Texte libre

La tentation du désert
 

Les marchands de sable
détestent
prêcher dans le désert.
Que le désert croisse !
Honneur à qui favorise
le désert !
à qui recèle un désert !
 
Prophètes de malheur,
annonceurs d’apocalypses
naissent du  désert.
Brament dans le désert.
Aboulique, la foule.
Boulimiques, les masses.
Venues du Nord,
déferlent par les autoroutes
du soleil.
Maximalisation du Sud.
A l’heure de midi,
le midi brûle.
Le désert croît.
Déserts, les chantiers.
Licenciés, les ouvriers.
Moi, les pieds dans l’eau.
Indifférent au paradis.
 
Prophètes de bonheur,
annonceurs d’âges d’or
surgissent du désert.
Exultent dans le désert.
Mimétique, la foule.
Léthargiques, les masses.
Venues du froid,
s’allongent sur le sable
chaud.
Sieste sous parasol.
A l’heure de midi, il fait nuit.
Le désert croît.
Déserts, les embarcadères.
Désarmés, les rafiots.
Moi, la tête dans les étoiles.
Indifférent à l’enfer.
 
Les assoiffés de pouvoir
déversent sur la foule,
les grandes eaux
de leurs mirages.
Fébriles, les assujettis
fascinés par ces images
qui ne désaltèrent pas.
Qui en appellerait à
la traversée
du désert ?

Sur les plages de sable,
l’indifférence d’aujourd’hui.
Molle. Obèse. Prolifique.

Dans les déserts de sable,
l’indifférence d’hier.
Dure. Sèche. Érémitique.
 
Du désert, aimer à la folie
le grain de sable
qui enraye la machine,
saboteur de toute folie
des grandeurs.
 
Du désert, garder
le grain de sable,
inaltérable,
ne pas s’attarder
à la dune,
sa répétition en masse,
altérée par
tout vent de sable.

Favoriser le désert
jusqu’au mira (cl ou g) e
de  l’oasis
                 
J.C. Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré

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photo: Laurent Laveder

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Sur ce blog, vous ne trouverez dorénavant que des informations sur les titres parus ou à paraître. Le nettoyage du printemps 2012 a été effectué.

 

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photo: Laurent Laveder

 

films

Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 15:30

Rencontre avec Marcel Conche

en vue d’un film

dont le titre (provisoire) pourrait être

Un Infini bonheur

 

Marcel Conche

photo François carrassan

 

Mardi 4 octobre 2011, gare de St Denis-Près-Martel. Il est 11h 12. Un seul voyageur descend du TER en provenance de Brive, une seule personne attend sur l’autre quai sous son chapeau crème. Dans cette petite gare ensoleillée par l’été tardif, Marcel Conche me serre la main avec un sourire qui pourrait être celui d’un ami. On ne s’est jamais vus, à peine échangé quelques phrases au téléphone la semaine précédente.

Cette rencontre, c’est Jean-Claude Grosse qui l’a rendue possible en transmettant quelques mois plus tôt à M. Conche mon désir d’un film autour de sa réflexion sur la nature. Le drame de Fukushima venait d’avoir lieu, rappelant violemment la posture de l’homme face à la nature : sa soumission (le tsunami) en même temps que ses tentatives effrénées de domination (maîtriser l’atome). Qu’un philosophe pense la nature me semblait être un fait assez rare pour rendre nécessaire un film en sa compagnie.

 

Nous n’avions pas rejoint sa voiture que les échanges avaient déjà commencé, qui ne cesseront que peu avant 20h quand il me faudra le quitter. Toute la journée nous abordons la multitude des sujets qui occupent ses pensées : l’enfance, la guerre, la liberté, les femmes (avec insistance lorsqu’il s’agit d’Émilie), mai 68, Épicure, Montaigne, la chasse, la décroissance, etc, etc, etc.

Pris sous le charme de cet homme affable, drôle, attentif, clair et passionnant, j’ai souvent oublié la raison qui m’amenait chez lui. Comme il l’écrit à la fin du Tao Te King, il m’apparaissait être « Le Sage (…) que, sans raison particulière, et bien qu’il soit “sans qualité”, l’on souhaite tout simplement rencontrer. »

 

Lorsque mon projet est revenu un peu plus longuement dans la conversation M. Conche a d’emblée proposé quelques situations pour le film qui lui permettraient de développer sa pensée.

Ainsi avons-nous cheminé tout le jour, cahin-caha, à travers la nature sensible (les araignées et les moustiques, les arbres et les champs, la Dordogne et les étoiles) et la Nature métaphysique, omni-englobante, chère à l’ancien Grec qu’il est.

