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La tentation du désert
 

Les marchands de sable
détestent
prêcher dans le désert.
Que le désert croisse !
Honneur à qui favorise
le désert !
à qui recèle un désert !
 
Prophètes de malheur,
annonceurs d’apocalypses
naissent du  désert.
Brament dans le désert.
Aboulique, la foule.
Boulimiques, les masses.
Venues du Nord,
déferlent par les autoroutes
du soleil.
Maximalisation du Sud.
A l’heure de midi,
le midi brûle.
Le désert croît.
Déserts, les chantiers.
Licenciés, les ouvriers.
Moi, les pieds dans l’eau.
Indifférent au paradis.
 
Prophètes de bonheur,
annonceurs d’âges d’or
surgissent du désert.
Exultent dans le désert.
Mimétique, la foule.
Léthargiques, les masses.
Venues du froid,
s’allongent sur le sable
chaud.
Sieste sous parasol.
A l’heure de midi, il fait nuit.
Le désert croît.
Déserts, les embarcadères.
Désarmés, les rafiots.
Moi, la tête dans les étoiles.
Indifférent à l’enfer.
 
Les assoiffés de pouvoir
déversent sur la foule,
les grandes eaux
de leurs mirages.
Fébriles, les assujettis
fascinés par ces images
qui ne désaltèrent pas.
Qui en appellerait à
la traversée
du désert ?

Sur les plages de sable,
l’indifférence d’aujourd’hui.
Molle. Obèse. Prolifique.

Dans les déserts de sable,
l’indifférence d’hier.
Dure. Sèche. Érémitique.
 
Du désert, aimer à la folie
le grain de sable
qui enraye la machine,
saboteur de toute folie
des grandeurs.
 
Du désert, garder
le grain de sable,
inaltérable,
ne pas s’attarder
à la dune,
sa répétition en masse,
altérée par
tout vent de sable.

Favoriser le désert
jusqu’au mira (cl ou g) e
de  l’oasis
                  
J.C. Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré
 

 

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voyages

Dimanche 21 décembre 2008
VISSOTSKI / BASKAKOV
En juillet 2005, nous allions sur les traces de CG, là où il avait répété en juillet 2000, son dernier spectacle:(C'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop.
En juillet 2002, les comédiens du Molodiojni Theatr', d'Oulan-Oudé en Sibérie, avec lesquels CG avait travaillé, édifiaient un mémorial en son souvenir, à Baklany, au bord du lac Baïkal, en pleine nature (2 H 1/2 en bateau avec puissant moteur et pêcheur expérimenté sont nécessaires pour y arriver).

C'est au cours d'une des soirées que nous avons passées à Baklany, le 25 juillet 2005, que le metteur en scène Anatoli Baskakov a chanté une chanson de Vissotski,
La chasse aux loups,
Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés
Mais aujourd'hui, comme le jour précédent,
Ils m'ont cerné, ils m'ont cerné:
Gaiement ils me rabattent vers les servants,

Derrière les sapins s'activent les fusils à deux coups:
Les chasseurs dans l'ombre sont dissimulés.
Sur la neige tombent les loups
En cibles vivantes transformés.

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions...

Ce n'est pas à armes égales que s'amusent avec les bêtes
Les chasseurs, mais aux yeux ils n'ont pas froid !
Avec les fanions nous coupant la retraite,
Ils tirent d'une main assurée et leurs coups ne manquent pas !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Nos pattes et nos mâchoires sont d'une grande rapidité.
Pourquoi, chef de la meute, réponds, réponds,
Galopons- nous vers les fusils, traqués,
Et n'essayons-nous pas d'enfreindre l'interdiction ?

Le loup ne peut ni ne doit cette loi transgresser...
J'ai fait mon temps :
Celui â qui j'étais prédestiné
A levé son fusil en souriant...

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Subir, je n'ai pas voulu. J'ai couru.
Au-delà des fanions, le désir de vivre est plus grand !
Seulement, tout joyeux, derrière moi j'ai entendu
Les hommes pousser des cris d'étonnement.

Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés,
Mais aujourd'hui, ce n'est pas comme le jour précédent !
Ils m'ont cerné, il m'ont cerné,
Mais les chasseurs sont restés gros-jean !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Traduction d'Hélène Ravaisse.


pour le 25° anniversaire de sa mort. Omoul,(le fameux poisson du Baïkal qu'on mange cru ou grillé), et vodka avaient accompagné les toasts, cérémonial russe dans lequel excelle Baskakov, en poète.

site Vladimir Vissotski
(chansons à écouter et à lire)

Hommage à Vladimir Vissotski


Vladimir Vissotski, chanteur, poète, acteur, mari de l’actrice française Marina Vlady est mort le 25 juillet 1980. 25 ans après, les Russes ont voulu rendre un vibrant hommage à celui qui est toujours considéré comme "La voix pour la couleur d’une nation."

