Texte libre

La tentation du désert
 

Les marchands de sable
détestent
prêcher dans le désert.
Que le désert croisse !
Honneur à qui favorise
le désert !
à qui recèle un désert !
 
Prophètes de malheur,
annonceurs d’apocalypses
naissent du  désert.
Brament dans le désert.
Aboulique, la foule.
Boulimiques, les masses.
Venues du Nord,
déferlent par les autoroutes
du soleil.
Maximalisation du Sud.
A l’heure de midi,
le midi brûle.
Le désert croît.
Déserts, les chantiers.
Licenciés, les ouvriers.
Moi, les pieds dans l’eau.
Indifférent au paradis.
 
Prophètes de bonheur,
annonceurs d’âges d’or
surgissent du désert.
Exultent dans le désert.
Mimétique, la foule.
Léthargiques, les masses.
Venues du froid,
s’allongent sur le sable
chaud.
Sieste sous parasol.
A l’heure de midi, il fait nuit.
Le désert croît.
Déserts, les embarcadères.
Désarmés, les rafiots.
Moi, la tête dans les étoiles.
Indifférent à l’enfer.
 
Les assoiffés de pouvoir
déversent sur la foule,
les grandes eaux
de leurs mirages.
Fébriles, les assujettis
fascinés par ces images
qui ne désaltèrent pas.
Qui en appellerait à
la traversée
du désert ?

Sur les plages de sable,
l’indifférence d’aujourd’hui.
Molle. Obèse. Prolifique.

Dans les déserts de sable,
l’indifférence d’hier.
Dure. Sèche. Érémitique.
 
Du désert, aimer à la folie
le grain de sable
qui enraye la machine,
saboteur de toute folie
des grandeurs.
 
Du désert, garder
le grain de sable,
inaltérable,
ne pas s’attarder
à la dune,
sa répétition en masse,
altérée par
tout vent de sable.

Favoriser le désert
jusqu’au mira (cl ou g) e
de  l’oasis
                  
J.C. Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré
 

 

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Dimanche 21 septembre 2008
  Scène ouverte de slam à Toulon



Pour commencer cet article, je mets en ligne ce slam venu de Russie sur le massacre de Beslan, le 1° septembre 2004. Quelle émotion ! Et pour ne pas oublier: c'est si facile.



Samedi 20 septembre 2008, les associations Énergie slam, L’écrit-plume, Underground ont organisé un atelier slam de 3 H et une scène slam de 4 H. De quoi apprécier le slam dans sa vitalité.

20 personnes de 7 à 70 ans pour l’atelier, 100 à 150 personnes pour la scène ouverte.
Cela s’est passé au CREP des Lices, à Toulon.
J’ai participé à l’atelier confié à papa suriano.
Des slams de qualité de sa part.
Des exercices simples (consigne réduite au tirage au sort d’un mot) mais donnant des résultats tant à l’écrit (en 5 minutes, puis 10 minutes) que sur le plateau où tout le monde finit par passer en improvistion à 2-3-4 puis tous ensemble à partir des mots tirés au sort par chacun.
Là, j’ai fait l’expérience du séchage non par peur du regard d’autrui, non par méconnaissance de rimes quoique mais par peur de la perte du sens qui guide toujours mon écriture, le travail d’écriture n’étant qu’au service du sens.
Je sais : d’aucuns disent que c’est le travail d’écriture qui est premier et doit engendrer le sens.
C’est une conception, ce n’est pas tout à fait la mienne sauf quand j’anime des bocals agités où les consignes ont pour objet de mettre entre parenthèses le souci du sens.

Je n’ai pu assister à la scène ouverte. Ce sera pour la prochaine fois que j'espère proche.
Je donne le lien de quelques slameurs. À partir de ces liens, voyagez loin, même avec GCM qu'on peut entendre à La forêt des livres sur père et mère.
Sans modestie, je mets en ligne, un vieux texte sur père et mère que SheinB slame quand moi je le dis:

Réquisitoire


Amères sont les mères
Me désespèrent les pères

Mère
cesse au nom de tes peurs de tirer à mots portants sur mes désirs sans nom
de baliser mon entrée dans la vie avec les feux verts et rouges
de ton conformisme
je ne veux plus de ton amour terre à terre : pipi caca dodo
annonciateur de l’enfer au jour le jour : boulot métro dodo
plus de tes sollicitudes hérissées
de tes injonctions paradoxales
cesse de mettre entre moi                     le filet                        et le monde
de tes paroles convenues
de me gaver de tes mièvreries et jérémiades
de m’habiller avec les chiffons de tes mensonges
Mère
tu n’es pas la mère que tout enfant mérite d’avoir
parce qu’il ne suffit pas de m’avoir pour être ma mère

Enfants
nos vraies mères sont à inventer !


Père
sévère d’hier
cesse de te mettre en travers de mes traversées de miroir
(Raclée)


Père d’aujourd’hui
qui n’a de père que le nom
qui n’a rien à me proposer à quoi m’opposer ou m’identifier
qui m’imite en tout
père démissionnaire
je suis sans repères
père soumis volontaire
je suis sans imaginaire
(Rien)
Père
tu n’es pas le père que tout enfant mérite d’avoir
parce qu’il ne suffit pas de m’avoir pour être mon père
Adolescents
nos pères ont été phagocytés avec leur consentement
par nos mères travesties d’hommes et de minettes

Jeunes gens
il est trop tard pour inventer nos vrais pères !
 

Nos parents nous élèvent
comme on élève dindes et poulets
comme on gave canards et oies
volatiles de leur bestiaire d’histoires édifiantes
Ils se trompent de sens
Nous ne sommes pas nés pour l’élevage
mais pour l’élévation
Paris, Le Rostand, 22 mars 1968
La parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré, 2000
Jean-Claude Grosse


papa suriano
Ypnova
le slamophone
SheinB

Voici deux textes que j’ai produits, en attendant communication d'autres textes de participants :

1_ Acerbe
Ton verbe
En gerbe
Mon Serbe

Préfère
Imberbe
L’herbe
Sans adverbes
Les proverbes



2_ La paix
Au fil de l’épée
Ils y croient caudillos
Et godillots

La paix
En portant le pet
Au nom de l’amour du prochain
Limité aux siens
Ils y croient sauveurs
Et pasteurs

Si tu veux la paix
Mets-toi en paix
Cela demande une vie de regrets
Apprends le respect
Cela demande une nuit au secret

La paix
C’est pas sorcier
Crois pas au paradis
Crois pas à l’enfer
Crois à la terre
D’ici

La seule terre possible
La seule terre permise
C’est pas la terre promise
C’est la terre paisible




Poésie


Les jeudis poétiques
L’Association Gangotena et la Librairie La Petite Fatigue
vous invitent à rencontrer
 
 Albertine Benedetto
 
La poète lira des passages de son dernier recueil
Je sors
(Les Cahiers de l’Égaré, 2008)
jeudi 25 septembre 2008 de 18h30 à 19h30
librairie La Petite Fatigue
en face de la cathédrale à Toulon
ne pas se tromper de porte
             
                                        



Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : poésie - Communauté : L'art e(s)t la vie
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Commentaires

Bonjour,

J'espère que vous vous portez bien depuis Samedi 20 Septembre.
J'aurais voulu connaître le programme des chantiers de la lune et surtout savoir quel jour vous y serez.
Merci par avance,

Julia alias SISTA J
Commentaire n°1 posté par SISTA J le 29/09/2008 à 21h31

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