Marcel Conche est un passeur, il a la passion de transmettre (il a aimé enseigner la philosophie). Après les cours donnés, les livres écrits, les entretiens radiophoniques accordés, il s’agit aujourd’hui de lui proposer, par un film, que sa pensée se réfléchisse vers un autre public, sans doute moins érudit, pour l’attention qu’elle porte à la nature et l’Infini bonheur qu’elle procure.

Maintenant que Marcel Conche veut bien m’accompagner dans ce projet c’est sans délai que je vais m’y consacrer.

 

Christian Girier, écrivain et réalisateur

 

05102011375.jpgphoto Christian Girier

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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 15:02

une vidéo de street art détonnant

 

par un artiste portugais,  

Vhils, Alexandre Farto

 

Usually street artists create their work by making an impression on a surface (via painting, pasting or other means), but Portuguese street artist Vhils, Alexandre Farto, makes his mark by destroying the surface of a wall. In this video, you get a slow motion view of the creation of Vhils' recent work. The experimental hip hop track by Orelha Negra provides a soothing counterpoint to the flying detritus caused by the explosions. The end result is beautiful and powerful. What's not to love ?

 

Par grossel - Publié dans : films
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 14:44

Six tangos particulièrement évocateurs de la diversité d'intentions, d'interprétations de cette danse à deux qui n'est pas que technique mais mobilise deux êtres, corps et âmes, demandant espace, distance et liaison dangereuse, généreuse, vénéneuse, heureuse.
On peut apprécier l'érotisme ravageur de Frida, le machisme bivalent de Vytia, l'abandon à la mort de Roxane, la résurrection à la vie, à sa sensualité de Larita et Jim, la douleur devant la perte de l'autre  de Vytia... et pour le dernier... que dire, qu'écrire ?

 

 

 
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 14:57

Film de François Truffaut (France, 1969).

120 mn.

Avec Jean-Paul Belmondo : Louis.

Catherine Deneuve : Julie/Marion.


Louis Mahé, riche fabricant de cigarettes à La Réunion, s'est fiancé par correspondance à une certaine Julie Roussel. Il est impatient de voir sa future épouse, qui arrive de Nouméa sur le bateau «Mississippi». Mais la jeune femme blonde qui se présente à Louis ne ressemble pas à la photo de Julie. Elle explique qu'elle a préféré, par modestie, envoyer celle d'une amie, moins jolie. Le mariage a lieu. Mais, après quelques semaines d'union, Louis a des soupçons sur l'identité de Julie. Il découvre que la femme qu'il a épousée n'est pas celle avec qui il correspondait. Alors qu'il s'apprête à lui demander des comptes, Julie disparaît, en ayant auparavant pris soin de le dévaliser. Louis engage alors un détective privé et mène en même temps son enquête. Il finit par retrouver la jeune femme en France, où elle est devenue Marion, une artiste de cabaret...

Pour acquérir les droits du roman de William Irish Waltz into darkness, Truffaut emprunte à trois de ses amis : Jeanne Moreau, Claude Lelouch et Claude Berry. A Deneuve, qui vient d'accepter le film, il écrit : « Avec La Sirène, je compte bien montrer un nouveau tandem prestigieux et fort : Jean-Paul, aussi vivant et fragile qu'un héros stendhalien, et vous, la sirène blonde dont le chant aurait inspiré Giraudoux. »

Pour lui, l'histoire policière cède le pas à l'histoire d'amour noire. Louis, industriel du tabac, fiancé par correspondance, attend sa promise à la descente du bateau. Soudain, elle est là, déesse en capeline, aveuglante de beauté. C'est la photo d'une autre qu'elle a envoyée à Louis. « Vous pardonnez le mensonge de Julie Roussel ? » Oui, Louis pardonne. « Même si tout ça doit finir mal, je suis enchanté de vous connaître, Madame », dit-il à cette sirène, qui, dans leur fuite en avant, viendra à l'amour à son tour. Avec ce personnage qui gagne le coeur de la femme qui voulait l'empoisonner, Belmondo fait l'une des plus belles compositions de sa carrière.

Echec public et critique à l'époque, ce drame passionnel prend évidemment toute sa force quand on l'envisage sous l'angle autobiographique, comme le témoignage vibrant de l'amour de François T. pour Catherine D. « Ta beauté est une souffrance, dit Louis à Marion. - Hier, tu disais que c'était une joie. - C'est une joie et une souffrance. » Dix ans après, dans Le Dernier Métro, Depardieu adressait la même réplique à Deneuve, directrice de théâtre prénommée... Marion.


