Texte Libre
avec les activités des 4 Saisons d'ailleurs
SOLEILS,
23 rue de Fleurus,
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Viennent de paraître deux livres de Gérard Lépinois
L'Argent
(tel un divin néant pour une humanité ultime ?)
106 pages, 16,5 X 24, 20 euros frais de port compris
chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré
669 route du Colombier
83200 Le Revest
L’argent
Tel un divin néant pour une humanité ultime ?
Qu’on s’en satisfasse ou non, un vide propre au commerce – généralisé indissociablement comme réalité et modèle,
simplicité et sophistication – s’installe doublement : et comme vide
de l’argent, et comme vide de l’absence d’argent. Ces vides se complètent et tendent à passer pour l’essentiel de la
vie.
Le second ne concerne pas seulement la pauvreté, mais aussi tout ce dont on prétend pouvoir faire l’expérience en
dehors du primat de l’échange marchand. C’est ce dehors lui-même qui paraît devenir presque impossible.
Le hasard et la mort
200 pages, 16,5 X 24, 25 euros frais de port compris
chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré
669 route du Colombier
83200 Le Revest
Le hasard et la mort
Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, mais il suffit d’un seul pour le faire exister. Pour faire exister quoi, au
juste ? Certainement pas, hypostasiés, le hasard ou la fortune. Et si ce qu’on appelle hasard était
coextensif aux innombrables coups de dés qui en relèvent ? Y a-t-il d’abord, dans l’existence très en général,
autre chose que des coups de dés (même s’ils se passent de dés et ne prennent pas forcément la forme de coups) ? Localement, il semble bien y avoir des nécessités ou, sur un autre plan, des
mérites, mais que subsiste-t-il d’eux à l’échelle impensable de la pluralité
des mondes ? À remarquer qu’en tant que paysans, attachés au mieux à la localité terre,
il est heureux que nous puissions essayer de nous raccrocher à quelque nécessité ou mérite, car vivre un « pur »
hasard incessant risquerait fort de nous disloquer l’entendement et le reste.
Mourir, c’est au moins devoir être arraché à notre échelle humaine (je ne me risquerai pas à dire que c’est en
changer). Le problème, c’est que nous y tenons beaucoup à cette échelle, à cette mesure de toutes choses : aux aléas et aux nécessités, aux mérites et aux démérites, etc., de
l’existence humaine. Il semble à nombre d’entre nous que cela vaut beaucoup mieux que rien, puisque mourir condamne pour eux à l’inexistence.
« Rien » est ce drôle de mot qui, étymologiquement, dit la chose pour en arriver, dans notre langue, à dire la
non-chose. Il suggère à sa façon que nous n’arrivons pas à penser la mort autrement que comme une négation de nos choses (êtres, affaires, faits, etc.). « Néant », si on s’en tient à son
étymologie, est pire encore, car il peut signifier« non-race ».
Pourtant, nos choses sont bel et bien hasardeuses. Intégralement, aucune nécessité ne les ordonne et aucun mérite
(ni démérite) n’en rend compte ; loin s’en faut.
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