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Les Cahiers de l'Égaré

pour toujours

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

29 Juin 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #poésie, #écriture, #théâtre, #lettre, #voyages, #philosophie

Dans ce  roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la « commerie » nous livre à 81 ans, une œuvre bien plus vivifiante que testamentaire.

Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l’auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe :

Ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever.

Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable.

Où passe-t-il ? Quand le rend-on ? Tout livre d’éternité est un livre en vérité, atemporel, acausal même si les épisodes sont datés et explicables, une divine comédie qui ne s’ignore pas.

En le rendant, on en a fini avec les romans et romances de sa vie.

Le sommaire non paginé aux pages  623-626 donne un aperçu des thèmes abordés par l'auteur. Il n’évite aucune des préoccupations politiques, sociales, sociétales, écologiques de la période, ni aucune des interrogations philosophiques et spirituelles interpellant les hommes depuis des temps très anciens.

Toujours en mouvement, le scripteur en état de flow ou d'autohypnose nous déroute et parfois même nous envoûte par la variété de ses écritures.

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin
couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret; entretien pour Var-matin

note de l'écrivain Alain Cadéo
"Que tu connaisses ou non quelqu’un, s'il a quelque chose à raconter, écoute-le, lis-le, laisse-toi porter sans juger, suis-le page après page dans le labyrinthe de sa vie qu’il consent à partager. Il fait l’effort de se livrer.
Il est immense et minuscule avec ses notes et ses scolies. Suis-le sur ce sentier étroit rempli de sanctuaires et parsemé de noms que tu ne connais pas. C’est sa vie… C’est sa vie...
C’est long mais tu y vas, armé du bon bâton des chemineaux et d’une gourde en peau pour avaler les mots du « hiérosolymitain d’Avers sur les eaux » qu’on appelle communément J.C. Lui-je-moi, J.C pour les intimes. Ayant avis sur mille choses, doté d’un rire grasseyant, il accomplit ses mignardises en bousculant le Temps. C’est « Grosse » cavalcade sur tous terrains minés.
Sérieux comme un Trotskyste, jaune comme un gilet, rigolard et paillard comme un moine ventru, illuminé de la dernière extase, il ne t’épargne aucune cause et t’en ressers le lendemain.
Tu peux le lire à reculons, en boucle, en sautillant, ou pas à pas l’accompagner sur son chemin de croix et vers ses paradis. C’est ramassis d’affaires, d’histoires et de dates, tu comprends rien parfois ou tu veux pas y aller.
Pourtant en canoë kayak tu dégringoles sa rivière…et les berges défilent…tu te laisses emporter.
-Mais où tu vas J.C?
-Eh ben vers tout là haut, au-bout de mes 666 pages, là où un soleil sans fin versera sa Lumière, dans un potlatch d’éternité, sous la branche argentée d’un olivier sacré."
 
 
retour de lecteur :
Comme la 1ère épreuve, le livre est déroutant et on ne saurait le classer … ce qui est probablement un compliment. Je l’ai lu jusqu’au bout.
Sachant que c’était une 2nde lecture, ça signifie qu’il a réussi à susciter ma curiosité et mon intérêt jusqu’à la fin!
Bien entendu, on y retrouve de tout : pièces de théâtre, poèmes, questionnements profonds sur la société et autres sujets, notes de lecture, éléments de biographie et, enrobant le tout, une ode magnifique à l’amour (d’Annie).
Je l’ai trouvé beaucoup plus structuré que le 1er jet, même si effectivement on peut le lire n’importe comment.
Une chose m’a dérangé : on sent bien qu’on a affaire à une grosse tête extrêmement cultivée et même s’il est clair que l’intention n’est pas d’étaler son savoir, ça agace parfois (moi du moins … je ne supporte pas les téléphones qui prétendent être plus intelligents que moi !).
En conclusion : une belle œuvre … même si elle donne des démangeaisons (à l’auteur !)
 
 
 
retours quantiques sur Et ton livre d'éternité ? Gérard Lépinois
1 - Une écriture vitale multidimensionnelle. Une logique de ces multiples dimensions est assise sur un bonhomme, en tant qu'axiome vivant, qui se traite plus d'une fois comme un postulat. Tout se passe alors comme s'il demandait, et se demandait, qu'un tel bonhomme puisse exister, en de multiples existences tout de même coordonnées par une logique assise sur l'irrationalité continue d'un coeur qui bat et de neurones qui déchargent leur électricité. Ce bonhomme est unique et à la fois comme tous. Il (se) demande aussi comment il peut exister, pourquoi, en quoi et même par quel miracle, voire damnation.
Aucune vie d'écriture ne rend compte d'une vie, moins encore de la Vie. Pour ce bonhomme, problématisant le bon, il s'agit donc plutôt, en toute franchise parfois biscornue, de se fictionner le dos et le reste. Il a multiplié les efforts et versions herméneutiques, en ayant tendance à y croire à chaque fois mordicus. La dernière version à ce jour commande à la narration des autres, mais je crois que le lecteur gagnera à les faire jouer toutes ensemble. Je ne crois pas que, chez un tel bonhomme, il y ait trop sérieusement une version définitive de l'interprétation de sa vie, la Vie, la Matière, le Vide, le divin, etc. C'est que ce bonhomme se traite aussi comme tel : un sacré pote, un rigolo fort sérieux et même un Popol partisan d'un fieffé recul de l'âge de la retraite. C'en est donc un qui se frotte aussi le dos, en plus de se le fictionner.
Un fragmenté continu flottant, ce livre est surtout à sa non-image subsumable. C'est qu'il touche ou croit toucher à un divin, il ne fait pas seulement figure d'ours sur le seuil de la Caverne de (l'amour à la) Platon. Même s'il croit y toucher, il y touche, en cela aussi légère danseuse sur beaucoup de fils, jolie araignée ayant pour prénom J.C. comme l'Autre.
2 - Un Livre de vrai jeune homme attire les mouches. On est ici en présence d'un Livre qui attire jusqu'aux mouches quantiques, soit certaines des plus belles demoiselles du Vide, en tant que fluctuations de la notion de jambe dégainée. En effet, le bas de soie n'est plus de saison dans une architecture cosmique en marche où il est question de Soi, peut-être de non-Soi, mais en tout cas pas d'abord de toi.
Une intrication des modulations de poules permet au bon garçon, même de cent un ans, de dépasser la notion de poule et de perchoir, et aussi d'oeuf à la coque et de petite cuillère.
La vie est belle comme avant-dernier mouvement dans une Nature totale, où même un Zemmour fait figure de fougère bien heureusement merdée par un épervier sans père légitime. Une pénultième gymnastique douce dans la vibration du grand Tout.
En même temps, la vie singulière d'un poète et d'abord d'un homme (tel Macron sur le mont Hollande ?) apparaît comme la condition sine qua non d'une vision singulière, irréductible, incommentable en son noyau, malgré les apparences, car inégale à toute autre.
Le problème, c'est moins d'avoir raison que de proposer une raie horizon franche, complexe comme une rhapsodie, éclairante comme un fanal dans la brume. La fonction de raie horizon est commune à mon coiffeur, au physicien et aussi à la mère Michel comme brave femme, mathématicienne de choc et déesse de l'auto-fécondité. C'est ainsi que l'auteur qui fut aimé par beaucoup plus jeune que lui, le fut aussi, encore enfant, par une vieille peau, colonelle de réserve qui en avait encore, notamment au beurre ontologique.
Bref, la question de l'amour parcourt ce Livre,comme l'éclair la salade de fruits du Médor qui garde l'entrée des landes bien concrètes de la Jérusalem céleste.
au travail de relecture, près de 15 jours
au travail de relecture, près de 15 jours
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ET TON LIVRE D'ETERNITE ?

Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l'Egaré

par Rachel Kaposi

 

« Où va-t-on au bout du temps fini » ? demande l'épousée.

Telle est la question essentielle, fil rouge du livre, qui ressurgit, tel un leitmotiv, tout au long du livre.

Peut-on alors envisager une autre réponse que celle de ces signes indélébiles déployés sur 666 pages pour fixer ce que la mémoire pourrait effacer ? Et aussi percevoir l'importance de ce livre-cadeau offert un 14 février à une absente toujours présente.

« La demande est surhumaine », dit l'épousé.
« Mais ce qui est humain, c'est notre promesse. »

Pour entrer dans le cœur du livre, puisqu'il s'agit de toute évidence d'un livre de cœur, j'ai tenté de me rapprocher de Lui-Je et de Je-Lui, et de cette identité se dédoublant pour mieux s'envisager.

JE n'a pas d'âge, et paraît extrêmement vivant dans cette façon qui est sienne de « Poétiser » ainsi les différents moments de la vie quotidienne, « sans originalité à tout prix ».

Devenu « agitateur culturel », il s'interroge, et cherche à donner sens aux événements en tentant de reconstituer les éléments du puzzle.