Lundi 25 juillet 2005.
Les Russes ont rendu lundi hommage à Vladimir Vissotski, poète, chanteur et acteur dont la voix rauque séduit toujours en Russie, y compris les jeunes générations, 25 ans jour pour jour après sa mort. Des centaines de personnes sont venues déposer des fleurs sur sa tombe au cimetière Vagankovskoïé à Moscou, certains avec des guitares pour chanter ses chansons.
Et une statue de Vissotski, de six mètres de haut, a été inaugurée lundi à Novossibirsk (Sibérie) alors que les chaînes russes diffusaient des reportages et des films consacrés au poète.
"Toute une époque a passé, mais il n’y a pas eu depuis sa mort une autre personnalité qui jouirait d’un amour populaire aussi absolu que Vissotski", écrivait lundi le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta.
"Vissotski était pour nous une gorgée d’oxygène", a expliqué sur la chaîne NTV Vadim Toumanov, écrivain, ancien prisonnier politique et ami du chanteur.
Des manifestations consacrées à Vladimir Vissotski sont organisées ces jours-ci à travers toute la Russie, mais aussi dans des ex-républiques soviétiques, dans l’est de l’Europe, en Israël et aux Etats-Unis.
Un concert, intitulé "Sauvez nos âmes..." d’après une chanson de Vissotski sur le naufrage d’un sous-marin, était prévu lundi soir dans la capitale russe.
Le musée Vissotski dirigé par le fils du poète, Nikita Vissotski, a présenté dimanche un spectacle, "Les pommes du paradis", qui retrace le destin du poète par le monologue d’une actrice incarnant toutes les femmes de sa vie.
Vissotski, qui était marié à l’actrice française Marina Vlady et dont les chansons circulaient à l’époque soviétique sur des bandes magnétiques enregistrées par des amateurs lors de concerts semi-clandestins, souffrait d’alcoolisme.
Il est mort le 25 juillet 1980 à 42 ans et son enterrement a réuni une foule énorme repoussant au second plan les Jeux olympiques à Moscou.

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Samedi 18 avril 2009
Lettre à Marie-José Malis

Le Prince de Hombourg de Heinrich Von Kleist
Mise en scène Marie-José Malis
Compagnie La Llevantina

J’ai vu ce spectacle vendredi 3 avril 2009 au Théâtre Antoine Vitez à Aix-en-Provence.
Comme je l’ai dit dans mon article sur Enter the ghost, je suis le travail exigeant de Marie-Jo depuis 2001, depuis Aléthéia, vu au château de Salses, spectacle-parcours pour 30 spectateurs.
(C’est à l’entrée du château que nous avons vu pour la dernière fois, Cyril, fin août 2001 et chaque fois que nous passons devant le château par l’autoroute A9, c’est toujours le même déferlement d’images et d’émotions.)
Ce Prince de Hombourg est une grande pièce.
Je signale pourtant à Marie-Jo : Wallenstein de Schiller.
D’autres sont à signaler : de Marcel Martinet, préfacée par Trotsky, signature aussi pertinente que Badiou, La nuit, Les derniers jours de l’humanité de Karl Kraus ou même Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch.
Bonnes lectures puisque le projet a été mis en branle avec les étudiants en études théâtrales de l’université de Montpellier sur le thème : théâtre et histoire, y a-t-il des possibles, ce qui fait l’histoire et par où passent-ils ?
« Il m’a semblé dit-elle que cette pièce, dans son accès au sublime, laissait sentir comment ce qu’Alain Badiou appelle une vérité du politique, un principe universel, venait soudain brûler la terre endormie d’un monde figée. Et relançait l’Histoire. »
D’où un nouveau conseil de lecture sur théâtre et politique : Livraison et délivrance de Denis Guénoun chez Belin, tout frais sorti.
Donc cette pièce est une grande pièce, ce spectacle est un grand spectacle et je ne vais pas m’étendre dessus. Un article dans Le Monde, un dans Libération, un sur Rue 89 en parlent bien.




Je souhaite que ce spectacle tourne beaucoup dans les plus grands théâtres.
Je veux surtout interroger Marie-Jo sur ses partis pris.
Il y en a un qui est limite puisque le niveau d’énonciation ou de profération est parfois limite, que j’ai donc eu du mal à saisir le texte. Il suffit que les fauteuils grincent, que certains s’agitent, toussent et on perd le contact. Dommage sauf pour le colonel Clausewitz (Kottwitz). Mais parfois cela donne d’étranges choses : Nathalie est devenu Hallali et même Attali pour mon ouïe diminuée.
En bonne lectrice, Marie-Jo a compris que Kleist n’a pu se poser que certaines questions, qu’il n’a pu aller plus loin (même s’il anticipe) étant donné son temps (1777-1811) d’où l’essai à partir du V° acte de réactualiser les questions avec son appel à Alain Badiou pour le réécrire.
Toujours est-il qu’avec ce V° acte, conservé ? réécrit ? dans quelles proportions ? nous restons partiellement sur notre faim.
C’est le temps de la pensée, de la discussion, de la disputatio.
Le temps de l’émotion et de l’action est passé.
Le temps de la sanction, de la clémence ou de la grâce est passé (nous avons suivi pas à pas les réactions de Hombourg magnifiquement interprété par Victor Ponomarev ; les autres comédiens sont très bons aussi mais de registres plus homogènes).
Des paroles fortes sont énoncées qui ne sont pas de Kleist, de qui ? (Badiou, Malis).
Genre : On est tous des manipulateurs. Comment peut-on en sortir ? La confiance ne se rétablira que si nous cherchons la réponse. Ce lieu est trop usé. Quelque chose sur deux principes, l’un ironique, l’autre, je ne me rappelle plus.
Après avoir suivi, vécu, éprouvé les multiples sentiments de Hombourg, de Nathalie, de l’Électeur, de l’Électrice, de Heinrich… nous sommes intégrés au dispositif, on nous parle à la face, on monte dans les gradins, l’explication entre hommes a lieu pour nous, avec nous (?) comme spectateurs.
Là, le soupçon m’est venu, pas de suite, dans la nuit quand ça cogite, s’agite, songe, rêve, lucidité : et si Marie-Jo était comprise dans les manipulateurs ? Si elle-même manipulait. Faire référence ou appel à Badiou n’est pas anodin (je citerai son De quoi sarkozy est-il le nom ?) sauf qu’il occupe une petite place en fin de compte, on ne sait même pas laquelle. Et dans ce décor de salle des fêtes défaite avec ses papiers à terre, ses tables de classe, ses tabourets et chaises de mobilier scolaire, nous intégrés par les lumières (sans excès ; ce n’est pas leur procès, ni le nôtre ; c’est le temps des explications entre hommes sur la loi, la liberté de conscience, la patrie, l’égalité…) au dispositif, eh ! bien, Marie-Jo nous laisse en position de spectateurs, peut-être de témoins, chacun seul avec sa pensée, son libre arbitre, sa conscience, nié comme collectif qui ne s’est pas retrouvé là par hasard pour consommer un demi.
En tout cas, elle ne radicalise pas son parti pris, elle n’ose pas faire que le lieu du théâtre, autrefois, l’agora, lieu donc de la délibération et de la décision, redevienne cette agora que nous avons perdue, dont nous avons été dépossédés.
Que faire ? je n’ai pas à imaginer pour Marie-Jo.
Débat avec la salle pendant ce V° acte. Quelle sorte de débat, lié aux luttes actuelles ? Plus général sur quels possibles ? Acteurs devenant citoyens, interpellant… Toi, mon frère… le mot est dans le spectacle, je crois…
En tout cas, pendant que je voyais ce Prince de Hombourg, c’était à l’Université du Sud à Toulon,
la Nuit de la convergence des luttes (contre une mobilisation de niche).
 
