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Les Cahiers de l'Égaré

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L'été du Léthé à La Coquette

6 Juillet 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #écriture, #théâtre, #poésie, #pour toujours

photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio
photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio
photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio
photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio
photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio

photos de Fabienne Ashraf et Raphaël Rubio

Le 2° été du Léthé s'est déroulé le 1° juillet 2017 à La Coquette à Toulon, de 10 H à 20 H 30 avec comme participants Marilyne Payen, notre hôtesse, Michelle Lissillour, Isabelle Barthélémy, Fabienne Ashraf, Pauline Tanon, Moni Grego, Lionel Parrini, Raphaël Rubio, Wianney Qolttan', Eric Meridiano, Yves Ferry, Chris Darvey et Jean-Claude Grosse. Excusée Sylvie Combe. Ils sont venus de Sète, Nîmes, Arles, Avignon, Gardanne, Toulon. Ce 2° été a coïncidé avec le 50° anniversaire de mon mariage avec la Mouette à tête rouge.

 
Temps prévus 
1- 10 à 11 H, chacun vient avec un court texte d’un autre ou de lui (10 lignes) qui l’a structuré, lui a servi de repère, un texte fondateur
lecture par chacun ou un autre (par affinité ou hasard) de ces textes avec retour des autres participants
2- temps d’écriture, à partir de 11 H et après l'auberge provençale vers 12 H 30, durée 1 à 2 H, sur consignes; écriture en solo ou à deux (affinité ou hasard)
ça tournera autour de la figure de Madeleine (une image flottant dans nos inconscients);
faites vos propres recherches et lectures (mais ce n’est pas une nécessité ni une obligation)
3 pistes seront sollicitées pour 3 courts textes
- traverser sans voile, sans rame, sans gouvernail la Méditerranée
- 30 ans de vie érémitique dans une grotte particulièrement humide 
- l’amour comme origine, chemin et but (Deepak Chopra avec Le chemin vers l’amour me semble intéressant à lire); 
les titres de deux livres photographiés à la Sainte-Baume serviront d'amorce
Épouse-là et meurs pour elle (des hommes vrais pour des femmes sans peur)
Marie-toi et sois soumise (pratique extrême pour femmes ardentes)
3- temps de partage, notre auberge provençale avec ce que nous apporterons, à partir de 12 H 30; n'oubliez pas d'apporter vos livres pour échanger, donner, qu'il s'agisse de vos oeuvres ou de livres que vous voudriez offrir au hasard de la rencontre
4- temps de lecture des textes avec échanges sur chaque texte, lecture soit par soi-même, soit par un autre à partir de 16 H; on a commencé à 17 H
au préalable, Moni Grego nous donnera quelques conseils utiles sur comment lire à voix haute
5- lecture de L’Ultime scène de Moni Grego, texte édité aux Cahiers de l’Égaré pour ce moment, ode à la disparition de la scène de théâtre dans un lieu « magique »  appelé à disparaître, vers 17 H 30; on a commencé à 19 H après l'intermède musical d'Isaac
ces deux temps de lecture seront ouverts au public et aux amis; sont venus Jeanne Mathis et son mari Isaac qui a interprété un morceau de sa composition (de la veille) à la guitare et ampli (instrument padipulé, au pied) en harmonie avec l'ambiance studieuse et joyeuse, pas festive, de la journée
6- agapes du soir, tangos dans le salon de La Coquette, vers 19 H; en fait fin des lectures à 20 H, pas d'agapes
7- Christian Darvey réalisera un film, pour sauver les meubles, appelés à disparaître
8- les textes seront mis sur le site des écritures nomades, les écrivents (comme du vent)  peaufinent leur texte jusqu'au 10 juillet. Chacun est libre de faire tous usages de son texte, FB en particulier.

Consignes

Les bienheureux qui séjournaient aux Champs Élysées dans le sous-sol grec pouvaient revivre une nouvelle vie sur terre. Passant dans le Léthé, ils oubliaient tout de leur vie antérieure de héros ou de sage mais pouvaient conserver, réactiver un souvenir pour leur nouvelle vie.
Vous êtes des bienheureux. Quel souvenir voulez-vous réactualiser pour votre nouvelle vie sur terre ?

Cela veut dire que vous êtes l'homme ou la femme qui était mort(e) et que vous allez vous réincarner en un autre, l'homme ou la femme qui revit d'une autre vie, résurrection ? réincarnation ?

Vous aurez à votre disposition pour vos textes, ces deux personnages, l'homme qui était mort, l'homme qui revit d'une autre vie.

 

Vous avez choisi un texte fondateur. Vous devrez vous en servir pour vos 2 écritures. Thème, citation …

Nous sommes à La Coquette, vous intègrerez ce lieu et ce moment, 1° juillet 2017, dans vos textes.

 

3 thèmes à traiter en 3 textes courts :

 

  • Madeleine dans une barque sans gouvernail, sans rame, sans voile, livrée aux vents, houles, courants, encalminages de la Méditerranée, seule ou accompagnée, pour seul vêtement sa chevelure abondante, et pour luxe, ses parfums ; elle souffre, elle prie, elle est en colère, elle a la diarrhée, elle vomit, elle n'a rien à manger, à boire ; y a-t-il un miracle ? un événement merveilleux surgit-il au pire des moments ? Votre Madeleine décidez si c'est la vraie, si elle est d'aujourd'hui, venue d'où, pourquoi, pour où ? Ce qui lui arrive dans la barque jusqu'à Massilia est-il réel ? Optez-vous pour un récit, un conte, un dialogue ?

  • Madeleine dans la grotte de la Sainte-Baume vit 30 ans d'une vie érémitique, grotte humide, elle ne se nourrit que de ses larmes. Quelles larmes pleure-t-elle ? De quelles larmes nourricières s'agit-il ? Elle monte au ciel, entre terre et paradis, ascension pouvant durer 7 H. Que se passe-t-il ? Contemple-t-elle quelqu'un, quelque chose ? Pense-t-elle pendant son ascension et son extase ? A-t-elle des visions ? Donnez-nous envie de nous élever. Donnez-nous envie de revenir ici-bas ! La grotte est-elle rassurante, inquiétante ? Quelles résonances entre la grotte et le ventre-mer, entre la grotte et le ventre-mère ? A-t-elle été engrossée ? A-t-elle un désir d'enfant ? Porte-elle un tel désir ? Ou y a-t-elle renoncé, femme à moitié ou femme accomplie malgré tout ? Votre Madeleine grotesque est-elle la vraie, est-elle un fantasme ? A-t-elle un interlocuteur, un intercesseur ? Demande-t-elle ? Quoi ?