Reconstituer, recoller, c'est faire le choix du symbolique (en recollant les morceaux du bol brisé).

« Ce qui me tourmente... C'est un peu, dans chacun de ses hommes, Mozart assassiné »

Ne serait-il pas là, le moteur d'action de JE-LUI dans le monde et la culture ?

Lui-je, hiérosolymitain d'Avers sous les eaux.

Toujours à l'affût. Faisant en sorte pour que rien de bien ne se perde .

Lui-je, incarnation de l'amour infini.

Tellement perceptible dans le dialogue entre deux âmes sensibles, le grand-père et la petite-fille, capables de dialoguer vrai tout au long de conversations nous faisant cheminer au cœur même de leurs deux intelligences croisées.

« Vivre dans une réalité élargie », dit la petite fille qui me fait ainsi découvrir ses sept pouvoirs : « celui du soleil, celui de la lune, celui de l'eau, celui de l'air, celui de la terre, celui des fleurs et celui de la Nature (avec un N majuscule).

Elle qui a déjà compris la nécessité de mots ayant un sens, et qui préfère se taire plutôt que parler pour ne rien dire.

La vie est comme une épopée, avec ses zébrures blanches et noires., pensent-ils.

Et c'est ainsi que cet incroyable parcours conduit à la naissance, un 25 décembre 2020, jour de Solstice d'hiver, à 00 h, de « Je suis Vita Nova ».

« J'irai sur mon chemin de vie jusqu'à cessation de vie, remplissant la mission de vie qui semble être la mienne : la bienveillance par les mains, le regard, les sourires, du silence d'accueil... », écrit-il.

Sans doute s'agit-il d'accéder à une nouvelle dimension, à de nouvelles valeurs (d'humanité, d'empathie). 

L'enjeu est immense.

Pour devenir ange. Et gai rire des maux passés.

hier et avant-hier
hier et avant-hier

hier et avant-hier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, paru le 14 février 2022

les abonnés ont été servis en décembre 2021 comme annoncé

Vous pourrez commander le livre directement auprès de:
Les Cahiers de l’Egaré
669 route du Colombier
83200 LE-REVEST-LES-EAUX 
Par envoi d'un chèque de 28 € à l’ordre des Cahiers de l’Egaré (+ 5 € de participation aux frais de port) soit 33 €
ou auprès de votre libraire, ou sur les plateformes de vente en ligne. 

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € /

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge

et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,  Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, taille 1,69, sexe de taille XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien ni personne. 

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelait communément J.C., donna naissance le 25 décembre 2020 à 00H00 à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique  de 666 pages pour  81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste argentine Lucy Pereyra accompagnent les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

 

Sommaire établi par l'auteur, ses avatars et ses métamorphoses


 

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse /

autant en emporte le vent de chernobylhome /

autant en brasse l'océan de foukirira / 

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

 

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie /

Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

 

 

Livre III – Sa vie antérieure /

Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1953 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Une histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre
couverture, 4° de couv, une page du livre

couverture, 4° de couv, une page du livre

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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9 avril 2022 hommage à Marcel Conche

18 Avril 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

article paru le 8 avril dans Var Matin
article paru le 8 avril dans Var Matin

article paru le 8 avril dans Var Matin

retour sur la soirée Marcel Conche du 9 avril 2022, 19 H 15 - 21 H 30
mistral en folie
dans le hall, livres en service dans un caddie et sur une table : 
la bibliothèque d'une femme de culture se disperse au gré des choix de chacun
dans l'allée conduisant à la salle Pétrarque, les Cahiers de l'Égaré de et sur Marcel Conche, 
et même des exemplaires des éditions de Mégare, vendus au chapeau
(330 € récoltés)
Le siècle de Marcel Conche est offert
entre 62 et 70 personnes
le film de Christian Girier (67’) est très bien acccueilli
témoignage apprécié de Philippe Granarolo
soirée chaleureuse et généreuse à l'image de Marcel
merci aux participants, (entre 35 et 90 ans, deux ados, un cardiologue venu de Marseille), 
aux élus revestois dont Nicole Le Tiec, 
à la mairie pour son soutien, 
au Pôle et à TPM, 
à l'équipe technique Jérôme et Laurent, 
à Claude Serra pour l'article dans VMR, 
à Jean-François Principiano pour son article, 
à RCF pour l'entretien radio de 12
au CML pour la transmission de l’information ainsi qu’à l’office du tourisme (Nathalie Verdeille)
 
merci au café-culture Le Revest-Dardennes, à Gerard Maltese et Christophe Meuret pour leur investissement
petite fête en coulisses après
pour moi, de 16 h à minuit sur la brèche pour et avec Marcel, 
salut l’ami
 
"Le grand bonheur est toujours extraordinaire et impréparé ; on ne peut ni le choisir ni l’organiser. 
Quant au petit bonheur courant, je n’y vois qu’ennui et promesse d’ennui".
Marcel Conche
 
proverbe d’un sage africain : le coeur n’a pas de cheveux blancs
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
9 avril 2022 hommage à Marcel Conche
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Soirée Marcel Conche 9 avril 2022 Maison des Comoni Le Revest

30 Mars 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #jean-claude grosse, #philosophie, #pour toujours, #écriture

affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort
affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort
affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort

affiche de la soirée du 9 avril 2022; au revoir pour certains, adieu pour d'autres, je vous tire mon chapeau, je tire la révérence; Marcel contemplant le pré à Treffort

soirée Marcel Conche le samedi 9 avril de 19 à 22 H
Maison des Comoni Le Revest
Film, débat, témoignages, librairie, livres en délivrance
Entrée libre
À l’initiative de Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré, le philosophe de l’infini de la nature Marcel Conche, décédé le 27 février à 28 jours de ses 100 ans sera mis à l’honneur lors d’une soirée riche de partages et d’enseignements
Jean-Claude Grosse présente ainsi l'homme et le philosophe
« Fils de paysan de Corrèze, Marcel Conche a fini professeur de métaphysique à la Sorbonne, couronné par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
À six ans, au bord de la route en bas de la maison paternelle, il s’est posé la question : qu’y a-t-il après le tournant ? Ce fut le point de départ de sa vocation de philosophe.
Il a appris le latin et le grec pour traduire les philosophes d'avant Socrate : Héraclite, Parménide, Anaximandre, mais aussi Epicure, Lucrèce.
Il a montré que Montaigne était un philosophe et pas seulement un écrivain.
Il a appris à 80 ans le chinois pour traduire le Tao te king, le livre de sagesse de Lao Tseu.
Sensible à la souffrance des enfants, martyrs innocents des guerres, des famines, des pénuries, ce qu’il appelle « le mal absolu », il a déconstruit le « Dieu des religions » car comment un « Dieu » infiniment bon, tout-puissant, peut-il tolérer ces souffrances ?
Il a remplacé « Dieu » par la Nature, éternelle, infinie, créatrice par le hasard, par de petites déviations. L’arbre pousse mais on ne le voit pas pousser.
Dans son dernier livre L’âme et le corps, il en appelle au respect de tout ce qui existe, du ver de terre à la galaxie.
Marcel Conche était favorable à la décroissance, à la sobriété.
Il était pacifiste, prenant position après délibération fondée sur des convictions vécues. »
Le programme dès 19h :
projection du film « Marcel Conche, la nature d’un philosophe » en présence du réalisateur Christian Girier,
débat avec le public,
témoignages d’amis de Marcel Conche : sous réserve Sébastien Conche, Jean Delorme, Edgard Gunzig, François Carrassan, Philippe Granarolo, Philip Segura, Jacques Atlan, …
Les participants se verront offrir le livre Le siècle de Marcel Conche, paru le 27 septembre 2021.
Les 9 Cahiers de l’Égaré consacrés à Marcel Conche seront vendus au chapeau.
Et qui le voudra pourra repartir avec un ou plusieurs livres d'une bibliothèque de femme de culture ayant décidé de faire le vide.
Pour illustrer cet appel, une video sauvons la forêt, sauvons la vie datant du 14 mars 2022.
La forêt sauvage de "Les Guilleries" (Catalogne, Espagne) est gravement menacée par la construction d'une Ligne de Très Haute Tension.
Il suffit de se balader au domaine de Tourris au Revest (Var) pour voir et entendre ces lignes THT.
Idem à Corsavy (Pyrénées Orientales), l'autoroute électrique vers l'Espagne.
 
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Marcel Conche dans sa centième année

2 Mars 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

Marcel Conche s'est éteint, dimanche 27 février 2022 à 8 H du matin dans la maison familiale de Treffort dans l'Ain. À un mois de son 100° anniversaire. 

Ses obsèques auront lieu le mardi 8 mars à 14 H 30 à Bourg-en-Bresse. Et son inhumation au cimetière d'Altillac, le 9 mars à 16 H. 

