Texte Libre
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avec les activités des 4 Saisons d'ailleurs.
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L'idée, c'était qu'il n'y avait pas de différences entre les hommes et que celles qui existaient étaient forcément injustes, chacun devait prendre part à la constitution de l'humanité.
Le bordel, c'était de pouvoir tout dire, faire, sans règles préalables ; il fallait être surintuité (sur-entêtée ?) pour en placer une et finalement là où tout est possible, je parlais et agissais avec n'importe qui.
Là vous avez connu la pression, j'étais en dépression...
Quelle chance !
J'ai dû vivre 2 ou 3 ans en communauté, toute petite m'ont dit mes parents. Après il y a eu « les Jacobins », où nous étions tout le temps fourrés, entre nous les enfants, nous avions reformé une micro-société, les plus petits étaient les petits soldats et nous les plus grands, commandant et lieutenant. Nous inventions toujours des plans d'attaques pour faire -ce que je fais encore aujourd'hui- : octroyer des sous aux « grands » pour s'acheter du plaisir...sucré, des bonbons !
Quelle chance ces expérimentations ensemble, vente de vieux jouets sur la chaussée, confection de petits paniers en feuille d'aluminium, théâtre du vide poche, manifestation d'émotions : « A bas les tarés du tarot! », ...
Oui, j'étais nourrie par ce « c'est possible », j'étais euphorisée par ce « tout part de nous », ce formidable chantier pour la vie, avoir des désirs, se réunir, ne pas passer sa vie en salle d'attente ou n'être qu'un potentiel de production.
Oui, mais en vérité, et j'étais naïve, il y a des différences, heureuses ou malheureuses, j'en rencontrai ma part une à une. La première, grande, celle de porter Mona : une femme n'est pas un homme, j'étais naïve, nous étions trois soeurs et dans l'utopie du désordre j'avais fini par croire que oui, ce que faisait un homme, une femme aussi pouvait le faire. C'est en devenant mère que l'inverse me fut prouvé. Le choc fut profond, intime, mais j'étais « naturelle » et digérais le tout à la campagne.
L'imagination au pouvoir, c'était le slogan qui disait le manque, ce qui étouffait nos parents en mai 1968.
De tout cela aujourd'hui, il reste un décalage entre ce qu'ils voulaient et la France de Sarko.
Le gouvernement nous met la pression avec le chômage et la carotte avec toutes sortes de produits made in china.
Et nous avons quasi oublié d'inventer ces langages pour construire ensemble : c'est la ruine de la gauche.
Et je cherche encore... Qu'est ce qui fait un langage ? Qu'est ce qui rassemble les flopées d'individus plus ou moins conscients pour partager ? Où trouver les valeurs d'appui, ré-accéder à la différence sans qu'elle soit une stigmatisation ? Comment faire évoluer cette barbarie policée ?
Merci pour ta note de lecture de Marrakech. Les relations hommes/femmes
et la façon dont ils les livrent dans la sexualité me semblent
révélateur des sociétés (bien plus que discours politiques) et tu le dis
si bien. J'aimerai sûrement lire l'amande Nedjma si un jour je retourne
sur le sol musulman...
Je suis de retour de la réunion communautaire inter-générationnelle qui
fut riche d'échanges et très agréable. j'ai pu lire ma "lettre ouverte
aux grosnéléphants" qui a ému et où les pairs se sont retrouvés aussi.
Le bouquin de Virginie Lenhardt "Le jour où mon père s'est tu" écrit à
partir d'interviews d'enfants de soixantehuitards a été évoqué (je ne
l'ai pas encore lu). Des pistes dans un sens peu visité de 68, selon
"les parents" et qui touche beaucoup.
Bien à toi et aux tiens,
Aïdée