Nuit de la convergence des luttes
Vendredi 3 avril, campus de La Garde, à partir de 17h

Venez nombreux et parlez-en autour de vous !

Le programme

- 17h-18h (amphi 400) : table ronde organisée par l'IUFM, sur le 
thème "Quel avenir pour la formation des enseignants ?"
- 18h-19h30 (amphi 400) : Assemblée générale "Monde de l'Education"
- 19h30-21h (amphi 300) : Conférences-débats
- 19h30-20h15 : "AGCS : 4 lettres pour la destruction des services 
publics" (D. Sous)
- 20h15-21h : "Organiser un vote : pas si facile !" (T. Champion)
- 21h-22h (amphi 400) : Concert rock
- 22h15-23h45 (amphi 300) : Projection du documentaire "Paroles 
d'exclus", suivie d'un débat en présence du réalisateur Cyril Cossu
- à partir de 23h (amphi 400) : Scène ouverte

Stands d'associations : Ascension Verticale (réinsertion par 
l'escalade), SOS racisme, Planning familial.
Sans oublier la restauration à petits prix : merguez-buvette et 
autres plats faits maison, mieux qu'à la fête de l'Huma !

Et pour les plus petits, un espace-DVD-garderie sera aménagé dans le 
hall de l'amphi 400...

Informations : 04.94.14.23.67





Elle aurait pu avoir lieu au même moment à l’Université d’Aix mais il semble qu’elle n’est pas très mobilisée contre la ministre du mépris, l’université d’Aix, à l’image peut-être de ces étudiants de Sciences Po de Paris. Des étudiants de l'université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI.
Marie-Jo, tu dois aller plus loin pour la reprise de ton spectacle : le temps des luttes est de retour, Marx est de retour. Choisis ton camp dans le champ même du théâtre, pas seulement en dehors comme militante. En 68 et dans les années qui ont suivi, j’ai vu du radical qui secoue.
Jean-Claude Grosse
5 avril 2009

Cher Jean-Claude,
merci de cette lettre, elle me touche,me passionne par les éléments que tu mets à ma disposition, me tarabuste, me donne aussi des envies de polémique avec toi (comment peut-on être si exigeant en termes de cohérence entre les principes et les actions réelles et appeler à voter Ségolène Royal serait ma perfide première  question?) et je prendrai le temps d'y répondre quand nous serons sortis D'Arles.
Je t'envoie non pas notre mouture de l'acte V, qui n'est pas composée, mais un état du texte avec des fragments qui sont rajoutés et qui sont de ma composition: cette solution n'est pas définitive, car je ne cesse de retravailler ce Vème acte et de m'y tourmenter.Et tu a raison de souligner sa dimension déceptive et frustrante, il l'est aussi pour moi.
Mais encore une fois, merci de ta venue, de ta généreuse exigence, et de ta pensée
Marie-Jo
Commentaire n° 1     posté par     la llevantina     le 06/04/2009 à 22h39

