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Les Cahiers de l'Égaré

Moi, Avide 1°, l'Élu / É. Say Salé

Rédigé par grossel Publié dans #auteurs de théâtre

lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé
lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé
lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé
lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé
lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé

lecture du 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest; 3 farces de É Say Salé

Cette pièce est en libre circulation depuis le 1° avril 2016. On peut l'obtenir sous format PDF par simple demande à l'éditeur

Un retour reçu aujourd'hui d'un lecteur : Cette lecture m'a provoqué une envie folle d'habiter ton village. C'est vraiment un paradis. Je trouve que c'est finement écrit au service d'un méchant dégommage. Peux-tu joindre une photo de la secrétaire ? Gérard Lépinois (voir photos et vidéo en bas de l'article)

É. Say Salé est un auteur farcesque issu du continent africain. De son vrai nom : Camille Mouyéké. Né en 1962 à Brazzaville. Après un DEUG d'art à l'université de Paris VIII et une maîtrise en cinéma, il se lance dans la réalisation et signe plusieurs courts métrages (dont les Mavericks en 1998). En 2000, il réalise son premier long métrage, Voyage à Ouaga, qui a été présenté dans de nombreux festivals internationaux. Il a joué son propre rôle de réalisateur sans moyens dans le film Le temps perdu, fiction de 53' inachevée, tournée au Burkina Faso et au Niger par Cyril Grosse (1971-2001) en 1993 avec une aide du ministère de la culture du Burkina Faso. Comment à 22 ans et pour son unique séjour en Afrique, Cyril Grosse trouva-t-il le tout jeune cinéaste Camille Mouyéké (31 ans à ce moment-là) et comment obtint-il une aide du ministère de la culture du Burkina Faso ? Parmi les traits d'humour du film, les délires sur Ulysse de Joyce (dans Le temps perdu 1 à 2'15 et dans Le temps perdu 2 à 3'40) que Cyril Grosse cherchait à créer au théâtre. Il se heurta au refus du petit-fils de James Joyce. À noter aussi le sujet : la rencontre entre un homme noir du peuple et une comédienne blanche. Dans le film, Marie-Sophie part au désert à la fin. Dans la réalité, la comédienne a fini mystérieusement en Afrique, un ou deux ans après. Des rushes, j'ai pu tirer 5 séquences, en playlist sur You tube et sur dailymotion. Camille Mouyéké est devenu un ami après la disparition de Cyril en 2001. Il est venu séjourner chez moi en 2008, au moment des élections municipales. J'étais tête de liste d'une des 3 listes. Il a été amusé par cette compétition électorale. Il m'a à nouveau rendu visite en juillet 2015 et s'est amusé des débats au sein des EAT (Écrivains associés du Théâtre). É. Say Salé utilise le sarcasme, la parodie, la farce pour mettre en relief les processus de conditionnement et d’abrutissement des gens, ainsi que les processus de soumission volontaire. Moi, Avide 1°, l’Élu est sa première farce. L’action se passe à Gogoland au moment des élections municipales.

De toute évidence Say Salé connaît les tendances artistiques en vogue, provocatrices.

Écrite entre 2008 et 2009 elle a été lue le 7 juin 2009 sur les gradins antiques du Revest-les-Eaux.

Say Salé comme nous nous en doutions n’a pas obtenu son visa pour notre pays. Faut-il s’en étonner ? Il a participé aux deux livres écrits par des intellectuels africains en réponse au discours de Dakar de monsieur Sarkozy.

Voici le mail qu'il nous a adressé avant la lecture:

Cher Monsieur,
 
Vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre que je ne pourrai être parmi vous, samedi prochain, ayant renoncé à l’espoir d’obtenir un visa. Il aurait fallu que je sois invité par une structure universitaire, un organisme public, ou une de ces forces occultes qui ouvrent les portes au bon moment….
Difficile de ne pas être amer, et surtout désolé de constater à nouveau l’enlisement de la France et de l’Union Européenne dans des politiques de repli qui annoncent leur isolement croissant dans le monde, précédant l’oubli et la mort dans l’indifférence.
Beaucoup de personnes que j’ai rencontrées en France croient encore candidement que l’Afrique a et aura besoin de l’Europe, de la France…
Vos lois sur les étrangers sont comme un retour du refoulé colonial. Je ne vous juge pas, la mémoire du passé historique est tellement difficile à construire sereinement ; et ce serait ne pas être lucide sur nos errances africaines. Je remarque simplement que là comme ailleurs, quand le peuple s’absente de la Res Publica (ce mot doit paraître bien désuet en France, non ?), il abandonne le pouvoir à des êtres sans scrupule, dont la vision du monde et de l’intérêt général est borné par leur ego, l’ignorance et la peur.
En fin de compte, il est logique que je n’aie pas obtenu de visa.
Saluez chaleureusement Jean-Claude Grosse, votre public et tous ceux que j’espère pouvoir rencontrer un jour…
 

Bien à vous
 Say Salé


Quatre lecteurs et lectrices des 4 Saisons d’Ailleurs ont endossé la foultitude de personnages de la pièce. L’humour de l’auteur s’est très vite mis à fonctionner et a été apprécié par le public qui a demandé à la fin comment Say Salé avait pu rendre aussi bien une atmosphère de village français.
 