Je vais faire une grande boucle  ou plutôt un parcours en zig et en zag, vers le nord depuis Le Revest (l'Ain), puis vers le sud-ouest (la Corrèze) puis vers Paris pour redescendre en train en 4 H 30 au lieu de 11 H depuis Bretonoux.

les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche
les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche

les Cahiers de l'Égaré et Marcel Conche

table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités
table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités

table des matières du siècle de Marcel Conche, 27 contributeurs sur 42 sollicités

le philosophe et ami Marcel Conche est dans sa 100° année
je suis un lecteur de son oeuvre depuis 1967 (cours sur le pari de Pascal communiqué par Annie Bories, une de ses étudiantes à Lille); il m'a amené à vivre, tenter de vivre selon une sagesse tragique jusqu'à fin 2020; 
à ce moment-là, j'ai vécu une métamorphose ayant donné naissance à Vita Nova (Et ton livre d'éternité ? Livre VI); 
notre amitié en lien avec des visites régulières tant à Altillac qu'à Treffort remonte à 2002; 
je me souviens en particulier des 5 jours Hors-Champs avec Laure Adler à Altillac en mars 2010; 
déjà je suis un méditant sur la photo prise par M.A. Garandeau; enregistrement audio disponible sur France-Culture 
(je suis interrogé sur l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel);
je me souviens aussi de la rencontre le 11 novembre 2009 (fallait le faire) entre le cosmologiste Edgard Gunzig et le naturaliste
(9 vidéos passionnantes n'intéressant pas grand monde au nombre de vues)
si tout se passe de façon heureuse selon le désordre de la vie d'ici au 27 mars, je participerai à cet anniversaire, déjà célébré par 3 livres édités entre le 27 mars 2021 (99 ans) et le 27 septembre 2021 (99 ans et demi) donc dans sa 100° année
La nature et l'homme/Marcel Conche
L'âme et le corps/Marcel Conche
Le siècle de Marcel Conche/27 contributeurs
dans mes bagages j'aurai un exemplaire du N°2 de la revue corse I Vagabondi dont un thème a été inspiré par Marcel : « Le respect de la nature », ce dernier thème nous ayant paru être une évidence, suscitée par une citation empruntée au magnifique philosophe Marcel Conche extraite de son essai
« La nature et l’homme » paru aux éditions « Les Cahiers de l’Egaré » en avril dernier :
« le respect n’est pas dû seulement aux humains mais à tout ce qui vit y compris le ver de terre ».
et un exemplaire du livre 21 femmes qui font la Corse aujourd'hui, dont Emilie Borel 
j'ai édité en octobre 2010 Le silence d'Émilie de Marcel Conche, qui a obtenu le prix des Charmettes/Jean-Jacques Rousseau en 2011
en 2021 Emilie Borel a écrit dans Le siècle de Marcel Conche et je l'en remercie
le 9 avril 2022, une soirée sera consacrée à Marcel Conche à la Maison des Comoni au Revest avec projection d'un film de Christian Girier et débat à partir de 19 H où sont invités François Carrassan, Philippe Granarolo, Jacques Atlan, Jean Delorme, Philip Segura ...; 
merci à la mairie du Revest et au maire Ange Musso pour la participation à cet événement modeste mais nécessaire par amitié inconditionnelle
Les Cahiers de l'Égaré qui ont édité 10 livres du et sur le philosophe mettront à disposition du public des lots de livres à prix cadeau
j'espère que vous nous accompagnerez dans cette période et dans cet épisode
le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence
le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence

le silence d'Émilie, édité HC, épuisé, prix des Charmettes / Jean-Jacques Rousseau en 2011, prix n'existant plus; à Altillac, en mars 2010 pour parler avec Laure Adler de l'amour de Marcel Conche pour Emilie Borel; enregistrement disponible sur France Culture; je suis déjà en posture de méditant; extrait ci-dessous du texte écrit par Emilie Borel à ma demande acceptée sans hésitation après 10 ans de silence

Emilie Borel

Les cent ans de Marcel Conche

Je le voyais arriver de loin sur l’ancienne voie ferrée, garer sa petite voiture à l’ombre des chênes et sortir sur le chemin poussiéreux qui contournait la parcelle d’oliviers. Il était habillé de son veston, comme à son habitude et coiffé de son chapeau qu’il ne quittait jamais et surtout pas sous ce soleil d’été.

Il arrivait comme ça, pour observer les oliviers, pour me regarder m’occuper de mes arbres, pour échan- ger quelques phrases. Animé de cette curiosité qui lui était propre, il essayait de percer le mystère de mon attachement à cette terre au semblant aride, dure et ingrate.

Je savais tout cela et bien que mes paroles emplies de douceur tentaient de lui expliquer cet attachement, il persistait à ne voir que de l’entêtement. J’essayais d’amener son regard vers le geste qui liait ma main aux feuilles de l’olivier, mais je savais qu’il s’arrêterait toujours au simple geste.

Pourtant, j’avais imaginé que notre philosophe, l’un des rescapés de notre siècle à recevoir ce titre mérité et méritant, avec son œil affûté réussisse à déceler les raisons de ce bonheur signifié plus par mes gestes que mes paroles. Mais il n’en était pas ainsi. La question qui le préoccupait désormais était celle-ci : pourquoi privilégier le choix du travail de la terre qui dépend presque entièrement du bon vouloir du ciel plutôt que le confort d’une vie plus intellectuelle où la raison est maître ? Il s’évertuait à me proposer des alternatives qui pourraient me soustraire à cette fatigue lui rappelant une jeunesse de rudes labeurs à la campagne...

pages 23-24 Le siècle de Marcel Conche

à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche
à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche

à Beaulieu sur Dordogne en 2012, Marcel disant à JCG, heureusement qu'on meurt; photo François Carrassan, auteur d'un livret Heureusement qu'on meurt, sur une phrase de Marcel Conche

3 H du matin ce dimanche 6 février, je me lève par besoin et s'offre à moi une vraie pensée, venue de la nuit, d'un travail inconscient de plusieurs mois peut-être, qui sait : 
je vois clairement ce qui peut-être mis en question dans la 1° métaphysique de l'ami Marcel Conche, sa métaphysique de l'apparence absolue qui a consisté en une déconstruction radicale de toutes les métaphysiques théologisées renvoyant à un Dieu créateur, le Dieu des philosophes comme chez Descartes ...; 
sa déconstruction s'appuie sur l'inacceptabilité fondée en raison de ce qu'il appelle le mal absolu, la souffrance des enfants martyrisés; 
et s'il n'y avait pas incompatibilité entre Dieu et le Mal ? 
si Dieu, l'Esprit créateur, l'Intelligence créatrice créait sans juger, sans opposer;
c'est un esprit humain, Marcel Conche qui fait choix (rien à dire là-dessus, c'est son choix libre qu'il va ensuite fonder en raison) de nommer Mal radical, Mal absolu, la souffrance des enfants;
la conclusion de cette pensée c'est la nécessité d'accueillir sans trier, sans séparer dans tout ce qui apparaît pour disparaître dans le mouvement général, emportant tout 
donc y compris accepter, accueillir la souffrance des enfants; donc aider en actes, être en empathie, compatir, accompagner avec tendresse
cela renvoie à la parole la plus inaudible qui soit, Aimez vos ennemis (Matthieu, 5, 44); 
cet impératif d'amour inconditionnel nous arrache au plan des sentiments naturels pour nous transporter dans un plan non naturel, 
la religion de l'amour qui nous fait aimer autrui (humain et tout être non humain, animé, toute chose inanimée) même si d'après mon jugement moral, il ne le mérite pas; 
je ne fais pas de mon jugement moral un absolu; 
ce qui est contradictoire avec la morale universelle des droits de l'homme dont Marcel Conche pense avoir posé le fondement dans la possibilité du dialogue (Le fondement de la morale, dans L'infini de la Nature, collection Bouquins, p.885 à 1058, janvier 2022)
cet impératif signifie compatir non seulement pour les victimes mais aussi pour leurs bourreaux
l'"anecdote" essentielle du rabbin revenant en fin de vie sur le pont où des nazis l'avaient laissé pour mort pour pardonner et donc partir en ayant effacé la souffrance, racontée par Christiane Singer est un magnifique exemple de compassion pour les salauds; elle-même n'hésitait pas à aller à la rencontre de gens qui dans un premier temps la dérangeaient (des punks par exemple)
(La voie certaine vers "Dieu", p.36 à 39, Les Cahiers de l'Égaré, 2008)
il est évident que la pratique du non-jugement comme la pratique de la compassion envers les salauds, les prédateurs est difficile, qu'il faut réussir à être l'observateur de ses pensées pour les distancier, leur enlever leur poids, leur énergie paralysante, mortifère, j'appelle cela la gomme quantique; 
cela amène-t-il à l'indifférence, à l'ataraxie du soi-disant sage sans folie ?
la lecture récente de Leçons d'un siècle de vie d'Edgar Morin et de La vallée du néant de Jean-Claude Carrière me confirme dans l'impression de tout ce qu'on perd, occulte, voile en adoptant un regard sceptique sur l'haut-delà, un regard sourd sur la mort, réduite, ramenée au néant, au rien, à la néantisation; 
un tel regard, largement dominant, empêche de respirer au large comme dit Jean-Yves Leloup 
en hébreu, salut, sauver signifie respirer au large soit laisser place à l'Être (qui est peut-être le Vide quantique) qui nous traverse, 
je dirai sentir, éprouver la Vie qui nous habite, nous traverse avec Amour inconditionnel faisant de nous des passants (3 significations à prendre en compte)
"On doit se demander "Qu’est-ce que la vie veut en moi? Qu’est-ce qu’elle veut de moi? Qu’est-ce qu’elle désire en moi? Qu’est-ce que j’ai à faire dans cette vie que personne d’autre ne peut faire à ma place?" Cette vie qui prend une forme particulière, un corps particulier, un visage particulier, qu’est-ce qu’elle veut expérimenter en chacun de nous? Chacun de nous est une façon unique d’incarner cette grande Intelligence qu’est la vie. Il est important d’écouter cette vie qui nous traverse, de retrouver notre orientation, notre lumière." (J-Y Leloup, posts de la page FB Pastorserap Hein)
"Si on admet que la vie humaine peut être gouvernée par la raison, alors toute possibilité de vie est détruite..."
Léon Tolstoï
"J'ai vécu beaucoup de choses et je pense maintenant avoir trouvé ce qui est nécessaire au bonheur. Une vie calme et isolée à la campagne avec la possibilité d'être utile aux autres..."
Léon Tolstoï
quant à sa seconde métaphysique, celle de la Nature naturante, la Nature créatrice qui aime à se cacher (on ne voit pas l'arbre pousser, l'enfant grandir, on ne se voit pas vieillir), créant au hasard, à l'aveugle par infimes variations, mutations (le clinamen d'Épicure, le gonimon d'Anaximandre, virus et autres variétés infimes, facteurs de l'évolution), elle ne me paraît pas incompatible avec l'idée d'une intelligence créatrice, d'un dessein (ce qui nous change du choix entre destin ou hasard)
je vois bien cette intelligence, le Sans Forme s'expérimenter, s'essayer, s'incarner au travers d'une multitude de formes singulières 
d'où le pharmacon du livre d'éternité ? à paraître le 14 février : 
Tu es aimé, Tu es mon bien-aimé
tu es aimé à égalité avec tout ce que Je crée, du virus à la galaxie et dieu sait si j'ai pris le temps, des milliards d'années, goutte d'eau dans l'océan de l'éternité
tu es mon bien-aimé dans la forme singulière, unique que Je te donne, alors STP, régale-toi, réalise le meilleur de toi m'aime/sème
de quoi aimer sa vie au lieu de la vivre sur un mode victimaire
peut-être évoquerons-nous cela lors de la soirée consacrée à Marcel Conche, le samedi 9 avril à 19 H à la Maison des Comoni avec la projection d'un film de Christian Girier
chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature
chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature

