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Les Cahiers de l'Égaré

Articles avec #agora tag

sur la Révolution d'Octobre vue depuis aujourd'hui

19 Février 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #écriture, #cahiers de l'égaré, #EAT (Écrivains Associés du Théâtre), #agora

Le Triomphe de l'artiste (la révolution d'octobre et les artistes, Russie, 1917-1941, le dernier livre de Tzvetan Todorov

Le Triomphe de l'artiste (la révolution d'octobre et les artistes, Russie, 1917-1941, le dernier livre de Tzvetan Todorov

L'appel à écritures sur octobre 17 vu depuis aujourd'hui, lancé le 3 février avec date-limite le 28 février a reçu 7 projets. Après une semaine de lecture et de réflexion, j'ai retenu, le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le projet de Gilles Cailleau: OCTOBRE.

Une page est ouverte sur ce blog pour accueillir les écritures de l'auteur, comédien, metteur en scène, directeur de la compagnie Attention Fragile.

Appel à écritures :

Je  vous présente « mon »  nouveau projet provoqué par une phrase de Georges Perpès de la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne-sur-mer dans un mail très récent:
Pour le moment, je n'ai pas encore vu passer de projet ou de pièce sur  octobre 1917;
je le jure, je n’ai pas vu 1917;
le questionnant sur pourquoi octobre, il me répond en majuscule OCTOBRE 1917;
je le jure, je vois 2017, pas 1917 (Freud à l’interprétation, STP) puis je réalise
et réaction immédiate de proposition d’écriture à des écrivains de théâtre
faire écrire un texte sur La Révolution d’Octobre 17 (qui eut lieu en novembre 1917),  vue depuis aujourd'hui
(une histoire de calendriers comme pour Cervantes et Shakespeare)
il me semble que ça ne bouge pas beaucoup autour de cet événement pas français

je souhaite une pièce d’un auteur, EAT éventuellement  (EAT = Écrivains associés du Théâtre), pas EAT aussi bien

avec les petits moyens des Cahiers de l‘Égaré, je mettrai une certaine somme pour l’écriture plus l’édition
l’objectif est aussi de favoriser la création du texte dans un ou plusieurs lieux (donc bien évaluer le nombre de personnages, trop, c’est foutu, monologue à exclure)
la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne participera en amont à la mise en valeur du travail
1 ou 2 lectures en cours d’écriture pour retours (est-ce du write in progress ?) par un petit nombre de lecteurs professionnels
pas de résidence prévue dans un endroit paradisiaque (la grotte d’Ouvéa)
mais l’auteur choisi sera libre de solliciter aides à l’écriture, résidence d'écriture
peut-être qu’un mécène comme Ladret de Lacharrière sera intéressé en production ou co-production pour une somme de 100000 € au moins (l’aumône attribuée à Pénélope pour sa "participation" à la Revue des Deux Mondes)
ou Kléber Rossillon, gestionnaire d’une vingtaine de sites patrimoniaux et qui con-gestionne La Caverne du Pont d’Arc, 320000 visiteurs en 4 mois en 2015
un des héritiers de la famille Schlumberger qui a perdu plusieurs millions d'euros dans l'affaire Madoff
l’auteur pourra aussi après l’édition demander des aides à la création

condition: me soumettre un projet, précis, pour le 28 février 2017, en word, open office ou PDF, avec nom, adresse, mail, téléphones
j’évalue les projets début mars, choisis l’impétrant
et nous nous mettrons d’accord alors sur les conditions financières et éditoriales ainsi que sur la date de livraison du texte pour avoir le temps de l'édition avant la date anniversaire du centenaire
mais si nécessaire, on débordera
j’aurai aussi une discussion avec l’auteur, non sur mes attentes
mais sur ce qu’il ne faut pas rater quand on veut traiter d’un événement aussi lourd de conséquences;
c’est un défi et c’est casse-gueule

je conseille la lecture du dernier livre de Tzvetan Todorov (décédé le 7 février 2017), livre sorti le 14 février 2017:

Le Triomphe de l'Artiste (La révolution et les artistes, Russie: 1917-1941) chez Flammarion

c’est comme avec la Révolution française et Robespierre, peut-être même en plus complexe

je compte demander à l’ami Marcel Conche, une préface
 
Jean-Claude Grosse
EAT
Les Cahiers de l’Égaré

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Prendre le temps de la porosité/Nadia Vadori-Gauthier

23 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #agora

extraits de textes

de Nadia Vadori-Gauthier

en lien avec la question de théâtre

du 14 juillet en Avignon

le théâtre existe-t-il sans écriture ?