Marie-Jo,
aucun problème avec la polémique.
À propos de Ségolène Royal, candidate en 2007, je pose que c'était la seule capable de battre Sarkozy. Pour choisir Ségolène, éliminer Fabius, DSK, fallait être au PS  et j'en ai été de 2006 à 2007: je ne voulais pas être qu'un électeur en 2007, je voulais jouer un petit rôle dans le choix d'une candidate capable de susciter l'enthousiasme (mais aussi la haine de classe des nantis). Je n'ai pas renouvelé en 2008, n'ai donc pas participé au pitoyable Congrès de Reims, considérant que le PS (direction et une moitié du parti) était responsable de son échec. Le congrès de 2008 a confirmé la volonté d'une moitié du parti de liquider Ségolène. D'où vient cette haine ? À mon humble avis de l'esprit social-démocrate du PS, c'est-à-dire collabo, dans le moule social-libéral. Et de la difficulté à formater Ségolène qui avec sa démocratie participative jetait les bases d'une vraie démocratie avec un contenu révolutionnaire genre Cahiers de doléance (voir les Cahiers d'espérance de Désirs d'avenir où je n'ai pas renouvelé non plus mais avec qui je reste en relation: remarquables documents à disposition de tous sur le site Désirs d'avenir). Que tu le veuilles ou non, elle est une des rares d'envergure nationale à être sur le front des luttes et dans sa région à tenter de trouver des solutions. Elle est aussi sur le front théorique, aussi bien que Badiou même si ça te fait sourire: elle sait s'entourer, cherche les démarches innovantes là-bas, ici, produit des contributions... Certes elle reste pour l'arrivée au pouvoir par des voies légales, et pourquoi pas mais sans illusions, elle n'appellera pas à la grève générale: ce n'est pas son rôle même si je ne partage pas tout à fait cette conception de la séparation entre responsabilités syndicales et politiques (charte d'Amiens, très peu respectée à l'époque du stalinisme), elle interpelle le pouvoir, propose des lois qui ne seront pas votées mais cela ouvre aussi des perspectives politiques, contribue avec d'autres moments et moyens à la conscientisation: que les états-majors syndicaux collaborent, refusent le tous ensemble, sauf si la base un jour (peut-être plus proche qu'on ne pense) impose l'unité d'action, la grève générale et contrôle son mouvement, que les partis y compris d'extrême gauche (j'ai été longtemps au PCI et au PT, le parti des maires et des travailleurs alors qu'on est ultra-minoritaire, façon typique de s'approprier la totalité, l'universel) n'ont rien à proposer pour arriver au pouvoir et changer la donne. En tout cas, si la voie légale reste pour le moment la seule ouverte, je ne vois pas à gauche de rassembleur d'envergure capable de ramener des voies du centre. Pour le moment (2007) on ne gagne pas qu'avec l'addition gauche, écolo, extrême-gauche. Peut-être que la crise (mais 2012, c'est loin), changera quelques habitudes, sales habitudes de ceux qui votent contre leurs propres intérêts par ignorance, vengeance, bêtise... les femmes n'ont pas donné la majorité à Ségolène, les ouvriers continuent à voter en partie contre eux... La démocratie participative c'est partir des gens, de leurs problèmes, de leurs solutions, de leurs questions: ça aide à changer les têtes qui découvrent qu'elles ne sont pas si mal faites.
Aux municipales de 2008, j'ai conduit la 3° liste au Revest contre le maire sortant: belle équipe, bon programme, trop en avance quand même, nous avons fait presque 15 % mais le PS revestois s'est coupé en 4: 3 sont partis sur une liste de droite (3 sur 23  au mépris des décisions de section qui demandaient 10 à 11 sur la liste), j'ai été seul sur ma liste, le secrétaire et 2 autres ont appelé à voter pour la 2° liste, et d'autres ont dit qu'ils choisiraient dans l'urne (en fait pour la 2° liste de droite-gauche). Peu importe: ma liste continue à se réunir et nous sortons un bulletin d'opposition.
À une suite,
JC

PJ: des articles sur la présidentielle (pendant et après, je les ai gardés en ligne parce que je pense qu'ils n'ont pas trop vieilli), ma pièce: Moi, l'élu, farce électorale, le site de ma liste

http://les4saisons.over-blog.com/article-10577954.html
http://les4saisons.over-blog.com/article-5666015.html
http://les4saisons.over-blog.com/article-6273917.html
http://les4saisons.over-blog.com/article-5817258.html

http://www.desirsdavenir.org/

http://www.dailymotion.com/video/x8t813_regis-debray-un-moment-fraternite-a_news
http://www.dailymotion.com/video/x8snca_politique-reponse-de-segolene-royal_news

http://avecvousmaintenant.free.fr/

Après 1789, 2009 ?
LE MONDE | 04.04.09 | 14h57  •  Mis à jour le 04.04.09 | 14h57

La Révolution française, vingt ans après le bicentenaire, affleure à nouveau dans les discours publics. Le président de la République de reconnaître que ce n'est pas facile de gouverner un "pays régicide". Alain Minc de mettre en garde ses "amis de la classe dirigeante" en rappelant que 1789 a commencé en 1788 et qu'il faut sans doute savoir renoncer à certains privilèges. Jean-François Copé de déplorer "la tentation naturelle de refaire en permanence 1793".

Ces énoncés témoignent pour le moins d'une inquiétude : le peuple français ne se laisse pas si facilement gouverner, il a su et saurait peut-être à nouveau devenir révolutionnaire, voire coupeur de têtes. Parler de la Révolution française vise soit à la congédier en affirmant qu'on ne laissera pas faire à nouveau, soit à en faire le lieu d'une expérience utile pour ne pas répéter les erreurs passées. La violence doit aujourd'hui pouvoir rester symbolique et ne pas atteindre les corps. Pour ce faire, il faut savoir d'un côté la retenir, et de l'autre tarir les sources de son surgissement.

Retenir la violence, c'est là l'exercice même du maintien de l'ordre. Or il n'appartient pas aux seules "forces de l'ordre". Les révolutionnaires conscients des dangers de la fureur cherchent constamment des procédures d'apaisement. Lorsque les Parisiens, le 17 juillet 1791, réclament le jugement du roi, ils sont venus pétitionner au Champ-de-Mars sans armes et sans bâtons. L'épreuve de force est un pique-nique, un symbole dans l'art de la politique démocratique.

Aujourd'hui, les mouvements sont non violents, ils inventent, comme de 1790 à 1792, des formes qui permettent de dire la colère tout en retenant la violence. Les manifestations et les grèves encadrées par les syndicats et les coordinations relèvent de cette tradition, mais on peut aussi voir des occupations avec pique-nique, un "printemps des colères" qui propose en même temps une guinguette. On lit La Princesse de Clève dans un vaste relais de voix devant un théâtre public.

Or ces outils de l'auto-retenue de la violence peuvent être mis à mal par les forces de l'ordre quand elles usent de la violence répressive sur les corps. Ici encore, ce n'est pas sans rappeler la violence exécutive qui surgit contre les corps désarmés de la foule. Le 17 juillet 1791, certains sont morts dans une fusillade sans sommation, aujourd'hui certains perdent un oeil dans un passage à tabac, des enfants rentrent chez eux traumatisés, des manifestants sont interpellés et jugés pour rébellion.