chronique de Roger-Pol Droit pour la sortie du Bouquin L'infini de la Nature

reçu aujourd'hui 25 janvier L'infini de la nature, le Bouquins de 1094 pages consacré à certaines oeuvres de Marcel Conche; 
lues depuis longtemps, commentées dans les pages de mon blog; 
envoi préparé par Marcel lui-même qui m'a donné quelques nouvelles; il va plutôt bien mais n'écrit plus, n'y arrive plus; 
c'est pourtant ce qu'il nous avait dit: je ne sais qu'écrire, qui m'avait amené à éditer ses deux derniers livres La nature et l'homme, L'âme et le corps; 
son petit-fils prépare les 100 ans, le 27 mars 2022; 
le 9 avril, à 19 H, Les Cahiers de l'Égaré organisent une soirée Marcel Conche en partenariat avec la mairie du Revest et Le Pôle; 
détails à venir en lien avec la projection du film, Marcel Conche, la nature d'un philosophe de Christian Girier; 
à l'occasion de cette soirée et uniquement ce soir-là je dirai certaines choses sur les 15 personnalités sollicitées sur 42 pour Le siècle de Marcel Conche qui n'ont pas répondu à la proposition; 
cela permettra un autre regard sur le livre Le siècle de Marcel Conche qui ne ressemble en rien au livre d'Edgar Morin Leçons d'un siècle de vie; 
à notre façon, nous continuerons à mettre en valeur son oeuvre; 
une formule d'abonnement à 8 livres de Marcel Conche sera mise en place à partir du 28 mars, le lendemain de ses 100 ans; 
seront invités à intervenir le 9 avril Philippe Granarolo et François Carrassan
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Je suis Carmen / Gilles Cailleau

10 Février 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #spectacles, #théâtre, #écriture, #philosophie, #pour toujours

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen, format 12 X 17, 72 pages, 13 photographies du spectacle by Charlotte Parmentier (pleine page)

Je suis Carmen de Gilles Cailleau

ISBN 978-2-35502-131-2

format 12 X 17, 72 pages, PVP 10 €

diffusion Soleils distribution, 3 rue de Fleurus, 75018 Paris

© dessins : Gilles Cailleau. Couverture, Carmunch | p.4, Les cousines | dos, Je suis le bœuf et le boucher.

© photographies : Charlotte Parmentier.

© LES CAHIERS DE L’ÉGARÉ
669 route du Colombier – 83200 Le Revest-les-Eaux

les4saisonsdailleurs@icloud.com

http://cahiersegare.over-blog.com

Je suis Carmen / Gilles Cailleau

PRÉFACE

Ce qu’il faut dire d’abord, c’est le flou qui entoure toute écriture scénique. Je signe un texte, certes, mais d’où et surtout, de qui est-il venu ? Autant d’Amanda Righetti et de Sophie Chabert qui me l’ont inspiré au cours des deux mois de recherche, de répétitions, de vie créatrice commune. Le texte est donc de moi, mais le spectacle est de nous trois. Il est aussi de Christophe Bruyas, créateur des lumières, de Guillaume Cros qui en a fait la musique et de quelques autres. Reste à savoir si un texte initie une création ou s’il en procède et autant vous le dire, pour Je suis Carmen!, la question est indécidable.

D’autant plus que c’est une création de longue haleine.

Je suis toujours très lent, je mets beaucoup de temps à penser mes spectacles. La plupart du temps avant de me lancer, je fais un essai pour mettre à l’épreuve mon appétit, l’intérêt de la création, la première vibration publique.

Je suis Carmen!, c’est en 2016 que ça a commencé (je pourrais dire en 1982, quand j’ai fabriqué avec passion une marionnette Carmen ou en 83, quand ma mère a ramené les vinyles de l’Opéra de Pékin à la maison, ou dans les mêmes années quand Jean-Luc Godard, Carlos Saura et Francesco Rosi ont sorti leur film à peu près en même temps, et Peter Brook par-dessus le marché qui montait l’opéra aux Bouffes-du-Nord en trois versions distinctes... une frénésie de Carmens... mais j’arrête. 2016, pour un début, c’est très bien). Cinq ans donc avant le jour de la première, je savais déjà que je voulais monter Carmen, l’opéra, mais j’avais besoin de temps et de réponses. J’ai alors proposé à Amanda, une Espagnole sauvage que je venais de mettre en scène dans une autre aventure, de venir avec moi faire en dix jours une première exploration du continent Carmen.

L’idée était de s’installer avec une tente marocaine et une vieille roulotte (les mêmes qui ont été ma maison pendant treize ans et qui abritent depuis vingt ans Le tour complet du cœur, mon premier solo), de remplacer le mât unique de la tente par un mât chinois et d’en faire l’univers d’une jeune femme de cirque qui s’interroge sur tout ce qui fait le sel de sa vie : l’appel et le risque de la liberté.

J’ai dit “s’installer”, mais je n’ai pas dit où. C’était à Cornebarrieu – banlieue toulousaine, dans un centre éducatif ouvert pour jeunes délinquants, sous les auspices de la pénitentiaire.

Amanda, seule femme au milieu de vingt garçons prisonniers de leurs propres peurs et de leurs démons. Il en fallait du cran pour monter sur ce mât, les jambes à 80 centimètres des regards et leur parler d’amour, de liberté... Du cran pour faire valser toutes les règles.

Pour en rajouter une couche, le sort a fait de Cornebarrieu – où se côtoient des quartiers historiques et les cités peuplées des salarié·e·s de la filière aéronautique – la commune abritant ce lieu d’éducation répressive mais aussi le cimetière où est enterré Mohamed Merah et comme si cela ne suffisait pas, un centre de rétention administrative.

On imagine de quelles vibrations contradictoires on s’y sent traversé.