  • Madeleine et l'amour sublime. Imaginez sa relation de prostituée repentie, de pècheresse, d'épousée, d'épouse à l'Époux. Quel statut souhaitez-vous lui donner ? Un, plusieurs ? Cet Époux, l'acceptez-vous fils de Dieu, se refusant à Madeleine, Ne me touche pas ! Ressuscitant, donc se montrant à elle pour ensuite disparaître, s'élever avec la promesse de revenir à la fin des temps pour le grand rassemblement des ressuscités ? Croyez-vous à sa mission de Sauveur ? Le préfèreriez-vous plus soucieux de Madeleine, la comblant, comment ? Cet amour sans consommation est-il source d'élévation, d'extase ? À quoi peut-il faire accéder ? L'extase mystique, est-ce que ça, ÇA, vous parle ? Le sexe peut-il être source de comblement ? La jouissance, la petite mort, n'est-elle pas chacun son moment de plaisir, dans son moment de plaisir ? L'autre Jouissance dont parle Lacan, indicible, réservée à certaines femmes, sur laquelle rien ne peut être dit car cette Jouissance est accès au Réel le Grand Réel de René Char, croyez-vous possible de la décrire ? En poète, en dramaturge, en psychanalyste ?

  • Si possible des textes d'une quinzaine de lignes. Bonne écriture.

  • mon texte

  •                                           

    Oui je veux bien OUI


    Le narrateur – Bienheureux je suis. Pour vie nouvelle. Droit à un vieux souvenir. De l'ancienne vie. Vie de héros, de sage, d'ouvreur de voies ? En tout cas, j'ai eu droit aux Champs-Élysées. Je me souviens, je veux me souvenir de toi, Marie Madeleine. Il m'avait convaincu que j'étais son fils, le Fils de l'Homme. J'avais cru à ma mission de Sauveur des Hommes. Je me suis sacrifié. Ils m'ont crucifié. Père, pourquoi m'abandonnes-tu ? Phrase terrible. Désespéré, j'étais. Ces clous ! Cette éponge de vinaigre ! Saloperie de bourreaux ! Froids fonctionnaires de la mort en série. Mis au tombeau, j'en ressors comme Lazare, à qui j'ai dit : Lève-toi et marche ! M'a toujours fasciné ce retour de l'homme qui était mort. Tu sais qu'ils y travaillent les prophètes du futur de la Silicon Valley ? Ray Kurzweil, directeur de projet chez Google, annonce le retour de la mort pour 2037. Je ressors du tombeau. Et toi, Marie Madeleine, Marie de Béthanie, ils savent plus très bien les chrétiens, première à me voir, à y croire. Pourquoi l'homme mort que j'étais a accepté cette ascension ? Pourquoi te répondre Noli me tangere, à mon surgissement nouveau. Pourquoi te faire cette Promesse de retour à la fin des Temps pour le grand rassemblement des ressuscités ? Sais-je qui je suis ? Un Sauveur ? Un Salaud ? Marie Madeleine, entends-tu mes tourments ?


    Marie Madeleine dans la barque – Le fuir, fuir ce salaud. Toujours s'est refusé à rendre ce que je lui donnais, ce que je lui offrais. Mes palpitations du tréfonds, là où sont tapies les stupeurs pétrifiées de trop d'audaces. Pas assez gratuit mon don ? Donc prends ça dans les dents ! donc pas rendre ? Veut vrai don, don sans retour, don donc sans attente de retour ? C'est ça que je devais comprendre ? Oh Marie, ce mal de ventre, cette diarrhée diarrhée diarrhée é é é ! (3 jours plus tard, de plus en plus faible) vidée é é é ! (petite voix ). Oh Jésus ! Que se passe-t-il ? … Où suis-je ? … Toulon, Saint Jean du Var, La Coquette, Le Barbecue, La Plancha, 3 en 1, la Sainte-Trinité. Hahaha ! Je suis donc une Bienheureuse, autorisée à une vie nouvelle avec un vieux souvenir. L'Amour de Madeleine, traduit par Rainer Maria Rilke, sera mon texte fondateur, le fondement de ma vie nouvelle pour amour à l'ancienne. Marie-toi et sois soumise, dit le livre de la pratique extrême pour femmes ardentes. Oui je veux bien oui. Oh, ce coin de tonnelle pour tête à tête, à la Roméo et Juliette, au bord de l'étang, oui je veux bien oui ! Où ai-je entendu ça ? Ah oui, Cécile Morel disant dans le noir, de sa voix sensuelle, le monologue de Molly Bloom. Incroyable l'effet d'un texte chuchoté dans le noir ! Oui je veux bien oui. Place réservée au Revenant, au Bienheureux Jean-Claude, communément appelé J.-C. Oui je veux bien oui. Place réservée à l'Épousée, jour après jour jusqu'à ce que ça fasse toujours, à Annie, la Revenante, la Bienheureuse, pour leurs 50 ans de mariage, ce 1° juillet 2017. Quelle réception ! comme il m'a embrassée sous la tonnelle je me suis dit après tout aussi bien lui qu'un autre et alors je lui ai demandé avec les yeux de demander encore oui et alors il m'a demandé si je voulais oui dire oui ma fleur de la montagne ma rose rouge oui ma rose blanche oui et d'abord j'ai mis mes bras autour de lui oui et je l'ai attiré sur moi pour qu'il sente mes seins tout parfumés oui et son cœur battait comme fou et oui j'ai dit oui je veux bien Oui


    Sous la tonnelle du tête à tête, le Bienheureux Jean-Claude – Quelle connerie ma première vie ! Croire que j'avais à les Sauver tous ! Quel orgueil d'Insoumis !


    Sous la tonnelle du tête à tête, la Bienheureuse Annie – Oui, quelle connerie de t'envoyer en l'air ! Ton ascension ! Alors que t'as pas été capable de rester en moi, le 14 juillet 1970, quand tu m'as éjecté par ton retrait du grand Orgasme Cosmique pour me ramener à la petite mort orgasmique. C'est pour me rappeler cette blessure de ma sexualité que tu fais ce miracle, d'une barque à la dérive à une table gastronomique ? Je vais te dire, fils de Pute. Tu as eu raison de revenir à la maison qui n'est pas celle du Père. Tu le sais que t'es né de Père Inconnu ? Que t'es né sous X ? Né du Saint-Esprit, 3 en 1 !


    Le Bienheureux Jean-Claude – D'où tiens-tu ce savoir qui me démolit ?