Enfin cette auto-retenue peut céder si ceux à qui est adressée la demande de nouvelles lois n'entendent pas ces émotions disruptives que sont la colère, l'indignation et même l'effroi lié à la crise. Le désir de lois protectrices est au fondement du désir de droit. Le gouvernement joue avec le feu en refusant de traduire dans les faits cette demande populaire. Elle incarne un mode spécifique de la souveraineté en France : la souveraineté en actes. La disqualifier au nom de la seule démocratie représentative, c'est fragiliser encore davantage un pacte social d'unité déjà exsangue.

En effet, plus on s'éloigne de l'élection présidentielle, et plus la nécessité pour un président de la République de représenter le pays tout entier, réuni après la division électorale, semble négligée, voire méprisée.

Loin de tenir compte des attentes du camp adverse, notre gouvernement n'a pas non plus tenu compte de son propre camp, à qui il avait promis un meilleur niveau de vie. Aujourd'hui, la crise s'installe. Les effets sociaux et politiques du bouclier fiscal sont devenus lisibles. On assiste à une volonté de réformer le système éducatif français sans concertation et les réformes sont vécues comme des démantèlements purs et simples. Une dette d'honneur et de vie pourrait opposer frontalement deux groupes sociaux antagonistes et diviser profondément la société.

Dette d'honneur, car l'électorat a été trompé par un usage sans vergogne du registre démagogique et que, maintenant, il le sait. Dette d'honneur, car le refus de concertation prend appui sur la valeur supposée des résultats électoraux en démocratie. Effectivement, Nicolas Sarkozy a été bien élu, et la valeur donnée au rituel se retourne contre ceux mêmes qui y ont cru, dans toutes les catégories sociales révoltées. Enfin, "dette de vie", car aujourd'hui le travail et l'éducation nationale sont vécus comme des "points de vie" qui semblent disparaître sans que les plus riches semblent s'en soucier, avouant une absence totale de solidarité dans la crise.

Le mot d'ordre qui circule "nous ne paierons pas votre crise" met en évidence cette division sociale entre un "nous", les opprimés, et un "vous", les oppresseurs. Mais elle a surgi également dans l'enceinte de Sciences Po Paris. Des étudiants de l'université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI. Cette violence symbolique traverse déjà donc différents segments de la société et ne peut qu'attiser la rébellion de ceux qui se sentent ainsi bafoués par une nouvelle morgue aristocratique. Les étudiants venaient chercher des alliés, ils ont rencontré des ennemis.

Mais le "nous" des opprimés n'est pas constitué uniquement des précaires, chômeurs, ou futurs chômeurs, il est constitué des classes moyennes qui sont précarisées, des classes lettrées qui manifestent et se mettent en grève pour défendre une certaine conception de l'université et des savoirs. Il est constitué de tous ceux qui, finalement, se sentent floués et réclament "justice". A ce titre, les mouvements sociaux de cet hiver et de ce printemps sont déjà dans la tentation naturelle de refaire 1793. Ils veulent plus de justice et pour l'obtenir affirment que, malgré les résultats électoraux, ils incarnent le souverain légitime.

Cette tentation naturelle du point de vue du président de la République, c'est celle de "l'égalitarisme", terme disqualifiant le fondement même de la démocratie : l'égalité. Ce supposé égalitarisme viserait à empêcher ceux qui ont le mieux réussi en termes de gains de richesse, de pouvoir pleinement bénéficier de cette richesse. Le bouclier fiscal serait une loi protectrice contre l'égalitarisme. Ici, refaire 1793 supposerait de refuser ce faux débat. Pendant la Révolution française, l'épouvantail brandi par les riches s'appelle "loi agraire", une volonté supposée de redistribuer toutes les terres. Robespierre, le 24 avril 1793, en rejette l'idée : "Vous devez savoir que cette loi agraire dont vous avez tant parlé n'est qu'un fantôme créé par les fripons pour épouvanter les imbéciles ; il ne fallait pas une révolution pour apprendre à l'univers que l'extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes. Mais nous n'en sommes pas moins convaincus que l'égalité des biens est une chimère. Il s'agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l'opulence".

Le 17 juin 1793, il s'oppose à l'idée que le peuple soit dispensé de contribuer aux dépenses publiques qui seraient supportées par les seuls riches : "Je suis éclairé par le bon sens du peuple qui sent que l'espèce de faveur qu'on veut lui faire n'est qu'une injure. Il s'établirait une classe de prolétaires, une classe d'ilotes, et l'égalité et la liberté périraient pour jamais."

Une loi, aujourd'hui, a été votée pour agrandir cette classe d'ilotes, mais le gouvernement refuse que l'impôt sur les immenses richesses puisse venir en aide aux "malheureux". Le pacte de la juste répartition des richesses prélevées par l'Etat semble avoir volé en éclats quand les montants des chèques donnés aux nouveaux bénéficiaires du paquet fiscal ont été connus : les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d'euros) ont touché chacun un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, "soit l'équivalent de trente années de smic". Une dette de vies.

Lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, affirme qu'il est "regrettable que le gouvernement et sa majorité soient plus attentifs au sort de quelques centaines de Français plutôt qu'aux millions d'entre eux qui viennent de manifester pour une meilleure justice sociale", il retrouve en effet le langage révolutionnaire. Ainsi le cahier de doléances du Mesnil-Saint-Germain (actuellement en Essonne) affirme : "La vie des pauvres doit être plus sacrée qu'une partie de la propriété des riches."