L’expérience a été si intense qu’elle nous aurait suffi pour avoir envie de continuer, mais au cas où on aurait hésité, la représentation finale devant les gosses, des voisins entrant pour la première fois dans ce lieu qui leur faisait une peur immense, une directrice de prison, un digne et sombre représentant du ministère de la Justice, deux du ministère de la Culture, le directeur de la Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance, qui avait initié le projet, l’équipe de la compagnie au grand complet et leurs retours à toutes et tous qui au-delà de l’intérêt d’un tel projet à cet endroit du monde n’admettaient pas que le spectacle puisse en rester là... Bref ! Suffisamment pour nous persuader qu’il fallait le finir.

Il y avait à cela trois obstacles : 1) Amanda venait d’être engagée par le Cirque Plume dans La dernière saison mais surtout, 2) j’étais persuadé que la vérité de cette création requérait de mettre à côté d’Amanda, une autre femme, cantatrice celle-là. À l’affirmation – “Je suis Carmen”, de la première, l’autre répondrait – “Mais non, Carmen, c’est moi !” Je rêvais de cette surprise qu’elles auraient toutes les deux, l’une venant de la fureur anarchique de la piste, l’autre du monde feutré et mesuré de la musique classique, à découvrir cette identification commune, à leur gémellité inattendue. Pour finir et tout bêtement, 3) ce n’était pas ce spectacle que j’étais venu créer.

J’ai donc 3) commencé par monter avec Raoul Lay, le directeur artistique de l’Ensemble Télémaque, Carmen, opéra déplacé, l’œuvre originelle de Bizet réécrite pour 4 artistes lyriques, 6 musiciens et 40 personnes habitant tout près de l’endroit où elle se joue. 2) J’y ai par la même occasion trouvé Sophie, la pièce manquante de mon premier essai et 1) j’ai attendu Amanda.

Voilà l’origine de ce projet singulier, dont le sujet l’est tout autant. Carmen, mythe trompeur...

Car voilà, Carmen n’est pas une histoire d’amour. Si c’en était une, ce serait ce fait divers dont la banalité est déjà en soi tragique : un homme aime une femme qui ne l’aime plus, alors il la tue. Une histoire ordinaire en quelque sorte, juste un samedi soir sur la terre, comme dirait l’autre, et qui ne fait jamais la une. La mort de Carmen, on la découvre par hasard au café en lisant son journal, à la page des chiens écrasés.

C’est en cela que même si Carmen peut parler d’amour autant qu’elle veut, c’est une autre histoire qu’elle raconte. Nous n’avons plus le droit de nous tromper aujourd’hui, dire je t’aime avec un couteau à la main est un subterfuge rhétorique pour passer sous silence le vrai sujet : la domination.

D’ailleurs, si sans minimiser cette question de la domination de genre, on prend le temps de désexualiser Carmen, le vrai mystère (et pas le pseudo mystère de la femme fatale, construction mentale toute masculine) le vrai mystère, donc, saute aux yeux : pourquoi, au dernier acte, fait-elle face? Il lui suffirait de dénoncer José, ou seulement de rentrer dans l’arène avec les autres et se mettre à l’abri... Elle ne le fait pas.

Elle ne veut pas être moins forte que José. Elle refuse de lâcher le moindre pouce de terrain.

Elle ne se retire pas.

C’est la dialectique du maître et de l’esclave selon Hegel. (J’ai conscience en écrivant ces lignes depuis l’île de la Réunion où je vis désormais que cette distinction hégélienne prend ici, terre mutilée par l’esclavage, un sens insupportable. Précisons donc qu’il ne s’agit pas d’une terminologie historique, mais d’une distinction conceptuelle.) Pour Hegel donc, “le maître” n’est pas maître parce qu’il est plus fort que l’esclave, mais parce qu’il n’accepte pas de vivre à n’importe quel prix. “L’esclave” de son côté veut vivre quoi qu’il en coûte... Pour Hegel le seul vrai maître n’est pas celui qui domine l’autre, mais celui qui est capable de dire non.

Carmen a le même problème. La liberté est le signe de son pouvoir, elle refuse d’être moins. Fuir devant José pour rester en vie, ce serait être moins que lui. En restant, elle l’oblige à la tuer et ce faisant, elle le condamne autant qu’il la condamne.

Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’autre inépuisable histoire, celle du pouvoir et de la liberté. Inépuisable plus que profonde, d’ailleurs, mais c’est peut-être la qualité des mythes, qui ne nous donnent pas à penser, mais à réfléchir. À nous y réfléchir.

Les mythes sont des mythes parce que ce sont des miroirs.

Carmen nous fait nous poser chacun pour soi la question terrible : jusqu’où suis-je prêt·e à aller pour défendre ma liberté ? C’est une question simple, mais inépuisable parce que sans réponse. Tout le monde peut la comprendre et tout le monde se la pose à plusieurs moments de sa vie, des fois sans même l’avoir formulée.

À quel endroit de nous s’étire la ligne de partage entre l’aversion pour les chaînes et l’aspiration à la tranquillité ?

Carmen est ce mythe parce que c’est un puits sans fond : est-ce si formidable que ça d’être libre ? Est-ce que ce n’est pas aussi une petite malédiction ? Tous ces choix à faire, tous ces bonheurs qui cessent aussitôt d’en être parce qu’ils nous sont imposés... Quel frein, quelle nourriture donner à mon intransigeance ?

Non vraiment, Carmen n’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire du courage, des courages... Pas l’histoire de nos moments de gloire, non, le contraire, l’histoire d’une défaite, de nos défaites, quand on a la force, l’élégance, le panache de perdre en beauté.

Carmen, c’est la chèvre de Monsieur Seguin.
Gilles Cailleau, 27 novembre 2021

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Germain Nouveau à moitié saint à demi fou

28 Novembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #album, #cahiers de l'égaré, #poésie, #pour toujours, #écriture, #voyages

mon plus récent article sur Germain Nouveau, article s'éloignant complètement de la question qui est l'auteur des Illuminations; là, on est dans les enchères, de vraies enchères très chères avec des collectionneurs privés, des querelles dans la famille, des autodafés volontaires, des mises à l'abri tellement le cousin fait honte, dans les surenchères d'enquêteurs universitaires à l'opposé de son souci de faire disparaître toute trace de son oeuvre
l'auteur n'est pas l'homme 
et le poète illuminé n'est pas le chemineau allumé par sa quête de pauvreté; 
je devine comment va s'orienter la soirée du 28 mars 2022 à 19 H aux Comoni au Revest consacrée au 1/2 saint, au 1/2 fou; 
merci à la Méjanes de m'avoir fait comprendre ce que je ne dois pas faire (je ne dis pas Je par ego mais pour être à l'écoute de Nouveau), même si ça marche (il y a eu du monde)
Germain Nouveau à la Méjanes à Aix du 2 octobre au 31 décembre 2021
Germain Nouveau à la Méjanes à Aix du 2 octobre au 31 décembre 2021
Germain Nouveau à la Méjanes à Aix du 2 octobre au 31 décembre 2021

Germain Nouveau à la Méjanes à Aix du 2 octobre au 31 décembre 2021

du Nouveau
23 novembre 2021 projection au Liberté à Toulon du film de Christian Philibert sur le poète illuminé de Pourrières Var, trimardeur céleste de la poésie selon Jose Lenzini édité par Les Cahiers de l'Égaré; soirée dense, avec une quarantaine de personnes; livre et DVD en vente; 
heureux de retrouver sur écran quelques participants au colloque de 2001 à la maison des Comoni pour les 150 ans de la naissance de Germain : Jacques Lovichi, Georges Lauris, Guillaume Zeller; 
en 2001, malgré l'intuition de Jacques Lovichi et le 1° coup de tonnerre d'une thèse sur les problèmes posés par quelques textes des Illuminations écrits de la main de Germain, on ne soupçonnait pas encore qu'allait être posée et vite mise sous le boisseau, la question : qui est l'auteur des Illuminations ? quelle part pour Rimbaud, quelle part pour Nouveau ?
lecture de poèmes par Philippe Chuyen,
film, remarquable,
débat
et petite virée nocturne
le 28 mars 2022, à 19 H, soirée consacrée à Germain Nouveau en partenariat Les Cahiers de l'Égaré-Municipalité du Revest, à la maison des Comoni : présentation du livre de Jose Lenzini, projection du film de Christian Philibert et peut-être une surprise
l'article ci-dessous fait le point sur à la fois Nouveau et Rimbaud car il y a du nouveau pour les deux : plonger au fond du gouffre dit l'autre, pour trouver du nouveau
d'un côté les chercheurs tentant d'élucider le mystère de qui fut copiste de qui : Nouveau ou et Rimbaud ?
de l'autre, les poètes qui se régalent de missterre
le 27 novembre 2021, je fais la virée pour voir l'exposition de la bibliothèque Méjanes consacrée à Germain Nouveau, fonds issu des archives des collectionneurs belges, Jean-Philippe Dewind et Pascale Vandegeerde, passionnés par Germain; grand merci à eux et au passeur Guillaume Zeller et assister au colloque Germain Nouveau l"insaisissable mais de son temps
au passage je n'oublie pas le travail d'Alain Paire d'Aix-en-Provence qui a réalisé un film avec François Mouren Provensal
 
portraits de Nouveau réalisés par Ernest Pignon-Ernest à la demande des Cahiers de l'Égaré pour la biographie de  José Lenzini
portraits de Nouveau réalisés par Ernest Pignon-Ernest à la demande des Cahiers de l'Égaré pour la biographie de  José Lenzini
portraits de Nouveau réalisés par Ernest Pignon-Ernest à la demande des Cahiers de l'Égaré pour la biographie de  José Lenzini

portraits de Nouveau réalisés par Ernest Pignon-Ernest à la demande des Cahiers de l'Égaré pour la biographie de José Lenzini