    La Bienheureuse Annie – 30 ans de vie grotesque dans la grotte, à te nourrir de tes larmes, ça te ramollit le bulbe et la vulve tu sais. Je n'avais pour me distraire que mes envols, sept heures durant, entre terre et paradis, au septième ciel, vol stationnaire, lévitation quantique. Ça y est, ils commencent à admettre que c'est possible, les cartésiens ! J'ai vécu dans ma chair décharnée que la Vraie Vie est ici-bas, que le Très-Haut n'est pas là-bas, là-haut mais ici, sous cette tonnelle, oui, je veux bien oui que tu ne me fasses pas l'Amour, ni le sublime ni le sublimé, oui je veux bien oui que tu me baises comme je le criais avec mes yeux, le 14 juillet 1970; oh mon Bien-Aimé, BAISE-MOI !


    Le Bienheureux Jean-Claude – Oh ce n'est ni miracle, ni magie. Sous cette tonnelle pour nos 50 ans de mariage, tu n'es pas un mirage, une image. Te voilà de retour, en chair et en os, ma disparue depuis sept ans. Tu as dormi du sommeil des sept dormants d'Éphèse. Tu t'es endormie, tu avais mal entendu Hamlet : dormir, rêver ... mourir peut-être. Lui, dit : mourir, dormir rien de plus, rêver peut-être. Tu t'es endormie après 14 apnées comme le jour de ta naissance, ma Bien-Aimée Valentine. Quel retour ! Vois comme le monde n'a pas changé. La modernité qu'ils disent ! Allez, on s'en tape de leur monde. Levons la coupe de champagne, de notre préféré, la Veuve Clicquot ! À notre amour au jour le jour ! Le livre ne le dit-il pas : Épouse-là et meurs pour elle, des hommes vrais pour femmes sans peur ? Oui je veux bien OUI. Cette nuit, Je Te Baise ! Épectase !


    La Bienheureuse Annie – Pas de Promesse ! La Preuve ! L'extase ! Oui je veux bien OUI.


     

     


    Jean-Claude Grosse,
    à La Coquette, Toulon, 1° - 4 juillet 2017

roses rouges et blanches du mariage, la mouette à tête rouge, l'ivresse
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roses rouges et blanches du mariage, la mouette à tête rouge, l'ivresse

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Les Cahiers de l'Égaré 2017

6 Juillet 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Les Cahiers de l'Égaré 2017
Les Cahiers de l'Égaré 2017
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Les Cahiers de l'Égaré 2017
Les Cahiers de l'Égaré 2017
Les Cahiers de l'Égaré 2017

7 titres pour le 1° semestre 2017 dont

- la 6° édition des Pieds tanqués (nouvelle édition avec cahier photos, 3000 exemplaires), la 7° sera mise sous presse en juillet

- la 2° édition de Lili/Suzon

pour l'automne

- La nature prisonnière, photos de Bernard Plossu, textes de Rudy Ricciotti et François Carrassan

- La Tempête de William Shakespeare, traduction inédite pour et avec le Théâtre de Privas

- Le voyage d'Amadou de Michel Gendarme

- Une tragédie américaine, trilogie sur la peine de mort de Marc-Israël Le Pelletier

Bien sûr, auteurs et lecteurs, vous avez compris

que je n’accepte pas les manuscrits (pratique insolente);

que mes choix dépendent de rencontres personnelles (pratique inqualifiable);

avec de telles pratiques (éditer le plus pertinent des impertinents, É Say Salé) on va à bons pas vers les 30 ans des Cahiers de l’Égaré;

ça se passera en deux temps: au Revest (investissement du village sur deux week-end de septembre-octobre 2018 sur un projet conçu et réalisé par Katia Ponomareva à la demande du maire)

et au Bateau Lavoir à Paris du 15 au 30 octobre 2018

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(C'est possible) ça va de Cyril Grosse

19 Juin 2017 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #spectacles, #pour toujours

Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
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Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
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Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala
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Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala

Cyril avec Anatoli en 1998 au Revest, Cyril à sa descente du transsibérien le 19 juin 2000, Anatoli, Dasha and Co en 2009 à Corsavy, pour préparer le bocal de 2010, JCG volontaire pour nettoyer les rives, écritures, lectures à Sukhaya et Baklany, la datcha dortoir de l'oligarque qui nous a accueillis la nuit du 13 au 14 août 2010, lectures au Molodiojni Theatr' à Oulan-Oudé, la sirène du Baïkal qui a inspiré mon poème Dans le sillage de Baïkala

