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Les Cahiers de l'Égaré

L'hippocampe et le rétroviseur / Carrassan-Plossu

19 Décembre 2015 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

L'hippocampe et le rétroviseur / Carrassan-Plossu
L'hippocampe et le rétroviseur / Carrassan-Plossu

De cette photo longtemps oubliée, on n’aura donc trouvé, Plossu et moi, rien de mieux à faire que cet objet à présent sous vos yeux : L’Hippocampe et le Rétroviseur. Fallait-il en faire quelque chose ? Elle ouvre une série où on dirait qu’il n’y a rien à voir. Que l’image est sans sujet. Au sens où le sujet qui ne fait qu’y passer ne méritait pas cette attention. Un chien errant, un train de marchandises, un visage d’actrice. Mais à quoi faire attention ? Car, ici, les figures, les lieux et les objets qui traversent la photo n’ont d’autre réalité que celle d’y passer avant de disparaître. Et quoi de plus réel ? L’avenir n’existe pas. Le présent s’arrête à la photo. Tout est passé. Au bord des routes on s’interroge.

François Carrassan

Une anecdote racontée par François Carrassan à notre retour d'Altillac en septembre 2015 :

C’est le 8 septembre 2015 et je reviens d’Altillac avec mon éditeur en train de somnoler. Nous y étions allés poursuivre un entretien sur l’incroyance avec Marcel Conche. Un virage l’a réveillé et il baille. Un virage sans visibilité, comme sur une photo de Plossu. J’attends un peu et lui rappelle un échange de la veille où on s’amusait des gens qui pour se donner de l’importance s’imaginent être à un tournant de l’histoire.
A l’approche de Decazeville, tout se fait plus sombre. L’époque passée des mines de houille reste mal cicatrisée. La vie ici dut être intense à l’âge d’or du charbon, juste avant celui du pétrole. Mais les réserves mondiales de houille sont loin d’être épuisées alors qu’à présent le pétrole semble sur sa fin. On voit ainsi des pays retourner au charbon. Et on réalise à quoi les choses tiennent.
– D’après toi, quand se trouve-t-on à un tour- nant de l’histoire ?
– A tout moment, répond-il les yeux fermés, puisqu’on ne maîtrise rien...
– Mais si l’histoire tourne tout le temps, tourne- t-elle en rond ?
– C’est aléatoire, stochastique. Mais parfois, ajoute-t-il en détachant ses mots, on croit voir de la cohérence dans les entrailles des morts.

Donc un texte de réflexion accompagnant une quarantaine de photos en noir et blanc de Bernard Plossu.

Une signature est organisée le samedi 23 janvier 2016 à partir de 10 H à la Librairie Charlemagne à Hyères

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