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Les Cahiers de l'Égaré

1000 mots pour la grotte Chauvet et l'Ardèche/J.C.Grosse

Rédigé par JCG Publié dans #jean-claude grosse

le panneau des chevaux

le panneau des chevaux

Invitation à création


Plus que 30 000 ans !

traces d'ours (Claude Parent)
      

1.000 mots
pour
 l’art pariétal des origines

 

( – impossible chance inouïe de ravissement,
visuel, auditif, spéculatif …
                                                    sans convoitise ni possession – ) 

   
BOR181 - copie 1

(Michel Bories)

BOR183 - copie

(Michel Bories)


BOR182 - copie

(Michel Bories)


BOR219 - copie

(Michel Bories)

Testament

(à conserver dans la grotte Chauvet,
porte blindée, surveillance vidéo,
code d’accès aléatoire,
accessible seulement à
un Anaximandre de l’Infini – comme branle
un artiste du Sublime – élévation par resplendissement
un Héraclite des contraires – Voyant – dans le noir
un Peintre animalier, au trait sûr, le soir)     

à ouvrir le 18 décembre 34.994

BOR121 - copie

(Michel Bories)

Je vous demande Pardon hominiens de demain
s’il ne reste rien de l’homo sapiens,
espèce ayant joué avec le feu, l’air, l’eau, la terre,
ne voulant pas se savoir mortelle.  
Je vous demande Pardon
pour avoir oublié les générations futures,
50 ans devant moi, 1.000 ans après moi,
33.000 ans après la découverte,
le 18 décembre 1994,
des dessins de la grotte toxique, 
enjeux de procès intéressés.   
Nous vivions,
nous croyant maîtres et possesseurs de la Nature,
civilisés supérieurs
aux minéraux, végétaux, animaux,
primitifs, sauvages, barbares.
Je vivais, esclave volontaire, au jour le jour.
 
Pas vues
les évidences
– à crever les yeux –
de la grotte du Vallon Pont d’Arc :  

toute origine renvoie à l’origine d’avant, ainsi de suite
on ne connaît donc l’origine de rien
tout horizon appelle l’horizon d’après, ainsi de suite
aucun horizon ne peut donc être atteint 
chemins, ne mènent nulle part – funambule de ton fil –
traces, se perdent – impermanence de somnambule –  
cairns édifiés, ne promettent aucun retour.


Les premiers peintres,
anonymes,
inventent,
gratuitement,
entre raclures d’hommes et griffures d’ours,


artiste1.jpeg

(Claude Parent)

sans souci de notoriété, de postérité,
perspective, mouvement, équilibre, composition réaliste.


18 - copie

Diapo n° 26 (cliché Jean Clottes)
Lions en chasse sur le grand panneau de la Salle du fond. Les scènes sont rares dans l'art paléolithique. Celle-ci est unique.


Sur la paroi,
lionnes, rhinocéros, mégacéros, aurochs,
bisons, chevaux, mammouths, ours,
rouges, noirs, détourés, estompés, gravés.


11 - copie

Diapo n° 13 (cliché ministère de la Culture et de la Communication, Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes, Service régional de l’archéologie.) :
Niche du panneau des chevaux, paroi gauche (L. env.1,80 m). Derrière les trois chevaux, le corps d'un grand félin tourné à droite a été inscrit au second plan : la ligne de dos et l'arrière train du lion ont été interrompus pour laisser les chevaux au premier rang ; cependant une "erreur" fait que la ligne ventrale recouvre le cheval inférieur, démontrant ainsi la chronologie de la composition. Un deuxième félin, tourné à gauche, ferme la perspective ainsi suggérée. Il s'agit d'une scène naturaliste où un félin mâle (celui tourné à droite) courtise une femelle réticente (le félin tourné à gauche), assise et montrant les dents.


20 - copie

Diapo n° 20 (cliché ministère de la Culture et de la Communication, Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes, Service régional de l’archéologie) :
Panneau des lions. Partie sud, détail (L., environ 0,80 m). Le tracé des trois grands lions se superpose à des figurations antérieures de félins. L'individu du troisième plan, détaché par raclage, n'est représenté que par l'amorce de la ligne de dos, l'oreille et le frontal. Remarquer, sur les deux autres spécimens, l'emploi de l'estompe et l'implantation des vibrisses. Les gravures en trait fin du premier plan correspondent à des griffades d'ours dont la surcharge démontre la fréquentation contemporaine de la caverne par l'Homme et les plantigrades.


Bestiaire  
conçu (?) par un cerveau d’artiste,
réalisé (?) par une main d’artiste,
relations d’incertitudes entre intention, matière et temps.
Le primitivisme des premiers dessins n’enlève rien à leur beauté
fait leur intemporelle modernité


12 - copie

Diapo n° 12 (cliché ministère de la Culture et de la Communication, Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes, Service régional de l’archéologie) :
Panneau des chevaux (détail. L. env 1,10 m). Chevaux placés en parallèle et se superposant au tracé, antérieur, des aurochs dont ils reprennent la ligne de dos, en haut à droite et dont il subsiste une encornure derrière le deuxième individu. Remarquer la crinière surnuméraire venant accroître l'effet de nombre et renforcer le rendu de la perspective déjà souligné par la déformation curviligne progressive des têtes ("vison polaire"). Le modelé des ganaches est rendu à l'estompe tandis que le tracé des naseaux est finement détouré, par raclage, au détriment du dos d'un rhinocéros.