Histoire du dernier spectacle de Cyril Grosse.
D'abord le titre: (C'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop. Cyril n'a jamais voulu m'expliquer ce titre. Mais j'ai fini par comprendre ceci : Tout ce qui arrive est possible, on ne peut rien y changer donc mise entre parenthèses = le signe de notre impuissance et dire ça va, accepter ce qui arrive. C'est une des caractéristiques des philosophies d'extrême-orient, tout au moins c'est comme ça que nous les recevons. Ou l'un de nous est en trop, là on a affaire à l'Occident qui a toujours besoin d'un ennemi, d'un bouc émissaire pour exister par opposition. Évidemment, ce titre n'avait rien de prémonitoire, il n'annonçait pas la disparition de Cyrll, par contre il indique comment se comporter quand la nouvelle tombe le 28 septembre 2001 à 16 H (9 jours plus tard, invraisemblable): ce qui est arrivé le 19 septembre était possible et dire ça va. Bien sûr, cela demande du temps et cela n'est pas possible pour une mère par exemple.
Les circonstances du spectacle.
Qui va en Sibérie pour se former auprès d'Igor Grigurko à Oulan-Oudé ? La soeur, Katia, 6 mois durant, hiver, printemps. Elle ramènera dans ses bagages, un futur mari, comédien, Vitya Ponomarev. On doit être en 1994.
La Russie tente Cyril à son tour. Il découvre au Festival Passages à Nancy en 1998, le travail d'Anatoli Baskakov, encensé par Jean-Pierre Thibaudat et la fille d'Anatoli, Dasha Baskakova, parolière, compositrice et interprète, chanteuse qui mériterait que le kairos passe à sa portée. Anatoli et Cyril se retrouvent au Revest et décident avec le soutien des 4 Saisons du Revest d'élaborer un double projet franco-russe.
En 1999 à l'été, séjour d'1 mois et demi à Oulan-Oudé, au Molodiojny Theatr' d'Anatoli Baskakov. Rencontres diverses. Anatoli créera Le mariage de Gogol avec une équipe franco-russe, les comédiens français apprenant pour la circonstance, le russe. Cyril créera (C'est possible) ça va où l'on entendra les deux langues, français et russe.
C'est à l'été 2000 pendant 3 mois et demi dont plusieurs semaines en campement à Baklany que les deux spectacles sont répétés. La compagnie vient d'être conventionnée pour 3 ans (2000-2002), 1° et seule compagnie varoise à obtenir ce conventionnement qui permit après (c'est possible) de créer Père de Strindberg. La compagnie a été dissoute en 2003. Katia Ponomareva, la soeur de Cyril, a créé sa compagnie L'Ensemble À Nouveau. Il faut attendre 2017  pour qu'une nouvelle compagnie installée dans le Var soit conventionnée: Attention fragile de Gilles Cailleau.
L'accueil de L'Insolite Traversée fut très officiel, médiatisé, filmé. Il en reste quelques traces. La jeunesse de Cyril, son charisme lui attiraient la sympathie. L'ambassade de France via la chargée culturelle a soutenu le projet. Les Français arrivèrent par le transsibérien le 19 juin 2000. Cyril est rayonnant.
J'ai des VHS de ce séjour. Encore faut-il que je les numérise et que j'en fasse un montage. Le travail de mémoire est long et lent. Ce que je sais, c'est que la rencontre entre deux conceptions du théâtre, le théâtre d'art russe et le théâtre d'improvisation, n'a pas été facile. Il y a eu des tensions, des incompréhensions. Mais la mayonnaise a fini par prendre. On trouve des traces de ces âpres discussions dans L'Île aux mouettes et Là où ça prend fin.
Il y eut bien sûr, aventures humaines, liaisons, désunions, circulation de désirs, il y eut des soirées arrosées, des nuits risquées. Ce fut possible, ça va. Ainsi l'histoire entre Cyril et Dasha. À la Noël 2000, à la Mahakali, à Châteauvallon chez Simone Komatis, au milieu d'une danse, il me demande à quoi on reconnaît l'amour. Et un peu plus tard dans la soirée, en quoi ça consiste être père. Il a 29 ans passés, va sur 30.
Je ne livrerai pas mes réponses.
À chacun de se demander ce qu'il répondrait s'il répond à son fils.
Traces tout de même dans L'Île aux mouettes. Et bien sûr dans le dernier projet de Cyril, Père de Strindberg qui tourna 2 ans sans lui avec François Marthouret, Anne Alvaro.
Les deux semaines de représentations au Revest en octobre 2000 restent mémorables:
un jour, Le mariage de Gogol en traduction par casques venus de Nancy,
le lendemain (C'est possible) ça va toujours avec les casques et la voix magnifique de Cyril, traducteur, légèrement décalée pour qu'on puisse recevoir le jeu du comédien.
Et les deux samedi, les deux spectacles avec un repas russe entre, de 19 H à minuit.
Pour mes 60 ans, le 25 octobre 2000, j'eus droit sur la scène à des impromptus et des sauts en l'air.
Pour la dernière, sans doute la fatigue, trop de vodka, une violente crise de jalousie à cause d'une belle actrice et la profonde mélancolie, la tristesse immense qui précèdent la séparation, une bagarre a eu lieu entre les comédiens et il m'a fallu toute mon autorité pour empêcher que ça dégénère. Ce fut un sale épisode. Cyril me traita de fasciste, je partis 3 jours sans donner de nouvelles.
Dois-je dire que ces deux semaines nous valurent la présence du consul russe de Marseille, que le prince Georges Angouladzé fut, comme président des Russes de Marseille, d'une formidable complicité ainsi que sa femme, Tamara, préparatrice experte des repas et de la dernière, très arrosée (j'ai cru que les artistes sauraient se tenir, ce ne fut pas tout à fait le cas). Je fis même la connaissance du fils de l'ophtalmologue Koutzeff qui m'opéra de l'oeil gauche à la fin de la guerre, après un bombardement qui m'avait fait tourner l'oeil.
Extrait du spectacle:
"un sentiment de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale se répand dans ma mémoire, vigoureuse réalité qui fait du passé un fantôme, le miroir déborde de lumière, un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond ... tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra... ici chanson de et par Dasha Baskakova... puis texte : c'est une histoire que je voulais raconter et mon amour comme tous les fils, toutes les mères, les vieux, les enfants, les fous ... comment penser que tu n'es plus là, que plus jamais, plus jamais, comment se dire un jour tu vas disparaître et qu'aujourd'hui, tu as disparu..."
le 2 avril 1998, la grand-mère maternelle, Guiguite, disparaît; pour les enfants c'est la découverte de la mort, subitement réelle, impensée jusque-là (personne jamais ne mourra); Guiguite trouvera une nouvelle place dans ce spectacle où plein de rituels sont pratiqués dont le rituel accompagnant la séparation, l'exil, le départ pour ailleurs
simples paroles, paroles inoubliables du spectacle (c'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop de Cyril Grosse, créé en 2000, patience: 15' à écouter
 
