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Les Cahiers de l'Égaré

Essentia, un film de Christian Darvey

5 Juillet 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours, #poésie

les tragédiennes sont venues de Saint-John Perse, mise en scène Dominique Lardenois, décor Jean-Michel Bruyère avec entre autres Dominique Lacarrière, Elizabeth Macocco, Caroline Giacalone, Denis Guénoun; en juillet 1986 au château de La Ripelle
les tragédiennes sont venues de Saint-John Perse, mise en scène Dominique Lardenois, décor Jean-Michel Bruyère avec entre autres Dominique Lacarrière, Elizabeth Macocco, Caroline Giacalone, Denis Guénoun; en juillet 1986 au château de La Ripelle
les tragédiennes sont venues de Saint-John Perse, mise en scène Dominique Lardenois, décor Jean-Michel Bruyère avec entre autres Dominique Lacarrière, Elizabeth Macocco, Caroline Giacalone, Denis Guénoun; en juillet 1986 au château de La Ripelle

les tragédiennes sont venues de Saint-John Perse, mise en scène Dominique Lardenois, décor Jean-Michel Bruyère avec entre autres Dominique Lacarrière, Elizabeth Macocco, Caroline Giacalone, Denis Guénoun; en juillet 1986 au château de La Ripelle

bonjour,

que voilà un splendide travail accompagnant les écritures et écrivains du 19 juin à La Ripelle au Revest, là où furent créées Les Tragédiennes sont venues de Saint-John Perse mis en scène par Dominique Lardenois
c’était en 1986 et bien sûr je ne pouvais pas ne pas penser au magnifique décor, la ville blanche d’un rivage de Méditerranée, réalisé par Jean-Michel Bruyère

merci à Christian Darvey pour nous avoir saisis et immortalisés; il y a du Vent Gogh dans l'air
30 ans après Les tragédiennes, ce 1° juillet 2016, au Théâtre de Privas, Dominique Lardenois recevait la médaille de chevalier des arts et des lettres des mains de Denis Guénoun, auquel on doit un événement énorme à Châteauvallon à l'été 1985, Le Printemps, dont personne n'a célébré le 30° anniversaire sur Toulon;
alors qu’on a réussi à fêter les 25 ans des Comoni au Revest en juin 2015
un très beau moment en présence des autorités et du public, des amis aussi;
Dominique, directeur du théâtre de Privas depuis 13 ans, 2000 abonnés dans une ville de 7000 habitants, (promenez-vous avec lui dans la ville et vous allez voir comme les gens se précipitent sur lui) avait tenu à m'associer pour lui avoir demandé de mettre en scène Les tragédiennes sont venues de Saint-John Perse, sa 1° mise en scène en 1986, au château de La Ripelle au Revest, il y a donc 30 ans;
émotion pour moi que ce moment où j'ai lu avec Nadine Demange-Lardenois, 3 poèmes dédiés, écrits à l'époque, tirés de La Parole éprouvée (Écrits de craie, pour Dominique, Horizons 1, pour Denis, Horizons 2, pour Elizabeth Macocco),
1° juillet qui était aussi le 49° anniversaire de mon mariage avec la mouette à tête rouge
1° juillet hélas de la disparition de Yves Bonnefoy, poète de la présence, pensée pour lui;
voir le conflit entre l'auteur XXX et l’éditeur sur la poésie dans cette page
beaux souvenirs avec en plus le plaisir d'une dizaine de rocks endiablés comme je les aime avec Sylviane, Céline, Elsa, Stéphanie et des sans prénoms;

la prochaine saison du Théâtre de Privas commence par le fabuleux François d'Assise de Joseph Delteil joué par Robert Bouvier, que j'ai accueilli aux Comoni, en mai 1994,
suivi de Qu'est-ce que le temps, d'après le livre XI des Confessions d'Augustin, mis en scène par Denis Guenoun avec Stanislas Roquette,
spectacle qui sera donné à l'automne 2017 dans la cour de l'hôtel de Sully

dernières anecdotes que je veux rapporter donc garder
à la librairie La Fontaine à Privas, je parle de L’Homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura à Denis; le libraire qui était prof alors à Reims, au temps où Denis dirigeait la Comédie de Reims évoque son enthousiasme pour La Levée, de Denis, sur La Révolution et de lui offrir le chef d’oeuvre sur Trotsky et son assassin, Ramon Mercader
et bien sûr on a évoqué avec Denis, La Esmeralda, créée sur la terrasse de La Ripelle avec le TUT (théâtre universitaire toulonnais),
jouait Phoebus de Châteaupers, l’ami Thierry Macia qui a un bien beau projet pour les 50 ans d’un théâtre, là-bas vers l'est
j’essaierai d’y aller pour entendre de belles paroles sur l’art et la culture

voici les poèmes, tirés de La parole éprouvée

1 - à Denis Guénoun pour Le Printemps
Horizons 1

faut-il donc que les fils
trouvent les repères nécessaires à leurs itinéraires de marchands

que leurs pères n’ont indiqués sur nulle carte

faut-il donc que les fils
construisent les repaires que n’ont pas édifiés leurs pères

repaires nécessaires sur leurs itinéraires d’aventuriers

nous avons souffert
des guerres de nos pères
de leurs étendards sanglants

nous avons à inventer
en mettant à bas les banques de la possession

n’est-ce pas les Bardi les Peruzzi

en mettant à bas les églises de la perversion

n’est-ce pas Sepulveda Torquemada

sur le ventre dur de leurs certitudes
avec nos mains d’Héraclès
notre ingéniosité de Dédale
nos désirs d’Icare
nous avons à inventer
la seule terre permise
la seule terre possible

la terre non promise

la terre paisible

2 - à Elizabeth Macocco pour Médéa

Horizons 2

faut-il donc que les filles
trouvent les pelotes nécessaires à leurs itinéraires de labyrinthes

que leurs mères n’ont pas laissées en héritage

faut-il donc que les filles
construisent les amers que n’ont pas édifiés leurs mères

amers nécessaires sur leurs itinéraires de messagères

nous nous sommes nourries des sourires de nos mères
de leurs rêves d’amours flous

nous avons à inventer
très près du quotidien conforme
n’est-ce pas Aïdée, Pasiphaé pleine de moi, ton Minotaure

loin de l’ordinaire répétition
n’est-ce pas Annie, Pénélope rêveuse de moi, ton Ulysse

sur le ventre tiède de leurs mystères
avec nos doigts de perce-neige
nos bras de carrousel
nous avons à inventer
le seul amour aimant
le seul amour vivant

l’amour du dernier jour

comme au premier jour


3 - à Dominique Lardenois pour Les tragédiennes sont venues

(et là un autre souvenir: lors de ma dernière visite à Privas, pour un Dario Fo, sur les pavés de plusieurs rues, un texte écrit à la craie, une lettre par pavé, Ulysse de Joyce, l’artiste ayant entamé un tour de villes pour y écrire à la craie tout Ulysse; comment ne pas penser au projet de Cyril Grosse, Ulysse in nighttown, interdit par l’affreux petit-fils de James Joyce, Stephen James Joyce; maintenant c’est dans le domaine public mais le projet ne verra sans doute jamais le jour; le texte de Cyril Grosse a été préservé dans Le gras théâtre est mort, maman)
Écrit de craie

Pour toi j’écris comme peu le font

à la craie

J’aime la craie qui s’efface
Je déteste les décrets


Mes textes ne laisseront traces

À moins que ta voix ne les livre

à l’écho du labyrinthe

bon voyage dans l’univers de Christian Darvey, dans essentia

Jean-Claude Grosse

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