Texte libre

La tentation du désert
 

Les marchands de sable
détestent
prêcher dans le désert.
Que le désert croisse !
Honneur à qui favorise
le désert !
à qui recèle un désert !
 
Prophètes de malheur,
annonceurs d’apocalypses
naissent du  désert.
Brament dans le désert.
Aboulique, la foule.
Boulimiques, les masses.
Venues du Nord,
déferlent par les autoroutes
du soleil.
Maximalisation du Sud.
A l’heure de midi,
le midi brûle.
Le désert croît.
Déserts, les chantiers.
Licenciés, les ouvriers.
Moi, les pieds dans l’eau.
Indifférent au paradis.
 
Prophètes de bonheur,
annonceurs d’âges d’or
surgissent du désert.
Exultent dans le désert.
Mimétique, la foule.
Léthargiques, les masses.
Venues du froid,
s’allongent sur le sable
chaud.
Sieste sous parasol.
A l’heure de midi, il fait nuit.
Le désert croît.
Déserts, les embarcadères.
Désarmés, les rafiots.
Moi, la tête dans les étoiles.
Indifférent à l’enfer.
 
Les assoiffés de pouvoir
déversent sur la foule,
les grandes eaux
de leurs mirages.
Fébriles, les assujettis
fascinés par ces images
qui ne désaltèrent pas.
Qui en appellerait à
la traversée
du désert ?

Sur les plages de sable,
l’indifférence d’aujourd’hui.
Molle. Obèse. Prolifique.

Dans les déserts de sable,
l’indifférence d’hier.
Dure. Sèche. Érémitique.
 
Du désert, aimer à la folie
le grain de sable
qui enraye la machine,
saboteur de toute folie
des grandeurs.
 
Du désert, garder
le grain de sable,
inaltérable,
ne pas s’attarder
à la dune,
sa répétition en masse,
altérée par
tout vent de sable.

Favoriser le désert
jusqu’au mira (cl ou g) e
de  l’oasis
                 
J.C. Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré

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photo: Laurent Laveder

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23 rue de Fleurus,
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Sur ce blog, vous ne trouverez dorénavant que des informations sur les titres parus ou à paraître. Le nettoyage du printemps 2012 a été effectué.

 

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photo: Laurent Laveder

 

Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 08:44

Viennent de paraître deux livres de Gérard Lépinois

 

L'Argent

(tel un divin néant pour une humanité ultime ?)

106 pages, 16,5 X 24, 20 euros frais de port compris

chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

L’argent
Tel un divin néant pour une humanité ultime ?
Qu’on s’en satisfasse ou non, un vide propre au commerce – généralisé indissociablement comme réalité et modèle, simplicité et sophistication – s’installe doublement : et comme vide
de l’argent, et comme vide de l’absence d’argent. Ces vides se complètent et tendent à passer pour l’essentiel de la vie.
Le second ne concerne pas seulement la pauvreté, mais aussi tout ce dont on prétend pouvoir faire l’expérience en dehors du primat de l’échange marchand. C’est ce dehors lui-même qui paraît devenir presque impossible.

 

couverture-L ARGENT

 

Le hasard et la mort

200 pages, 16,5 X 24, 25 euros frais de port compris

chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

Le hasard et la mort
Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, mais il suffit d’un seul pour le faire exister. Pour faire exister quoi, au juste ? Certainement pas, hypostasiés, le hasard ou la fortune. Et si ce qu’on appelle hasard était
coextensif aux innombrables coups de dés qui en relèvent ? Y a-t-il d’abord, dans l’existence très en général, autre chose que des coups de dés (même s’ils se passent de dés et ne prennent pas forcément la forme de coups) ? Localement, il semble bien y avoir des nécessités ou, sur un autre plan, des mérites, mais que subsiste-t-il d’eux à l’échelle impensable de la pluralité
des mondes ? À remarquer qu’en tant que paysans, attachés au mieux à la localité terre,
il est heureux que nous puissions essayer de nous raccrocher à quelque nécessité ou mérite, car vivre un « pur » hasard incessant risquerait fort de nous disloquer l’entendement et le reste.
Mourir, c’est au moins devoir être arraché à notre échelle humaine (je ne me risquerai pas à dire que c’est en changer). Le problème, c’est que nous y tenons beaucoup à cette échelle, à cette mesure de toutes choses : aux aléas et aux nécessités, aux mérites et aux démérites, etc., de l’existence humaine. Il semble à nombre d’entre nous que cela vaut beaucoup mieux que rien, puisque mourir condamne pour eux à l’inexistence.
« Rien » est ce drôle de mot qui, étymologiquement, dit la chose pour en arriver, dans notre langue, à dire la non-chose. Il suggère à sa façon que nous n’arrivons pas à penser la mort autrement que comme une négation de nos choses (êtres, affaires, faits, etc.). « Néant », si on s’en tient à son étymologie, est pire encore, car il peut signifier« non-race ».
Pourtant, nos choses sont bel et bien hasardeuses. Intégralement, aucune nécessité ne les ordonne et aucun mérite (ni démérite) n’en rend compte ; loin s’en faut.

 

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Par grossel - Publié dans : cahiers de l'égaré
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