Certains, même à droite, semblent en avoir une conscience claire quand ils réclament, effectivement, qu'on légifère contre les bonus, les stock-options et les parachutes dorés. Ils ressemblent à un Roederer qui, le 20 juin 1792, rappelle que le bon représentant doit savoir retenir la violence plutôt que l'attiser. Si le gouvernement est un "M. Veto" face à ces lois attendues, s'il poursuit des politiques publiques déstabilisatrices, alors la configuration sera celle d'une demande de justice dans une société divisée, la justice s'appelle alors vengeance publique "qui vise à épurer cette dette d'honneur et de vie. Malheureuse et terrible situation que celle où le caractère d'un peuple naturellement bon et généreux est contraint de se livrer à de pareilles vengeances".

Sophie Wahnich

Historienne
Chercheuse au CNRS-Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales (Laios-IIac).
Elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Révolution française, dont "L'Impossible Citoyen, l'étranger dans le discours de la Révolution française" (Albin Michel, 1997) ; "La Longue Patience du peuple, 1792, naissance de la République" (Payot, 2008).


Article paru dans l'édition du 05.04.09

Face au gouvernement et aux patrons,
ripostons tous ensemble !


(Quelque chose prend forme... Robert)


Un processus de construction d'une convergence des secteurs en lutte a été initié en mars dernier suite à un appel des personnels de la faculté Rangueil à qui se sont joint des sections syndicales de différents secteurs (santé, poste, télécoms, météo…) . Un appel et une ébauche de plateforme revendicatrice commune ont  été élaboré et proposé dans le but de l'élargissement de ce processus.
L'idée est qu'un maximum de structures syndicales participent à ce processus et viennent au moins à la réunion de lundi 20 avril (18h salle B-MIG université Paul Sabatier).
Il ne s'agit pas forcément de signer la plateforme commune dès aujourd'hui mais de s'inscrire dans la démarche au moins en tant qu'observateurs dans un premier temps.

Licenciements en masse, casse des services publics, bas salaires,…Après de nombreuses années d’attaques menées contre les acquis des travailleurs, de la jeunesse, des habitants des quartiers populaires,… le gouvernement et ses alliés du MEDEF ont aujourd’hui décidé de faire payer leur crise à la majorité de la population. Conscients de leurs intérêts, les travailleurs, avec ou sans emplois, ont fait grève par millions à deux reprises les 29 Janvier et 19 Mars 2009. Pourtant, face à la colère légitime des grévistes, le gouvernement s’entête et continue les mêmes contre-réformes qui ont provoqué la crise de leur système économique. Système économique incompatible avec les intérêts de la majorité de la population et la survie de notre environnement. Partout, la colère gronde, les séquestrations de patrons se multiplient, les grèves isolées se développent, certains secteurs sont en lutte depuis plusieurs mois. Il est temps d’unifier nos combats. Nous, secteurs en luttes, sections syndicales, associations, collectifs ou comités, pensons qu’il est temps de construire un réponse à la hauteur des coups portés. Nous pensons qu’il est tant de se doter d’une plateforme de revendication dans laquelle chacun d’entre nous peut se retrouver. Les travailleurs de Guadeloupe et des Antilles ont montré que seul un mouvement de grève prolongé de l’ensemble des secteurs permet de gagner sur nos revendications. La perspective de la manifestation unitaire du premier Mai ne suffira en aucun cas à satisfaire l’ensemble de nos aspirations. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des secteurs, privés et publics, des travailleurs, avec ou sans emplois à une première journée d’action le Mardi 28 Avril, journée de mobilisation dans l’enseignement, qui sera un premier point d’appui vers un mouvement d’ensemble. Nous appelons tous ceux qui veulent construire une mobilisation victorieuse à participer à l’élaboration d’une plateforme et à signer cet appel. Nous appelons les sections syndicales à déposer des préavis de grève pour cette journée.

La plateforme de revendications ci-dessous est une proposition qui va vers ce que nous pourrions élaborer ensemble. Elle n’est en rien définitive.
Nous vous proposons une réunion de travail le 20 Avril à 18h00 en salle B-MIG de l’université Paul Sabatier afin de d’aller vers une plateforme commune et de préparer la journée du 28 Avril.

Ont participé à la rédaction de cet appel et de cette plateforme : le comité de lutte des personnels du campus de Rangueil, le collectif pour la défense de la cc66, le collectif parents-élèves 31, les étudiants en grève des trois universités, la coordination des lycées toulousains, des sections syndicales de différents secteurs (santé, poste, télécoms, météo…), actup, Droit au logement, Interluttes,…


Proposition de plateforme de revendications :

Pour une répartition équitable des richesses :

-    Pas un salaire, ni une retraite sous les 1500 euros net et 300 euros net d’augmentation pour tous
-    Minimas sociaux, allocations aux personnes handicapées, pas moins de 1500 euros net
-    Arrêt des parachutes dorés offerts aux patrons
-    Arrêt des exonérations des cotisations sociales
-    Sécu, salaire socialisé, gérés par les assurés sociaux eux-mêmes (étudiants, travailleurs, retraités)
-    Progressivité des impôts

Pour de vrais emplois, de vrais statuts :

-    Arrêt des CDD et des temps partiels imposés. Un véritable statut pour tous
-    Interdiction des licenciements
-    Pour un plan pluriannuel de création de postes dans le service public à la hauteur des besoins
-    Arrêt des suppressions de postes : Un départ = Une embauche
-     Démantèlement du pôle emploi, arrêt du contrôle des chômeurs et des radiations
-    Continuité des droits (avec ou sans travail), accès permanent à la formation professionnelle
-    Arrêt de la déqualification : reconnaissance des formations et des diplômes

Pour un vrai service public de qualité, accessible à tous et partout :

-    Non à la marchandisation et à la mise en concurrence
-    Arrêt de toutes les privatisations
-    Santé : Retrait de la loi « Hôpital, patient, santé, territoire » (Bachelot), des franchises médicales, des dépassements d’honoraires. Prise en charge à 100% pour tous et généralisation du tiers payant.
-    Social : Non  à la casse de la CC66, maintien du caractère national de la convention, garant des missions de service public, à but non lucratif du secteur.
-    Education : Pour une éducation émancipatrice, gratuite, accessible à tous, dès l’âge de deux ans. Contre la réforme des RASED. Retrait de la réforme des lycées, de la LRU. Contre la masterisation de la formation des enseignants. Arrêt du démantèlement des organismes de recherche.
-    Transports : Pour un vrai service de transports collectifs, gratuit, pour tous et partout
-    Pour une énergie, des moyens de communication, un service postal 100% public sur tout le territoire.