Après la disparition de Cyril, le 19 septembre 2001 à Jaguey-Grande à Cuba, avec son oncle, l'artiste-peintre Michel Bories et deux Cubaines, la mère et la fille, ses amis russes édifièrent en juillet 2002, le mémorial de Baklany.
En août 2004, Annie et moi nous fîmes le voyage de Russie (Moscou, Saint-Pétersbourg) avec le transsibérien AR (2 fois 5 jours et nuits) Moscou-Oulan-Oudé; nous eûmes la possibilité de séjourner à Oulan-Oudé et de passer deux nuits et trois jours sous tente à Baklany. Campement plus que rudimentaire. Pas de matelas. Plastique, manteaux. On ne s'est jamais serré aussi forts, Annie et moi. 70 bouteilles de vodka furent sacrifiées, chansons et anniversaire de la mort de  Vissotski, chanté par Anatoli Baskakov.
En 2005, en Avignon, j'organisai des rencontres pour des enseignants et étudiants russes pendant 5 jours. Je racontai l'histoire de Cyril, distribuai des livres de Cyril et autres Cahiers de l'Égaré. J'ignorais que 2 ans après, cela se traduirait par une surprise à l'Université de Novossibirsk où Cyril n'est jamais allé, où je suis allé 4 fois.
De 2007 à 2011, des étudiants de l'université de Novossibirsk organisèrent les rencontres théâtrales Cyril Grosse, sous l'impulsion d'une enseignante Anna Leontieva.
En août 2010, j'ai organisé un bocal agité sur le thème de l'eau au Baïkal, une autre façon de tenter de se rencontrer, Russes et Français. Les textes produits sont d'inspirations très différentes. Ils ont été publiés en bilingue dans Baïkal's Bocal.
Sur ce bocal agité de 3 semaines, quelques moments.
Pour nous aussi, accueil très officiel en mairie, à Oulan-Oudé, TV bouriate, réception par le ministre de la culture bouriate, la plus petite république de la Fédération de Russie.
Je suis filmé avec un tee-shirt sur lequel j'ai fait imprimer l'homme aux semelles de vent, Arthur Rimbaud,  participant au nettoyage des rives du Baïkal pour inciter les Russes à faire de même. Ils sont très sales en camping sauvage.
Au retour, le ministre est venu nous saluer à l'aéroport. Ce projet avait bénéficié du label de l'année franco-russe et a été partiellement financé par la ville de Hyères, restitution publique au Théâtre Denis le 19 ou 20 octobre 2010.
D'abord, on a permis l'achat de tentes et de matériel pour tout le campement, une trentaine de personnes, grâce à l'argent qu'on mit à leur disposition. Les Russes sont débrouillards mais pauvres.
Ensuite, je fis appel à deux étudiantes de Novossibirsk comme traductrices. C'étaient les plus assidues pour les Rencontres Cyril Grosse, manière de les récompenser et remercier. Elles firent un travail exceptionnel, disponibles sans rechigner.
Évidemment, je flashe sur l'une des deux. Quand je parlerai de ce moment violent à l'épousée, vers le 20 août 2010, elle me dira: mais c'est de Cyril que tu parles.
Je tombe amoureux d'une fille, même prénom, même âge que la dernière compagne de Cyril, même goût que Cyril pour les excès, l'alcool, même goût et culture que Cyril pour la littérature. Un coup de jeune, moi, me prenant inconsciemment pour Cyril. En tout cas j'assume, j'essaie d'assumer du mieux que je peux l'héritage artistique et humain, affectif, de Cyril comme celui de son oncle, Michel, inventeur du Pof Art.
Amour sauce Platon, pas sauce Cupidon. Traces dans L'Île aux Mouettes. L'épousée me dira une parole forte à ce sujet avant de partir.
Dans la nuit du 13 au 14 août 2010 à Baklany où nous sommes reçus dans les datchas et banyas (saunas) d'un oligarque qui s'est approprié la plage (il n'y avait rien en 2004), je bois trop de vodka, l'ambiance chaleureuse et électrique s'y prête, impossible de dormir.
Au petit matin, me promenant sur la plage, illumination, la fin d'un texte commencé à Johannesburg en 2002, Deuils ou L'Invitation à la Vie (titre ambigu à souhait) et inachevé depuis 8 ans s'offre à moi.
Ça donnera L'Île aux mouettes en 2012, L'Éternité d'une seconde Bleu  Giotto en 2014, Là où ça prend fin en 2014.
Depuis, je suis à nouveau en panne pour Ma dernière bande (ou Mon dernier branle).
Baïkala, la sirène du Baïkal m'a inspiré un testament amoureux: Dans le sillage de Baïkala, transformé en livre sillage par Aïdée Bernard (autre amour sauce Platon), pièce d'artiste qui circule beaucoup.
Lue et exposée le 19 mai 2017 à la Bibliothèque Li Campanetto aux Milles, Aix-en-Provence.
Baïkala a passé 1 mois en France du 20 août au 20 septembre 2011. Elle lut avec moi, Tourmente à Cuba pour 30 invités le 19 septembre 2011, pour les 10 ans du départ de Cyril. Elle a fait forte impression sur les convives. Moi, j'ai eu les plus grandes difficultés à la coucher tellement elle avait arrosé le rosé. Le départ en avion, de Nice, le 20, fut pénible.
Je l'ai revue 3 jours à Paris en août 2015, 3 jours de promenades insolites, du tourisme inventif, loin des circuits.
C'est comme ça avec les Russes, pas de nouvelles ou des nouvelles par mail, 3 à 4 fois l'an puis élan, avion, rendez-vous, retrouvailles comme si le temps n'était pas passé.
Je pense bien revenir une fois encore au Baïkal. En 2028.
Ce sera un voyage familial et sentimental.
2028 = 80 ans de l'épousée, 60 ans de Katia, 20 ans de Rosalie-Lili-Lison, 60 + 20 = 80. Ça n'arrive qu'une fois. Donc en être, une pierre plate et 5 à 7 rebonds sur l'eau du lac.
À Baklany.
La vidéo Baïkal's Bocal donne une idée du mémorial et de l'ambiance le soir auprès du feu de camp.
Jean-Claude Grosse, le 19 juin 2017
 
 
(C'est possible) ça va
ou l'un de nous est en trop

est le dernier spectacle abouti de Cyril Grosse (1971-2001)
présenté ici non par nostalgie mais pour la qualité du spectacle
et du film qui l'a saisi
CYRIL.JPG
créé en octobre 2000
au Molodiojny Theatr'
à Oulan-Oudé en Sibérie,
après répétitions au lac Baïkal, à Baklany,
(cliquer sur la photo = vidéo Traces)
MEMORIAL.JPG
puis présenté au Centre Vissotski à Moscou,
au Théâtre de La Passerelle à Gap,
à La Maison des Comoni au Revest, pendant 2 semaines
à Gare au Théâtre à Vitry.
Réalisation franco-russe avec 12 comédiens,
2 compagnies:
L'Insolite Traversée
Le Molodiojny Theatr',
2 langues: russe et français,
ce spectacle a été filmé par un vidéaste russe, Vladislav Kostine.
Ce n'est que 6 ans après que Les 4 Saisons du Revest,
co-producteurs du spectacle,
ont pu retrouver le film,
tourné à La Maison des Comoni,
le 25 octobre 2000,
pour mes 60 ans.
Merci à Ivan.

Deux versions sont mises en ligne, l'une sur ce blog,
l'autre sur le blog des agoras d'ailleurs
Ces deux versions filmées sous deux angles différents permettent d'apprécier ce spectacle dans toute sa légèreté, sa densité, sa nostalgie.
À voir dans l'ordre ou le désordre des vidéos.

 


A va cyril 1
envoyé par grossel

 


A va cyril 2
envoyé par grossel

 


A va cyril 3
envoyé par grossel

 
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Le Livre des cendres d'Emmanuelle

10 Mai 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Livre des cendres d'Emmanuelle, édition courante parue le 7 mai 2017
Livre des cendres d'Emmanuelle, édition courante parue le 7 mai 2017

Livre des cendres d'Emmanuelle, édition courante parue le 7 mai 2017

Est paru le 7 mai 2017, au soir d'une présidentielle à la française, le Livre des cendres d'Emmanuelle, édition courante aux Cahiers de l'Égaré, édition de tête chez Le Sélénite.

Note de l'éditeur de l'édition courante

En 2007, peu avant sa mort l’année suivante, Louis-Jacques Rollet-Andriane m'a confié ce Livre des cendres d’Emmanuelle. Il m'avait appris par deux lettres, deux ans après, en 2005 donc, la disparition d'Emmanuelle et je venais lui rendre visite chez lui, pour la première fois à Chantelouve d’Emmanuelle, la maison du Var qu’il habitait avec sa femme, Marayat, depuis le milieu des années 70.