– de la main d’un aurignacien d’1mètre 80, au petit doigt levé,
pour la paléontologue – 


04 - copie
 

aurignacien insaisissable
échappant à toute restitution
apparence n’est pas présence
dans ces dessins – des ancêtres problématiques
– de la main d’un aurignacien hors normes,
qui s’est reconnu poète,
ajoutant à la Nature – dont il fait partie –
ce qui, avant lui, n’existait pas,
 même dans sa tête,
créateur de lui-même,
par déprise progressive
de maîtrise/ bêtise,
par estime de soi,
non par contentement de soi,
ne laissant pas à autrui la responsabilité de son être,
malgré l’horizon de la mort,
pour le sage tragique – 
Sur la paroi de la caverne
l’artiste est une main, son habileté,
reliée à un esprit, son imagination,
un cœur, ses sentiments.
 Son œuvre sur la paroi,
insistant désir illusoire d’éternité,  
 ombre rêvée de 33.000 ans,
retrouvée  –  par hasard  – 
depuis 15 ans.
 
Pour quels usages ?    


Pourquoy prenons-nous titre d’estre, de cet instant qui n’est qu’une eloise dans le cours infini d’une nuict eternelle et une interruption si briefve de nostre perpetuelle et naturelle condition ?

  Montaigne,Essais II,12     

                                                                                                                
Nouveaux univers, nouvelles espèces,
vous n’accèderez pas à d’autres évidences :

il n’y a aucune échappée possible à la mort
– mais la Nature invente, crée –
– et l’Homme, sa créature poétique, peut inventer,
se dépasser,
créer des univers de – beauté
chercher jusqu’à la fin la – vérité   


– évidences sans certitudes de ce moment solitaire
d’écriture en compagnie
– essai de pensée se soutenant du vide


Panneau
pour paysage tableau
 

MDM_2351.jpg

800px-CirqueMadeleine
 

De ce belvédère
e             r
r             i
è            a
d’           d’
é            é
v            v
l             l
e            e
b             b
de Tourre / de Serre
à l’écart du chemin – trop fréquenté –
regarde, écoute, touche, hume, goûte, imagine, pense…
Contemple ce présent qui
sans toi, s’absente
avec toi, peut prendre sens.
Le cirque d’Estre te raconte des – histoires –


  pt31994
 

– rencontres de plaques tectoniques
surrections subsidences assèchements  inondations
incendies glaciations réchauffements éruptions érosions –
de quoi activer tes peurs. 
Il te raconte aussi périodes calmes,
mouvements lents, variations imperceptibles.
Travaille et repose sur cette terre provisoirement apaisée. 
Les – catastrophes – remodelages de paysages
n’ont jamais lieu en même temps, au même endroit :
elles se distribuent
au hasard
te rappellent que
– la Terre est dynamique, dynamite.
Croire immuable ce méandre mort du Pont d’Arc
est erreur d’échelle.  
Tu observes à l’échelle de ton présent
en présence d’échelles impraticables.
    Tu ne peux par la pensée accéder à                                                                                    
 – la Nature – 
englobant infini, éternel des choses finies, mortelles
ensemble ouvert de mondes clos
engendrement chaotique de mondes structurés
cause aveugle de toute génération

soutenant ton courage de créer comme si ce n’était pas pour rien.    


Panneau
pour instants suspendus


image3.jpg

lecture, exposition et piano sur le sentier des Lauzes

image4.jpgimage6.jpg


À l’échelle du temps rétréci
– celui de tes projets –
tu paries sur un court avenir
que tu ne peux te garantir
malgré toutes tes assurances. 
La Nature est Temps et Chance,
bandeau sur les yeux,
patience créatrice aveugle.
  
La vallée de la Drobie est
œuvre de vie de la Nature. 


lapieValgorge
 

Le sentier des Lauzes,


foto-sentier
 

hier de nécessité,
aujourd’hui de randonnée,


p1010020.jpg
 

chemin de pluralité consentie,  
œuvre d’accompagnement des hommes
– créatures et créateurs 
œuvre de leur courage
– ce qui va au-delà de nous –
car l’horizon de tout – pas du Tout – est la mort  
mais en l’attendant, c’est ton moment de vie,
celui de cette abeille,
celui de ce châtaignier.  
Mesure la maîtrise des hommes d’autrefois
qui ont façonné ce territoire,
étagé cette colline avec des faïsses,
quadrillé cette clairière avec des clapas,
relié parcelles et hameaux par drailles caladées. 

restanques-Combe.JPG

 

Médite la déprise, le dépeuplement, durables,
à la survenue d’une maladie du châtaignier,
au déclenchement d’une guerre.  
Résiste aux usages massifs et marchands
du territoire, de l’histoire.

Décide, avec quelques amis, d’autres usages
– partagés – de Terre Mer !   

humanimalitéselduvernisalinité

Éros jaillit Thanatos déchire
amour enlacement séparation mort
au miroir de Narcisse absence de mirage du réel
toi joué
aux dés désespérés des mots
 jouant du long balancier sur un fil
 énergie expansion dilution matière
vide répulsion gravitation vie 

renaissants univers
par bootstrap ?

 

Jean-Claude Grosse
du 17 octobre au 18 décembre 2009
un des 33 auteurs à 1.000 mots
pour les 33.000 ans de la Grotte Chauvet,
initiative portée par Roger Lombardot
et Théâtre d'aujourd'hui,
à Laurac en Vivarais
avec le soutien des institutions
et collectivités territoriales.
Le livre des 33.000 mots sera édité
par Les Cahiers de l'Égaré.
Les 33000 mots ont été en fait publiés dans un numéro hors-série de la Revue des Deux Mondes, novembre 2011.


LOGOCahiersÉgaré

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