’est plus simplement une fiction terrifiante, mais c’est devenu une réalité avec cette économie mise en place par ceux qui sont persuadés d’être les maîtres du monde. Il sera de plus en plus difficile de leur échapper, car ils entendent tout dominer et exercer une autorité totale sur leurs consommateurs qui se prennent encore pour des citoyens qui peuvent exercer leur libre arbitre. Espérons qu’il n’est pas trop tard pour choisir son camp, Utopie contre Dystopie, croissance contre bonheur.

Marcel nous avait prévenus

Jean Delorme

(ce texte aurait été lu à la soirée Marcel Conche du 9 avril si Jean Delorme avait pu y venir mais de nuit et de loin c'est peu prudent)

 

 

 

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9 avril 2022 hommage à Marcel Conche

18 Avril 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

article paru le 8 avril dans Var Matin
article paru le 8 avril dans Var Matin

article paru le 8 avril dans Var Matin

retour sur la soirée Marcel Conche du 9 avril 2022, 19 H 15 - 21 H 30
mistral en folie
dans le hall, livres en service dans un caddie et sur une table : 
la bibliothèque d'une femme de culture se disperse au gré des choix de chacun
dans l'allée conduisant à la salle Pétrarque, les Cahiers de l'Égaré de et sur Marcel Conche, 
et même des exemplaires des éditions de Mégare, vendus au chapeau
(330 € récoltés)
Le siècle de Marcel Conche est offert
entre 62 et 70 personnes
le film de Christian Girier (67’) est très bien acccueilli
témoignage apprécié de Philippe Granarolo
soirée chaleureuse et généreuse à l'image de Marcel
merci aux participants, (entre 35 et 90 ans, deux ados, un cardiologue venu de Marseille), 
aux élus revestois dont Nicole Le Tiec, 
à la mairie pour son soutien, 
au Pôle et à TPM, 
à l'équipe technique Jérôme et Laurent, 
à Claude Serra pour l'article dans VMR, 
à Jean-François Principiano pour son article, 
à RCF pour l'entretien radio de 12
au CML pour la transmission de l’information ainsi qu’à l’office du tourisme (Nathalie Verdeille)
 
merci au café-culture Le Revest-Dardennes, à Gerard Maltese et Christophe Meuret pour leur investissement
petite fête en coulisses après
pour moi, de 16 h à minuit sur la brèche pour et avec Marcel, 
salut l’ami
 
"Le grand bonheur est toujours extraordinaire et impréparé ; on ne peut ni le choisir ni l’organiser. 
Quant au petit bonheur courant, je n’y vois qu’ennui et promesse d’ennui".
Marcel Conche
 
proverbe d’un sage africain : le coeur n’a pas de cheveux blancs
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
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Soirée Marcel Conche 9 avril 2022 Maison des Comoni Le Revest

30 Mars 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #jean-claude grosse, #philosophie, #pour toujours, #écriture

affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort
affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort
affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort

affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort

soirée Marcel Conche le samedi 9 avril de 19 à 22 H
Maison des Comoni Le Revest
Film, débat, témoignages, librairie, livres en délivrance
Entrée libre
À l’initiative de Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré, le philosophe de l’infini de la nature Marcel Conche, décédé le 27 février à 28 jours de ses 100 ans sera mis à l’honneur lors d’une soirée riche de partages et d’enseignements
Jean-Claude Grosse présente ainsi l'homme et le philosophe
« Fils de paysan de Corrèze, Marcel Conche a fini professeur de métaphysique à la Sorbonne, couronné par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
À six ans, au bord de la route en bas de la maison paternelle, il s’est posé la question : qu’y a-t-il après le tournant ? Ce fut le point de départ de sa vocation de philosophe.
Il a appris le latin et le grec pour traduire les philosophes d'avant Socrate : Héraclite, Parménide, Anaximandre, mais aussi Epicure, Lucrèce.
Il a montré que Montaigne était un philosophe et pas seulement un écrivain.
Il a appris à 80 ans le chinois pour traduire le Tao te king, le livre de sagesse de Lao Tseu.
Sensible à la souffrance des enfants, martyrs innocents des guerres, des famines, des pénuries, ce qu’il appelle « le mal absolu », il a déconstruit le « Dieu des religions » car comment un « Dieu » infiniment bon, tout-puissant, peut-il tolérer ces souffrances ?
Il a remplacé « Dieu » par la Nature, éternelle, infinie, créatrice par le hasard, par de petites déviations. L’arbre pousse mais on ne le voit pas pousser.
Dans son dernier livre L’âme et le corps, il en appelle au respect de tout ce qui existe, du ver de terre à la galaxie.
Marcel Conche était favorable à la décroissance, à la sobriété.
Il était pacifiste, prenant position après délibération fondée sur des convictions vécues. »
Le programme dès 19h :
projection du film « Marcel Conche, la nature d’un philosophe » en présence du réalisateur Christian Girier,
débat avec le public,
témoignages d’amis de Marcel Conche : sous réserve Sébastien Conche, Jean Delorme, Edgard Gunzig, François Carrassan, Philippe Granarolo, Philip Segura, Jacques Atlan, …
Les participants se verront offrir le livre Le siècle de Marcel Conche, paru le 27 septembre 2021.
Les 9 Cahiers de l’Égaré consacrés à Marcel Conche seront vendus au chapeau.
Et qui le voudra pourra repartir avec un ou plusieurs livres d'une bibliothèque de femme de culture ayant décidé de faire le vide.
Pour illustrer cet appel, une video sauvons la forêt, sauvons la vie datant du 14 mars 2022.
La forêt sauvage de "Les Guilleries" (Catalogne, Espagne) est gravement menacée par la construction d'une Ligne de Très Haute Tension.
Il suffit de se balader au domaine de Tourris au Revest (Var) pour voir et entendre ces lignes THT.
Idem à Corsavy (Pyrénées Orientales), l'autoroute électrique vers l'Espagne.
 
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Marcel Conche dans sa centième année

2 Mars 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

Marcel Conche s'est éteint, dimanche 27 février 2022 à 8 H du matin dans la maison familiale de Treffort dans l'Ain. À un mois de son 100° anniversaire. 

Ses obsèques auront lieu le mardi 8 mars à 14 H 30 à Bourg-en-Bresse. Et son inhumation au cimetière d'Altillac, le 9 mars à 16 H. 