27 novembre 2021, colloque Germain Nouveau insaisissable mais de son temps, à la Méjanes à Aix, annoncé avec le portrait réalisé par Ernest Pignon-Ernest pour la biographie de José Lenzini, Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie, éditée par Les Cahiers de l'Égaré, le 19 septembre 2020, livre qui a pâti des confinements mais qui fait son bonhomme de chemin, présent à l'expo du carré Michel Vovelle et que 4 intervenants au colloque se sont procurés à sa sortie mais non annoncé dans la rubrique médias/presse de la Méjanes; 
je le signalerai à la commissaire d'exposition; 
 
je ne vous étonnerais pas en vous racontant l'exercice des règles sanitaires par deux se prenant pour des petits chefs; les lieux institutionnels en se soumettant par le biais de leurs employés aussi servilement aux injonctions du pouvoir scient la branche de la fréquentation publique de leur programmation;
je pense à travers deux expériences que les lieux de culture vont de plus en plus se désertifier si cette situation de contrôle perdure; selon, chacun dira tant pis ou tant mieux
on voit bien le deux poids, deux mesures: masques pour black friday, pass et masque pour culture; on voudrait la mort de la culture, on ne s'y prendrait pas autrement, politique d'apartheid marginalisant non seulement les non-vaccinés mais aussi les vaccinés, pas enthousiastes devant ces contrôles permanents
 
arrivé à midi, je tombe sur les participants du matin, en train de sortir, Guillaume Zeller (qui a participé à la rencontre de juin 2001 au Revest, quelques autres sont morts, Georges Lauris, Jacques Lovichi), Jean-Philippe de Wind, Pascale Vandegeerde (auxquels on doit une partie des pièces présentées à l'exposition), Eddie Breuil, Michèle Gorenc, Michèle Monte ... 
échanges en lien avec la manifestation prévue aux Comoni au Revest en 2022; qu'elle ne soit pas polluée par des egos; être au service du poète mais ce n'est pas gagné quand les universitaires monopolisent la parole dite savante, que c'est le poète qui sert de faire-valoir au professeur;
pas un poète dans cette manifestation; je pense à la flamboyance de Salah Stétié intervenant dans ce type de manifestation ou Tristan Cabral sans parler de Lorand Gaspar (derrière le dos de Dieu);
pour la présence de Nouveau au Liban, Vénus Khoury-Ghata; pour la quête ou le cheminement mystique de Nouveau, le poète Vital Heurtebize, le théologien Jean-Yves Leloup; pour dire Nouveau, le poète-performeur Cédric Lerible et d'autres
 
visite de l'exposition au carré Michel Vovelle, excentré par rapport à la Méjanes : 1 H 30 à lire, regarder, photographier; 
s'apercevoir que Germain Nouveau est outre un poète aux noms multiples, Monsieur La Guerrière, Bénédict, exigeant que soient reproduites fautes de ponctuation et d'orthographe, inventant en réponse au désir d'un cousin de faire faire de l'escrime à son fils visant le notariat, la société de découragement de l'escrime, 
que donc Germain Nouveau est aussi un sacré dessinateur, portraitiste et peintre (peu d'oeuvres mais quelle puissance) 
et que sa fin de vie en mendiant mystique (après les 6 mois d'asile à Bicêtre) mérite la plus grande attention, le plus grand respect; là est sans doute la vérité cherchée par le chemineau Germain Nouveau à l'imitation partielle de Saint Benoît-Joseph Labre, le fol en Dieu
 
retour à la salle Armand Lunel pour les 3 interventions de l'après-midi dont une qui fait vivre le voyageur, à pied le plus souvent, écrivant sa fameuse lettre fantôme à Rimbaud au Harrar, décédé deux ans avant sans qu'il le sache;
 
l'exposition est visible les samedis à partir de 10 H jusqu'au 31 décembre
le samedi 4 décembre à 16 H, Frédéric Pajak signera son livre J'irai dans les sentiers (Arthur Rimbaud, Lautréamont et Germain Nouveau) 
 
déplacement très pertinent qui m'amène à reconsidérer la manifestation prévue aux Comoni le 28 mars 2022 en partenariat avec la municipalité, 21 ans après le colloque de juin 2001
pour tenter de faire bouger les lignes autour de la question : dans ce qu'on appelle les Illuminations, attribuées à Rimbaud, qui est le copiste de qui ? y a t-il du Nouveau dans ces Illuminations dont le titre n'a été décidé ni par Arthur ni par Germain ni par Paul...
et pour tenter d'approcher le mysticisme de ce poète dont l'ascèse rappelle celle des Pères du désert
 
Je ne suis pas un prêtre arrachant au plaisir,
Un peuple qu’il relève ;
Je ne suis qu’un rêveur et je n’ai un désir :
Dire ce que je rêve...
Cantique à la reine (La Doctrine de l’amour)
 
Je suis un fou, quel avantage,
Madame ! un fou, songez-y bien,
Peut crier... se tromper d’étage, Vous proposer... le mariage,
On ne lui dira jamais rien (…)
Mais, je ne suis qu’un fou ; je danse,
Je tambourine avec mes doigts Sur la vitre de l’existence.
Qu’on excuse mon insistance,
C’est un fou qu’il faut que je sois !…
Fou (Valentines)
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Le Siècle de Marcel Conche (ouvrage collectif)

27 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel
couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

Le Siècle de Marcel Conche
ouvrage collectif en hommage au philosophe et à l’homme Marcel Conche, l’année de son centenaire
222 pages, format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-127-5
PVP 18 €
disponible dès le 27 septembre en librairies ou plateformes de ventes en ligne
via Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris  0145488462
ou directement auprès de l'éditeur par chèque de 18 € (frais de port offerts) à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du colombier, 83200 Le Revest

 

 

Marcel Conche a dit à ses convives le 27 mars 2019, pour ses 97 ans : je ne sais qu’écrire.

Cette discipline de la page quotidienne écrite le matin, à la main, presque à l’aveugle, au senti du tracé est sans doute ce qui continue à donner du goût et du sens à sa vie. La dictée du texte au téléphone est le deuxième temps de sa démarche. Maryse Chan est son interlocutrice à huit cents kilomètres de là. Elle a la lourde responsabilité de la mise en forme et en page de ce que lui dicte Marcel. Puis vient le temps de l’édition, tous les six mois, aux équinoxes (printemps, automne), livres rassemblant ses chroniques et essais, des souvenirs, des rêves, des désirs, des bilans. Marcel comme Montaigne peint le passage.

Pour Le siècle de Marcel Conche, écrit à son insu, 42 personnes et personnalités ont été sollicitées. 27 ont participé qui n’ont découvert la totalité du livre qu’à sa parution.

Chers lecteurs, vous voici, vous aussi, associés à la découverte d’un journal étrange déclinant des amitiés singulières, uniques avec le philosophe qui nous invite sans concessions ni compromis au plus grand respect de tout ce que la Nature crée.

Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré 


 

 

 

Table des matières
 
p. 5       Jean-Claude Grosse                  Avant-propos de l’éditeur
p. 9       François Hollande                     Préface
p. 13     Daniel Aranjo                           Marcel Conche écrivain
p. 17     Aïdée Bernard                          Nature sauvage
p. 23     Emilie Borel                             Les Cent ans de Marcel Conche
p. 31     Alain Cadéo                             Aux contrebandiers de l’inutile
p. 39     Gilles Cailleau                          Cher monsieur Conche
p. 47     François Carrassan                   Un génie rural
p. 57     Jean-Philippe Catonné              Penser la nature et l’homme
p. 64     Maryse Chan                            Une improbable amitié
p. 69     André Comte-Sponville             Lettre à Marcel Conche pour son centième anniversaire
p. 79     Marie-Martine Conche               Il fut d’abord « Monsieur », ensuite « père » 
p. 83     Sébastien Conche                    Cher grand-papa
p. 89     Françoise Dastur                      Cette réflexion sur l’amour, la nature et la beauté, vus d’Orient
p. 95     Christian Girier                         Journal d’un film (extraits)
p. 101   Edgar Gunzig                           Rencontre de deux ignorants
p. 111    Lucile Laveggi                          Cinquante années d’amitié
p. 115    Danielle Marty                          La caresse
p. 117    Marie Morel                              Je t’aime mon bel arbre !
p. 119    Germain Nouveau                     Les baisers
p. 125    Raymonde Paneels                   How to live ?
p. 131    Sylvette Pierre                         Plus de cinquante ans avec Marcel Conche
p. 137    Yvon Quiniou                            Hommage au philosophe Marcel Conche
p. 141    Petr’Antò Scolca                        Marceddu Concia, u ritornu ch’hè un si dice
p. 147    Philip Segura                            Ensembles et intersections
p. 151    Vita Nova                                 Le désir du baiser
p. 157    Marc Wetzel                             En relisant Parcours
p. 169    Serena Talamoni et Jean-Guy Talamoni      Entre philia et politeia
p. 179    La beauté et sa signification, conférence inédite de Marcel Conche
 
 
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
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illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

 

 

extrait choisi par l’éditeur

La première fois que j’ai vu Marcel Conche, c’était en 1965, j’étais en propédeutique à l’université de Lille, à attendre un premier cours de philosophie. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas un professeur comme les autres, mais ne me doutais pas que cette rencontre allait changer ma vie : il est arrivé dans une salle tellement bondée qu’il ne pouvait accéder à son bureau, il a grimpé tranquillement sur une chaise pour marcher sur les tables jusqu’à sa chaire, comme si c’était tout à fait naturel, et sous les applaudissements des étudiants sidérés de voir un professeur de faculté pratiquer pareil exercice, il s’est installé, après avoir accroché son grand parapluie noir au bureau, et, content de son effet, a commencé son cours avec le petit sourire amusé qu’il a toujours même maintenant quand il surprend son monde. L’institut de Philo de Lille, à l’époque, ne manquait pas de philosophes de renom, Eric Weil entre autres, mais les cours de Marcel avaient cette allégresse, cette originalité, cette force personnelle de réflexion qui attiraient nombre d’étudiants. D’ailleurs, plutôt qu’à un cours nous assistions au développement d’une pensée personnelle vivante, menée avec une telle rigueur et une telle vigueur qu’elle en était fascinante. (Sylvette Pierre)

 

 

note annexe de l'éditeur:

j'avais sollicité 42 personnes et personnalités; 27 ont participé; je n'ai pas à évoquer les personnes et personnalités qui n'ont pas participé

j'en évoquerai une cependant : Roland Jaccard sollicité par courrier d'abord aux PUF, ensuite à son adresse parisienne; c'était en mai 2021;

Roland Jaccard, l'éditeur d'un nombre important de livres de Marcel Conche, 17, dans la collection Perspectives critiques, s'est suicidé le 20 septembre 2021, à deux jours de ses 80 ans, un jour avant la sortie de l'ouvrage collectif en hommage à Marcel Conche

 

 

Dans son billet du vaurien (en langage des oiseaux = vaut rien) du 15 juin 2021, Roland Jaccard écrivait : Apprendre à mourir, me disait mon père, c’est apprendre tout au long de sa vie, à donner le minimum de soi en toute circonstance. La compassion, cette élasticité illimitée dans l’art de souffrir, que j’observais consterné et excédé chez ma mère, n’était pas dans l’esprit de mon père. C’était sa forme à lui de générosité. 

Par ailleurs, alors que ma mère jouait à merveille son rôle d’hystérique viennoise, il m’avait très jeune mis en garde : « Ne te laisse surtout pas impressionner : elles sont toutes folles. » Un père parlerait-il ainsi à son fils aujourd’hui ? Et d’ailleurs que reste-t-il de l’esprit du stoïcisme ? …

Pour mon père, l’individu n’était qu’une bulle éphémère, partie quasi insignifiante de l’écume qui surgit avant de s’effacer. Conscient de la nullité de son état et des souffrances et illusions que lui procure cette nullité, l’individu qui réfléchit cherchera l’extinction, le retour à la nuit informe de l’universel. Annihiler, c’est rendre à la vie sa logique. Un mauvais démiurge a voulu, au sens le plus fort du terme, le cosmos. Fatigué de cet enfantillage, il en voudra très probablement l’extinction. Mon père, en prenant les devants, a anticipé sur ce qui ne manquerait pas de se produire.

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L'âme et le corps / Marcel Conche

24 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

le choix de cette vignette s'est imposé parce que elle montre la nature (des arbres) dans sa diversité, complexité; difficile de gloser sur une telle image d'abondance presque inextricable; et parce qu'elle illustre bien la formule d'Héraclite : la Nature (celle qui engendre, qui crée), aime à se cacher

L'âme et le corps

auteur Marcel Conche

format 14 X 22, 248 pages, 130 chapitres, PVP : 18 €

ISBN 978-2-35502-129-9

ce livre sera exclusivement vendu par l'éditeur contre un chèque de 18 € à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest (frais de port offerts)

 

 

 

La notion d’âme n’est donc pas religieuse. L’âme ne survit pas à la mort du corps. Quel est son rôle ? L’âme fait que le corps soit le corps d’une personne. L’âme de Pierre anime le corps de Pierre, elle fait que le corps de Pierre n’est pas le corps de Paul. À la mort de Pierre, le corps de Pierre est privé de son âme. Le cadavre de Pierre est sans âme, contrairement à l’opinion des chrétiens pour qui l’âme, étant immortelle, survit à notre mort. (...)

Quand mon corps mourra, mon âme aussi sera morte, mon cadavre pourra être mis avec le fumier des vaches et des cochons pour faire du fumier. Cela est conforme à l’opinion d’Héraclite totalement irréligieuse. J’ai aimé Marie-Thérèse, il n’y avait aucun sens à aimer et honorer son cadavre qui était sans âme selon l’incroyant que je suis, mais Marie-Thérèse était chrétienne, son cadavre du point de vue chrétien n’était pas que terre et eau, il y avait une âme immortelle. Ma façon de voir les choses résulte de ma position d’incroyant. L’incroyance comme la croyance est sans preuve, la croyance est pourtant certaine pour celui qui croit, l’incroyance est certaine pour celui qui ne croit pas. Il y a donc certitude du côté du croyant et de l’incroyant, mais certitude n’est pas preuve, dans les deux cas

il s’agit d’une certitude subjective.

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Il faudrait plus qu'un édito / Gilles Cailleau

14 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #spectacles, #théâtre, #voyages, #écriture

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

livre en souscription, envoyé aux souscripteurs à partir du 20 septembre; peut-être commandé en librairie via Soleils Diffusion

 
Il faudrait plus qu'un édito de Gilles Cailleau
250 pages format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-125-1 
18 € 
 
Du même auteur, aux Cahiers de l’Égaré :
Le tour complet du cœur, 2005 (rééd. 2011 & 2014)
Fournaise, 2008
Gilles et Bérénice suivi de Tout l’univers en plus petit, 2011
Vous qui lisez ne me regardez pas (œuvres quasi complètes), 2011 (rééd. 2015) 
Tania’s Paradise, 2013
Le nouveau monde, 2017 


 

 

 

 

Je ne suis pas un très bon acteur, je joue comme un chien, je veux dire que j’ai les défauts d’un chien, celui qui rentre les pattes pleines de boue et qui débordant d’amour les pose sur la chemise encore blanche de son maître ou de sa maîtresse. L’épure n’est pas mon affaire, je la laisse à d’autres qui en font un meilleur usage. Ma générosité de gamin m’empêchera d’entrer au panthéon des acteurs solitaires et splendides.

Parfois un spectateur me demande : – « Jouer si près de nous ne vous perturbe pas ? – Bien sûr que si, ça me dérange, ça m’importune, ça me bouscule, ça me déconcentre. Je l’espère bien, je ne demande que ça. Si j’étais funambule, ça m’ennuierait qu’il n’y ait jamais de vent. »

Gilles Cailleau, auteur, metteur en scène et interprète de la compagnie Attention Fragile, a écrit une centaine de billets d’humeur publiés sur le site de la compagnie entre 2004 et 2021. Les voilà rassemblés dans cet ouvrage. 

2004-2021. J’écris depuis 18 ans les éditos de la page d’accueil du site d’Attention Fragile, une dizaine les années fastes, 3 ou 4 les années maigres, et les voilà tous ensemble.

Enfin, presque tous, j’en ai fait disparaître quelques-uns. À les relire j’ai constaté que je manquais parfois d’inspiration.

Mais je me suis aperçu aussi qu’au-delà de ce que j’y dis, ils retraçaient à leur manière une histoire – incomplète et subjective certes, mais quand même une histoire des splendeurs et des misères de la vie artistique pendant ces 18 dernières années.

Il s’en est passé des choses! M’entendre parler aujourd’hui de masques, de distanciation sociale ou de culture essentielle dans des éditos qui ont plus de 10 ans, c’est une étrange ironie...

Merci à toutes et tous mes camarades, merci à ma propre compagnie, Attention Fragile, que je ne quitte pas.