(rapports d’expérience et textes automatiques)

 

sur le seuil des transductions,

 

Nous nous tenons poreux, incertains, joyeux, oscillant entre le mouvement et l’image, entre un corps et un autre, entre visible et invisible.

Nous habitons l’interface mouvante entre humain et animal, culture et nature, vêtement et nudité, verticale et horizontale, visuel et tactile, lointain et proche...

Nous conjuguons nos vibrations et nos rythmes.

Nous convoquons des forces comme des enfants.

Nous sommes traversés et nous traversons.

Et nos corps sont réels.

 

Manifeste 2012 ( à mes loups-nuages-ouragans-poissons-étoiles )

 

Prendre le temps de la porosité

Le temps de traverser les membranes

De se glisser entre les déterminations potentielles

Refuser d'être

Différer de soi-même

Accorder ce même droit à tous

Être outre-humain, outre-animal

Considérer les fixités avec tendresse

Celle que l'on peut avoir pour la fragilité ou la faiblesse

immobilités nourries de la peur

conjurant l'entropie

Accepter, dans la joie, de se défaire

De ne pas aboutir

De se soustraire à la nomenclature

Laisser consciemment s'échapper ce dont nous n'avons pas idée

Danser comme le feu,

changer continuellement de forme, Nuage-dragon-fumée-infra mince

Interstitiel

Se tenir debout parfois, nus,

affirmer comme la montagne ou le vent

Un rythme, un espace, une vitesse et puis

Devenir vague-océan de pierres liquides, sang d'écume

Être flux d'un tambour traversé de vivants

Rire d'être plusieurs, en être soulagé

Multiplicités calmes,

repos des indistinctions

Oppositions tenues tendrement ensemble

Se changeant l'une dans l'autre

Aimer les «différances»

Faire meutes, émeutes,

se composer ensemble, contagier

Musiques, feulements, bleu, indigo, orange, or, vert

Rugir, laisser la peau être nos territoires

Vulnérables à l'aube

Nudités ardentes, lentes, imperceptibles, merveilles

Glissements du réel

Se déshabiller, se rhabiller ensemble, à rebours

Déboutonner les habitudes

Vibrer dans l'enfance de nos présences, I

ncandescents, dézippés

Féroces et doux

Non à la sublimation volontaire

Non à la beauté obligatoire

Non à l'élévation transcendantale

Non à la soustraction des corps

Non à l'éternité post mortem

Apparaître sur la lisière

Oui au sublime accidentel,

orage, éclat de lumière, foudre, douceur du matériau

Oui à la beauté hétérogène née de la nécessité

Oui à l'élévation immanente,

plongée au sein des corps , perception élargie,

État modifié de conscience qui investit les sonorités de la matière,

Contagions des vibrations du réel qui se propagent en cascade

Oui à l'éternité de nos présences vives, ici, au seuil de nos métamorphoses

Oui à la soustraction des corps sans chair,

images mortuaires d'un monde Dépossédé du droit à l'indéfinissable

Déserter les scènes frontales de nos oppositions binaires

Patiemment, amoureusement, défaire,

Fermer les yeux pour mieux entendre

Porter des visions enlacés et danser la plasticité de nos pensées

Étendues de surfaces monochromes

Oui à la couleur

Vibration, témoignage d'invisible, d'indicible, d'inouï, d'illimité, poésie directe,

Oui à la manifestation des phénomènes sans justification

Pulsation, foisonnement abrupt des images sans concession au sens

Scander notre humanité d'animal rythmique

s'animer de la joie de s'affranchir du fixe

Informer le devenir continuel des formes

 

Meute/expérience/4.1.12

 

Mon expérience de la meute est une expérience d'un basculement de la conscience de la perception. Comme si de l'intérieur ou de sa surface-même le visible s'élargissait, s'épaississait et tenait moins à sa forme. La conscience se modifie avec les modulations perceptives et ceci entraîne une façon différente de vivre le corps que celle que je pouvais avoir au quotidien avant cette expérience répétée. Je peux dire que la meute a modifié progressivement ma façon de me vivre en relation avec mon environnement.

J'opère une bascule dans ma perception comme si je plongeais sous l'eau ou que je m'immergeais dans un flux. Je quitte ma vision optique qui parfois me distancie ou me sépare des choses pour entrer dans une épaisseur tactile, une densité vibratoire, une ouate, une matière. Mon corps n'a plus les limites de mon organisme, il baigne dans un matériau mouvant donc il participe. Le monde devient oscillatoire, familier, confortable, intime. Je fais alliance avec le matériau. Pour cela je deviens poreuse. Je laisse la matière me toucher, la couleur, la lumière me toucher. Je me laisse mouvoir par le flux des choses.

