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Les Cahiers de l'Égaré

Le Siècle de Marcel Conche (ouvrage collectif)

27 Septembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #philosophie, #pour toujours, #écriture

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel
couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

couverture extérieure, photographie de Sylvette Pierre, prise le jour des 99 ans de Marcel Conche / couverture intérieure, vignette de Marie Morel

Le Siècle de Marcel Conche
ouvrage collectif en hommage au philosophe et à l’homme Marcel Conche, l’année de son centenaire
222 pages, format 14 X 22
ISBN 978-2-35502-127-5
PVP 18 €
disponible dès le 27 septembre en librairies ou plateformes de ventes en ligne
via Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris  0145488462
ou directement auprès de l'éditeur par chèque de 18 € (frais de port offerts) à l'ordre des Cahiers de l'Égaré, 669 route du colombier, 83200 Le Revest

 

 

Marcel Conche a dit à ses convives le 27 mars 2019, pour ses 97 ans : je ne sais qu’écrire.

Cette discipline de la page quotidienne écrite le matin, à la main, presque à l’aveugle, au senti du tracé est sans doute ce qui continue à donner du goût et du sens à sa vie. La dictée du texte au téléphone est le deuxième temps de sa démarche. Maryse Chan est son interlocutrice à huit cents kilomètres de là. Elle a la lourde responsabilité de la mise en forme et en page de ce que lui dicte Marcel. Puis vient le temps de l’édition, tous les six mois, aux équinoxes (printemps, automne), livres rassemblant ses chroniques et essais, des souvenirs, des rêves, des désirs, des bilans. Marcel comme Montaigne peint le passage.

Pour Le siècle de Marcel Conche, écrit à son insu, 42 personnes et personnalités ont été sollicitées. 27 ont participé qui n’ont découvert la totalité du livre qu’à sa parution.

Chers lecteurs, vous voici, vous aussi, associés à la découverte d’un journal étrange déclinant des amitiés singulières, uniques avec le philosophe qui nous invite sans concessions ni compromis au plus grand respect de tout ce que la Nature crée.

Jean-Claude Grosse, éditeur des Cahiers de l’Égaré 


 

 

 

Table des matières
 
p. 5       Jean-Claude Grosse                  Avant-propos de l’éditeur
p. 9       François Hollande                     Préface
p. 13     Daniel Aranjo                           Marcel Conche écrivain
p. 17     Aïdée Bernard                          Nature sauvage
p. 23     Emilie Borel                             Les Cent ans de Marcel Conche
p. 31     Alain Cadéo                             Aux contrebandiers de l’inutile
p. 39     Gilles Cailleau                          Cher monsieur Conche
p. 47     François Carrassan                   Un génie rural
p. 57     Jean-Philippe Catonné              Penser la nature et l’homme
p. 64     Maryse Chan                            Une improbable amitié
p. 69     André Comte-Sponville             Lettre à Marcel Conche pour son centième anniversaire
p. 79     Marie-Martine Conche               Il fut d’abord « Monsieur », ensuite « père » 
p. 83     Sébastien Conche                    Cher grand-papa
p. 89     Françoise Dastur                      Cette réflexion sur l’amour, la nature et la beauté, vus d’Orient
p. 95     Christian Girier                         Journal d’un film (extraits)
p. 101   Edgar Gunzig                           Rencontre de deux ignorants
p. 111    Lucile Laveggi                          Cinquante années d’amitié
p. 115    Danielle Marty                          La caresse
p. 117    Marie Morel                              Je t’aime mon bel arbre !
p. 119    Germain Nouveau                     Les baisers
p. 125    Raymonde Paneels                   How to live ?
p. 131    Sylvette Pierre                         Plus de cinquante ans avec Marcel Conche
p. 137    Yvon Quiniou                            Hommage au philosophe Marcel Conche
p. 141    Petr’Antò Scolca                        Marceddu Concia, u ritornu ch’hè un si dice
p. 147    Philip Segura                            Ensembles et intersections
p. 151    Vita Nova                                 Le désir du baiser
p. 157    Marc Wetzel                             En relisant Parcours
p. 169    Serena Talamoni et Jean-Guy Talamoni      Entre philia et politeia
p. 179    La beauté et sa signification, conférence inédite de Marcel Conche
 