Et merci à Jean-Claude, merveilleux éditeur et ami.
Gilles Cailleau 

 

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Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie/José Lenzini

20 Avril 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #poésie, #pour toujours, #écriture

Voilà une biographie d'excellence qui a été pénalisée par la crise de la covid 19 suite à l'annulation de toutes les manifestations. Ne reste que la commande en librairie ou sur les plateformes de ventes en ligne

 

article du 21 avril 2021 dans Var-Matin magazine, rendant compte du livre (très belle plume) et annonçant le colloque en ligne du 23 avril

article du 21 avril 2021 dans Var-Matin magazine, rendant compte du livre (très belle plume) et annonçant le colloque en ligne du 23 avril

couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA
couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA

couverture, pages 4 et 8; Saber Amar par Pedro J. Vizoso Hastings College, Nebraska, USA

Les Cahiers de l’Égaré, maison d'édition installée au Revest-les-Eaux, depuis juillet 1988 viennent de faire paraître ce 14 octobre 2020  (pour le centenaire de sa disparition) la première biographie de Germain Nouveautrimardeur céleste de la poésie, réalisée par José Lenzini, un spécialiste de Camus, ancien journaliste au Monde qui a travaillé durant près de dix ans sur cet ouvrage. La préface est signée Patrick Lorenzini, ancien journaliste et poète. 

livre au format 14 X 22, 248 pages, ISBN 2-908-35502-113-8. PVP : 15 €

Germain Nouveau (1851-1920), est né et mort à Pourrières, Var.

À Pourrières, il sera le mendiant mystique, Humilis

Une anecdote à son propos : Un Pléiade est paru en 1970, réédité en 1993, consacré à Lautréamont et à Germain Nouveau avec photo de Germain Nouveau sur le coffret. Ce volume de la Pléiade est depuis 2009 remplacé par un volume seulement consacré à Lautréamont. Germain Nouveau dont le souhait était de disparaître, de ne pas laisser de traces, a été exaucé par Gallimard.

Germain Nouveau (1851-1920), ami de Rimbaud et de Verlaine, est à la fois l'auteur de lestes Dixains réalistes, de vers mystiques Ave Maris Stellason dernier recueil qu'il édite à 8 exemplaires, et de poèmes où un sentiment amoureux parfois panique s'exprime avec bonheur, ValentinesLa Doctrine de l'Amour. Il condamnera toute son œuvre et se fera mendiant, avant de se laisser mourir d'inanition. 

Ses liens avec les Illuminations de Rimbaud sont encore mystérieux. Il a recopié certains textes, a été chargé par Verlaine de les éditer. Il y a du Nouveau chez Rimbaud (essai d'Eddie Breuil) mais évidemment les rimbaldiens ne sont pas prêts à concéder ne serait-ce que la possibilité d'une participation de Nouveau à cette composition très difficile à reconstituer de ce qui n'a pas été une oeuvre conçue comme telle. 

L'édition de cette biographie de José Lenzini est le juste prolongement du 1° colloque varois, consacré à Germain Nouveau et qui s’est déroulé en juin 2001, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest, pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, avec des invités et spécialistes comme Guillaume Zeller, Georges Lauris, Jacques Lovichi, Pierre Borel…

Depuis 2001 il y a eu quatre Cahiers Germain Nouveau en 2008, 2009, 2011 et 2018. Ces publications ont apporté plusieurs textes, correspondances et documents inédits. Les artisans principaux de ces publications sont Jean-Philippe Dewind et Pascale Vandegeerde, par ailleurs collectionneurs de tout ce qui concerne Germain Nouveau. Les études sur Germain Nouveau doivent tout à ce couple de chercheurs passionnés et totalement désintéressés; sans eux rien de tout ce qui arrive actuellement n'aurait eu lieu ; ils sont les gardiens du phare dans la tempête de l'oubli.

Ajoutons en 2015 et 2005 un ouvrage du regretté Jacques Lovichi et une édition de Germain Nouveau provoquée par ses soins. 
Références à tout cela dans la bibliographie de José Lenzini.
 
Au passage, je signale une traduction en espagnol de poèmes de Germain Nouveau, réalisée par Pedro J. Vizoso, de Hastings College aux USA dont j’ai reçu un exemplaire (2015): Saber Amar
 
Manifestations prévues autour de cette parution
Conférence si elle est confirmée (covid19) de José Lenzini à la médiathèque Chalucet, le 20 novembre avec projection du film de Christian Philibert : Le poète illuminé, Germain Nouveau (1851-1920).
Si la fête du livre du Var a lieu, les 20-21-22 novembre, le livre sera présenté par la librairie Charlemagne, en présence de l'auteur.

Un colloque sera organisé les 5 et 6 février 2021 par le département Lettres de l’Université du Var sous la responsabilité de Michèle Monte. Il se déroulera en plusieurs lieux, La Garde, Toulon, Méjanes à Aix (le 6 février 2021 au matin). 

Toutes ces manifestations ont été annulées.

Une grande manifestation avec exposition sera organisée par la médiathèque Méjanes à Aix-en-Provence en février 2021.

Également annulée. Prévue le 23 avril 2021 en visio-conférence.

Un film a été réalisé par Christian Philibert (Les Films d'Espigoule) :

Le poète illuminé, Germain Nouveau (1851-1920) de Christian Philibert
Un documentaire historique - 84 minutes - réalisé en 2020 pour le centenaire de la disparition de Germain Nouveau.
 
Né et mort à Pourrières, dans le Var, Germain Nouveau (1851-1920) forme avec ses amis Rimbaud et Verlaine le plus célèbre trio de la poésie française. Révélé par les surréalistes (Breton, Aragon), il demeure méconnu du grand public, sa mémoire ayant longtemps été occultée par celle de Rimbaud. Plusieurs chercheurs affirment aujourd'hui qu'il est le véritable auteur des Illuminations.
A travers les interviews des principaux biographes et spécialistes de Germain Nouveau, ce long métrage documentaire, tourné sur une période de 25 ans et illustré par une abondante iconographie, dévoile l'histoire et l'oeuvre de ce poète hors du commun. 
 
Réalisation : Christian Philibert, Image et son : Patrick Barra.

Production : Les Films d'Espigoule en partenariat avec Les Amis d'Espigoule (2020)

Ce film sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté à Toulon et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, Toulon.

La ville de Pourrières sera organisatrice de diverses manifestations.

Pour illustrer ce livre, j'ai sollicité la participation de Ernest Pignon-Ernest qui nous a offert la vignette de couverture et une vignette pour l’intérieur. 

Jean-Claude Grosse, 15 octobre 2020, éditeur des Cahiers de l'Égaré

 

TABLE DES MATIÈRES

 

Page 4         Tu es notre frère                    Préface de Patrick Lorenzini

Page 9         À cheval sur un rossignol

Page 17       Vierges, morts et macaronis glutinés

Page 41       Dans le silence de Marseille assourdie

Page 67       Le temps des voyants

Page 105      Cythère sur Tamise

Page 133      Des Illuminations manquant de clarté

Page 153      La naissance d’Humilis

Page 175      La lettre muette

Page 201      L’aube du trimardeur céleste

Page 225      Mémoire de la fosse commune 

Page 241      Bibliographie

 

Colloque virtuel du 23 avril 2021 

23 avril matin :

9h : Michèle Monte (Babel, Toulon) : scène énonciative et argumentation dans La Doctrine de l’Amour : cohérence et originalité

9h30 : Stéphanie Thonnerieux (Passages XX-XXI, Lyon 2) : Énonciation, dialogisme et genre poétique dans les Valentines : le lyrisme parlé de Germain Nouveau

10h : Discussion et pause

 

11h : Richard Renault  (CRISCO, Caen) : le traitement automatique de la métrique de Germain Nouveau

11h30 : Alain Chevrier (Rouen) : les fantaisies métriques de Germain Nouveau

12h : Discussion

 

12h30-14h : pause-repas

23 avril après-midi :

14h : Daniel Bilous (Babel, Toulon) : « Au fond du reconnu pour trouver du Nouveau ». Parodies et détournements chez Nouveau 

14h30 : Amandine Cyprès (Babel, Toulon) : Des Valentines aux Fantaisistes : petit itinéraire vers un lyrisme ironique

15h : discussion

 

15h30 : Antoine Piantoni (docteur de Sorbonne Université) : « Le plafond s’effondre en fleurs idéales » : Germain Nouveau prosateur

16 h : Anthony Piana (Nice) : « Une place à trouver » 

16h30 : discussion

 

17h30 : clôture du colloque

 

 

 

vignette d'Ernest Pignon-Ernest

vignette d'Ernest Pignon-Ernest

l'affiche du film de Christian Philibert sur Germain Nouveau,; il sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, si les conditions sanitaires le permettent

l'affiche du film de Christian Philibert sur Germain Nouveau,; il sera projeté le 19 novembre au Théâtre Liberté et le 20 novembre à la médiathèque Chalucet, si les conditions sanitaires le permettent

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