Il y eut une deuxième visite. La troisième, décalée pour cause de neige, n'eut pas lieu. Quand je repris contact en avril 2008, Louis-Jacques Rollet-Andriane venait de disparaître à son tour. Pendant mes deux visites, je pus filmer Chantelouve et en particulier le faux livre contenant les cendres d'Emmanuelle, au milieu d'autres livres de l'une des bibliothèques.

J'ai édité les derniers textes d’Emmanuelle Arsan : Le sexe et la fronde, Pourquoi la jalousie est une boucle étrange, Lesbos Alpha, Lesbos Omega, Pour qu'il puisse y avoir une dernière parole, Liberté charmée et l'irremplaçable Bonheur. J'ai entretenu avec elle une longue correspondance, du 19 mars 1988 au 31 mars 2005, partiellement publiée dans Bonheur et Bonheur 2. Nous ne nous sommes jamais rencontrés et sans doute est-ce la raison de cette correspondance heureuse selon sa propre formule, « sans rien entre nous qui pèse ou qui pose ».

J'ai envoyé le tapuscrit de Louis-Jacques Rollet-Andriane à Pierre Pascual, jeune éditeur et passionné par toute Emmanuelle, en juin 2016. Nous avons décidé d’en sortir une édition conjointe en hommage à Emmanuelle Arsan, à Louis-Jacques et Marayat qui aimaient que les amours, les corps (et certainement les livres) soient libres, multiples.

Une histoire commencée avec la publication en 1959 sans nom d'auteur et sans nom d'éditeur, du roman Emmanuelle, trouve une forme d'achèvement avec la publication sans nom d'auteur et sans nom d'éditeur du Livre des cendres d'Emmanuelle, en 2017, dix ans après que son auteur me l'ait confié. Mais il va de soi que pour Pierre Pascual comme pour moi-même, l'oeuvre plurielle d'Emmanuelle Arsan continue et continuera à « faire l'amour ».

 

Jean-Claude Grosse

 

Avant-propos de l'édition de tête

 

En 2007, peu avant sa mort l’année suivante, Louis-Jacques Rollet-Andriane a confié ce Livre des cendres d’Emmanuelle à l’éditeur ami Jean-Claude Grosse qui venait lui rendre visite chez lui, à Chantelouve d’Emmanuelle, la maison du Var qu’il habitait avec sa femme, Marayat, depuis le milieu des années 70.

Jean-Claude Grosse, qui a édité les derniers textes d’Emmanuelle Arsan et entretenu avec elle une longue correspondance, m’a envoyé ce tapuscrit en juin 2016 ; nous avons décidé d’en sortir une édition conjointe en hommage à Emmanuelle Arsan, à Louis-Jacques et Marayat qui aimaient que les amours, les corps (et certainement les livres) soient libres, multiples.

Le Livre des cendres d’Emmanuelle est un vibrant hommage à Marayat qui, pendant plus de quarante ans, a illuminé la vie de Louis-Jacques, façonnant avec lui l’enfant de leur vie : Emmanuelle.

À sa mort, Louis-Jacques conservera les cendres de Marayat dans un livre. C’est ce livre « que personne n’a écrit, que nul ne lira » que Louis-Jacques décide de transformer en poèmes vivants, pour que sa femme, celle qui fut tout autant que lui « Emmanuelle », vive encore.

Ce recueil vient clore une aventure commencée en 1959 avec la publication du premier tome anonyme de celle qui portait ce prénom qui aura traversé les décennies.

Après Emmanuelle, Emmanuelle à Rome, Les enfants d’Emmanuelle, Les soleils d’Emmanuelle, le Livre des cendres d’Emmanuelle vient achever en poèmes l’histoire d’une vie ; une vie pleinement et multiplement vécue par celles qui portaient tous les visages, investissaient tous les corps : Louis-Jacques et Marayat.

Lorsqu’il y a quelques années j’ai commencé à écrire moi aussi une Emmanuelle, j’avais décidé d’adopter pour parler du couple mythique que formaient L.J. et Marayat, le féminin pluriel. J’ai découvert dans ces poèmes que Marayat utilisait elle-même ce féminin pluriel pour parler d’ « elles ».

Le futur sera féminin pluriel.

J’ai tenté de respecter tant que faire se pouvait la forme du tapuscrit original qui ne comportait pas de nom d’auteur en choisissant de n’en faire figurer aucun sur la couverture.

Le respect de cet anonymat et de tous les jeux/je qui en découlent rendra je l’espère hommage à celui qui s’écrivit pendant des décennies au travers de son Emmanuelle rêvée, et qu’une fois son incarnation terrestre disparue il ne pouvait plus investir.

Après maintes réflexions, j’ai décidé de faire coexister pour la première fois, sur la page de grand titre, le nom de Louis-Jacques avec celui d’Emmanuelle, non loin du visage esquissé de Marayat. 

Trio enfin réuni.

Pour Louis-Jacques et Marayat, le chiffre trois était le chiffre de l’amour, rien ne pouvait naître du couple fermé sur lui-même ; Emmanuelle était cet(te) autre attendu(e) invoqué(e) espéré(e), cet(te) autre qui était possiblement eux-mêmes, « elles-mêmes », simultanément ou à tour de rôle.

Je ne reviendrai pas pendant des pages et des pages sur l’identité d’Emmanuelle Arsan, je me suis expliqué sur ce choix dans la préface de La Philosophie Nue il y a quelques mois. Louis-Jacques aura le dernier mot ; Marayat, la dernière image, déjà floue, presque éteinte ; la Siamoise nue s’efface pour n’être plus que toutes les femmes, Emmanuelle, rien de moins.

Que l’auteur ait remis ces poèmes en personne à celui qui serait susceptible de les éditer prouve qu’il acceptait enfin que son nom soit accolé à une « œuvre emmanuelle » (même si tristement amputée de sa moitié), et qu’il espérait que cette œuvre soit partagée.

C’est aujourd’hui chose faite, dix ans après, dans cet écrin couleur de cendres.

 

 

Pierre Pascual

 

 

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2 nouveaux titres de la Collection privée du Capitaine

23 Avril 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

2 nouveaux titres de la Collection privée du Capitaine
2 nouveaux titres de la Collection privée du Capitaine

Chères amies, Cher amis,

 

J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie des deux nouveaux ouvrages de La Collection privée du Capitaine (Les Cahiers de l’Égaré).

 

-         La Légende des jumeaux, une pièce de théâtre du poète et écrivain, Franco-Argentin, Miguel Angel Sevilla, autour de l’ethnologue  Alfred Métraux.  