Je vais faire une grande boucle  ou plutôt un parcours en zig et en zag, vers le nord depuis Le Revest (l'Ain), puis vers le sud-ouest (la Corrèze) puis vers Paris pour redescendre en train en 4 H 30 au lieu de 11 H depuis Bretonoux.

les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche

les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche

table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités
table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités

table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités

le philosophe et ami Marcel Conche est dans sa 100° année
je suis un lecteur de son oeuvre depuis 1967 (cours sur le pari de Pascal communiqué par Annie Bories, une de ses étudiantes à Lille); il m'a amené à vivre, tenter de vivre selon une sagesse tragique jusqu'à fin 2020; 
à ce moment-là, j'ai vécu une métamorphose ayant donné naissance à Vita Nova (Et ton livre d'éternité ? Livre VI); 
notre amitié en lien avec des visites régulières tant à Altillac qu'à Treffort remonte à 2002; 
je me souviens en particulier des 5 jours Hors-Champs avec Laure Adler à Altillac en mars 2010; 
déjà je suis un méditant sur la photo prise par M.A. Garandeau; enregistrement audio disponible sur France-Culture 
(je suis interrogé sur l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel);
je me souviens aussi de la rencontre le 11 novembre 2009 (fallait le faire) entre le cosmologiste Edgard Gunzig et le naturaliste
(9 vidéos passionnantes n'intéressant pas grand monde au nombre de vues)
si tout se passe de façon heureuse selon le désordre de la vie d'ici au 27 mars, je participerai à cet anniversaire, déjà célébré par 3 livres édités entre le 27 mars 2021 (99 ans) et le 27 septembre 2021 (99 ans et demi) donc dans sa 100° année
La nature et l'homme/Marcel Conche
L'âme et le corps/Marcel Conche
Le siècle de Marcel Conche/27 contributeurs
dans mes bagages j'aurai un exemplaire du N°2 de la revue corse I Vagabondi dont un thème a été inspiré par Marcel : « Le respect de la nature », ce dernier thème nous ayant paru être une évidence, suscitée par une citation empruntée au magnifique philosophe Marcel Conche extraite de son essai
« La nature et l’homme » paru aux éditions « Les Cahiers de l’Egaré » en avril dernier :
« le respect n’est pas dû seulement aux humains mais à tout ce qui vit y compris le ver de terre ».
et un exemplaire du livre 21 femmes qui font la Corse aujourd'hui, dont Emilie Borel 
j'ai édité en octobre 2010 Le silence d'Émilie de Marcel Conche, qui a obtenu le prix des Charmettes/Jean-Jacques Rousseau en 2011
en 2021 Emilie Borel a écrit dans Le siècle de Marcel Conche et je l'en remercie
le 9 avril 2022, une soirée sera consacrée à Marcel Conche à la Maison des Comoni au Revest avec projection d'un film de Christian Girier et débat à partir de 19 H où sont invités François Carrassan, Philippe Granarolo, Jacques Atlan, Jean Delorme, Philip Segura ...; 
merci à la mairie du Revest et au maire Ange Musso pour la participation à cet événement modeste mais nécessaire par amitié inconditionnelle
Les Cahiers de l'Égaré qui ont édité 10 livres du et sur le philosophe mettront à disposition du public des lots de livres à prix cadeau
j'espère que vous nous accompagnerez dans cette période et dans cet épisode
le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence
le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence

le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence

Emilie Borel

Les cent ans de Marcel Conche

Je le voyais arriver de loin sur l’ancienne voie ferrée, garer sa petite voiture à l’ombre des chênes et sortir sur le chemin poussiéreux qui contournait la parcelle d’oliviers. Il était habillé de son veston, comme à son habitude et coiffé de son chapeau qu’il ne quittait jamais et surtout pas sous ce soleil d’été.

Il arrivait comme ça, pour observer les oliviers, pour me regarder m’occuper de mes arbres, pour échan- ger quelques phrases. Animé de cette curiosité qui lui était propre, il essayait de percer le mystère de mon attachement à cette terre au semblant aride, dure et ingrate.

Je savais tout cela et bien que mes paroles emplies de douceur tentaient de lui expliquer cet attachement, il persistait à ne voir que de l’entêtement. J’essayais d’amener son regard vers le geste qui liait ma main aux feuilles de l’olivier, mais je savais qu’il s’arrêterait toujours au simple geste.

Pourtant, j’avais imaginé que notre philosophe, l’un des rescapés de notre siècle à recevoir ce titre mérité et méritant, avec son œil affûté réussisse à déceler les raisons de ce bonheur signifié plus par mes gestes que mes paroles. Mais il n’en était pas ainsi. La question qui le préoccupait désormais était celle-ci : pourquoi privilégier le choix du travail de la terre qui dépend presque entièrement du bon vouloir du ciel plutôt que le confort d’une vie plus intellectuelle où la raison est maître ? Il s’évertuait à me proposer des alternatives qui pourraient me soustraire à cette fatigue lui rappelant une jeunesse de rudes labeurs à la campagne...

pages 23-24 Le siècle de Marcel Conche

à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche
à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche

à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche

3 H du matin ce dimanche 6 février, je me lève par besoin et s'offre à moi une vraie pensée, venue de la nuit, d'un travail inconscient de plusieurs mois peut-être, qui sait : 
je vois clairement ce qui peut-être mis en question dans la 1° métaphysique de l'ami Marcel Conche, sa métaphysique de l'apparence absolue qui a consisté en une déconstruction radicale de toutes les métaphysiques théologisées renvoyant à un Dieu créateur, le Dieu des philosophes comme chez Descartes ...; 
sa déconstruction s'appuie sur l'inacceptabilité fondée en raison de ce qu'il appelle le mal absolu, la souffrance des enfants martyrisés; 
et s'il n'y avait pas incompatibilité entre Dieu et le Mal ? 
si Dieu, l'Esprit créateur, l'Intelligence créatrice créait sans juger, sans opposer;
c'est un esprit humain, Marcel Conche qui fait choix (rien à dire là-dessus, c'est son choix libre qu'il va ensuite fonder en raison) de nommer Mal radical, Mal absolu, la souffrance des enfants;
la conclusion de cette pensée c'est la nécessité d'accueillir sans trier, sans séparer dans tout ce qui apparaît pour disparaître dans le mouvement général, emportant tout 
donc y compris accepter, accueillir la souffrance des enfants; donc aider en actes, être en empathie, compatir, accompagner avec tendresse
cela renvoie à la parole la plus inaudible qui soit, Aimez vos ennemis (Matthieu, 5, 44); 
cet impératif d'amour inconditionnel nous arrache au plan des sentiments naturels pour nous transporter dans un plan non naturel, 
la religion de l'amour qui nous fait aimer autrui (humain et tout être non humain, animé, toute chose inanimée) même si d'après mon jugement moral, il ne le mérite pas; 
je ne fais pas de mon jugement moral un absolu; 
ce qui est contradictoire avec la morale universelle des droits de l'homme dont Marcel Conche pense avoir posé le fondement dans la possibilité du dialogue (Le fondement de la morale, dans L'infini de la Nature, collection Bouquins, p.885 à 1058, janvier 2022)
cet impératif signifie compatir non seulement pour les victimes mais aussi pour leurs bourreaux
l'"anecdote" essentielle du rabbin revenant en fin de vie sur le pont où des nazis l'avaient laissé pour mort pour pardonner et donc partir en ayant effacé la souffrance, racontée par Christiane Singer est un magnifique exemple de compassion pour les salauds; elle-même n'hésitait pas à aller à la rencontre de gens qui dans un premier temps la dérangeaient (des punks par exemple)
(La voie certaine vers "Dieu", p.36 à 39, Les Cahiers de l'Égaré, 2008)
il est évident que la pratique du non-jugement comme la pratique de la compassion envers les salauds, les prédateurs est difficile, qu'il faut réussir à être l'observateur de ses pensées pour les distancier, leur enlever leur poids, leur énergie paralysante, mortifère, j'appelle cela la gomme quantique; 
cela amène-t-il à l'indifférence, à l'ataraxie du soi-disant sage sans folie ?
la lecture récente de Leçons d'un siècle de vie d'Edgar Morin et de La vallée du néant de Jean-Claude Carrière me confirme dans l'impression de tout ce qu'on perd, occulte, voile en adoptant un regard sceptique sur l'haut-delà, un regard sourd sur la mort, réduite, ramenée au néant, au rien, à la néantisation; 
un tel regard, largement dominant, empêche de respirer au large comme dit Jean-Yves Leloup 
en hébreu, salut, sauver signifie respirer au large soit laisser place à l'Être (qui est peut-être le Vide quantique) qui nous traverse, 
je dirai sentir, éprouver la Vie qui nous habite, nous traverse avec Amour inconditionnel faisant de nous des passants (3 significations à prendre en compte)
"On doit se demander "Qu’est-ce que la vie veut en moi? Qu’est-ce qu’elle veut de moi? Qu’est-ce qu’elle désire en moi? Qu’est-ce que j’ai à faire dans cette vie que personne d’autre ne peut faire à ma place?" Cette vie qui prend une forme particulière, un corps particulier, un visage particulier, qu’est-ce qu’elle veut expérimenter en chacun de nous? Chacun de nous est une façon unique d’incarner cette grande Intelligence qu’est la vie. Il est important d’écouter cette vie qui nous traverse, de retrouver notre orientation, notre lumière." (J-Y Leloup, posts de la page FB Pastorserap Hein)
"Si on admet que la vie humaine peut être gouvernée par la raison, alors toute possibilité de vie est détruite..."
Léon Tolstoï
"J'ai vécu beaucoup de choses et je pense maintenant avoir trouvé ce qui est nécessaire au bonheur. Une vie calme et isolée à la campagne avec la possibilité d'être utile aux autres..."
Léon Tolstoï
quant à sa seconde métaphysique, celle de la Nature naturante, la Nature créatrice qui aime à se cacher (on ne voit pas l'arbre pousser, l'enfant grandir, on ne se voit pas vieillir), créant au hasard, à l'aveugle par infimes variations, mutations (le clinamen d'Épicure, le gonimon d'Anaximandre, virus et autres variétés infimes, facteurs de l'évolution), elle ne me paraît pas incompatible avec l'idée d'une intelligence créatrice, d'un dessein (ce qui nous change du choix entre destin ou hasard)
je vois bien cette intelligence, le Sans Forme s'expérimenter, s'essayer, s'incarner au travers d'une multitude de formes singulières 
d'où le pharmacon du livre d'éternité ? à paraître le 14 février : 
Tu es aimé, Tu es mon bien-aimé
tu es aimé à égalité avec tout ce que Je crée, du virus à la galaxie et dieu sait si j'ai pris le temps, des milliards d'années, goutte d'eau dans l'océan de l'éternité
tu es mon bien-aimé dans la forme singulière, unique que Je te donne, alors STP, régale-toi, réalise le meilleur de toi m'aime/sème
de quoi aimer sa vie au lieu de la vivre sur un mode victimaire
peut-être évoquerons-nous cela lors de la soirée consacrée à Marcel Conche, le samedi 9 avril à 19 H à la Maison des Comoni avec la projection d'un film de Christian Girier
chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature
chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature

chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature

reçu aujourd'hui 25 janvier L'infini de la nature, le Bouquins de 1094 pages consacré à certaines oeuvres de Marcel Conche; 
lues depuis longtemps, commentées dans les pages de mon blog; 
envoi préparé par Marcel lui-même qui m'a donné quelques nouvelles; il va plutôt bien mais n'écrit plus, n'y arrive plus; 
c'est pourtant ce qu'il nous avait dit: je ne sais qu'écrire, qui m'avait amené à éditer ses deux derniers livres La nature et l'homme, L'âme et le corps; 
son petit-fils prépare les 100 ans, le 27 mars 2022; 
le 9 avril, à 19 H, Les Cahiers de l'Égaré organisent une soirée Marcel Conche en partenariat avec la mairie du Revest et Le Pôle; 
détails à venir en lien avec la projection du film, Marcel Conche, la nature d'un philosophe de Christian Girier; 
à l'occasion de cette soirée et uniquement ce soir-là je dirai certaines choses sur les 15 personnalités sollicitées sur 42 pour Le siècle de Marcel Conche qui n'ont pas répondu à la proposition; 
cela permettra un autre regard sur le livre Le siècle de Marcel Conche qui ne ressemble en rien au livre d'Edgar Morin Leçons d'un siècle de vie; 
à notre façon, nous continuerons à mettre en valeur son oeuvre; 
une formule d'abonnement à 8 livres de Marcel Conche sera mise en place à partir du 28 mars, le lendemain de ses 100 ans; 
seront invités à intervenir le 9 avril Philippe Granarolo et François Carrassan
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Je suis Carmen / Gilles Cailleau

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture, #philosophie, #pour toujours

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen de Gilles Cailleau

ISBN 978-2-35502-131-2

format 12 X 17, 72 pages, PVP 10 €

diffusion Soleils distribution, 3 rue de Fleurus, 75018 Paris

© dessins : Gilles Cailleau. Couverture, Carmunch | p.4, Les cousines | dos, Je suis le bœuf et le boucher.

© photographies : Charlotte Parmentier.