Arrêt des politiques répressives :

-    Non à la criminalisation des mouvements sociaux et des syndicalistes, arrêt de la persécution judiciaire et policière des habitants des quartiers populaires
-    Amnistie de tous les condamnés lors des mouvements sociaux
-    Arrêt de la chasse aux sans papiers
-    Fermeture des centres de rétention
-    Fermeture des quartiers d’isolement
-    Fin de toutes les formes de fichage de la population (base élèves, ADN, EDVIRSP,STIC…)
-    Abrogation des lois Perben 1 et 2, et de la législation « anti-terroriste », dissolution de la BAC

Droit à un logement décent pour tous :

-    Baisse puis blocage des loyers
-    Application de la loi de réquisition de tous les logements vides
-    Arrêt de toutes les expulsions
-    Arrêt de l’enclavement ciblé des quartiers populaires
-    Création de logements sociaux à hauteur des besoins



Par grossel
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Lundi 1 juin 2009
Lac Baïkal 2004-2010

Vidéo racontant en images fixes et en séquences filmées un voyage  fait en 2004 à Baklany sur le Baïkal où est édifié un mémorial consacré à Cyril Grosse (1971-2001) qui répéta à cet endroit avec des comédiens français et russes son dernier spectacle: (C'est possible ça va) ou l'un de nous est en trop, créé en 2000. Anatoli Baskakov créa l'autre spectacle de ce projet franco-russe: Le mariage de Gogol.
En 2010, retour dans ces parages,
pour les 10 ans de cet événement qui rassembla une vingtaine de participants là où Anatoli Baskakov avait réalisé le Festival Baïkal Michigan,
pour un nouveau projet artistique franco-russe
consacré au Baïkal et à la Méditerranée.
Musique d'accompagnement de la vidéo: Jean-Pierre Jolicard.
Et Chanson a capella de Dasha Baskakova enregistrée en public le 25 octobre 2000 à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest que j'ai dirigé de juillet 1990 à décembre 2004.

Les 10 et 11 août 2009 à Corsavy,
rencontre pour élaborer le
projet franco-russe de 2010 : Baïkal-Méditerranée

avec Anatoli Baskakov, Les frères Kazamaroff, Roger Lombardot, Victor Ponomarev, Dasha Baskakova, Gilles Desnots, Katia Ponomareva, Jean-Claude Grosse et d'autres.
Une bibliographie est en cours de constitution et une filmographie pour qu'auteurs et artistes se nourrissent intellectuellemnt avant le grand voyage des sens et des sentiments
.
Jean-Claude Grosse
Les 4 Saisons d'Ailleurs
Les Cahiers de l'Égaré






Par grossel
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Dimanche 7 juin 2009
Beautés
et laideurs
du Revest-les-Eaux

Voilà un village où j'habite depuis 1981, où j'avais acheté le terrain sur lequel j'ai fait construire en 1962, dans lequel je me suis beaucoup investi:
conseiller municipal de 1983 à 1995,
candidat indépendant aux législatives de 1997 dans la 3° circonscription du Var,
tête de liste d'Avec vous maintenant aux municipales de 2008,


Avecvousmaintenant1
envoyé par grossel. - Evadez-vous en vidéo.

(Courte vidéo dans laquelle j'explique mon choix du Revest-les Eaux. S'amorce une réflexion sur l'âme d'un paysage, dialogue avec le temps du mont Caume (des millions d'années), avec le passé du village (quelques siècles), dialogue souvent évacué à cause de l'immédiateté de nos désirs, du temps rétréci de nos projets à l'échelle de nos crédits. Dans un village trop urbanisé, il n'y a plus d'espace, le temps aussi a disparu.)

créateur du Festival de théâtre du Revest de 1983 à 1991,
directeur du théâtre du Revest, la Maison des Comoni, de juillet 1990 à décembre 2004, jusqu'à ce que le maire actuel sans concertation, sans motifs écrits ni oraux se sépare avec l'agglomération TPM des 4 Saisons du Revest, qui ont gagné leur procès contre l'agglomération pour abus de pouvoir,
éditeur des Cahiers de l'Égaré depuis 1988.
Village fort joli (village lui-même et site alentour) mais qui est fort décevant par ailleurs et je ne m'en expliquerai pas: il suffit de regarder, d'écouter et on prend ses distances avec des mentalités diverses (car Le Revest est composé de catégories socio-professionneles hétérogènes) mais qui ont une caractéristique commune: le chez soi, le "bien vivre" et donc l'insouciance qui se manifeste par une incivilité et un incivisme notoires.
Quand je compte le nombre de piscines en face de chez moi, sur l'autre versant du vallon, je suis effaré. Et personne n'invite bien sûr ses voisins pour se baigner.
Un des aspects affligeants du village actuel, c'est son urbanisation effrénée (et le maire actuel malgré ses affirmations d'il y a 7 ans urbanise à tout va comme le maire précédent) qui ne laisse pas un bout de terrain sans appétits, tant de la part de ceux qui vendent que de ceux qui achètent. Le Revest est devenu un village-dortoir, un peu plus luxueux, un peu plus recherché qu'ailleurs mais à quel(s) prix.
Donc beaux paysages mais le reste ne suit pas, manque de hauteur, de valeur.
Je ne fréquente plus village et gens.
Je me balade dans les collines (ça c'est bien agréable même s'il faut faire des efforts pour aller vers les aigles ou vers les hérons).
J'ai donc réalisé une vidéo sur quelques coins et la playlist que je crée permettra à chacun de naviguer sur ce territoire sans rencontrer de gens.
Par grossel
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Mercredi 4 novembre 2009
BAÏKAL MÉDITERRANÉE 2010-2011


Le projet Baïkal-Méditerranée a pour objectif de lier culture, environnement, éducation.