 
 

86 pages, 12 X 18,5

L’intrigue

Baptiste, un réalisateur originaire de Suisse, désire faire un film documentaire sur le célèbre ethnologue Alfred Métraux, lui qui a tant fait pour les indiens. Il se rend pour cela au Musée du quai Branly, accompagnée de sa célèbre assistante, certes non suissesse, Laetitia. Au musée, ils font la rencontre d’un gardien nommé Raymond, et il se trouve que l’homme est originaire de Tucumán. C’est le début d’une belle aventure.

 

 

-         Les Saintes écorchures, seconde pièce publiée de Laura Leoni. Une exploration de la douleur, au plus près de la chair, des vies, et de ce qui motive les existences.  

 
 

80 pages, 12 X 18,5

L’intrigue

Dans une petite ville de campagne, l’arrivée d’un cirque ambulant n’est pas un événement anodin. Samuel est revenu à ses racines après des études en ville, pour reprendre l’exploitation de ses défunts parents. Il retrouve Julie, son amour d’enfance. Autour de ce couple gravitent le prêtre du village et un peintre parisien qui a le mal du pays. Avec pour toile de fond le calme de la campagne et le bruit de la fête qui se prépare, un drame va se nouer.

PROMOTION : 9 euros au lieu de 12 euros le livre + frais d'expédition

La collection privée du Capitaine c’est déjà 6 titres maintenant, et cela augmentera encore très bientôt.

Voici les titres précédents :

-         Anatomie d’une absence, Laura Leoni  (théâtre – sublime exploration de l’absence)

-         L’Émergence d’une île, Lucie Doublet  (récit somptueux où la mer nous prend)

-         Les Mauves, Benoît Rivillon  (formidable roman sous tension, on ne s’arrête plus)

-         Suis-je donc… ?, Julien Daillère  (un très beau théâtre-conte, jouissif et tendre)  

 

Les ouvrages sont disponibles, sur commande, en librairie. Sur le site de vente en ligne, ou en vente directe.

 

Baptiste Moussette - La Collection privée du Capitaine

14 rue des Gobelins, 75013 Paris
 
   http://lescahiersdelegare.fr/
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sur la Révolution d'Octobre vue depuis aujourd'hui

19 Février 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #écriture, #cahiers de l'égaré, #EAT (Écrivains Associés du Théâtre), #agora

Le Triomphe de l'artiste (la révolution d'octobre et les artistes, Russie, 1917-1941, le dernier livre de Tzvetan Todorov

Le Triomphe de l'artiste (la révolution d'octobre et les artistes, Russie, 1917-1941, le dernier livre de Tzvetan Todorov

L'appel à écritures sur octobre 17 vu depuis aujourd'hui, lancé le 3 février avec date-limite le 28 février a reçu 7 projets. Après une semaine de lecture et de réflexion, j'ai retenu, le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le projet de Gilles Cailleau: OCTOBRE.

Une page est ouverte sur ce blog pour accueillir les écritures de l'auteur, comédien, metteur en scène, directeur de la compagnie Attention Fragile.

Appel à écritures :

Je  vous présente « mon »  nouveau projet provoqué par une phrase de Georges Perpès de la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne-sur-mer dans un mail très récent:
Pour le moment, je n'ai pas encore vu passer de projet ou de pièce sur  octobre 1917;
je le jure, je n’ai pas vu 1917;
le questionnant sur pourquoi octobre, il me répond en majuscule OCTOBRE 1917;
je le jure, je vois 2017, pas 1917 (Freud à l’interprétation, STP) puis je réalise
et réaction immédiate de proposition d’écriture à des écrivains de théâtre
faire écrire un texte sur La Révolution d’Octobre 17 (qui eut lieu en novembre 1917),  vue depuis aujourd'hui
(une histoire de calendriers comme pour Cervantes et Shakespeare)
il me semble que ça ne bouge pas beaucoup autour de cet événement pas français

je souhaite une pièce d’un auteur, EAT éventuellement  (EAT = Écrivains associés du Théâtre), pas EAT aussi bien

avec les petits moyens des Cahiers de l‘Égaré, je mettrai une certaine somme pour l’écriture plus l’édition
l’objectif est aussi de favoriser la création du texte dans un ou plusieurs lieux (donc bien évaluer le nombre de personnages, trop, c’est foutu, monologue à exclure)
la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne participera en amont à la mise en valeur du travail
1 ou 2 lectures en cours d’écriture pour retours (est-ce du write in progress ?) par un petit nombre de lecteurs professionnels
pas de résidence prévue dans un endroit paradisiaque (la grotte d’Ouvéa)
mais l’auteur choisi sera libre de solliciter aides à l’écriture, résidence d'écriture
peut-être qu’un mécène comme Ladret de Lacharrière sera intéressé en production ou co-production pour une somme de 100000 € au moins (l’aumône attribuée à Pénélope pour sa "participation" à la Revue des Deux Mondes)
ou Kléber Rossillon, gestionnaire d’une vingtaine de sites patrimoniaux et qui con-gestionne La Caverne du Pont d’Arc, 320000 visiteurs en 4 mois en 2015
un des héritiers de la famille Schlumberger qui a perdu plusieurs millions d'euros dans l'affaire Madoff
l’auteur pourra aussi après l’édition demander des aides à la création

condition: me soumettre un projet, précis, pour le 28 février 2017, en word, open office ou PDF, avec nom, adresse, mail, téléphones
j’évalue les projets début mars, choisis l’impétrant
et nous nous mettrons d’accord alors sur les conditions financières et éditoriales ainsi que sur la date de livraison du texte pour avoir le temps de l'édition avant la date anniversaire du centenaire
mais si nécessaire, on débordera
j’aurai aussi une discussion avec l’auteur, non sur mes attentes
mais sur ce qu’il ne faut pas rater quand on veut traiter d’un événement aussi lourd de conséquences;
c’est un défi et c’est casse-gueule

je conseille la lecture du dernier livre de Tzvetan Todorov (décédé le 7 février 2017), livre sorti le 14 février 2017:

Le Triomphe de l'Artiste (La révolution et les artistes, Russie: 1917-1941) chez Flammarion

c’est comme avec la Révolution française et Robespierre, peut-être même en plus complexe

je compte demander à l’ami Marcel Conche, une préface
 
Jean-Claude Grosse
EAT
Les Cahiers de l’Égaré

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1907/Batailles dans le Midi/Philippe Chuyen/Les Cahiers de l'Égaré

31 Janvier 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

couverture de 1907

couverture de 1907

Vient de paraître, le dernier titre 2016 des Cahiers de l'Égaré: 1907, Batailles dans le Midi, la grande révolte des vignerons de Philippe Chuyen. La pièce a été créée en 2007 et a pas mal tourné. L'histoire théâtralisée de cette révolte des vignerons méritait un livre. Après des mois à la proposer à l'auteur voici une édition attendue qui sera bien accueillie par caves, cavistes, viticulteurs, chambres d'agriculture, syndicats de vignerons des Pyrénées Orientales au Var en passant par l'Hérault. Il est bon que la mémoire soit réactivée, actualisée (je me souviens par exemple d'avoir vu de vieilles photos de cette révolte, de cette grève à Cassagnes, village improbable des Pyrénées Orientales où on m'en parla comme si ça c'était passé hier) car les événements petits et grands cheminent souterrainement.