© LES CAHIERS DE L’ÉGARÉ
669 route du Colombier – 83200 Le Revest-les-Eaux

les4saisonsdailleurs@icloud.com

http://cahiersegare.over-blog.com

Je suis Carmen / Gilles Cailleau

PRÉFACE

Ce qu’il faut dire d’abord, c’est le flou qui entoure toute écriture scénique. Je signe un texte, certes, mais d’où et surtout, de qui est-il venu ? Autant d’Amanda Righetti et de Sophie Chabert qui me l’ont inspiré au cours des deux mois de recherche, de répétitions, de vie créatrice commune. Le texte est donc de moi, mais le spectacle est de nous trois. Il est aussi de Christophe Bruyas, créateur des lumières, de Guillaume Cros qui en a fait la musique et de quelques autres. Reste à savoir si un texte initie une création ou s’il en procède et autant vous le dire, pour Je suis Carmen!, la question est indécidable.

D’autant plus que c’est une création de longue haleine.

Je suis toujours très lent, je mets beaucoup de temps à penser mes spectacles. La plupart du temps avant de me lancer, je fais un essai pour mettre à l’épreuve mon appétit, l’intérêt de la création, la première vibration publique.

Je suis Carmen!, c’est en 2016 que ça a commencé (je pourrais dire en 1982, quand j’ai fabriqué avec passion une marionnette Carmen ou en 83, quand ma mère a ramené les vinyles de l’Opéra de Pékin à la maison, ou dans les mêmes années quand Jean-Luc Godard, Carlos Saura et Francesco Rosi ont sorti leur film à peu près en même temps, et Peter Brook par-dessus le marché qui montait l’opéra aux Bouffes-du-Nord en trois versions distinctes... une frénésie de Carmens... mais j’arrête. 2016, pour un début, c’est très bien). Cinq ans donc avant le jour de la première, je savais déjà que je voulais monter Carmen, l’opéra, mais j’avais besoin de temps et de réponses. J’ai alors proposé à Amanda, une Espagnole sauvage que je venais de mettre en scène dans une autre aventure, de venir avec moi faire en dix jours une première exploration du continent Carmen.

L’idée était de s’installer avec une tente marocaine et une vieille roulotte (les mêmes qui ont été ma maison pendant treize ans et qui abritent depuis vingt ans Le tour complet du cœur, mon premier solo), de remplacer le mât unique de la tente par un mât chinois et d’en faire l’univers d’une jeune femme de cirque qui s’interroge sur tout ce qui fait le sel de sa vie : l’appel et le risque de la liberté.

J’ai dit “s’installer”, mais je n’ai pas dit où. C’était à Cornebarrieu – banlieue toulousaine, dans un centre éducatif ouvert pour jeunes délinquants, sous les auspices de la pénitentiaire.

Amanda, seule femme au milieu de vingt garçons prisonniers de leurs propres peurs et de leurs démons. Il en fallait du cran pour monter sur ce mât, les jambes à 80 centimètres des regards et leur parler d’amour, de liberté... Du cran pour faire valser toutes les règles.

Pour en rajouter une couche, le sort a fait de Cornebarrieu – où se côtoient des quartiers historiques et les cités peuplées des salarié·e·s de la filière aéronautique – la commune abritant ce lieu d’éducation répressive mais aussi le cimetière où est enterré Mohamed Merah et comme si cela ne suffisait pas, un centre de rétention administrative.

On imagine de quelles vibrations contradictoires on s’y sent traversé.

L’expérience a été si intense qu’elle nous aurait suffi pour avoir envie de continuer, mais au cas où on aurait hésité, la représentation finale devant les gosses, des voisins entrant pour la première fois dans ce lieu qui leur faisait une peur immense, une directrice de prison, un digne et sombre représentant du ministère de la Justice, deux du ministère de la Culture, le directeur de la Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance, qui avait initié le projet, l’équipe de la compagnie au grand complet et leurs retours à toutes et tous qui au-delà de l’intérêt d’un tel projet à cet endroit du monde n’admettaient pas que le spectacle puisse en rester là... Bref ! Suffisamment pour nous persuader qu’il fallait le finir.

Il y avait à cela trois obstacles : 1) Amanda venait d’être engagée par le Cirque Plume dans La dernière saison mais surtout, 2) j’étais persuadé que la vérité de cette création requérait de mettre à côté d’Amanda, une autre femme, cantatrice celle-là. À l’affirmation – “Je suis Carmen”, de la première, l’autre répondrait – “Mais non, Carmen, c’est moi !” Je rêvais de cette surprise qu’elles auraient toutes les deux, l’une venant de la fureur anarchique de la piste, l’autre du monde feutré et mesuré de la musique classique, à découvrir cette identification commune, à leur gémellité inattendue. Pour finir et tout bêtement, 3) ce n’était pas ce spectacle que j’étais venu créer.

J’ai donc 3) commencé par monter avec Raoul Lay, le directeur artistique de l’Ensemble Télémaque, Carmen, opéra déplacé, l’œuvre originelle de Bizet réécrite pour 4 artistes lyriques, 6 musiciens et 40 personnes habitant tout près de l’endroit où elle se joue. 2) J’y ai par la même occasion trouvé Sophie, la pièce manquante de mon premier essai et 1) j’ai attendu Amanda.

Voilà l’origine de ce projet singulier, dont le sujet l’est tout autant. Carmen, mythe trompeur...

Car voilà, Carmen n’est pas une histoire d’amour. Si c’en était une, ce serait ce fait divers dont la banalité est déjà en soi tragique : un homme aime une femme qui ne l’aime plus, alors il la tue. Une histoire ordinaire en quelque sorte, juste un samedi soir sur la terre, comme dirait l’autre, et qui ne fait jamais la une. La mort de Carmen, on la découvre par hasard au café en lisant son journal, à la page des chiens écrasés.

C’est en cela que même si Carmen peut parler d’amour autant qu’elle veut, c’est une autre histoire qu’elle raconte. Nous n’avons plus le droit de nous tromper aujourd’hui, dire je t’aime avec un couteau à la main est un subterfuge rhétorique pour passer sous silence le vrai sujet : la domination.

D’ailleurs, si sans minimiser cette question de la domination de genre, on prend le temps de désexualiser Carmen, le vrai mystère (et pas le pseudo mystère de la femme fatale, construction mentale toute masculine) le vrai mystère, donc, saute aux yeux : pourquoi, au dernier acte, fait-elle face? Il lui suffirait de dénoncer José, ou seulement de rentrer dans l’arène avec les autres et se mettre à l’abri... Elle ne le fait pas.

Elle ne veut pas être moins forte que José. Elle refuse de lâcher le moindre pouce de terrain.

Elle ne se retire pas.