Guillemette Odicino
Télérama, Samedi 10 avril 2010




Sorti en 1969, La Sirène du Mississippi fut un cuisant échec commercial. François Truffaut s’en explique a posteriori : « Il est aisé d’imaginer ce qui a choqué le monde occidental. La Sirène du Mississippi montre un homme faible (en dépit de son allure), envoûté par une femme forte (en dépit de ses apparences) ». Exit donc le poseur d’A bout de Souffle ou l’aventurier de L’Homme de Rio. Dans La Sirène du Mississippi, Belmondo est un homme amoureux et faible, pris dans les filets d’une Catherine Deneuve irrésistible et dangereuse. C’est encore Truffaut qui parle : « il ne le dit pas, mais en fin de compte, pour moi, Belmondo est vierge ! ».


   Marie Corberand

 

 

 

 

Écoutez ce qui se dit. Regardez ce qui se montre et égarez-vous comme Louis. Pour moi, rien à voir avec force/faiblesse, avec séduction/manipulation. Amour fou sans doute mais n'est-ce pas le seul amour, celui qui vous change, change l'autre: ils en sont tous deux l'illustration, lui dans une succession d'acquiescements, de OUI, elle, dans une succession de renoncements, de OUI aussi.

grossel

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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 21:33


August Rush

est un drame musical américain

réalisé par Kirsten Sheridan

sorti en 2007.


Peu importe qu'il ait grandi dans un orphelinat : Evan Taylor (Freddie Highmore, 15 ans au moment du film) est persuadé que ses parents Layla (Keri Russell) et Louis (Jonathan Rhys-Meyers) n'ont jamais voulu l'abandonner. Doté d'un talent inné pour la musique, Evan y voit même le moyen de retrouver ceux qui l'ont mis au monde : il est sûr que ses parents, s'ils entendent la rhapsodie qu'il a composée pour eux, sauront le reconnaître au travers de sa musique.
Sa mère, Layla Novacek (Keri Russell) est une célèbre violoncelliste. Son père Louis Connelly (Jonathan Rhys-Meyers) est chanteur et guitariste d'un groupe de rock. Ils se rencontrent une nuit, sur un toit, en suivant un air de musique, que fredonne un inconnu. Après la nuit passée ensemble, ils se quittent au matin, se promettant néanmoins de se retrouver. Mais le père de Layla s'y oppose, l'obligeant à partir loin de lui. A mesure que les mois passent, son ventre s'arrondit ( Louis n'en saura rien ). Un soir au restaurant avec son père, elle se dispute avec lui et sort en trombe de l'établissement sans prendre garde à la circulation. Elle se fait alors renverser et est admise d'urgence à l'hôpital. A son réveil, son père lui apprend qu'elle a perdu son bébé, qu'il n'a pas survécu. Onze ans plus tard, alors que Louis et Layla ont tous deux arrêté la musique, le père de cette dernière ( après avoir été hospitalisé suite à une attaque ) lui avoue qu'il a placé son petit-fils dans un orphelinat en imitant sa signature et lui faisant croire à sa mort.
Layla décide aussitôt de le retrouver.
"S'ils ne nous trouvent pas, alors nous on les trouvera" dit-il à un ami orphelin tout comme lui. Alors Evan décide de fuguer de l'orphelinat, il découvre la musique dans la rue, où il rencontre Maxwell 'Wizard' Wallace (Robin Williams) qui lui donne le pseudo d'August Rush, et après quelques rencontres, participe à un grand concert symphonique devant des milliers de personnes à Central Park, New York.
Durant ces périples, Evan apprend la musique : la guitare, le piano et devient chef d'orchestre pour diriger sa propre composition.
Son rêve se réalise quand ses parents se retrouvent miraculeusement à son concert, ayant reconnu sa musique.

(article tiré de Wikipedia)

 

C'est parce que ce film m'a bouleversé que j'en présente des extraits disponibles.

J'ai lu des critiques "officielles", des critiques de spectateurs. Les remarques sur les invraisemblances du scénario, sur les bons sentiments et l'eau de rose n'enlèvent rien pour moi au plaisir procuré, à un curieux sentiment de légèreté éprouvé tout au long parce que bien communiqué malgré des "épreuves" que surmonte très bien le jeune Evan, toujours décalé, artiste dans son rapport au monde et par sa conviction de retrouver ses parents.
Il existe en DVD.

grossel

 

 

 



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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 17:05

 

Stan Brakhage 
(1933-2003)
Window Water Baby Moving
12:14  

Window Water Baby Moving is a short film by Stan Brakhage created in 1959 which documents, in a very loose and poetic but also frank way, the birth of his first child.

 

 

Ce documentaire a été partiellement utilisé
retravaillé dans l'esprit de Stan Brakhage
projeté sur 3 écrans
l'un au dessus de l'autre
dans

 
 

 
Par grossel - Publié dans : films - Communauté : L'art e(s)t la vie
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