Ce serait presque une expérience de dissolution si en même temps je ne sentais pas se condenser mon axe. Mon axe devient plus intense. Il capte des puissances dont la première est celle de sa propre vitalité. Axes du tube digestif et du système nerveux central, corps et esprit, une seule substance, un seul mouvement d'extension et de condensation simultanée. Je sens se réveiller ma bouche, mes dents, ma langue, mes orifices : mes narines, mes canaux auditifs, sexe et anus. Ils commencent à bouger sur des ondes invisibles comme les différents bouches d'une anémone liquide. Ma peau a aussi des bouches, des oreilles, des yeux. Les diaphragmes de mes mains et de mes pieds deviennent des bouches. Des yeux s'ouvrent dans plusieurs points variables de mon anatomie ouvrant et fermant leurs paupières. Je vois avec ma peau, je regarde avec mes vertèbres, mes ischions, mon nombril. J'écoute avec mes yeux, avec ma peau. Je trouve de nouvelles formes, de nouvelles articulations. L'eau me vient à la bouche, non pas pour absorber, mais pour mordre, attraper avec la bouche, jouer. Je serpente, bondis, fleuris, coule, dévale, déferle, pleuvoir, germer, naître, attaquer, neiger. Je cherche des connexions, des frottements, des alliances, je trouve du confort, je le romps, je le reconvoque, je roule comme un coup de tonnerre ou une fleur dans le vent, je fonds, je deviens dragon puis brume, feu d'artifice, palpitation de la couleur dans la pénombre, bouquet de rythmes. Le sol est ma maison, cocon, matrice, bateau, berceau, terreau. De là, tous mes âges,tous mes temps, toutes mes formes sont possibles. Je suis concomitamment plusieurs, vides et pleins. J'oscille avec la matière, je sens son

Aimer l'oscillation en nous des contradictions vivantes qui s'épousent

Être les pendules entre un monde et un autre, une image et une autre,

passeurs d'inachevé

infinité, ma parenté avec elle. Je me sens frère, soeur, enfant, rivière, mère de tous les vivants, feuillage et les bête, humaine et minérale. J'ai plusieurs vitesses.

Faire meute/29.1.12

Faire meute, me condenser autour de mon axe, entrer dans une épaisseur sans paroles, sans la linéarité des mots. M'immerger. Sentir des pulsations différentes, accélérer, ralentir, réveiller les affects de la bouche, envie de mordre,salive,dents. La couleur est mon corps. La couleur comme seule forme, comme seule transcendance, la couleur comme étendard vibratoire. Je m'agence, avance, recule, plie et déplie. Je suis un flux dans un flux. Je m'agence, je convoque la vibration, je la partage, je mets en vagues, je connecte, je reconnecte. Je suis un vecteur de convocation des puissances - rituel - acte chamanique de célébration de nos humanités multiples, kaléidoscope de nos métamorphoses. La meute se module, varie ses intensités. Je suis un point intense de cette constellation mobile,

Je

(...) Puis, accueillir le public, aller à sa rencontre, serrer des inconnus amusés dans ses bras, jouer à semer un doux trouble, une manière inattendue d'aller vers un autre, l'adopter, sceller une fraternité de passage

(...)

 

Écriture automatique/ nadia 26 avril 2012

 

Seuil/ passage/ entre-deux

entre deux loups / entre chien en loup / entre animal et pluie / entre toi et moi / entre /glisse / entre / entre- lace / outre-passe l'outre-monde / entre / passe / passe outre / outre-mer / outre-humain / pendule au mouvement plus ou moins ample, pulsation des apparemment contraires, je passe d'un bord à l'autre, d'une ligne invisible entre mon image et ma désimage, entre mon vêtement et ma nudité/ brouille les pistes des conventions rétiniennes - touche avec tes cils - touche avec ta langue - parle à rebours pour les invisibles - pour les fleurs nocturnes / dissoudre/ dissoudre/

imaginer ce dont l'image ne se laisse pas figer - fondre la glace des représentations / chauffer / rafraîchir / sentir l'air qui glisse de l'un à l'autre homme femme animal

enfant - rêve ou réel comme un galet dans la main entre passé et futur toujours sur la crête de la vague qui déferle vers une intensité imminente toujours à venir toujours passée - entre archaïsme et modernité sauvage d'avant-garde / traduis / passe / passe / passe entre les mondes / habitant des seuils / glisse / glisse du rétinien au tactile - couleur-matière / couleur- lumière / / deviens ton envers / tisse / détruis / rigole - entre organisme et corps d'étoiles - shoote - sors des lapins de ton slip - sois un arbre ou une chaise ou un humain si tu peux - si tu t'arrêtes de correspondre à une idée - si tu coules toujours vers ta source entre cerf et eau...

 

Nadia Vadori-Gauthier

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