C’est la dialectique du maître et de l’esclave selon Hegel. (J’ai conscience en écrivant ces lignes depuis l’île de la Réunion où je vis désormais que cette distinction hégélienne prend ici, terre mutilée par l’esclavage, un sens insupportable. Précisons donc qu’il ne s’agit pas d’une terminologie historique, mais d’une distinction conceptuelle.) Pour Hegel donc, “le maître” n’est pas maître parce qu’il est plus fort que l’esclave, mais parce qu’il n’accepte pas de vivre à n’importe quel prix. “L’esclave” de son côté veut vivre quoi qu’il en coûte... Pour Hegel le seul vrai maître n’est pas celui qui domine l’autre, mais celui qui est capable de dire non.

Carmen a le même problème. La liberté est le signe de son pouvoir, elle refuse d’être moins. Fuir devant José pour rester en vie, ce serait être moins que lui. En restant, elle l’oblige à la tuer et ce faisant, elle le condamne autant qu’il la condamne.

Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’autre inépuisable histoire, celle du pouvoir et de la liberté. Inépuisable plus que profonde, d’ailleurs, mais c’est peut-être la qualité des mythes, qui ne nous donnent pas à penser, mais à réfléchir. À nous y réfléchir.

Les mythes sont des mythes parce que ce sont des miroirs.

Carmen nous fait nous poser chacun pour soi la question terrible : jusqu’où suis-je prêt·e à aller pour défendre ma liberté ? C’est une question simple, mais inépuisable parce que sans réponse. Tout le monde peut la comprendre et tout le monde se la pose à plusieurs moments de sa vie, des fois sans même l’avoir formulée.

À quel endroit de nous s’étire la ligne de partage entre l’aversion pour les chaînes et l’aspiration à la tranquillité ?

Carmen est ce mythe parce que c’est un puits sans fond : est-ce si formidable que ça d’être libre ? Est-ce que ce n’est pas aussi une petite malédiction ? Tous ces choix à faire, tous ces bonheurs qui cessent aussitôt d’en être parce qu’ils nous sont imposés... Quel frein, quelle nourriture donner à mon intransigeance ?

Non vraiment, Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire du courage, des courages... Pas l’histoire de nos moments de gloire, non, le contraire, l’histoire d’une défaite, de nos défaites, quand on a la force, l’élégance, le panache de perdre en beauté.

Carmen, c’est la chèvre de Monsieur Seguin.
Gilles Cailleau, 27 novembre 2021

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Le Siècle de Marcel Conche (ouvrage collectif)

27 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel
couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

Le Siècle de Marcel Conche
ouvrage collectif en hommage au philosophe et à l’homme Marcel Conche, l’année de son centenaire
222 pages, format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-127-5
PVP 18 €
disponible dès le 27 septembre en librairies ou plateformes de ventes en ligne
via Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris  0145488462
ou directement auprès de l'éditeur par chèque de 18 € (frais de port offerts) à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du colombier, 83200 Le Revest

 

 

Marcel Conche a dit à ses convives le 27 mars 2019, pour ses 97 ans : je ne sais qu’écrire.

Cette discipline de la page quotidienne écrite le matin, à la main, presque à l’aveugle, au senti du tracé est sans doute ce qui continue à donner du goût et du sens à sa vie. La dictée du texte au téléphone est le deuxième temps de sa démarche. Maryse Chan est son interlocutrice à huit cents kilomètres de là. Elle a la lourde responsabilité de la mise en forme et en page de ce que lui dicte Marcel. Puis vient le temps de l’édition, tous les six mois, aux équinoxes (printemps, automne), livres rassemblant ses chroniques et essais, des souvenirs, des rêves, des désirs, des bilans. Marcel comme Montaigne peint le passage.

Pour Le siècle de Marcel Conche, écrit à son insu, 42 personnes et personnalités ont été sollicitées. 27 ont participé qui n’ont découvert la totalité du livre qu’à sa parution.

Chers lecteurs, vous voici, vous aussi, associés à la découverte d’un journal étrange déclinant des amitiés singulières, uniques avec le philosophe qui nous invite sans concessions ni compromis au plus grand respect de tout ce que la Nature crée.

Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré 


 

 

 

Table des matières
 
p. 5       Jean-Claude Grosse                  Avant-propos de l’éditeur
p. 9       François Hollande                     Préface
p. 13     Daniel Aranjo                           Marcel Conche écrivain
p. 17     Aïdée Bernard                          Nature sauvage
p. 23     Emilie Borel                             Les Cent ans de Marcel Conche
p. 31     Alain Cadéo                             Aux contrebandiers de l’inutile
p. 39     Gilles Cailleau                          Cher monsieur Conche
p. 47     François Carrassan                   Un génie rural
p. 57     Jean-Philippe Catonné              Penser la nature et l’homme
p. 64     Maryse Chan                            Une improbable amitié
p. 69     André Comte-Sponville             Lettre à Marcel Conche pour son centième anniversaire
p. 79     Marie-Martine Conche               Il fut d’abord « Monsieur », ensuite « père » 
p. 83     Sébastien Conche                    Cher grand-papa
p. 89     Françoise Dastur                      Cette réflexion sur l’amour, la nature et la beauté, vus d’Orient
p. 95     Christian Girier                         Journal d’un film (extraits)
p. 101   Edgar Gunzig                           Rencontre de deux ignorants
p. 111    Lucile Laveggi                          Cinquante années d’amitié
p. 115    Danielle Marty                          La caresse
p. 117    Marie Morel                              Je t’aime mon bel arbre !
p. 119    Germain Nouveau                     Les baisers
p. 125    Raymonde Paneels                   How to live ?
p. 131    Sylvette Pierre                         Plus de cinquante ans avec Marcel Conche
p. 137    Yvon Quiniou                            Hommage au philosophe Marcel Conche
p. 141    Petr’Antò Scolca                        Marceddu Concia, u ritornu ch’hè un si dice
p. 147    Philip Segura                            Ensembles et intersections
p. 151    Vita Nova                                 Le désir du baiser
p. 157    Marc Wetzel                             En relisant Parcours
p. 169    Serena Talamoni et Jean-Guy Talamoni      Entre philia et politeia
p. 179    La beauté et sa signification, conférence inédite de Marcel Conche
 
 
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
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illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

 

 

extrait choisi par l’éditeur

La première fois que j’ai vu Marcel Conche, c’était en 1965, j’étais en propédeutique à l’université de Lille, à attendre un premier cours de philosophie. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas un professeur comme les autres, mais ne me doutais pas que cette rencontre allait changer ma vie : il est arrivé dans une salle tellement bondée qu’il ne pouvait accéder à son bureau, il a grimpé tranquillement sur une chaise pour marcher sur les tables jusqu’à sa chaire, comme si c’était tout à fait naturel, et sous les applaudissements des étudiants sidérés de voir un professeur de faculté pratiquer pareil exercice, il s’est installé, après avoir accroché son grand parapluie noir au bureau, et, content de son effet, a commencé son cours avec le petit sourire amusé qu’il a toujours même maintenant quand il surprend son monde. L’institut de Philo de Lille, à l’époque, ne manquait pas de philosophes de renom, Eric Weil entre autres, mais les cours de Marcel avaient cette allégresse, cette originalité, cette force personnelle de réflexion qui attiraient nombre d’étudiants. D’ailleurs, plutôt qu’à un cours nous assistions au développement d’une pensée personnelle vivante, menée avec une telle rigueur et une telle vigueur qu’elle en était fascinante. (Sylvette Pierre)

