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Avons-nous vu le même spectacle? Soporiphique à souhait, plein de références pompeuses et parfois erronées. Si cette troupe comme elle le souligne dans le problème a voulu donner une définition de ce que doit être un artiste ou un intellectuel aujourd'hui, voici la conclusion: une logorrhée stérile, un pédantisme inutile. La mise en scène est explicative à souhait, lourde, maladroite, appliquée sans aucune inventivité. On s'ennuie sans jubiler une seule minute. Reste peut-être la pitié qu'on approuve en face de ces acteurs obligés d'affirmer pendant plus de deux longues heures leur présence malgré l'indigence de leur texte et l'incohérence de leur direction. Et pour couronner ce spectacle scolaire, chaque minute a droit à sa dose de bons sentiments. Qu'on puisse y voir des métaphores à foison certes... mais voit-on sur cette scène du théâtre? Là est la question.
que les créations contemporaines continuent à donner raison à ceux qui exécrent la culture et n'y voient qu'un domaine réservé à une caste d'"élus", que la critique ( aussi prestigieuse soit elle ,Alain Badiou en particulier) continue d'encenser ce que le bon sens ne fait que récuser, et qu'enfin triomphent ceux qui pensent que le passé est toujours mieux que le présent, qu'aujourd'hui n'a plus à rien dire. Soyons peu exigeants à l'égard des productions culturelles. Puisqu'elles essayent tout de même, puisqu'elles contiennent les références qu'il faut. Laissons s'enfermer la culture en soi-même. Laissons la pourrir à force de se répéter et de se complaire. Laissons faire... et applaudissons des deux mains.
Qu'il y ait du travail acharné, je n'en doute pas. Que mon ennui soit tout subjectif, je ne le récuse pas non plus. ( quoique nombre de spectateurs présent, les trois quarts ont décidé de quitter la salle avant la fin mais sans révolte juste par ennui) La bonne volonté, les bonnes intentions inondent cette production. Les acteurs, la metteur en scène semblent être de braves gens.
J'ai peut-être vu sans voir comme vous semblez le suggérer. Je m'excuse donc d'appréhender toutes choses avec mes tripes et le peu de culture que vous paraissez m'attribuer.
Je sais juste que le spectacle consensuel que j'ai cru voir ne correspond pas à ma conception de la culture: ouverte, renouvelée, pédagogique, et oui je l'affirme JUBILATOIRE.
comment pouvez-vous à partir du spectacle "enter the ghost" faire le procès de la culture d'aujourd'hui, onaniste, pour artistes et intellectuels nombrilistes, sans souci du public, du grand public dont vous êtes. À mon avis, l'offre culturelle, théâtrale comprise, est suffisamment diverse pour que vous trouviez les spectacles jubilatoires, ouverts, pédagogiques que vous recherchez. Pour ma part, j'ai essayé de rendre compte, sans tripes, de ce que j'ai vu au Théâtre Garonne à Toulouse. Vous devez savoir que certains lieux sont connus pour proposer "autre chose". C'est le cas des Bernardines à Marseille. Si je veux voir du grand public, je choisis le Gymnase ou la Criée. Je pense que l'offre est devenue avec la décentralisation capable de satisfaire les goûts du plus grand nombre. On a gagné en démocratisation culturelle et donc "enter the ghost" a le droit d'exister, droit que vous semblez ne pas lui reconnaître. Il y a une forme de censure dans vos propos, liée au droit de la majorité.