 
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard
illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

illustrations intérieures Restanco oeuvre de papier végétal réalisée par Aïdée Bernard Le chat dans les nuages / Le volcan / sculptures de Clémentine Bal La robe peau réalisée en fibres végétales par Aïdée Bernard

 

 

extrait choisi par l’éditeur

La première fois que j’ai vu Marcel Conche, c’était en 1965, j’étais en propédeutique à l’université de Lille, à attendre un premier cours de philosophie. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas un professeur comme les autres, mais ne me doutais pas que cette rencontre allait changer ma vie : il est arrivé dans une salle tellement bondée qu’il ne pouvait accéder à son bureau, il a grimpé tranquillement sur une chaise pour marcher sur les tables jusqu’à sa chaire, comme si c’était tout à fait naturel, et sous les applaudissements des étudiants sidérés de voir un professeur de faculté pratiquer pareil exercice, il s’est installé, après avoir accroché son grand parapluie noir au bureau, et, content de son effet, a commencé son cours avec le petit sourire amusé qu’il a toujours même maintenant quand il surprend son monde. L’institut de Philo de Lille, à l’époque, ne manquait pas de philosophes de renom, Eric Weil entre autres, mais les cours de Marcel avaient cette allégresse, cette originalité, cette force personnelle de réflexion qui attiraient nombre d’étudiants. D’ailleurs, plutôt qu’à un cours nous assistions au développement d’une pensée personnelle vivante, menée avec une telle rigueur et une telle vigueur qu’elle en était fascinante. (Sylvette Pierre)

 

 

note annexe de l'éditeur:

j'avais sollicité 42 personnes et personnalités; 27 ont participé; je n'ai pas à évoquer les personnes et personnalités qui n'ont pas participé

j'en évoquerai une cependant : Roland Jaccard sollicité par courrier d'abord aux PUF, ensuite à son adresse parisienne; c'était en mai 2021;

Roland Jaccard, l'éditeur d'un nombre important de livres de Marcel Conche, 17, dans la collection Perspectives critiques, s'est suicidé le 20 septembre 2021, à deux jours de ses 80 ans, un jour avant la sortie de l'ouvrage collectif en hommage à Marcel Conche

 

 

Dans son billet du vaurien (en langage des oiseaux = vaut rien) du 15 juin 2021, Roland Jaccard écrivait : Apprendre à mourir, me disait mon père, c’est apprendre tout au long de sa vie, à donner le minimum de soi en toute circonstance. La compassion, cette élasticité illimitée dans l’art de souffrir, que j’observais consterné et excédé chez ma mère, n’était pas dans l’esprit de mon père. C’était sa forme à lui de générosité. 

Par ailleurs, alors que ma mère jouait à merveille son rôle d’hystérique viennoise, il m’avait très jeune mis en garde : « Ne te laisse surtout pas impressionner : elles sont toutes folles. » Un père parlerait-il ainsi à son fils aujourd’hui ? Et d’ailleurs que reste-t-il de l’esprit du stoïcisme ? …

Pour mon père, l’individu n’était qu’une bulle éphémère, partie quasi insignifiante de l’écume qui surgit avant de s’effacer. Conscient de la nullité de son état et des souffrances et illusions que lui procure cette nullité, l’individu qui réfléchit cherchera l’extinction, le retour à la nuit informe de l’universel. Annihiler, c’est rendre à la vie sa logique. Un mauvais démiurge a voulu, au sens le plus fort du terme, le cosmos. Fatigué de cet enfantillage, il en voudra très probablement l’extinction. Mon père, en prenant les devants, a anticipé sur ce qui ne manquerait pas de se produire.

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