 

 

note annexe de l'éditeur:

j'avais sollicité 42 personnes et personnalités; 27 ont participé; je n'ai pas à évoquer les personnes et personnalités qui n'ont pas participé

j'en évoquerai une cependant : Roland Jaccard sollicité par courrier d'abord aux PUF, ensuite à son adresse parisienne; c'était en mai 2021;

Roland Jaccard, l'éditeur d'un nombre important de livres de Marcel Conche, 17, dans la collection Perspectives critiques, s'est suicidé le 20 septembre 2021, à deux jours de ses 80 ans, un jour avant la sortie de l'ouvrage collectif en hommage à Marcel Conche

 

 

Dans son billet du vaurien (en langage des oiseaux = vaut rien) du 15 juin 2021, Roland Jaccard écrivait : Apprendre à mourir, me disait mon père, c’est apprendre tout au long de sa vie, à donner le minimum de soi en toute circonstance. La compassion, cette élasticité illimitée dans l’art de souffrir, que j’observais consterné et excédé chez ma mère, n’était pas dans l’esprit de mon père. C’était sa forme à lui de générosité. 

Par ailleurs, alors que ma mère jouait à merveille son rôle d’hystérique viennoise, il m’avait très jeune mis en garde : « Ne te laisse surtout pas impressionner : elles sont toutes folles. » Un père parlerait-il ainsi à son fils aujourd’hui ? Et d’ailleurs que reste-t-il de l’esprit du stoïcisme ? …

Pour mon père, l’individu n’était qu’une bulle éphémère, partie quasi insignifiante de l’écume qui surgit avant de s’effacer. Conscient de la nullité de son état et des souffrances et illusions que lui procure cette nullité, l’individu qui réfléchit cherchera l’extinction, le retour à la nuit informe de l’universel. Annihiler, c’est rendre à la vie sa logique. Un mauvais démiurge a voulu, au sens le plus fort du terme, le cosmos. Fatigué de cet enfantillage, il en voudra très probablement l’extinction. Mon père, en prenant les devants, a anticipé sur ce qui ne manquerait pas de se produire.

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L'âme et le corps / Marcel Conche

24 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

L'âme et le corps

auteur Marcel Conche

format 14 X 22, 248 pages, 130 chapitres, PVP : 18 €

ISBN 978-2-35502-129-9

ce livre sera exclusivement vendu par l'éditeur contre un chèque de 18 € à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest (frais de port offerts)

 

 

 

La notion d’âme n’est donc pas religieuse. L’âme ne survit pas à la mort du corps. Quel est son rôle ? L’âme fait que le corps soit le corps d’une personne. L’âme de Pierre anime le corps de Pierre, elle fait que le corps de Pierre n’est pas le corps de Paul. À la mort de Pierre, le corps de Pierre est privé de son âme. Le cadavre de Pierre est sans âme, contrairement à l’opinion des chrétiens pour qui l’âme, étant immortelle, survit à notre mort. (...)

Quand mon corps mourra, mon âme aussi sera morte, mon cadavre pourra être mis avec le fumier des vaches et des cochons pour faire du fumier. Cela est conforme à l’opinion d’Héraclite totalement irréligieuse. J’ai aimé Marie-Thérèse, il n’y avait aucun sens à aimer et honorer son cadavre qui était sans âme selon l’incroyant que je suis, mais Marie-Thérèse était chrétienne, son cadavre du point de vue chrétien n’était pas que terre et eau, il y avait une âme immortelle. Ma façon de voir les choses résulte de ma position d’incroyant. L’incroyance comme la croyance est sans preuve, la croyance est pourtant certaine pour celui qui croit, l’incroyance est certaine pour celui qui ne croit pas. Il y a donc certitude du côté du croyant et de l’incroyant, mais certitude n’est pas preuve, dans les deux cas

il s’agit d’une certitude subjective.

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La nature et l'homme

7 Mai 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #JCG

La nature et l'homme

PHILOSOPHIE. « La Nature et l’Homme », de Marchel Conche

Né en 1922, le philosophe Marcel Conche a eu 99 ans le 27 mars. Cela ne l’empêche nullement de réfléchir, ni d’écrire. Pour preuve cette série de 109 fragments où se répondent, comme autant de courts chapitres, interrogations métaphysiques et souvenirs d’une vie. Il est ici question de la nature qui doit remplacer Dieu, d’Héraclite et du changement universel, des femmes aimées, des amis présents ou perdus, des souvenirs toujours vifs d’une enfance rurale – entre autres et tour à tour. Par-dessus tout, avec humour ou gravité, se trouve célébrée la philosophie, considérée comme vocation et choix de vie originaire. Un petit paysan fit à 13 ans des Pensées de Pascal son livre de chevet, ne put aller au lycée, apprit tard le latin et le grec, édita finalement Héraclite aussi bien qu’Epicure et devint professeur à la Sorbonne. La recherche de la vérité organise cette existence, ce qui constitue une rareté. R.-P. D.

compte-rendu du Monde des Livres, rédigé par Roger-Pol-Droit, publié jeudi 6 mai 

Est paru, le 27 mars 2021, pour ses 99 ans, le dernier livre de Marcel Conche : La nature et l'homme.