Rappel des objectifs et du contexte, après la rencontre franco-russe (5 Russes, 5 Français) des 10 et 11 août 2009 à Batère – 1500 mètres d’altitude (P.O.)
-    2010 c’est le dixième anniversaire de la rencontre entre L’Insolite Traversée de Cyril Grosse et le Molodiojny Theatr’ d’Anatoli Baskakov; c’était en 2000 pour une double création franco-russe avec répétitions à Baklany (où se trouve le mémorial dédié à Cyril Grosse) au Baïkal, création à Oulan-Oudé, tournée à Moscou, Gap, Le Revest, Vitry. Le mariage de Gogol, mis en scène par Anatoli Baskakov. (C’est possible) ça va ou l’un de nous est en trop, mis en scène par Cyril Grosse.
-    2010, ce sont les rencontres croisées franco-russes ; une labellisation de notre projet est sollicitée.
-    le projet vise à approfondir la différence entre France et Russie, afin de dépasser le seul cadre des relations humaines singulières, pour mieux découvrir et connaître les fondements socioculturels des deux peuples d’où déjà l’apprentissage d’éléments de la langue de l’autre. Se référer au livre de Maryse Dennes : Russie-Occident, philosophie d’une différence.
-    le thème sera : une goutte d’eau, mémoire du monde et des hommes.  L’imagination de chacun sera préférable à des approximations scientifiques.
-    la forme sera celle d’un bocal agité

Baïkal et Méditerranée.

Baïkal : ¼ des ressources d’eau douce de la planète. 2010.
Méditerranée : une mer peut-être en train de mourir. 2011.
Au-delà des enjeux  écologiques et des évolutions économiques qui pourraient dégrader et dégradent le Baïkal autant que la Méditerranée, c’est toute la question du rapport entre l’homme et la nature, qui est posée : la nature comme paysage réel ou rêvé, certes, mais encore plus comme lieu de ressourcement, accomplissement, révélation de soi-même.
L’importance de l’eau, dans tous les domaines, a permis de dégager  un thème possible pour les rencontres : une goutte d’eau, mémoire du monde et des hommes. Par ce thème, on cherche à éviter la folklorisation du Baïkal, à ne pas participer à la commercialisation du lieu et du mot. Idem pour la Méditerranée.
Ce thème ouvre d’une part sur les utilisations de l’eau, sa symbolique, le lien entre arts et eau,  d’autre part sur les formes possibles : photo, film, chanson, musique, théâtre… Une grande diversité de registres est possible dont le fantastique. Ce thème permet de croiser arts et politique, arts et questions de société.

Les participants :
Auteurs : 4 Français, membres des EAT, 4 Russes
Comédiens : 5 Français, des Russes en plus grand nombre d'Oulan-Oudé
Metteurs en scène : T. B. (sorti 1° du Gitis de Moscou en 2009) et deux autres metteurs en scène russes choisis par lui
Traducteurs : présidente de l’Institut Sibérien de la Francophonie (Novossibirsk), organisatrice des Rencontres Cyril Grosse à Novossibirsk (depuis 2007) et deux étudiants de Novossibirsk
Lien avec des établissements scolaires en France (Hyères, Ardèche), à Novossibirsk-Akademgorodok (école 162), Oulan-Oudé.

Planning :

1/ jusqu’au printemps 2010 :
- chacun en fonction de ses désirs et possibilités participe à la construction d’une matière brute, faite de textes informatifs, fictions, photos, films, musique…
- Russes et Français font leurs démarches respectives en direction des tutelles et organismes pour subventions et aides.

2/ printemps 2010 :
- période de traduction et publication d’une partie des matériaux, pour diffusion auprès des participants. Date butoir : 15 mai 2010. Parution : 15 juin 2010.

3/ août 2010
- arrivée des Français à Oulan-Oudé : deux premiers jours consacrés aux discussions sur les matériaux, lectures, films. Soirée de Mémoire sur la rencontre et la double création de l’an 2000, en présence du public et des médias : théâtre, discours, film, rappelant les débuts de la coopération franco-russe en 1999-2000 et les projets actuels.
- troisième jour : départ pour le Baïkal pour le travail d’écriture, puis traductions, mises en scène et représentations. Durée : 9 jours.
- retour à Oulan-Oudé pour un temps de représentation, conférence de presse, bilan et perspectives, notamment sur la venue des Russes en Méditerranée pour 2011.

- planning :
-départ en Russie vers le 4 août
2 jours à Oulan-Oudé
2 jours à Baklani sur le lac
2 jours d’écriture
3 jours de mise en scène
1 jour de présentation
1 jour de bilan à Oulan-Oudé
1 jour de récupération
retour en France vers le 20 août.

Les participants peuvent être présents sur l’ensemble du séjour ou sur une partie seulement.

Jean-Claude Grosse et Gilles Desnots
Les 4 Saisons d’ailleurs

Par grossel
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