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Les Cahiers de l'Égaré

Terre abusive / Michel Gendarme

11 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre, #cahiers de l'égaré, #théâtre, #voyages, #écriture, #spectacles

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Photographie couverture : Irène Cerquetti

Vient de paraître, ce 9 août, Terre abusive, trilogie de Michel Gendarme

ISBN 978-2-35502-134-3

format 13,5 X 20,5

174 pages

PVP : 18 €

distribué sur commande à votre libraire ou plateforme par Soleils Diffusion

3 rue Jean Dollfus

75018 Paris

téléphone 0145488462

 

Photographie couverture : Irène Cerquetti

TERRE ABUSIVE

D’URINE ET DE FER (les fuyants) p.5
LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants) p.79 

SOUS LE VERT GAZON
IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants) p.119

POSTFACE de Hassane Kassi Kouyaté p.169

D’URINE ET DE FER (les fuyants)

premier volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

PERSONNAGES

Cargo
Cadet
Aîné
Issa
Maître forgeron

Mère-jeune de l’aîné

Prostituée

PRESENTATION

Deux frères, Aîné, Cadet. Seuls, enfermés dans la cale d’un cargo. Le navire est immobilisé au large d’un port.
Une seule ouverture, petite, difficilement accessible, donne la lumière. Elle laisse parfois entendre la voix lointaine, mélodieuse, d’une Sirène. Elle chante depuis la scène d’un théâtre de plein air, dont le fond donne sur la mer.

Dans la cale, à de rares moments on pourra entendre des bruits de pas, lourds, résonner dans l’infrastructure métallique du navire.

LE VOYAGE D’AMADOU (les survivants)

d’après le récit d’Amadou Keïta (deuxième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »)

PERSONNAGE
Amadou, 21 ans, porte un Sweat à capuche

RESUME

Amadou, jeune malien issu de la pauvreté, de la brousse puis de la rue, vit de petits boulots, de nourritures et d’hébergements précaires. Baladé d’un tuteur exploiteur à un coach sincère, il se raccroche à ce qui l’aide à vivre, le football, qu’il pratique depuis l’enfance pour meubler ses longs moments d’oisiveté sans école. Repéré par quelques professionnels, aguerri par quelques matchs victorieux, il se fixe pour seul objectif de devenir joueur professionnel et pour cela de rejoindre l’Europe par tous les moyens. Pour lui, ce sera par la Libye via le désert afin de s’embarquer pour l’Italie. Longue épopée de deux années, risquée et dangereuse, mortelle pour beaucoup. Ce rêve sombre à quelques encablures de Tripoli lorsque le bateau sur lequel se sont entassés des centaines de malheureux coule et qu’Amadou est repêché in extrémis par les gardes côtes libyens. Une autre aventure commence alors pour lui, celle d’une renaissance, celle du retour au pays avec un combat acharné pour la reconnaissance de ses droits et de sa dignité d’homme.

SOUS LE VERT GAZON IL Y A UNE BELLE MERDE (les vivants)

troisième volet de la trilogie « TERRE ABUSIVE »

INTENTION

Après les fuyants, puis les survivants, voici à présent les vivants, comme si le monde était fini, que les vaincus étaient enfin définitivement reconnus et utilisés comme objets. Objets d’extinction, d’occupation, d’utilisation temporaire. Les puissants se reconnaissent eux-mêmes pantins du monde-argent, à la merci des mirages pétro-dollars, sachant encore naviguer sur les flotsd’algorithmes monétaires. J’aimerais qu’ils soient représentés en marionnettes géantes, traînant en permanence leur froc chu à leurs pieds. Ridicules, puérils, pathétiques. Mais à abattre. Dans la pièce je retrouve Amadou, Cadet, Aîné, les personnages des deux précédents volets de ma trilogie, dont on va découvrir les destins fatals, et Diva, pape féminin, la Sirène entendue dans D’urine et de fer. Elle est réincarnée en femme blanche, ancienne déesse noire, comme une métaphore de l’Afrique qui à force d’être consommée par les colonisateurs a perdu sa couleur. Belle, elle est dressée sur son piédestal mobile (je pense à la “papamobile”), presque nue, excessivement poupée, objet éternel du désir, ce pouvoir seul lui est délégué, celui de la jouissance unilatérale. Parfois elle saignerait, rappel du sacrifice, de l’esclavage, de la soumission.

Le monde est devenu un immense terrain de golf, propre, aseptisé, synthétique, sans risque, sous lequel le monde civilisateur occidental a enfoui ses merdes terroristes et les parcelles de géographie menaçante : on peut y retrouver toute l’Afrique du nord et sub-saharienne, le moyen-orient, etc... J’aimerais qu’Amadou, Cadet et Aîné, rescapés-prisonniers des migrations, apparaissent minuscules, tellement impuissants, comme des ombres, des hologrammes, à peine réels. Ils sont les premiers stagiaires à subir une rééducation planifiée mondialement pour les quelques vivants acceptés comme tels. Ils devront entretenir ce terrain de golf infini.

Bien sûr ce qui n’est pas mort va renaître. Tant que l’extermination n’est pas achevée, des rhizomes enchantés tentent de pousser et de faire vie de la moindre eau, du moindre ciel, de la moindre lumière et, comme on le lira, de la moindre merde conservée secrètement précieusement.

Alors ce qui se casse est bien l’échafaudage capitaliste, il se raccommode et s’amoncelle.
J’aimerais des mots muets écrits en défilement de fond de scène, sur les corps, le green. J’aimerais des marionnettes, des poupéesgonflées, des hologrammes, rien de vrai, du factice, de la poudre aux yeux, du plastique, du néon élastique, des voix off mélangées suaves et agressives, inquiétantes, électroniques, blanches, des corps animaux de zoo. J’aimerais un présentateur télé blond qui explose. Un temps qui ne se connaît plus. Pas nous. Jamais.

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