ISBN : 978-2-35502-123-7

192 pages / 19 €

référencé et distribué par Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris

Avant-propos

La nature est le lieu sans limites où naissent et persistent des mondes innombrables. On peut parcourir indéfiniment la nature : elle est donc in- définie. Mais elle est aussi infinie, car on ne peut rien lui ajouter qui ne serait pas naturel. Un monde est une totalité structurée. Une grenouille perçoit d’innombrables excitations. Ces excitations ne forment pas un ensemble disparate : elles ont une unité car la grenouille est une, l’ensemble des excitations est donc une totalité structurée, un monde. C’est le monde de la grenouille. La grenouille ne peut sortir de son monde, pas plus que le serpent du sien. Autant d’êtres vivants, autant de mondes qui mutuellement s’ignorent. Aucun être vivant ne peut se mettre à la place d’un autre pour percevoir la nature comme il la perçoit. Autant d’êtres vivants, autant de perceptions différentes de la nature. Autre est la cour de la ferme pour le canard, autre pour le crapaud, autre pour le hérisson. Le canard ne peut se mettre à la place du hérisson pour voir la cour de la ferme en hérisson. Mais l’homme non plus ne le peut. La nature se diversifie selon la diversité des êtres qui vivent et la perçoivent. Encore en est-il de même pour la diversité des humains. La forêt n’est pas la même pour le charbonnier, pour le chasseur qui dans les bêtes innocentes voit des proies, pour le peintre ou le poète, et pour le philosophe amateur des chemins qui ne mènent nulle part. Que faire d’autre que d’avancer comme on peut dans l’obscurité des choses ? Depuis quand cette obscurité s’est-elle éclaircie ? Nous sommes, humains, sur la planète Terre. Par quelle cause ? Selon la théorie de la panspermie, les germes de vie sont venus de l’espace, apportés par des météorites ou des comètes. Cela explique le comment. Reste le pourquoi. Après la cause qui explique vient la raison qui justifie. Justifier et montrer que ce qui a lieu est bon, existe en vue du bien. L’homme est sur cette Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. « L’homme » ce sont les hommes, les nations, les États. Chaque chef d’État doit avoir en vue, non pas seulement l’intérêt de son État, mais l’intérêt de l’ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l’amour universel.

 

LXVI
Le non engagement

Si l’on considère l’ensemble de ma vie, on peut dire que j’ai choisi le non engagement.

Mon cousin germain Fernand s’est engagé dans l’armée. Il est venu à Altillac se montrer chez mes parents, avec son bel uniforme de sergent-chef. Je n’ai pas vu en lui un exemple à suivre et je ne l’ai pas admiré. Mais j’ai souffert lorsqu’il a été tué à la guerre.

Je n’ai combattu pour aucune cause : ni la cause politique, car je n’ai adhéré à aucun parti, ni la cause nationale, car je ne me suis pas engagé dans la Résistance, contrairement à Marie-Thérèse et à mon père, ni la cause internationale.

Nous vivons tous une brève vie. Il ne faut pas par imprudence, la raccourcir encore – en fumant la cigarette, en buvant des apéritifs alcoolisés, en pré- férant trop souvent le vin à l’orangina, en fatiguant son corps par des efforts excessifs. Il faut surtout ne pas risquer de la raccourcir en s’engageant dans des actions où l’on risque sa vie.

Je pense aux guerres de 14-18 et de 39-45. Je n’ai pas participé à la guerre de 39-45. Il est certain que je n’aurais pas participé à celle de 14-18. Cette certitude tient à la conscience que j’ai de moi-même.

« Connais-toi toi-même » : telle est la leçon des Grecs. Je me connais en ce sens que je sais ce que je veux et aussi ce que je peux vouloir et ne vouloir pas.

Je sais que je ne peux rien vouloir de ce qui porterait préjudice à ceux que j’aime, à mes amis, à mon pays, et qu’au contraire, je veux travailler de façon à réaliser une œuvre qui ait de la durée.

Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure

Certes, je vais mourir. Mais mon âme ne meurt pas, car mon âme est dans les livres. Et comme auteur de mes livres, mon nom est dans le dictionnaire Larousse, lequel ne disparaîtra qu’avec la civilisation.

Ne pas s’engager c’est ne pas risquer de faire naufrage, c’est ne pas susciter des rivaux et des jalousies, c’est préserver ses forces comme Napoléon le faisait de sa garde. Ne pas s’engager, c’est aussi laisser les événements suivre leur cours, sans intervenir plus que sur des phénomènes météorologiques.

 

 

LXXIV
Le moi et Héraclite

Puisque « tout s’écoule », selon Héraclite, le moi, comme toutes choses doit s’écouler. Pas plus que le fleuve dans lequel on entre à midi n’est le même que celui dans lequel on est entré ce matin, le moi qui s’éveille le jeudi matin ne saurait être le même que celui qui s’est endormi le mercredi soir. Cependant la carte d’identité me dit que c’est la même personne. Si la société devait tenir compte du fait que chaque personne varie sans cesse, l’ordre social serait impossible, et même l’ordre familial. Le père reste le « père », le fils reste le « fils », l’oncle reste « l’oncle », même si chacun a beaucoup changé. Certes rejoignant Alfred après plusieurs années où il était au Maroc, je puis dire : « Comme il a changé ! ». Je le reconnais néanmoins. Nous faisons continuellement abstraction des changements que nous constatons chez les personnes, nous rangeant au point de vue de la société qui veut qu’elles soient les mêmes. Le « tout s’écoule » d’Héraclite est une vérité philosophique qui contredit l’expérience et la vie quotidiennes. Pour Héraclite, le fixe n’est qu’une apparence. Il n’y a rien de fixe. Même la tour Eiffel bouge quelque peu. Or, l’homme agit, et il ne pourrait agir si son action ne pouvait s’appuyer sur des choses fixes, telles que la charrue, la bicyclette, le tracteur, les outils (du menuisier, du charpentier, etc.). La philosophie fait voir les choses en profondeur et dans ce qu’elles ont d’éternel. Mais l’on vit dans le présent et l’écoulement, entre le passé, écoulé et voué au non-être, et l’avenir, non encore écoulé. Sous la fixité des apparences, la mouvance maintient son règne. Car tout se meut, s’écoule et, écoulé, va au néant. De toutes les actions de l’homme, de toute l’histoire humaine, que peut-il rester au bout de 10milliards d’années ? Mais l’âme n’est pas à oublier. La religion et certains philosophes disent qu’elle est immortelle. Mon âme est dans mes livres. Ai-je une âme autre que celle qui est dans mes livres ? Je n’incline pas à le croire – tout en suspendant mon jugement.

note de lecture de Gérard Lépinois

Matois / Nu / Vieil enfant (neuf).
Matois, coquin, Marcel, vif, philosophe du (toujours plus) nu, simple d'apparence : plus rien à perdre ni à gagner que la notation du jour, crépusculaire ou pas (long nocturne dans le jour où revenir en boucle, en variations musicales de visages bues, de situations...). Mais non moins au plein jour, à l'instant présent, à la petite bête s'il en est. La Nature donc, une philosophie décidément nue, pudique, "présocratique", philosophie concentrée d'un paysan ayant été professeur de Sorbonne (stucs...). La Nature est la nécessité du nu, simple d'apparence, du nu de chaque monde, l'enveloppe totale inenvisageable, contrairement à Émilie, déesse corse fort concrète, concrètement disparue. Donc finalement philosopher une vie, son jardin, la position de celui-ci dans une totalité ressentie, pas seulement postulée, son ordonnancement par un infini, clef de voûte hors de portée de descriptions ou analyses de détail, grâce à lui harmonieuses, y compris de devoir s'éteindre et de sourire aussi de soi, narquois Marcel, pas ironique, jamais méchant, mais amusé, un vieux gosse, un jeune vieux, toujours et à nouveau le petit avec sa route qui tourne, foin de la Sorbonne et de son labyrinthe, son père qui le prive innocemment de lycée et les Pensées de Pascal à treize ans dans les bois, araignée page onze.