Il  a été répondu que cette pièce est une fiction et qu’une quelconque ressemblance serait pure coïncidence. Il a été précisé toutefois que Say Salé avait séjourné au Revest, en 2008, invité par Les Cahiers de l’Égaré (en lien avec le film de Cyril Grosse Le temps perdu dans lequel Say Salé joue son propre rôle de réalisateur de cinéma) et qu’il avait été très curieux des mentalités revestoises, observables depuis les terrasses des cafés. À l'occasion de ce séjour, il avait suivi la campagne des municipales de 2008. Il est donc avec sa sensibilité et sa formation de cinéaste très à même de percevoir les enjeux d’une élection municipale sachant que peu ou prou, cela se passe à peu près partout de la même façon. Ce n’est donc pas le contenu qui est essentiel connu de tous, clientélisme, corruption, … mais la forme dans laquelle sont mises en relief ces pratiques coutumières. La farce lui semble la meilleure forme pour cela.

Extrait :

(Un téléphone sonne. La secrétaire prend l’appel) La secrétaire – C’est mon président, pour toi.

Le maire – Mon président. (On assiste à un échange téléphonique; le maire dit oui de la tête) Vous pouvez compter sur moi, mon président.

La secrétaire – Qu’est-ce qu’il te voulait ?

Le maire – Définir les conditions de ton transfert à l’Élysée.

La secrétaire – J’ai pas droit à Versailles ?

Le maire – Comment t’as fait ?

La secrétaire – Remplacé la Belle sur le ventilo du métro par la Pelle à gogo. Imagine ! À poil, foufoune noire sous mousseline blanche et pelle avec la langue à tout venant ; a voulu mon bavochard glouglouteux à fond la glotte.

Le maire – Décidément, t’iras loin. La secrétaire – Haut ! chacun son jeu, c’est la règle. On monte, on descend, faut saisir ou créer les bonnes occases, rebondir sur les mauvaises, être fun.

Le maire – Deux visions différentes de l’homme et du monde, fun ou zen !

La secrétaire – Ouais ! j’ai une vision de l’homme et du monde ?

Le maire – Bien sûr.

La secrétaire – Super ! je peux avoir une vision d’ensemble ?

Le maire – Bien sûr.

La secrétaire – Super ! je peux devenir la 1° dame du Pays ?

Le maire – Tu connais les dessous.

La secrétaire – Le cul, c’est pas une vision du monde !

Le maire – Non, une vision de l’homme !

Un retour de lecture sur Moi, Avide 1°, l'Élu, texte de É. Say Salé en libre circulation comme le prône Beau Marché : Cette lecture m'a provoqué une envie folle d'habiter ton village. C'est vraiment un paradis. Je trouve que c'est finement écrit au service d'un méchant dégommage. Peux-tu joindre une photo de la Secrétaire ? Ce retour m'a incité à satisfaire la demande du lecteur, lui-même écrivain Mes recherches m'ont amené à chercher ce qui avait conduit É. Say Salé à l'histoire de la pelle à gogo (extrait ci-dessus) il m'a semblé que cela remonte à 1977 avec le baiser de l'artiste Mireille Suzanne Francette Porte; quant à la belle sur le ventilo du métro évoquée également par É. Say Salé, on pense à Marilyn le 15 septembre 1954 j'ai évidemment fait le lien avec les origines du monde et de la guerre.

JC Grosse

pour satisfaire G.L., la tenue de la secrétaire à laquelle le président a succombé (un voile qui dévoile), suivie de la vision machiste de l'origine du monde par Gustave Courbet, la  même vision détournée ou renforcée par Deborah de Robertis, en contre-point la vision féministe de l'origine de la guerre par Orlan (Mireille Suzanne Francette Porte)
pour satisfaire G.L., la tenue de la secrétaire à laquelle le président a succombé (un voile qui dévoile), suivie de la vision machiste de l'origine du monde par Gustave Courbet, la  même vision détournée ou renforcée par Deborah de Robertis, en contre-point la vision féministe de l'origine de la guerre par Orlan (Mireille Suzanne Francette Porte)
pour satisfaire G.L., la tenue de la secrétaire à laquelle le président a succombé (un voile qui dévoile), suivie de la vision machiste de l'origine du monde par Gustave Courbet, la  même vision détournée ou renforcée par Deborah de Robertis, en contre-point la vision féministe de l'origine de la guerre par Orlan (Mireille Suzanne Francette Porte)
pour satisfaire G.L., la tenue de la secrétaire à laquelle le président a succombé (un voile qui dévoile), suivie de la vision machiste de l'origine du monde par Gustave Courbet, la  même vision détournée ou renforcée par Deborah de Robertis, en contre-point la vision féministe de l'origine de la guerre par Orlan (Mireille Suzanne Francette Porte)

pour satisfaire G.L., la tenue de la secrétaire à laquelle le président a succombé (un voile qui dévoile), suivie de la vision machiste de l'origine du monde par Gustave Courbet, la même vision détournée ou renforcée par Deborah de Robertis, en contre-point la vision féministe de l'origine de la guerre par Orlan (Mireille Suzanne Francette Porte)

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