Si nous ne savons plus où nous allons, arrêtons-nous et regardons d'où nous venons, dit le cadran solaire du château de Tourris au Revest où 4 ha de vignes récentes produisent un vin qui n'a même pas besoin d'être commercialisé car il trouve immédiatement ses buveurs.

Le livre sera présenté publiquement à Brignoles, le 4 février 2017 à 17 H à la Librairie Le Bateau Blanc, en présence de l'auteur, de l'éditeur, de la fédération des caves viticoles du Var, du syndicat des vignerons du Var.

Présentation : En ce 9 juin 1907, Marcelin Albert exulte. Lui, le simple vigneron, contemple les 800 000 personnes qui à son appel se sont rassemblées dans les rues de Montpellier. Du Languedoc au Var, là où depuis l’An quité on cul ve la vigne, c’est tout le Midi vi cole qui clame sa misère. Mais Clemenceau n’en a cure et pour lui le nombre ne fait pas la loi. Alors, la plainte va se muer en colère et l’euphorie des grandes journées cèdera la place aux larmes.

Ce e pièce fait revivre les personnages et les moments clés de la révolte des vignerons en 1907. Ces paysans défendant le droit de vivre de leur terre, découvrant les vertus de l’union, rêvant même de l’indépendance du Midi, nous touchent et apparaissent comme les acteurs d’une prodigieuse épopée.

Philippe Chuyen, né en 1964 à Toulon, est auteur également de Les Pieds Tanqués et de 1851, le banquet des Insurgés. Comédien et directeur d’Artscénicum Théâtre, il est aussi adaptateur de La Mandragore de Machiavel, Carrière Célèbre Giono et Germain Nouveau, le mendiant magni que. Par un théâtre de textes, a en f aussi bien à l’histoire qu’à la li érature du Sud, il crée des spectacles épiques ou poé ques dans lesquels les blessures des hommes nourrissent leurs rêves et leur quête de liberté.

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Les Cahiers de l'Égaré parus en 2016

31 Décembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

le bandeau du site des Cahiers de l'Égaré; l'accroche du site: ayez peur du théâtre, il parle de vous et du monde; gravure attribuée à Rabelais pour illustrer son éloge du gai savoir
le bandeau du site des Cahiers de l'Égaré; l'accroche du site: ayez peur du théâtre, il parle de vous et du monde; gravure attribuée à Rabelais pour illustrer son éloge du gai savoir

le bandeau du site des Cahiers de l'Égaré; l'accroche du site: ayez peur du théâtre, il parle de vous et du monde; gravure attribuée à Rabelais pour illustrer son éloge du gai savoir

LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine
LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine

LES 7 TITRES DES CAHIERS DE L'ÉGARÉ PARUS EN 2016 + les 2 titres parus dans La Collection privée du Capitaine

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Focus auteur : J.C. Grosse

18 Décembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #EAT (Écrivains Associés du Théâtre)

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Entretiens avec Marcel Conche/Les Cahiers de l'Égaré

20 Novembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Entretiens avec Marcel Conche/Les Cahiers de l'Égaré

début du livre : Marcel Conche y donne un aperçu de sa philosophie.

J’en viens à des concepts clés, dont je fais usage habituellement.

Nature. J’entends, par là, la φύσις grecque, omni-englobante, omni-génératrice, qui englobe absolument tout ce qu’il y a. Je n’utilise pas la nature comme n’étant que la moitié du réel, par opposition à ce qui est culture, histoire, esprit, liberté, etc.

Ensuite, monde. Pour moi monde, c’est-à-dire cosmos. Un monde est nécessairement fini, contre Kant qui parle, dans sa première des Antinomies de la Raison Pure, du monde infini dans l’espace et le temps. C’est impossible et contradictoire avec la notion de monde, parce qu’un monde est nécessairement structuré, donc fini, parce qu’il n’y a pas de structure de l’infini.

Ensuite, mal absolu. C’est-à-dire mal qui ne peut se justifier à quelque point de vue que l’on se place. Qui est sans relations, absolu, veut dire sans relation, donc il n’y a rien qui puisse le justifier.

Ensuite, apparence absolue. Absolue, c’est-à-dire sans relation ; sans relation à un sujet ou un objet. C’est la notion que nous retenons de notre lecture de Pyrrhon.

Ensuite, temps rétréci. Nous ne pouvons vivre dans le temps immense de la Nature. Nous vivons dans un temps finitisé, que j’appelle le temps rétréci. Et c’est ainsi que nous pouvons croire à l’être, alors que nous ne sommes pas vraiment.

Ensuite, le réel commun. Je distingue le réel commun et le réel des philosophes. C’est-à-dire pour nous, être en tant que nous sommes des êtres communs. Ce cahier est réel. Pour un savant, c’est la même chose ; pour les philosophes, il y a autant de réels que de grandes métaphysiques. Pour les philosophes, d’abord, le réel est ce qui est éternel, et ce qui est éternel varie d’un philosophe à l’autre, d’un métaphysicien à l’autre.

Ensuite, scepticisme à l’intention d’autrui. C’est une notion dont je fais usage habituellement. Le scepticisme à l’intention d’autrui, cela veut dire d’abord que je ne suis pas sceptique. Je suis tout à fait assuré de la vérité de ce que je dis. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde ; alors je suis sceptique pour laisser une porte de sortie à ceux qui ne voient pas les choses comme moi. Parce que, si vivre dans l’illusion les rend heureux, pourquoi pas ? Cela ne me gêne pas du tout.

Ensuite, sagesse tragique. C’est une notion que j’ai empruntée à Nietzsche il y a trente-huit ans, dans mon livre Orientation philosophique, dans le chapitre Sagesse tragique. Je laisse de côté ce que Nietzsche entend par ce mot ; pour moi cela veut dire qu’il faut toujours s’efforcer de réaliser ce que l’on peut réaliser de meilleur, quoique ce soit périssable et appelé à disparaître.

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