note de lecture de Jacques Larrue

30.- CONCHE, LA BELLE NATURE - Je me demande bien aujourd'hui qui vais-je intéresser avec macronique ? C'est pas que je sois bien sûr de posséder le moindre pouvoir d'attractivité habituellement. Mais là si je vous dis Marcel Conche ! Vous allez rester coi et vous exclamer : Marcel quoi ? Si, peut-être vais-je emmener Francis le Corrézien, natif tout proche d'Altillac qui me confessait ne le connaître que de nom et quand même aussi de réputation. Jean-Claude, que tout m'aurait porté à connaître bien avant que je ne m'échappe du Var, si seulement j'avais sacrifié au rite culturel élémentaire en me rendant à la Maison des Comoni au Revest ou au moins en feuilletant les jolis Cahiers de l'Égaré. Zaza, qui vient de se joindre à ce petite cercle de Résistants fleurant bon le maquis provençal et la farigoulette. Et mon épouse... qui n'a pas le choix !
Chapeau Marcel !
Remarquez, c'est pas moi qui vais jeter la pierre à ceux qui ont déjà décroché ou qui ont la main près de la poignée du parachute. Les philosophes m'emmerdent aussi. Pire, les contemporains me dérangent à toujours s'écouter penser et à oublier parfois de baisser le son. Je ne commettrais pas l'indélicatesse d'en jeter quelques-uns dans la fosse au lions incultes. Et aux insultes. Mais je me sens un peu de leur côté. Celui des béotiens. Respectant en cela la consigne d'Héraclite : " Connais-toi toi même ". Les plus érudits objecteront que ce principe sensé conduire à la raison appartient à Socrate. Certes, mais c'est tout de même son aîné d'Éphèse qui proposa : « il faut s'étudier soi-même et tout apprendre par soi-même ». Sans vouloir balancer, cela ressemble fort à du plagiat ! Mais foin de procès, y a prescription !
N'empêche qu'en m'abonnant aux Cahiers de l'Égaré (au fait j'espère que ça y est, vous les avez envoyé vos soixante balles au collègue Grosse du Revest !) je ne pensais pas en prendre à ce point plein la tronche. Lorsque je suis allé mesurer le pedigree du fameux Conche, je n'ai pas été rassuré. Héraclite donc, mais aussi Montaigne et Heidegger. Bon Heidegger, il fait ce qu'il veut Marcel, mais enfin Heidegger n'a jamais trop cherché querelle à Hitler et si vous voulez, avec mes a priori à la con, ça me perturbe. Tout comme d'ailleurs Conche lui même qui, à 23 piges, s'est planqué pour ne pas monter au font de1939 - bon d'accord ce fut un bide, d'où vient d'ailleurs peut-être l'expression "avoir le rouge au front " - et "oublia" ensuite de rejoindre la Résistance. Il était trop occupé nous dit-il (!) et puis, toujours pareil, qu'aurions nous fait à sa place ? En 40, des Jean Moulin il n'en tournait pas tant que ça au vent de la colère ! L'important c'est qu'il ne soit pas rallié au FFI en 1944 comme tant d'autres...
Je connaissais aussi "Montaigne Pyrénées" que chantent magnifiquement quelques chœurs basques, mais pour ce qui est de son œuvre... Aucun rapport non plus avec le rugby même s'il doit sa réputation à une farandole d'Essais. Et pour m'être risqué à jeter un œil dans l'un de ses textes originaux, je vous assure que je m'en suis promptement écarté. D'ailleurs Marcel Conche, qui a justement perdu la vue d'un côté, pense que cela remonte à sa jeunesse mal éclairée par une lampe à pétrole, mais qui sait si ce n'est pas pus tôt ce Montaigne qui serait la cause de la cécité partielle de son disciple ?
J'y suis pourtant allé sans crainte. Plein de curiosité et de considération. Si je ne vous l'ai pas encore révélé, ce docteur en philosophie, double lauréat de l'Académie française boucle depuis le 22 mars sa dernière année afin de rejoindre le cercle encore restreint des centenaires. En sorte que j'eus parfois le sentiment de posséder entre les mains un testament philosophique et littéraire. Pour le coup un vrai privilège ( ah ! qu'est ce que j'ai bien fait de m'abonner ).
Souvent les philosophes me semblent boursouflés de leur propre connaissance et, ce qui m'étonne toujours, de ce qui ressemble fort à des certitudes. N'était cette obsession à rappeler dix fois au moins, au fil des pages, que le nom de Marcel Conche figure dans le Larousse et que cela lui ouvre les portes de l'infini - grand bien lui fasse ! - je me suis laissé entraîner sans lassitude dans ces pérégrinations intellectuelles pleines de bonté et tenez-vous bien, de bons sens.
C'est l’œuvre d'un philosophe-paysan des bords langoureux de Dordogne, d'un enfant orphelin par sa maman qui la perdit en lui donnant la vie, d'un éternel amoureux confiant ses secrets sans jamais les trahir, d'un contemplateur imprégné de nature : " Dieu était un principe de bonté. Ce principe de bonté est maintenant la nature. La nature est vie et toute vie est bonne." Et l'homme qui "est sur Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. "L'homme", ceux sont les hommes, les nations, les États. Chaque Chef d'État doit avoir en vue, non seulement l'intérêt de son État, mais l'intérêt de l'ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l'amour universel."
De la cueillette des noix aux Présocratiques, des bastes vigneronnes de la Patraquerie à la métaphysique, l'agrégé de la Sorbonne se livre généreusement à travers CIX (109) petits fragments d'une pensée apaisée et intacte.
Vienne la nuit, sonne l'heure,
les jours s'en vont, je demeure *
Et en bout de lecture, les bouquins de l'Égaré ont aussi ça de magique qu'ils nous effleurent les mains avec délicatesse, presque une sensualité qui vous frustre un brin lorsqu'il faut les refermer. Mais qu'à cela ne tienne. Je vais sûrement relire ce dernier Conche. A moins qu'il ne me fasse mentir et qu'il remette à cent ans le métier sur l'ouvrage.
Et comme l'espérance est violente. *
Et puis si ce n'est de lui, il y en aura d'autres. L'éditeur est toujours jeune. A peine quatre-vingts !

 

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